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EAN : 9782707143709
434 pages
Éditeur : La Découverte (24/03/2004)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 106 notes)
Résumé :
Avertissement - Chant I - Chant II - Chant III - Chant IV - Chant V - Chant VI - Chant VII - Chant VIII - Chant IX - Chant X - Chant XI - Chant XI - Chant XII - Chant XIII - Chant XIV - Chant XV - Chant XVI - Chant XVII - Chant XVIII - Chant XIX - Chant XX - Chant XXI - Chant XXI - Chant XVII - Chant XVIII - Chant XIX - Chant XX - Chant XXI - Chant XXII - Chant XXIII - Chant XXIV - Vers condamnés - Postface - Des lieux et des hommes - Repères homériques.

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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Chouchane
  18 avril 2013
Platon a commenté l'Odyssée et des millions d'autres après lui et me voilà, moi, anonyme du XXI°siècle, devant ma feuille à vouloir dire le tourbillon qui m'a emportée sur le « dos énorme des eaux », car l'écriture homérique ne laisse personne sur le rivage. Mais, il faut commencer par le début car début il y a : l'école communale. C'est là que l'on rencontre Ulysse pour le première fois parmi des extraits choisis, des dessins, des chromos délavés, des films des années 70 avec la très belle Irène Papas en Pénélope… les années passent et sans avoir vraiment lu l'Odyssée on a l'impression de tout savoir. Chemine alors le sentiment que lire Homère sera différent mais en sera-t-on capable ? sera-t-on à même de saisir la beauté de 15 000 vers, de suivre XXIV chants ? Ce « plus grand chef d'oeuvre de la littérature » n'est-il pas réservé à l'élite helléniste ? ne doit-on pas se contenter d'extraits choisis ? Je peux vous le dire maintenant : non ! l'Odyssée c'est une expérience monumentale, captivant, poétique (évidemment), époustouflant, on entre dedans sans effraction la porte s'ouvre toute grand dès le premier vers « O muse, conte-moi l'aventure de l'Inventif ».
L'Odyssée c'est la source de tout notre imaginaire occidental, Pallas Athéna la déesse qui touche de sa baguette d'or (comme les fées) Ulysse, lequel se couvre d'une vieille peau de cerf pour n'être plus reconnaissable (comme peau d'âne), Pénélope qui attend avec ferveur 20 ans son époux (les romantiques allemands), Ulysse qui descendu aux enfers donne son sang aux morts pour réveiller leur vigueur (un peu de vampire là dedans…), c'est à l'avenant, la littérature occidentale ne serait pas ce qu'elle est et nous non plus si Homère n'avait pas écrit cela il y a 2700 ans !
La langue homérique n'est pas seulement poétique elle possède une puissance d'évocation qui provoque une succession d'images éblouissantes dans l'esprit, la mer déchaînée, le geyser de Charybe qui avale et recrache en morceaux les navires et les hommes. Epuisé de ces tempêtes, Ulysse qui s'endort sur la couche d'un « berceau d'oliviers emmêlés », les feuilles sèches constituent épais matelas et couverture protectrice, on entend le crissement des feuilles, on sent l'odeur de la végétation méditerranéenne, on écoute la mer. La nature est propre, des troupeaux gras paissent paisiblement dans les vastes prairies des plaines grecques. C'est vraiment beau. Les dieux sont accessibles puissants mais négociables. La violente est présente, les morts sont brutales, les vengeances terribles, les Dieux nous paraissent souvent injustes mais n'est pas ainsi que nous percevons la vie parfois tellement injuste et absurde à l'image des Dieux. Avant de conclure, je voudrais insister sur la qualité de la traduction, j'ai feuilleté plusieurs Odyssée, une mauvaise ou trop ancienne et vieillotte traduction peut anéantir toute cette magie. J'ai eu la chance de lire celle de Jaccottet, elle est parfaite pour nos esprits et notre siècle. Lire Homère c'est se relier à tous ceux qui avant nous l'on lu, c'est s'inscrire dans le monde et prendre sa place entre les humains vivants ou morts, peu importe.
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michfred
  22 février 2015
L'Odyssée, c'est ma petite madeleine à moi..
Je l'ai lue en trois versions, j'en ai traduit des chants entiers, je l'ai fait traduire à mon tour à un peloton de jeunes hellénistes pas si clairsemé que cela et tout fier de ce privilège de dinosaures. Je l'ai même jouée..pendant un an et demi, sous la houlette d'un prof de lettres extraordinaire, notre petite troupe de lycéens est partie en tournée sur les routes représenter l'Odyssée un peu partout en Belgique..
Moi Tarzan, toi Jane, moi Nausicaa, lui Ulysse...c'était aussi l'odyssée de mes premières amours...
Alors c'est dire si le jour -tardif- où j'ai découvert l'incroyable travail de Philippe Jacottet, ce grand poète que j'admirais tant, a été une nouvelle occasion de savourer ma petite madeleine préférée dans une tasse de thé nouvelle...
