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Florence Cabaret (Traducteur)
EAN : 978B08H8TXH7P
240 pages
Christian Bourgois Editeur (22/10/2020)
3.93/5   7 notes
Résumé :
Le 7 février 2009, les flammes ont ravagé le bush australien et causé la mort de 173 personnes. Un des incendies les plus meurtriers de l’histoire de l’Australie. Derrière ce géant de flammes et de fumée se dessine bientôt la silhouette d’un monstre à taille humaine, accusé d’avoir délibérément mis le feu avant de contempler, assis sur le toit de sa maison, les eucalyptus brûler à perte de vue. Dans la vallée minière reculée de Latrobe, dominée par les énormes chemi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Dans la région de Melbourne, à Churchill, la forêt brûle. L'Australie croule sous des températures caniculaires et les morts s'accumulent suite à ce samedi noir de février 2009. Très vite la police soupçonne Brendan , un paumé local.

Livre intéressant mais qui se noie un peu dans les détails . Et finalement c'est long. Pourtant l'idée est très bonne, revenir sur cet incendie qui a marqué l'Australie et le procès qui en a découlé.
On touche du doigt la précarité des habitants du bush, leur condition de vie difficile et marginalisée. On est très proche de Boston Terran et son Satan dans le désert.
La vindicte populaire est aussi prégnante et nous ramène à nos propres préjugés sur certaines informations.
Le livre est divisé en trois parties bien distinctes : L'enquête, la défense et le procès et le moins que l'on puisse dire , c'est qu'à la fin , on sait tout :))) trop sans doute, rendant la lecture parfois un peu poussive , un peu longuette . L'auteur n'est pas journaliste pour rien mais le style n'en est pas trop altéré. Et la conclusion du livre la positionne bien comme engagée dans la protection de la nature, dans une Australie qui brule chaque année un peu plus.
Il n'empêche, une enquête autour d'un incendie, bien écrite , au bout du monde , ça se tente !
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Quand le talent du journaliste rivalise avec l'art du romancier, on ne peut que s'en réjouir (et le décès tout proche de John le Carré, dont les fictions si convaincantes pouvaient parfois s'imposer comme les meilleurs témoignages des réalités les plus noires du monde, rappelle que la formule fonctionne aussi avec bonheur dans l'autre sens pour certains écrivains) et se féliciter de s'être laissé entraîner aux antipodes, vers une Australie pas toujours très séduisante, grâce au bandeau habile de l'éditeur annonçant un bon « polar » dans le bush ! L'Incendiaire est un texte complexe, une enquête construite en trois parties – les faits et l'instruction, la défense de l'accusé et la recherche de ses motivations, le procès et sa morale -, suivie d'un épilogue, où l'auteure montre à quel point le fait-divers et ses conséquences sont révélateurs de la profonde crise politique et écologique, qui agite plus que jamais son pays. Au début du livre, Chloé Hooper peint avec une grande puissance d'évocation la terrifiante vigueur de l'incendie qui, un samedi de 2009, ravagea une grande portion de territoire, pas très loin de Melbourne, détruisant de nombreuses habitations et causant plusieurs dizaines de morts humaines et des victimes animales par milliers. Elle montre comment le paysage de ce coin perdu du pays, une sorte de « ceinture de rouille » transformée par le déclin des activités industrielles, miné par d'immenses mines de charbon à ciel ouvert et dominé par les hautes tours de centrales électriques toujours fumantes, utilisant à profusion ce combustible fossile, a pu lui-même favoriser sa propre destruction. Elle suit aussi, pas à pas, le déroulement de l'enquête, la découverte rapide du présumé coupable, les réactions étonnées ou très hostiles de l'entourage du suspect. Dans la seconde partie, elle rend compte avec une grande minutie et beaucoup d'empathie du travail des avocats, occupés dans leur volonté acharnée de défendre l'accusé (même, assez admirablement, pour la première avocate, commise d'office) à partager le vrai du faux, à essayer de cerner ses motivations, à comprendre le comportement du pyromane, un homme plutôt simple d'esprit, en fait autiste avéré, aussi doux parfois qu'il peut être souvent dérangeant, et du coup détesté par ses collègues ou voisins. Un pauvre hère, qui tente de s'afficher jusqu'au bout comme innocent, tout juste coupable peut-être d'une simple maladresse… C'est dans l'analyse de ce destin et des origines de cette dérive que l'enquête journalistique prend toute sa dimension sociologique. le récit du procès achève de montrer comment à travers le jugement d'un homme ce sont les dysfonctionnements d'une société qui sont, dans une évidence terrible, mis en relief. Et Chloe Hooper de conclure en évoquant les énormes incendies de 2019 et 2020, pointant avec lucidité la responsabilité de la fuite en avant d'une économie débridée, au mépris de la protection de la nature, autant que de la dégradation des liens humains… Pauvre société qui ne sait plus que s'autodétruire ! Une leçon australienne, formidablement déployée par l'auteure, à méditer d'urgence à l'autre bout du monde !
