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Jean-Patrick Guillaume (Traducteur)Jacques Berque (Préfacier, etc.)
ISBN : 2742744827
Éditeur : Actes Sud (03/10/2003)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 86 notes)
Résumé :
Sur les ruines des somptueux palais fatimides a poussé la Gamaliyya, un quartier populaire du vieux Caire. De ce petit monde truculent, qui oscille au fil des rumeurs de la ville ou voltige sur les fumées somnolentes du haschisch, s'élève parfois la voix du poète populaire disant l'évasion, proférant l'illusion, tandis que se succèdent des protagonistes qui mobilisent les ferveurs du peuple et suggèrent les trois révélations.

Toujours interdit par la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Dosamuse
  05 février 2013
On comprend assez vite que ce sont les personnages des 'livres' que l'auteur met en scène dans un quartier du Caire, on l'oublie assez facilement. On a beau savoir que Adham est Adam, Gabal est Moise, Rifaa Jésus et Qasim Mohamed (je n'ai pas su qui était l'alchimiste), on se plonge corps et âme dans la vie de ces personnages qui essayent de combattre la fatalité que vivent les gens de leur quartier face à l'oppression et à l'injustice. Bien sur, c'en était de trop pour la censure égyptienne qui a interdit ce livre.
Mais quel génie ! J'en regrette presque que mon arabe ne soit pas assez bon pour apprécier la plume de Naguib Mahfouz dans sa version originale. Chapeau au traducteur pour avoir su en retranscrire toute la subtilité.
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Donna22
  22 novembre 2012
Je ne suis pas déçue de mon premier N. Mahfouz. On découvre la triste vie égyptienne (réelle ou légendaire?) à la naissance du Caire. Une vie populaire rythmée par les histoires des conteurs, la violence des futuwwas (alias 'protecteurs' du quartier), l'escroquerie des Intendants sur les droits des habitants au Waqf ('Bien immobilisé dont les bénéfices sont distribués ad vitam aeternam aux descendants ').
L'histoire est découpée sur 5 époques : celle de Adham, de Gabal, de Rifaa, de Qasim puis de Arafa, personnages notables ayant marqué leur époque. Celles de Adham et de Gabal m'ont paru être les plus intéressantes.
Il flotte un voile de magie sur ce désert oriental reculé, mystérieux et riche de légendes, comme celle de cet ancêtre adulé qui semble intemporel, immortel, presque irréel.
Le ton est linéaire, l'histoire est racontée de façon égale, régulière, presque neutre, sans prise de position. Cependant, je n'ai pas ressenti de répétition ou d'ennui. Chaque époque est particulière, laisse un souvenir bien distinct.
L'histoire s'enchaîne assez rapidement, l'auteur ne s'attarde sur rien. Il n'y a aucun indicateur chronologique qui puisse nous situer dans L Histoire, ce qui, à mon avis, aurait retiré du charme au mystère.
Je regrette juste la fin. le dernier chapitre (Arafa) m'a semblé comme amputé. C'est bien la première fois que je reste sur ma faim sur un roman de plus de 600 pages ...
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clairejeanne
  14 décembre 2016
Naguib Mahfouz, prix Nobel de Littérature 1988
Enfant d'un quartier populaire de la capitale égyptienne, Naguib Mahfouz nous raconte ce quartier du Caire, El Gamaliya, peuplé d'une multitude de gens très pauvres, menant des vies misérables. Dominés par les "futuwwas", hommes de main brutaux des intendants, les habitants du quartier organisé en waqf (institution islamique, c'est un leg pieux : l'ensemble des bâtiments et terrains appartiennent à Dieu, et les revenus sont - normalement - redistribués à la population) vivent sous le joug des "Dix Conditions".
Roman allégorique, "Les fils de la Médina" nous raconte l'émergence d'hommes forts et charitables, cherchant à sortir leur peuple de l'oppression et à combattre l'injustice, apparus successivement et dont l'histoire fait penser à celle d'Adam, de Moïse, de Jésus et de Mahomet.
La première histoire est celle d'Adham qui avec sa femme se fait chasser de "la Grande Maison" de son père, Gabalawi, pour avoir voulu accéder à une connaissance interdite ; la deuxième, celle de Gabal, qui après avoir traversé un désert et vécu en exil, rencontre son ancêtre Gabalawi le Patriarche, qui lui dit de renverser l'oppresseur par la force ; puis c'est Rifaa, né en exil, fils de menuisier qui revient essayer de "guérir" ceux de son quartier, puis Qasim celui qui veut mettre la force au service du bien et enfin Arafa, l'alchimiste qui va tuer Dieu. Et toujours, au bout d'un certain temps, les hommes oublient, retombent dans les mêmes travers et se remettent à se battre...
Livre très original, une saga cairote passionnante et bien écrite, un récit très intelligent, qui critique l'organisation sociale des waqfs et les caractères des hommes ; l'ensemble présente une vision désabusée et plutôt pessimiste de la société humaine car quelle est la solution ? Y-en-t'il une, ou même plusieurs ? L'auteur ne le dit pas qui met en cause une religion mal comprise mais aussi une société matérialiste, sans Dieu.
