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EAN : 9782207136195
368 pages
Éditeur : Denoël (05/04/2018)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Égypte, 2048. Le pays est sous l’emprise du Nezam, dictature d’un genre nouveau, mariage infernal entre consommation et religion.
Avide de liberté et incapable de s’adapter à cette étrange tyrannie, une jeune femme, Donia Nour, n’aspire qu’à une chose : quitter le pays. Malheureusement les frontières sont étroitement surveillées et le passage en Europe coûte un kilo d’or. Elle décide donc de tirer profit du système : elle épouse régulièrement des hommes fort... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Le_chien_critique
  09 mai 2019
La religion, c'est ce qui empêche le riche d'être assassiné par le pauvre.
Napoléon Bonaparte
En 2048, le e-jab est en train de détrôner le hijab. Il est fait en tissu connecté et affiche de la pub. A chaque heure portée, à toi les points pour aller au paradis ainsi que quelques piécettes. Un must qui se doit d'être couplé au chapelet magique qui te donne des points supplémentaires si tu fais bien ta prière. Et si tes parents ton choisi un prénom béni, à toi 1000 points supplémentaires.
Bienvenue au Nizam, une dictature théocrate consumériste égyptienne
Les clés de ce monde dystopique nous seront livrés par Donia Nour, employée pas très modèle, à la foi peu religieuse, dont l'univers va basculé le jour de son 33ème mariage. Et aussi par celle d'Ostaz en 1950, prof de droit et de philo qui aime débattre. A la veille de son procès pour blasphème, il se fait enlever par des extraterrestres qui voyagent à travers la galaxie à la vitesse de la lumière et ce qui devait arriver arriva avec la loi de la relativité restreinte, à son retour sur Terre, il s'est passé 100 ans depuis son enlèvement...
Religion, place de la femme, relation riche/pauvre, consommation, un roman parfois violent, contrebalancé par l'humour et le cynisme. Il y a de l'inventivité, de l''originalité, dans ce gouvernement d'un pays arabe autarcique qui utilise la religion et la consommation pour rester au pouvoir et asservir la population.
Une critique acerbe, aiguisée et virulente de la religion, à la manière d'un James Morrow. L'auteur condamne fermement les oeillères, le fondement d'une manière de vivre sur un texte écrit il y a quelques milliers d'années et le manque d'ouverture à l'autre. La foi n'est qu'une chaine qui vous maintient à votre place, d'autant lorsqu'elle est au main des puissants. Et sa satire est argumentée, moi qui déteste les bigots, les religions et les dieux, j'étais aux anges.Pour autant, l'auteur ne laisse pas son intrigue de côté, et j'étais impatient de savoir comment tout cela allait se terminer.
J'ai souvent lu des romans sur la critique de la religion catholique, mais c'est la première fois que j'en lis sur l'Islam. Une très bonne découverte. Si vous aimez les dystopies, les romans féministes, si vous adorez James Morrow, jeté un oeil sur ce roman
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culturevsnews
  16 avril 2018
Dans ce roman les gens devraient prie et consomme autant que possible. Ceux qui ne recueillent pas assez de « bonnes actions », par exemple par le zèle religieux, doivent craindre l'accès au ciel. Donia est impatiente de quitter l'Égypte, mais pour payer les remorqueurs, elle a besoin d'un kilogramme d'or. En retour, elle se livre à plusieurs reprises à ce qu'on appelle des plaisanteries : des mariages qui ne servent qu'à des fins sexuelles et qui sont annulés dans les 24 heures. Cependant, les clients ne veulent que des vierges et Donia les fait restaurer encore et encore. le 33ème mariage est le dernier avant que Donia ait l'or ensemble, mais alors tout se passe terriblement mal…..
Egypte, 1952 : le professeur et philosophe Ostaz Mukhtar, qui a une citation à comparaître pour blasphème le lendemain, est kidnappé par des étrangers. Presque 100 ans plus tard, ils le ramènent parce qu'il est censé aider un certain Donia Nour.