Enchantement! Tour de force! Force et envol lyrique de l'alexandrin en lieu et place de l'hexamètre dactylique! Rimes chantantes comme la cithare de l'aède!.. Ma prédilection pour la version de Bérard en a pris un coup..
Et le plus extraordinaire est que cela se lit comme une aventure haletante, sans que le ronron parfois redoutable dudit alexandrin ne nous endorme jamais..
Lisez, jusqu'à ce que l'Aurore-aux-doigts-de-rose vienne colorer votre fenêtre...
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ianf
  22 décembre 2010
L'Odyssée... tout le monde a été déjà entendu ce mot ; tout le monde connait Homère, au moins de nom ; tout le monde, cependant, ne sait pas à quel point ce chant est l'une des plus grandes figures de la littérature et que, en tant qu'oeuvre fondatrice de la littérature occidentale, il nous emmène là où très peu d'écrits lui ayant succédé parviennent à nous transporter...
L'Odyssée, c'est d'abord un nom, celui d'Ulysse, son "héros" principal, bien que ce dernier se détache nettement du héros épique. En Grec ancien, Ulysse se disait "Odusseus", d'où le terme Odyssée : finalement, le titre de ce long poème épique, c'est celui de son personnage. Pour autant, l'oeuvre n'est pas uniquement focalisée sur le roi d'Ithaque, vainqueur à Troie mais puni par Zeus pour avoir omis les offrandes, et plus tard par Poséidon pour avoir aveuglé Polyphème, son fils. L'Odyssée est un formidable poème qui nous raconte certes le retour d'Ulysse, mais cela sur huit chants seulement ; les seize autres relatent le voyage initial de Télémaque à la recherche de son père, et la reconquête de son trône par Ulysse, reconquête violente et qui clôt en beauté une oeuvre dont tout a été dit et dont pourtant l'on pourrait parler des heures durant.
Faire un résumé plus long serait inutile : on ne peut savourer l'Odyssée quand la lisant, et pourquoi pas en l'écoutant. Car, ne l'oublions pas, c'est un poème chanté, jamais écrit. L'aède Homère (inutile de s'appesantir sur la question homérique ici, des spécialistes le font déjà assez bien, nous emploierons donc le patronyme Homère pour désigner le ou les auteur(s) de l'épopée) l'a chanté, accompagné de sa lyre, éclairé et mû par une inspiration tout droit venue de la Muse. C'est d'ailleurs ainsi que commence le poème épique qui compte quelques 12 000 hexamètres dactyliques (essentiels à la rythmique dans l'épopée) : "Ô Muse, raconte moi l'aventure de l'Inventif". L'aède appelle la Muse pour lui donner le chant, l'inspiration. Et dès lors, Homère nous narre l'Odyssée, que ce soit au travers de sa propre voix ou en faisant intervenir d'autres personnages, jusqu'à procéder à la plus vertigineuse mise en abîme jamais vue : c'est Ulysse lui-même qui raconte son périple aux Phéaciens, après avoir été dûment accueilli selon le rite primordial de l'hospitalité, n'hésitant pas à glorifier ses exploits, ce qui n'est pas sans nous faire douter, un instant, de la véracité de ses propos.
Mais là n'est pas la question. L'Odyssée est une oeuvre complète : intelligente, car elle met en avant des aspects et des réflexions sur la condition humaine et sur la société démocratique qui allait bientôt naître en Grèce ; magnifique, car en tant qu'épopée on ne se lassera jamais des aventures emplies de douceur, de sauvagerie, de mystère (comment ne pas succomber au chant des Sirènes dans toute son ambiguïté ?) qui y sont narrées ; le poème épique est surtout une véritable ode à la vie, la preuve d'un poète mature qui assume la simplicité de la condition humaine. La confrontation à la mort, le parcours initiatique formé par le voyage, le milieu marin, les figures féminines, la duplicité du héros capable de trahison autant que de fidélité, tout se rejoint et transforme les valeurs guerrières et épiques de l'Iliade, et dès lors celles-ci deviennent des valeurs de vie, où Ulysse accepte sa condition de mortel. le voyage annoncé par Tirésias lors du magnifique passage aux Enfers (nekuia) est, avec le témoignage d'Achille, l'élément clef de cette idée omniprésente dans l'Odyssée : précurseur du roman, cette épopée est une révolution, qui ne cesse de nous rappeler que c'est dans la simplicité de notre condition humaine qu'il faut trouver la sérénité, et que dès lors la mort, si elle est inévitable et dans tous les cas effroyable (la mort glorieuse n'existe plus, car comme le dit Achille, régner entre les ombres revient à ne pas régner), doit être acceptée pour tout être humain.
Oeuvre mythique, magique, envoûtante, extraordinaire, et surtout particulièrement belle, l'Odyssée est l'une des plus grandes oeuvres littéraires jamais conçues. La lire revient à s'immiscer au plus profond de nous-mêmes, et à découvrir, sinon un miracle, du moins un chef-d'oeuvre de la Littérature occidentale. Tout simplement.