Premières phrases : " Au commencement, là où se trouve actuellement notre quartier, il n'y avait que le désert du Muqattam qui s'étendait à perte de vue. Au milieu du désert se dressait la Grande Maison construite par Gabalawi, comme un défi à la solitude, aux fauves et aux bandits de grands chemins. Son mur d'enceinte enfermait une vaste étendue de terrain, dont la moitié ouest constituait un verger et la moitié est était occupée par une imposante demeure, composée de trois corps de bâtiment. Or, un jour, le Fondateur fit venir ses fils dans la grande salle du rez-de-chaussée..."
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Pirouette0001
  21 mars 2014
Cinq récits. Cinq récits qui évoquent la vie à des époques différentes, de cinq hommes vivant au Caire. Les références aux livres sacrés sont évidentes, et sont d'ailleurs le prétexte à la censure du livre dans le pays de l'auteur, l'Egypte.
On est plus proche du conte que du roman et le lecteur se laisse prendre aisément par le style du narrateur.
Si ce n'est une impression de redite et de longueur, ce livre est bien agréable à lire et je le recommande pour entrer dans difficulté dans la littérature arabe.
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medsine
  30 janvier 2012
Les fils de la Médina raconte l'histoire d'une dynastie née du désert qui s'est construite au cours des générations successives à partir d'un seul ancêtre Gabalawi. Gabalawi résiste au temps, il est comme immortel mais il vit reclus dans sa Grande Maison et personne ne peut le voir hormis ses serviteurs. Ses fils sont les premiers, après lui, à construire une légende qui sera chantée par les conteurs de la ville qui croît au fil des années.Au cours des générations successives, s'illustrent entre de longues périodes d'oppressions des prophètes. le premier est un guerrier, le deuxième est miséricordieux, le troisième plus philosophe et le dernier est un alchimiste. Chacun est guidé par l'exemple de l'ancêtre et souhaite établir la justice pour sa communauté. Ils réussissent parfois mais l'oubli et la transmission aux générations suivantes est toujours un échec.Ce livre est une parabole sur la religion (Dieu est l'ancêtre) et le combat contre l'oppression (chaque génération connaît un tyran guerrier : le futuwwa et un tyran administratif : l'intendant). Il peint aussi la lâcheté quotidienne de ceux qui se soumettent mais aussi la vanité et le doute de ceux qui résistent.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
kathelkathel   01 septembre 2010
Ils poursuivirent leur route vers l’entrée du quartier. Oncle Chafi’i marchait en tête, chargé d’un sac, suivi d’Abda et de Rifaa, qui portaient chacun un énomre ballot. Le jeune homme, avec sa taille haute et mince et son visage ouvert, à l’expression pleine de douceur et de délicatesse, apparaissait particulièrement sympathique. il observait avec attention tout ce qui l’entourait, et qu’il voyait pour la première fois. Son regard fut attiré par la Grande Maison qui se dressait solitaire, au haut bout du quartier, parmi les cimes des arbres qui se balançaient derrière le mur extérieur. Il la contempla longuement, puis demanda : - C’est la maison du Patriarche ?
- Oui, répondit Abda. Tu te souviens de ce que je t’en ai dit ? C’est là que vit l’Ancêtre, le maître de tout le quartier et de ce qui s’y trouve. Tout ce qu’il y a de bon vient de lui et de sa générosité. Et s’il ne s’était pas retiré de sa demeure, le quartier serait rempli de lumière."
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DosamuseDosamuse   26 janvier 2013
Dans cette maison, les femmes jouaient un rôle comparable à celui des organes internes dans le corps humain : leur possesseur est, d'une certaine façon, conscient de leur existence, il vit grâce à eux, mais il ne les voit pas.
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DosamuseDosamuse   02 février 2013
C'est quand même curieux, je garde les moutons de tout le quartier, certains appartiennent aux Gabalites, d'autres aux Riaïtes, d'autres encore aux familles riches de notre secteur : eh bien ils paissent ensemble comme des frères alors que leurs maîtres passent leur temps à se haïr et à se disputer.
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DosamuseDosamuse   30 janvier 2013
Les conteurs des cafés s'en tiennent à l'époque héroïque, évitant soigneusement tout ce qui pourrait déplaire aux puissants, et chantent les louanges de l'intendant et des futuwwas : leur justice dont nous n'avons jamais profité, leur compassion que nous n'avons jamais rencontrée, leur grandeur d'âme que nous n'avons jamais connue, leur désintéressement dont nous n'avons jamais vu les effets, leur équité dont nous n'avons jamais entendu parler. En vérité, je me demande ce qui a retenu nos ancêtres, et ce qui nous retient nous-mêmes dans ce quartier maudit.
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DosamuseDosamuse   29 janvier 2013
Les femmes s'agglutinaient sur le seuil des maisons, l'une hachant des feuilles de mouloukhiyya, l'autre pelant des oignons, une troisième allumant un brasero, toutes échangeant potins et plaisanteries, ou, au besoin, injures et malédictions.
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Videos de Naguib Mahfouz (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Naguib Mahfouz
Rencontre avec Naguib Mahfouz.
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