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Philippe Vigreux (Traducteur)
ISBN : 2253050911
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/1989)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 168 notes)
Résumé :
La rue d'al-Nahhasin n'était pas une rue calme... La harangue des camelots, le marchandage des clients, les invocations des illuminés de passage, les plaisanteries des chalands s'y fondaient en un concert de voix pointues... Les questions les plus privées en pénétraient les moindres recoins, s'élevaient jusqu'à ses minarets... Pourtant, une clameur soudaine s'éleva, d'abord lointaine, comme le mugissement des vagues, elle commença à s'enfler, s'amplifier, jusqu'à re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  27 juillet 2016
C'est une grande oeuvre que cette Trilogie du Caire, et le premier tome, Impasse des deux palais, donne le ton. Ça faisait un certain temps déjà que je me promettais cette oeuvre importante, fruit du travail du prix Nobel Naguib Mahfouz (premier et seul écrivian arabe à avoir reçu cette distinction jusqu'à maintenant). Je ne m'attendais pas à une oeuvre aussi magistrale. Anecdote : quand je suis allé à la bibliothèque l'emprunter, j'ai reculé d'un ou deux pas en constatant l'épaisseur du bouquin, à laquelle je ne m'attendais pas du tout.
Impasse des deux palais donne d'abord l'impression d'être une intrigue familiale, une simple saga, mais non ! Ça ressemble beaucoup plus à un grand roman social. Les comparaisons entre l'auteur et Zola ou Hugo ont toute lieu d'être. Les descriptions (autant celles des individus, de leurs vêtements et demeures, des lieux, du contexte socio-historique, etc) sont minutieuses, précieuses et surtout utiles. Exit les longs passages ennuyeux !. Tout au long de ma lecture, je m'imaginais me promener dans les rues du Caire, suivant les pas des personnages. Ici, une ruelle, par-là une place à l'ombre de ce qui était autrefois un palais, là-bas les rues animées de marchands qui crient et encombrées de suarès (wagons tirés par des ânes, ancêtres du tramway), etc. Lors d'une réception, on servit du moughat et du konafa. À cela s'ajoute précision historique. On peut aussi croisier ou faire référence aux poèmes de Sharif Radi qu'à Adbou al-Hammuli et Muhammad Othmân, ministres membres de la délégation envoyée à Londres, à Dahane, un marchand de kebab renommé, qu'à Mohamed Abdou, grand réformateur musulman. Les notes en bas de page étaient d'un secours grandement apprécié. Pourtant, malgré tous les termes arabes qui m'étaient inconnus pour la plupart, jamais je n'ai senti de lourdeur ni de longueur.
Le roman s'ouvre avec Amina, qui se promène seule dans sa grande maison puis qui observe la ville, à travers le moucharabieh. Il lui serait impensable d'oser sortir le nez à l'extérieur ! Prisonnière dans sa propre maison (quoique, en bonne épouse musulmane, obéissante à son mari, elle ne se considère pas comme prisonnière), elle se remémore sa jeunesse, son mariage, sa vie de famille et ses enfants, sa relation avec son mari autoritaire, voire tyrannique, Ahmed Abd el-Gawwad. Puis viennent les enfants : Yasine, né d'un premier maraige du père, jeune vingtaine, qui commence à découvrir le monde, les femmes (incluant la belle luthiste, les prostituées et même les servantes…), Khadiga au long nez et la belle Aïsha, Fahmi, aux convictions nationalistes, et l'écolier Kamal, comique et influençable. À cette famille viendra s'ajouter une galerie de personnages comme les employés, les voisins, la famille élargie, les futurs gendres et brues, etc. Tous, avec leur agenda distinct, permettant de lever le voile sur différentes facettes de la soiété cairote-égyptienne-musulmane.
