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Anouk Neuhoff (Traducteur)
EAN : 9782710388586
576 pages
Éditeur : Quai Voltaire (12/03/2020)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 291 notes)
Résumé :
Juillet 1937. À Home Place, au cœur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l’arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l’idée q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
kateginger63
  04 juin 2020
Un scone et un Earl grey, my dear,
*
Ah mais quelle délicieuse lecture ! Je me réjouis car ceci n'est que le 1er tome et je suis très impatiente de poursuivre les aventures avec la famille Cazalet. Une addiction certainement :)
Mais qui sont-ils donc? Un clan britannique composé de 3 générations (grand-parents, parents et enfants) vivant dans la grande demeure sise dans la campagne verte.
Cette saga époustouflante débute en 1937, l'entre-deux guerres, à l'aube de la deuxieme. On sent les remous, les rumeurs au loin.
*
A travers plusieurs voix donc plusieurs points de vue, la vie déroule son cours. L'histoire des deux étés 37-38 devient tumulteuse, chaotique, mystérieuse, émouvante, chaleureuse, très humaine en sorte.
Cette fresque familiale sous des dehors légers et bucoliques, même parfois lascive, laisse apparaître des thématiques graves telle la condition précaire féminine, l'anxiété autour de la guerre, les non-dits parentaux.
*
La psychologie des personnages est fine et complexe. Je la mets en parallèle avec la bonne série TV Downton Abbey.
Malgré la parution très tardive en France, l'auteure est une contemporaine de l'époque de cette saga. (années 50) et l'avantage d'avoir connu et observé tout ce petit monde un peu élitiste qu'on se plaît à imaginer.
*
L'élégance et la fraîcheur dans 576 pages de plaisir.
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Kittiwake
  17 juin 2020
Eté 37. les affres de la guerre de 14 s'estompent peu à peu dans les mémoires. Mais les esprits ne sont pas apaisés pour autant, pour ces anglais qui vivent dans le Sussex. le patriarche perd peu à peu de sa superbe, mais la Duche contrôle avec efficacité et autorité l'intendance de Home Place, qui accueille pour la belle saison les trois fils, les épouses et les petits enfants, et Rachel, la seule célibataire, liée par une amitié trouble avec Sid, une londonienne elle aussi reçue dans la famille . Chaque génération se débat avec ses problèmes, amours, amitiés, querelles et confidences.

Tout semblait orchestré pour un bon moment de lecture : l'époque, le cadre, les multiples personnages. Et pourtant, ce roman m'a fait sombrer dans le sommeil toutes les vingt pages. Cela m'a paru interminable. Certes c'est 576 pages mais il aura fallu plus d'une semaine pour en venir à bout…

Est-ce le style, le trop grand nombre de personnages (il m'a fallu revenir à de nombreuses reprises sur l'arbre généalogique proposé au début, ou l'abondance de détails (vestimentaires, menus, aspect physique…), ou mon état d'esprit du moment toujours est-il que j'y ai bu la tasse.

Donc pas de suite pour moi…
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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iris29
  20 août 2020
Si comme moi, vous pensiez que ce roman surfait sur la vague de la série télévisée Downton Abbey, sachez qu'il n'en est rien...
Premier tome d'une saga qui en compte quatre, le premier ( Etés anglais) est sorti en Angleterre en 1990, soit vingt ans avant la première diffusion de Downton Abbey ( 2010/2015 ) qui, elle , raconte les années 20...
Ce tome de la saga des Cazalet aborde le quotidien d'une famille anglaise aisée sur trois générations entre 1937 et 1939. Et si on aperçoit un peu de la vie des domestiques, le temps que l'auteure leur consacre est peanuts par rapport à Downton Abbey. Les Cazalet habitent une immense maison dans le Sussex, avec leur fille Rachel qui ne s'est pas mariée, on comprendra pourquoi après. Viennent leur rendre visite, un mois tous les étés , les trois fils, accompagnés de leurs épouses et enfants. Trois générations qui vivront sous le même toit, et qui au fil des années vont accueillir belle famille, perceptrice, amie et plus, à l'aube de la seconde guerre mondiale.
Avec tout ce petit monde, et ce brassage de générations, les thèmes abordés seront multiples...