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Megh
  31 décembre 2010
J'avais déjà lu plusieurs versions d'Ulysse au collège, écrites par divers écrivains, simplifiées ou non. Mais jamais je ne l'avais lue en vers. Cela m'a fait bizarre surtout que ce n'est pas présenté comme j'avais eu l'habitude de le lire ou de le voir. Ulysse est d'abord chez Calypso et il raconte ensuite chez Alcinoos ses aventures. Je l'ai lu de manière forcée car j'avais un devoir dessus le lendemain - j'avais d'autres lectures pour ma défense - et en fait, j'ai plutôt bien aimé cette version ! le début était long mais dès le chant IX, quand Ulysse commence le récit de ses aventures, j'ai été plongée dans l'oeuvre, il est très prenant. Quand bien même je connaissais l'histoire, je l'ai vu d'un autre oeil étant donné que c'était Ulysse lui-même qui la racontait, il y a donc plus d'émotions dans ce récit. de plus, j'aime le style poétique de la traduction.
Quant aux films, j'ai vu la version de 1958 - je ne suis absolument pas sûre de la date, mais vers cette date - et je ne l'ai pas trouvé terrible, le plus récent est beaucoup mieux à mon goût - pas au niveau de la technique mais au niveau du jeu des acteurs surtout - .
Bref, un classique agréable.
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jmb33320
  05 juin 2018
Je n'avais jamais lu L'Odyssée, j'ai eu envie de me confronter au texte lui-même. Et je dois dire que c'est un choc culturel : Je ne me suis pas senti si éloigné que ça de l'ancien testament et de ses massacres innombrables, car il faut bien avouer que l'arrière plan est épouvantablement violent. Ce qui m'a étonné, c'est la narration "en continu" au long de ces 24 chants... Mélange détonnant de modernité et d'archaïsmes quasi incompréhensibles. J'ai lu la traduction de Philippe Jaccottet.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea   18 mars 2012
Car le divin Ulysse en cette terre n'est pas mort
il est encore vivant, mais captif de la vaste mer,
dans une île des eaux, des brutes l'ont entre leurs mains,
des sauvages contre son gré qui le retiennent.
Écoute donc la prédiction qu'on inspirée
à mon âme les dieux, et qui, je crois, s'avèrera,
bien que je ne sois point prophète ou devin des oiseaux :
Ulysse ne restera plus longtemps loin du domaine
de ses pères, fût-il lié par des chaînes de fer :
habile comme il est, il saura bien nous revenir.
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KahlanAmnellKahlanAmnell   12 septembre 2014
Le Roi des hommes et des dieux prit alors la parole
(il pensait, dans son âme, au noble Egisthe
que tua le fameux Oreste, fils d'Agamemnon) ;
tout à ce souvenir, il dit ces paroles ailées :
"Hélas ! voyez comment les mortels vont juger les dieux !
C'est de nous que viendraient tous les malheurs,
alors qu'eux-mêmes
par leur propre fureur outrant le sort se les attirent,
ainsi qu'on vit Egisthe outrant le sort prendre à l'Atride
se femme légitime, et le tuer à son retour,
sachant la mort qui l'attendait, puisque nous l'avons prévenu
par l'entremise du Veilleur éblouissant, Hermès,
de ne pas le tuer, de ne pas rechercher sa femme !
Car Oreste viendrait lui en faire payer le prix
dès qu'il aurait grandi et désirerait sa patrie...
Ainsi parla Hermès, bienveillant, sans persuader
les entrailles d'Egisthe : et maintenant, quel prix il a payé !"

(Chant I)
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MedullaMedulla   03 septembre 2018
L'imprudent qui s'approche et prête l'oreille à la voix
de ces Sirènes, son épouse et ses enfants
ne pourront l'entourer ni fêter son retour chez lui.
Car les Sirènes l'ensorcellent d'un chant clair,
assises dans un pré, et l'on voit s'entasser près d'elles
les os des corps décomposés dont les chairs se réduisent.
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KahlanAmnellKahlanAmnell   14 septembre 2014
Car peu d'enfants se montrent dignes de leur père ;
pires presque toujours, et bien rarement meilleurs qu'eux.

(Chant II)
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MedullaMedulla   03 septembre 2018
Là demeure Scylla, la terrible aboyeuse ;
sa voix semble la voix d'un petit chien qui vient de naître,
mais c'est un affreux monstre, et personne à la voir
ne prend plaisir ; même un dieu craindrait la rencontre.
Toutes ses pattes, elle en a douze, sont difformes
elle a six cous sans fin, et sur chacun
une tête effrayante avec trois rangs de dents
nombreuses et serrées, pleine de noire mort.
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Videos de Homère (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Homère
HOMÈRE – Le Poète et nous (Émission de radio, France Culture, 2009) Émission "Répliques" diffusée, le 14 février 2009, sur France Culture. Alain Finkielkraut recevait Vincent Delecroix et Luc Ferry.
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