Naguid Mahfouz, c'est du grand art. Sa façon de narrer l'histoire permet au lecteur de s'immiscer dans la tête de chacun des protagonistes, d'avoir accès à ses pensées les plus profonde, permettant ainsi de comprendre les situations du point de vue de chacun. C'est précieux, parce qu'il est tellement facile de juger quand on aborde un problème sous un seul angle… L'auteur jète un regard sans pareil sur la société égyptienne du début du siècle dernier : les rôles et responsabilités du mari et de la femme, les mariages, les célébrations… ainsi que les visites chez les prostituées où l'on boit de l'alcool… Plusieurs ont dû critiquer sévèrement cette oeuvre à cause son contenu licencieux qu'ils auraient préféré ignorer. Dans tous les cas, cet enchainement d'événements de la vie quotidienne peut laisser croire qu'il s'agit d'un livre où il ne se passe rien. En effet, les actions sont assez rares. Elles commencent à se resserrer dans la dernière partie, alors que l'occupation anglaise affecte de façon directe les relations entre les personnages.
Et c'est tout le génie de Mahfouz : présenter LeCaire et l'Égypte à un moment charnière, permettant d'insérer son histoire dans la grande Histoire. le roman commence alors que la Première Guerre mondiale fait rage. le pays n'en vit pas les conséquences directes, le front est loin, surtout en Europe. le seul désagrément est la présence des troupes anglaises et australiennes sur le territoire. Un irritant, rien de plus. Mais, une fois la guerre finie, c'est toute autre chose. Alors qu'on se presse à accorder l'indépendance aux nations européennes qui étaient soumises, le reste du monde doit continuer à subir le joug occidental et l'Égypte n'y fait pas exception : l'Angleterre proclame unilatéralement le protectorat. Les manifestations se multiplient alors que les troupes anglaises prennent peur et répondent par les armes. C'est sur cette période troublée – et une note tragique – que se clot magistralement le premier tome de cette Trilogie du Caire. À suivre…
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Cath36
  21 août 2012
Ouf,en voilà un paveton ! Avoisinant les mille et une pages, ce livre, premier volume d'une trilogie (!) nous plonge dans l'Egypte au début du XXème siècle, dans la famille d'un commerçant égyptien aussi tyrannique pour sa famille qu'enjoué et agréable pour ses amis. Docteur Jekyll et mister Hyde, me direz-vous ? Il y aurait un peu de cela, si ce n'est qu'au fond ce brave homme adore les siens, mais que, s'interdisant de le leur montrer -société islamique oblige-, il se fait d'autant plus dur et impitoyable avec eux ,interdisant toute manifestation de sentiment et imposant une discipline de fer conforme à son sens de l'honneur et à sa réputation. C'est un peu, comme qui dirait, je t'aime moi non plus, agrémenté d'un "quand le chat n'est pas là, les souris dansent". Malheureusement -ou pas- le chat ne s'absente pas souvent et le jour où il le fait, l'escapade des siens hors de la maison-prison tourne mal ce qui vous laisse augurer le retour du maître... Alliant la précision historique à la description d'une Egypte aux mains des anglais, Mahfouz décrit à la perfection la société musulmane du Caire, ses traditions et ses coutumes à un moment où cette société évolue vers une plus grande liberté de moeurs, dans ce style oriental qui se perd en tours et détours, en méandres psychologiques et religieux et qui finit par user le lecteur le plus assidu. Ses personnages sont attachants, vivants et évoluent eux aussi. Je lirai les deux autres volumes, mais...plus tard, après quelques lectures plus légères sans doute.
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Ansea
  04 octobre 2016
Les critiques positives de cet ouvrage sur Babelio m'ont poussée à le lire et je n'ai pas été déçue. J'ai découvert le quotidien d'un famille d'Egyptiens assez aisés au début du XXe siècle. La condition des femmes fait froid dans le dos. Elles sont reléguées et même prisonnières de leur maison, reléguées au rôle de mère et d'épouse astreinte aux taches domestiques et à servir monsieur leur mari. J'ai été très marquée par le fait que la mère, épouse très soumise, appelle son mari M. Ahmed "Maître". M. Ahmed, le père de cette famille, est un personnage très singulier: très strict pour sa famille, paraissant très pieux, toujours en colère, la terrorisant et en société homme agréable et volage.