Place de la femme, homosexualité, adultère, éducation, inceste,grossesse, traumatisme de guerre, pauvreté, pension...
Vers la fin de ce premier épisode, on sent que ce fragile équilibre va basculer avec la guerre, que l'insouciance de certains se fissure.
Elizabeth Jane Howard étant née en 1923, elle a vécu tout ce qu'elle met en scène dans ce roman. Ça se sent. Authenticité et sobriété sont les deux mots qui me viennent à l'esprit . Elle avait soixante-sept ans , lors de la sortie de ce livre, et ça aussi , ça se sent. le ton est "posé", élégant, les personnages ne sont pas abordés comme aurait pu le faire une jeune auteure contemporaine.
Elle ne leur fait aucun cadeau, elle n'essaie pas de nous les faire aimer, elle n'est pas "racoleuse". Ils sont ce qu'ils sont , non lisses , mauvais et bons, aimés par certains, détestés par d'autres, humains en somme ....
Et si on se perd un peu parfois, dans les prénoms, dans les liens qui unissent toutes ces personnes, on peut toujours aller consulter , au début, l'arbre généalogique de la famille Cazalet.
La parole de la fin à une certaine Sybille Bedford, qui résume bien ce que je pense de cette série dont le prochain tome devrait sortir en Octobre : " Avec le temps, ces chroniques, comme celles de Trollope, se liront comme des classiques sur la vie en Angleterre et sur notre siècle."
Intéressant, instructif et agréable à lire...
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Annette55
  30 mai 2020
Merci Reine pour le prêt , ma médiathèque est toujours fermée ....
C'est finalement une chance d'avoir découvert cette excellente saga d'été: chronique captivante de la société anglaise durant l'été 1937, un classique sur la vie en Angleterre du XX ° siècle.
A Home Place, au coeur du Sussex, femmes de chambre, cuisinières, filles de cuisine , chauffeurs , garçons d'écurie sont sur le pont , la famille Cazalet, les grands - parents , Kitty dit La Duche et William Cazalet alias le Brig orchestrent le ballet avant l'arrivée des trois fils de Londres : Hugh l'aîné , revenu blessé de la grande guerre, une main en moins , en proie à de terribles migraines, le très séduisant Edward, et Rupert le peintre , trop jeune pour être allé combattre, leurs épouses Sybil, Villy et Zoë , leurs enfants : Polly, Simon, Louise, Teddy, et Lydia , Clary et Neville., et les gouvernantes .
Tous ces personnages de la grande bourgeoisie :( Fortune par des investissements dans le bois et l’industrie ) sont dépeints avec méticulosité , finesse, élégance et ingéniosité.
Où dormira Clary , adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle- mère Zoë?
Quelle robe portera Villy , ancienne ballerine , désormais mère au foyer?
Polly , fille aînée , d'Hugh et de Sybil , terrorisée à l'idée qu'une nouvelle guerre éclate s'entendra t - elle avec Louise , fille aînée du séduisant Edward et de Villy qui rêve à son futur destin d'actrice ?
Rachel,la seule fille de la Duche trouvera t- elle le temps d'ouvrir la précieuse lettre de son amie de coeur Sid ?
Cette fresque familiale , profondément humaine , chaleureuse où les enfants occupent une place très importante se révèle dès les premières pages addictive,.
Elle happe le lecteur...
Avec talent et finesse , limpidité , l'auteure restitue les postures des uns et des autres, les chamailleries, les dialogues , les inquiétudes, les questions des enfants, la toute puissance des hommes, ou leur impuissance .....leur traîtrise ...
Avec empathie et humour , charme et élégance, ironie subtile , elle décrit avec acuité la condition sociale misérable des femmes même celles dont la vie matérielle est privilégiée : pas d'études pour elles, réservées aux fils, maternité imposée sinon subie, l'hypocrisie des relations de cette société anglaise entre pique - niques sur la plage et soirées auprès du gramophone, cérémonie du thé, inventaire des lits de camp et recherche effrénée de masques à gaz à la fin de l'été 1938....
Elizabeth Jane Howard ( 1923 - 2014) entraîne le lecteur avec une grâce indicible, une poésie sage, rayonnante d'humanité au coeur de la vie intérieure des personnages : leurs émotions , leurs faiblesses , leurs préoccupations, les loyautés cachées ou non de cette famille anglaise nombreuse du patriarche vieillissant , à la femme de chambre, à la cuisinière dévouée , au nouveau - né William si attendrissant en passant par la ribambelle des cousins et cousines . ...