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Journaliste australienne engagée, Chloe Hooper a reçu l'une des plus grandes distinctions du journalisme en 2008. Elle s'inspire ici d'un fait divers survenu en 2009 pour nous livrer, dix ans après les événements, un récit documentaire avec une toile de fond sociologique, mais digne d'un thriller psychologique. Une chasse à l'homme commence alors pour mieux comprendre les motivations de Brendan, un homme à la personnalité troublée, responsable de l'incendie le plus meurtrier survenu dans le bush australien, faisant plus de 170 morts. Avec sa plume alerte et sa rigueur journalistique, Chloe Hooper brosse ici le portrait sans fard d'un pyromane, mais elle dévoile également la crise traversée par la société autralienne et la catastrophe écologique qui se profile. J'ai été sensible à la sobriété du visuel et à la qualité de la traduction de Florence Cabaret qui semble respectueuse de la langue d'origine. le style de Chloe Hooper est alerte et calibré, elle donne le sentiment que chaque mot est soigneusement choisi. Ce récit est tracé au cordeau, précis, équilibré, dense et très documenté. Un excellent roman, à découvrir !
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Le feu est un drôle d’artisan. Il est capable de tailler des branches en biseau, de les raboter à chaque extrémité et d’entamer leur épaisseur au fur et à mesure qu’il avance vers le tronc ; il transforme une écorce en peau de crocodile, laissant derrière lui des rangées d’écailles de bois calciné. La présence de cendre blanche atteste généralement d’une combustion totale et tout ce qui est ainsi consumé donne l’impression d’avoir soudain blêmi. L’équipe découvrit à un moment une clôture couverte de suie pâle sur tout un côté et ils s’engagèrent sur cette piste. La plupart du temps, les rochers ainsi que les très grosses branches protégeaient les brindilles, plus promptes à s’enflammer : quand ils en trouvaient qui n’avaient pas brûlé, ils savaient qu’ils devaient continuer dans la direction opposée.
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Les gens avaient réussi à survivre en se mettant des serviettes mouillées sur le visage pour respirer, ou en se plongeant dans l’eau des réservoirs ou des petites rivières proches. Un autre homme avait ainsi attendu que l’incendie passe, immergé dans un bassin à poissons, un torchon sur la figure.
Un autre encore avait échappé aux flammes avec son fils grâce au réservoir d’un barrage « où on a arraché des feuilles de nénuphars pour s’en recouvrir le visage et le crâne, on en a arraché un maximum, on s’est même protégés avec des algues gluantes qu’on a trouvées là » : le moindre cheveu, le moindre bout de peau resté à l’air libre était immédiatement brûlé. Des kangourous s’étaient retrouvés avec eux dans le réservoir, fuyant le front principal.
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« Tout était la proie des flammes, la végétation, les poteaux des clôtures, les souches, le bois en copeaux, notre piscine gonflable. J’ai essayé de l’arroser avec de l’eau mais elle n’était plus qu’un vague amas fondu. » Le plateau arrière d’un pick-up « a coulé en petits ruisseaux d’aluminium jusque par terre ».
« Tout près de l’incendie, la température était si élevée que la partie en plastique du masque que je portais a fondu et m’a brûlé les lèvres en coulant. Un moment, j’ai voulu prendre ma paire de lunettes mais la monture était toute molle et elle s’est complètement tordue entre mes mains. » La nuit suivante, cet homme avait dormi assis dans son lit afin de ne pas avoir à sentir le poids douloureux de ses paupières.
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Vraisemblablement, celui qui avait fait ça devait bien avoir conscience que, par un temps pareil, un incendie risquait fortement de décimer tout sur son passage, non ? Est-ce que le fait de savoir cela avait été l’élément déclencheur ?
Les experts scientifiques n’étaient pas le genre à se laisser aller à l’anthropomorphisme. Mais c’est pourtant ce à quoi ils avaient succombé. « Le flanc », « la tête », « l’arrière » ou « le dos », « les doigts de feu », « la langue », « la queue » : malgré eux, ils avaient ainsi décrit un monstre. La fumée flottait en nappes autour des arbres calcinés.
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Il n’y a aucune plante sur Terre qui aspire plus à provoquer un incendie que l’eucalyptus : pour vivre, cette espèce a absolument besoin de brûler. Les Américains ne qualifient-ils pas le globulus d’« arbre allume-feu » ? Les flammes libèrent des gaz qui agissent en véritables propulseurs quand ils envoient des boules de feu jusqu’au sommet des arbres. Quant à l’écorce qui se détache des troncs par lambeaux, elle se déploie en bannières de feu capables de se propager sur des kilomètres au gré du vent.
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