Outre les multiples personnages (parfois hauts en couleur) qui le peuplent, ce roman permet aussi de découvrir la situation politique agitée de l'Egypte à cette période avec l'occupation anglaise.
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mesrives
  18 janvier 2015
Un souvenir heureux que la lecture de ce premier tome m'a apporté. Chronique d'une famille bourgeoise caïrote entre 1917 et 1919, nous vivons leur quotidien dans la grande de meure d'Ahmed Abd el-Gawwad
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DOMS
  03 octobre 2014
Premier volume de la trilogie, dans cette impasse des deux palais, ce que nous lisons, ce que nous vivons, c'est toute l'ambiance des rues et de la vie du Caire, des années 20 à l'après-guerre, dans une famille bourgeoise traditionnelle. Ce sont ces femmes qui regardent le monde depuis les moucharabié, mais qui pourtant gouvernent leur demeure, même si le père est omniprésent et seul à décider pour sa famille, ce sont toutes les richesses qu'apporte la famille.
C'est en même temps l'histoire de la société musulmane avec ses contradictions et ses contraintes, ses traditions, ses habitudes, mais ce sont aussi les bouleversements de l'Egypte qui se défait de l'emprise Britannique.
Parfois dense, mais si riche, ce sont aussi des descriptions qui vous font sentir les odeurs de la rues, les bruits ou le calme du matin, les cris des marchands, on s'y plonge et on vit avec les personnages.
à lire, quand on s'y laisse prendre, c'est magique
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   24 juillet 2016
La main de Yacine commença à se contracter, puis à se détendre dans un mouvement nerveux et machinal qui semblait si bien lui pomper le sang du visage que celui-ci devint affreusement pâle... Il ressentit une honte qu'il n'avait ressentie que dans la souffrance que la conduite de sa mère lui avait fait endurer. Son beau-père demandait le divorce? Ou, en d'autres termes, Zaïnab le demandait ou tout au moins l'acceptait? Qui des deux était l'homme, qui des deux était la femme? Jeter une chaussure aux ordures n'avait rien d'extraordinaire, quant à ce que ce soit la chaussure qui balance son propriétaire! Comment son père avait-il pu souffrir pour lui cette infamie inimaginable?
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SachenkaSachenka   23 juillet 2016
"Vivre ou mourir, peu m'importe! La foi est plus forte que la mort, et la mort plus noble que l'humiliation! Grand bien nous fasse cet espoir à côté duquel la vie ne vaut rien. Bienvenue à toi, matin nouveau de liberté... Dieu que Ta volonté soit faite!"
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AnseaAnsea   04 octobre 2016
C'était l'habitude qui l'avait tirée du sommeil à cette heure, une vieille habitude, héritée de la prime jeunesse, et qui la possédait encore à l'âge adulte, qu'elle avait faite sienne au même titre qu'un certain nombre de règles de la vie conjugale, et qui voulait qu'elle fût sur pied au beau milieu de la nuit pour attendre son mari au retour de ses sorties nocturnes et le servir avant qu'il s'endorme.
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moklosmoklos   27 juin 2008
Mais, bien qu’elle fût affligée, furieuse et indignée, son affliction, sa fureur et son indignation avait trouvé leur coup d’arrêt dans la personne de son père et elle reculait devant lui avec sa déception comme une bête fauve en furie recule devant son dompteur aimé et redouté. Elle ne pouvait s’insurger conter lui, ne fût-ce que dans le secret de son âme, et son cœur lui gardait fidélité et amour, ne lui vouant que sincérité et loyauté comme à un dieu dont on ne peut accueillir le jugement qu’avec résignation, amour et fidélité.
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SachenkaSachenka   20 juillet 2016
- Patience, Amina! Je déplore ta situation. Une mère est une étrangère tant qu'elle est éloignée de ses enfants. Une étrangère, eût-elle beau séjourner dans la maison où elle est née! ...
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Vidéo de Naguib Mahfouz
Rencontre avec Naguib Mahfouz.
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