Cette fresque de famille ambitieuse, ses excellents personnages soignés, observés avec ingéniosité et perspicacité, émouvante , prenante, drôle , puissante devrait plaire à beaucoup. ...
Une saga merveilleusement écrite : so british, 555 pages édition Quai Voltaire
Les aventures des Cazalet se poursuivent dans le tome II de la saga : À rude épreuve , à paraître en octobre 2020 .
Puis plus tard tome III Confusion et IV Nouveau départ .
Cette saga a été adoptée en série pour la BBC.
Elle est devenue un classique contemporain du Royaume - Uni.
«  Ah , mon amour, soyons fidèles
L’un à l’autre : le monde, bien qu’il semble
S’étendre devant nous comme un pays de rêve
Aussi varié que beau et neuf .... » .
Rencontres de poètes Anglais Matthew Arnold .
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Archie
  16 août 2020
Etés anglais est le premier tome d'une saga en cinq volumes, dont l'éditeur a prévu d'échelonner la publication sur plusieurs mois. Un lancement ambitieux, qui fait immanquablement penser à celui de L'Amie prodigieuse d'Elena Ferrante, il y a quatre ans.
La saga des Cazalet n'est cependant pas une oeuvre nouvelle. C'est la traduction française de Cazalet chronicles, publiée dans les années quatre-vingt-dix en Grande-Bretagne. Son auteure, la romancière Elisabeth Jane Howard (1923-2014) s'était inspirée de sa propre expérience pour décrire la vie quotidienne d'une famille britannique aisée, dans le contexte historique des années trente et quarante. La série avait été adaptée pour la BBC en 2001.
Les Etés anglais du livre sont ceux de 1937 et 1938. D'une année à l'autre, la tension monte en Europe. En Angleterre, où les adultes n'ont pas oublié les horreurs d'une guerre terminée à peine vingt ans plus tôt, se propage la menace d'un nouveau conflit, allant jusqu'à la psychose d'une invasion allemande. La population se prépare. A la fin de l'été 1938 (et donc du livre), le Premier Ministre Chamberlain revient de Munich avec un accord de paix. La plupart y croient…
Dans ce contexte historique angoissant, le livre brosse le quotidien de trois générations de membres d'une famille de grands bourgeois, dans les beaux quartiers de Londres, puis dans le Sussex, non loin de la mer, où le chef de famille, William Cazalet, sans forcément consulter Kitty, son épouse, ne cesse d'acquérir des biens et d'engager des travaux, afin d'accueillir le plus grand nombre de proches, au cas où Londres serait bombardée ou gazée. A l'approche de ses quatre-vingts ans, malgré une petite baisse de ses facultés, il est toujours le président d'une entreprise de négoce de bois précieux, mais ce sont deux de leurs fils, Hugh et Edward qui sont aux manettes. Un troisième fils, Rupert, est artiste-peintre.
Avec un sens aigu du management, Kitty Cazalet dirige de main de maître une maisonnée qui atteint une cinquantaine de personnes, dont une vingtaine de domestiques et une quinzaine d'enfants de tous âges. Elle peut compter sur leur fille Rachel, restée célibataire, et sur deux brus, Sybil et Willy, dont elle respecte l'indépendance de mères de famille ; c'est un peu plus compliqué avec la troisième, Zoë.
La place des femmes est strictement conforme à l'esprit de traditions victoriennes encore vivaces. Les épouses sont au foyer, où elles encadrent le personnel de maison, effectuent quelques tâches de tricot, passementerie ou reprisage, font du shopping et participent éventuellement à des activités caritatives. Les domestiques acceptent sans rechigner de n'avoir aucun projet familial. Il est enfin bien établi que les femmes qui se respectent ne prennent aucun plaisir dans des rapports sexuels conjugaux qu'elles subissent avec patience, en dissimulant leur dégoût pour ces choses-là. Mais il peut arriver que…
Les deux cents premières pages sont un peu ennuyeuses. On est vraiment dans le détail de la vie quotidienne, avec beaucoup de précisions sur la préparation culinaire des repas ou sur les vêtements et sous-vêtements portés par chacun. Puis le récit s'organise comme dans les séries TV. On passe successivement en revue le quotidien de chaque personnage et on finit par s'attacher à certains.