Ce livre est quelque chose d'assez inhabituel. Il rappelle le « 1984 » de George Orwell, car les habitants sont espionnés par leur propre gouvernement. Il existe un système central qui enregistre la fréquence des prières et ceux qui ne prient pas assez souvent sont convoqués. Les omniprésents gardiens électroniques de la morale sonnent l'alarme dès qu'une mèche de cheveux regarde sous un voile. La situation des femmes ne s'est pas améliorée de manière significative. « le 33e mariage… » partage surtout le sujet de la dystopie : la théocratie islamique.
Cependant, Ilmi n'alimente pas nécessairement l'islamophobie, parce qu'il ne s'agit pas d'un État islamique voulant conquérir la domination du monde. La théocratie de l'Egypte dans ce livre est localisée, l'Occident continue d'exister et, comme il est déjà normal aujourd'hui, est dénigré et diabolisé. C'est plutôt de la propagande de la guerre froide. Il s'agit plutôt de critiquer ce pour quoi (toute) religion est instrumentalisée et comment elle sert à protéger et à promouvoir les intérêts des puissants et des riches. le livre critique aussi l'interprétation et surtout le retard des écrits sacrés. A cette fin, Ilmi Ostaz a des discussions controversées dans lesquelles il cite des citations du Coran qui pourraient être interprétées exactement de la manière inverse si l'on leur était ouvert. Malheureusement, dans ses discours, il exagère un peu les provocations ou sont ceux-ci dans quelques endroits vraiment très de la variété de marteau de bois, de sorte que je peux bien imaginer les réactions féroces à ce livre dans les pays arabes.r
Ce livre peut causée de l'inconfort précisément à cause des débats actuels. Mais c'est exactement ce qui rend le livre si spécial : dans le monde occidental, nous avons longtemps été habitués à voir notre mode de vie critiqué et, jusqu'à présent, la majorité des dystopies connues est exclusivement occidentale. Pourquoi une dystopie ne soulignerait-elle pas aussi les dangers dans d'autres cultures, en particulier dans la situation politique mondiale actuelle ? La quête d'un Etat islamique est plus présente que jamais et utilise aujourd'hui précisément les méthodes dénoncées dans ce livre. Il est donc extrêmement important que la question de savoir à quoi pourrait ressembler un tel État à l'avenir soit également soulevée publiquement. Surtout si cela est fait par un Égyptien lui-même, qui connaît le mieux son lieu d'action et sa religion.
En plus de la critique sociale, l'auteur présente des idées intéressantes sur ce à quoi pourrait ressembler l'avenir de la consommation. Avec l'intrigue autour d'Ostaz et des aliens, il apporte un peu de légèreté et d'humour dans l'histoire. le livre n'est pas un divertissement superficiel, mais en plus de la critique sociale de l'intrigue et des expériences des personnages principaux, en partie du tabac dur. Néanmoins, il s'agit d'un livre très inhabituel et extraordinaire, qui devrait trouver de nombreux lecteurs.
Note : 9,5/10
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Audrele
  19 septembre 2018
De la SF qui se passe dans un pays arabe et cite le Coran est assez rare, si je ne m'abuse. Hazem Ilmi frappe fort sur son pays, l'Egypte, dont il regrette la direction politique et sur l'hypocrisie de ses dirigeants. Ilmi connaît et aime la religion musulmane, ça transparaît et il l'écrit, mais en craint les dérives quand elle est mal interprétée, dérives qui peuvent mener à une dictature théocratique et complètement absurde. Ilmi dépeint une Egypte gouvernée par des hypocrites qui détournent l'Islam à leur profit pour asservir la population laissée dans l'ignorance, et où la population est fanatique de religion et de consommation.
Donia Nour est moins embrigadée que ses concitoyens et semble représenter une force de rébellion qui ne demande qu'à entrer en action. Ostaz, professeur d'université enlevé par des extra-terrestres en 1952 est ramené en Egypte un siècle plus tard pour aider Sonia à mettre à bas un système injuste et inique.