Dans les premières pages, j'ai cru déceler une sorte de consonance anglaise dans le texte français. Je me suis demandé si la traductrice avait voulu en rajouter dans la « couleur locale » et cela m'a contrarié, car la fluidité de ma lecture en pâtissait. Par la suite, j'ai trouvé la traduction plus légère et élégante. L'auteure avait adapté son écriture à chaque personnage, ce qui est assez plaisant, surtout lorsqu'il s'agit d'enfants et de jeunes adolescents, qui expriment des fantasmes de leur âge.
D'après ce que j'entends, la saga devrait plaire à celles et ceux qui ont aimé la série Downton Abbey, que je n'ai personnellement jamais regardée. Pour ma part, j'ai lu Etés anglais avec plaisir, mais compte tenu de la longueur un peu lénifiante du livre, je ne sens pas prêt à m'atteler aux quatre volumes qui vont arriver. Tant pis pour la suite des aventures de la famille Cazalet.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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critiques presse (3)
Liberation   11 mai 2020
Peut-être parce qu’elle était encore une enfant elle-même en 1937, l’auteure réussit particulièrement bien la ribambelle de cousins Cazalet [...] Une excellente saga de saison.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   24 avril 2020
Il flotte sur les 500 pages d’Etés anglais – le premier volume d’une saga familiale qui en comporte cinq – un charme étrangement roboratif. Est-ce dû au temps qui s’y dilate et qui, en ressuscitant des périodes noires, nous invite à relativiser la nôtre ?
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   26 mars 2020
Premier tome d’une saga en cinq volumes, cette fresque familiale profondément humaine, où les enfants occupent une place de choix, se révèle addictive dès les premières pages. Avec un talent rare et une plume limpide, la romancière se joue de la frontière entre l’introspection, la description, le dialogue, toutes ces postures de l’écrivain qui glissent l’une après l’autre, comme une barque sur un doux courant.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
mamansand72mamansand72   10 novembre 2020
Mais au fil des années, des années de douleur et de dégoût pour ce que sa mère avait appelé un jour « le côté horrible de la vie conjugale », des années de solitude remplies d’occupations futiles ou d’ennui absolu, de grossesses, de nounous, de domestiques et d’élaboration d’innombrables menus, elle avait fini par considérer qu’elle avait renoncé à tout pour pas grand-chose. Elle était parvenue à cette conclusion par de petites étapes dont elle avait à peine conscience, comblant chaque fois son insatisfaction au moyen de quelque nouvelle activité qui, vu sa nature perfectionniste, ne tardait pas à l’accaparer. Mais dès qu’elle avait maîtrisé l’art, le savoir-faire ou la technique que requérait l’activité en question, elle s’apercevait que son ennui était intact et se bornait à attendre le moment où elle cesserait de s’amuser avec un métier à tisser, un instrument de musique, une philosophie, une langue, une œuvre de charité ou un sport, et se retrouverait confrontée à l’absurdité essentielle de son existence. Ainsi privée de divertissement, elle retombait dans une sorte de désespoir chaque fois qu’une occupation la trahissait, échouant à lui procurer la raison d’être qui avait été le motif initial pour lequel elle avait embrassé ladite occupation. Le désespoir était le nom qu’elle donnait intérieurement à son état ; ses souffrances jamais divulguées, s’apparentaient à une serre peuplée d’espèces exotiques dénommées tragédie, abnégation, cœur brisé et autres ingrédients héroïques censés composer son martyr secret. Etant donné qu’elle se voyait comme un être totalement distinct du reste du monde, elle ne pouvait avoir aucune amie assez proche pour renverser ce regrettable état de choses. Mais ayant elle-même largement dépassé le stade du vulgaire malheur, elle savait le reconnaître chez d’autres, et faire preuve envers eux d’une réelle bienveillance aussi active qu’efficace. On aurait dit quelqu’un qui souffrait d’un lumbago et faisait de bon cœur la vaisselle pour quelqu’un qui souffrait d’une migraine.
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mamansand72mamansand72   10 novembre 2020
La Duche appartenait à une génération et à un sexe dont l’opinion n’avait jamais été sollicitée pour quoi que ce soit de plus précieux que les maux des enfants ou d’autres préoccupations ménagères, mais cela ne voulait pas dire qu’elle n’en avait pas ; la guerre faisait seulement partie de la multitude de sujets jamais mentionnés, et encore moins discutés, par les femmes, non par pudeur, comme dans le cas de leurs fonctions corporelles, mais parce que, dans le cas de la politique et de l’administration générale des affaires humaines, leur intervention était inutile. Les femmes savaient que c’étaient les hommes qui dirigeaient le monde, possédaient le pouvoir et, corrompus par lui, se battaient à la moindre occasion pour en acquérir davantage, tandis que l’injustice était omniprésente dans leur vie à elles.
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mamansand72mamansand72   10 novembre 2020
Quelquefois il imaginait son père en train de lâcher des remarques sarcastiques et drôles non pas sur lui mais sur d’autres gens, et de l’inviter à se moquer d’eux avec lui. C’était un luxe scandaleux : il en avait tout de suite honte, avant de se sentir minable. Comment pouvait-il accepter d’être spectateur ou complice d’un acte qu’il savait cruel sous prétexte qu’il n’en était pas la victime ? il recommençait alors à détester son père, et à se détester lui-même de rechercher l’approbation d’un être aussi ignoble. Il était forcément ignoble lui aussi, et son père avait toutes les raisons de se montrer si dur avec lui. C’était la vérité, il était nul dans tous les domaines que son père jugeait importants : le sport, la compétition, même des activités peu physiques comme fabriquer des maquettes d’avion ou encore les maths. Il ne savait pas raconter les histoires ni blaguer, et il était atrocement maladroit… un pauvre balourd d’éléphant dans un magasin de porcelaine, avait dit son père la semaine dernière quand il avait cassé le sucrier. Ces trois dernières années il avait contracté un bégaiement qui s’aggravait automatiquement quand on lui posait des questions, si bien qu’il se bornait désormais à essayer de faire tout ce que désirait son père, comme charger la voiture ce matin, sans rien dire du tout. Il était un incapable qui souhaitait simplement qu’on le laisse tranquille…
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mamansand72mamansand72   10 novembre 2020
« Le thé de Chine. Je ne sais pas comment tu fais pour toujours sentir la violette et le thé de Chine. Tout va bien ? » ajouta-t-il. Il posait toujours cette question.
« A merveille. » En son for intérieur, elle appelait cela un pieux mensonge et, au fil des années, ce mensonge avait fini par acquérir une tonalité presque douillette. Bien sûr, elle aimait son mari, alors que dire d’autre ? Le sexe était pour les hommes, après tout. Les femmes, du moins, les femmes bien, n’étaient pas censées apprécier l’acte, mais sa propre mère avait signifié, la seule fois où elle avait un tant soi peu abordé le sujet, que la plus grave erreur possible était de se refuser à son mari et si, il y a dix-huit ans, elle avait souffert d’un choc non négligeable accompagné d’une vive douleur en comprenant ce qui se passait réellement, la pratique avait réduit ces sensations-là à un simple dégoût empreint de patience. Sans compter qu’elle y voyait une façon appropriée de prouver son amour.
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mamansand72mamansand72   10 novembre 2020
Rachel aurait aimé avoir plus de temps pour se préparer à retrouver Sid. Elle aurait également aimé pouvoir déjeuner au White Hart seule à seule avec elle, mais elle n’aurait pas osé contrevenir aux désirs de la Duche dans ce domaine, pas plus, d’ailleurs, que dans un autre. Cette docilité ne datait pas d’hier. Il y a vingt ans, elle avait eu l’excuse d’être trop jeune, avec ses dix-huit ans. Le jeune homme en question l’avait exhortée à une plus grande liberté, mais au fond, bien sûr, elle n’avait aucune envie d’être libre avec lui. En vieillissant, la raison de son obéissance était devenue l’âge de ses parents plus que son âge à elle, et l’idée qu’à trente-huit ans elle ne puisse toujours pas organiser son temps pour son plaisir ou, en l’occurrence, pour son plaisir et celui de Sid, ne l’affectait pas outre mesure. C’était dommage, mais s’appesantir sur ses propres désirs serait morbide, un adjectif très Cazalet qui impliquait la plus sévère condamnation.
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