Hazem Ilmi est un pseudonyme. L'auteur est un neuroscientifique égyptien qui a écrit ce livre en allemand sans doute pour minimiser les risques. Si le roman était écrit directement en arabe, l'auteur risquerait la fatwa tellement sa critique de l'islam est violente parfois.
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noemieblondel
  31 janvier 2020
Quand les nouvelles technologies servent à contrôler nos pensées, nos croyances ... Un moyen d'asservissement ?
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   03 juin 2018
Ses parents l’avaient appelée Donia, « le monde », parce que sur son visage ils croyaient voir le monde tout entier. Ce n’est que plus âgée qu’elle saisit toute l’ironie de son prénom. Donia Nour : « Monde Lumière ».
Elle dut cependant apprendre que ce monde était plein de ténèbres. Un peu plus loin, là où les produits cosmétiques encadraient le miroir, elle était « devenue femme ». C’était du moins ce que son père avait dit. Elle n’avait que neuf ans, et avait cru que les quelques gouttes de sang dans sa culotte constituaient une punition divine.
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rkhettaouirkhettaoui   03 juin 2018
Cela ne pouvait pas être dû à son âge. Il avait soixante-neuf ans, mais le système de santé dont bénéficiait tout habitant de l’Égypte du Nord était si performant qu’il en paraissait à peine cinquante, et se montrait toujours assez viril pour faire crier ses trois femmes, ainsi que sa bonne. Son problème, ce n’était pas l’impuissance. C’était le dégoût.
Pour la première fois, la fille de ses fantasmes le dégoûtait. Tout en essayant de jouir coûte que coûte, il se mettait à la frapper. Il la frappait parce que, au moment où il cédait et lui laissait prendre l’initiative, il était certain que cent hommes avaient été en elle avant lui. L’image de leurs sexes restait gravée dans son cerveau.
Mais la vraie source de son dégoût, ce n’était pas la fille. C’était lui. Car lorsque ces images d’autres hommes l’assaillaient, il ressentait une stimulation inappropriée. Il les repoussait aussitôt, mais les hommes le touchaient de façon excitante, juste un instant, une fraction de seconde de trop, durant laquelle il leur cédait et leur permettait de participer, de le toucher, de le caresser, de…
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rkhettaouirkhettaoui   03 juin 2018
En grandissant, il comprit que débattre, remettre en cause les opinions des gens était sa manière à lui de se sentir en lien avec eux. En fin de compte, son amour du débat signifiait que pour sa future carrière il avait le choix entre le droit et la philosophie. Pour finir, il avait obtenu un diplôme de fin d’études dans ces deux disciplines. Ce qui le passionnait le plus, c’était de remettre en cause jusqu’aux ultimes fondements des choses. Mais ce qui lui manquait le plus, c’était d’apprendre à ses étudiants à faire comme lui.
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rkhettaouirkhettaoui   03 juin 2018
Ici, les riches prennent les organes des pauvres, mais de mon temps ce n’était pas si différent. Les pauvres étaient déjà plus un moins considérés comme un réservoir d’organes, comme des corps que les riches utilisaient pour construire leurs villas ou leurs routes en échange de quelques sous. Au lieu de les éviscérer, ils exploitaient leur force de travail jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’eux. Ils s’appropriaient leurs entrailles exactement comme aujourd’hui, mais de façon plus discrète, plus diffuse.
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rkhettaouirkhettaoui   03 juin 2018
« Cette convergence des forces islamiques, avec l’aide de Dieu, va révolutionner la société. L’histoire des civilisations est marquée par une idée fixe : rendre supportables les quelques décennies que dure une vie humaine. Toutes les guerres, toute la bureaucratie, le commerce, les prisons, la technologie, l’agriculture, les frontières — tout cela pour ce monde-ci. Mais l’éternité ? Une société qui a été fondée pour préparer — avec les outils de la civilisation — ou, mieux, pour assurer l’accès à une qualité de vie éternelle : tel est le but véritable de tout gouvernement !
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