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EAN : 9782352120292
224 pages
Au Diable Vauvert (18/10/2007)
3.88/5   47 notes
Résumé :
Enfin, la guerre est finie. Kidnappées, violées, battues, usées, victimes de maladies, assassinées, abandonnées et rejetées... parmi elles, seules quelques survivantes sont finalement revenues, épuisées et malades. Sont-elles vraiment libérées ?
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La Deuxième Guerre Mondiale fut une belle cochonnerie. Si en Europe de l'Ouest, nous savons assez bien ce qui s'est passé jusqu'en Pologne, nous en savons déjà beaucoup à propos des pays de l'Est. Alors la guerre du Pacifique... Bien sûr, exécutions, massacres, pillages, destructions, comme dans toute guerre. Et le pour le repos du guerrier ? Pour préserver ses soldats des maladies vénériennes (c'est louable), l'armée impériale a mis en place des bordels à l'usage exclusif de ses soldats (soit ; je ne cautionne pas, hein !) Et pour les remplir ? Rien de plus simple : enlèvement, menaces, mensonges à l'emploi, dans les colonies gagnées par la guerre (Chine, Corée, Java) ; les filles seront traitées comme de la marchandise. Chacune d'elle devait recevoir entre 30 et 40 soldats par jour. Inutile de préciser que beaucoup en sont mortes. Les autres... A part la honte et l'opprobre pendant des décennies...
Puis, au début des années 1990, les anciennes esclaves coréenne se sont levées pour demander excuses et reconnaissance du Japon. le pays nie. Puis ce furent celles d'autres pays asiatiques et de quelques occidentales (Java était encore colonies hollandaise à l'époque et les blanches ne furent pas épargnées.) Les survivantes ne sont plus très nombreuses mais une association les seconde, il existe des recherches, des publications et maintenant ce manhwa. Il est parfois dur mais très clair, et sur le passé et sur les combats présents. Il suit quelques survivantes, un médecin de l'armée de l'époque (probablement la seule armée de cette époque à avoir l'utilité d'un gynécologue !) et surtout sur la documentation de l'armée de l'époque, montrant clairement la mise en place ce cet esclavage. Mais le Japon toujours nie.
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"Plus que tout je refuse catégoriquement le terme de "femme de réconfort" puisqu'il signifie quelque chose de chaleureux et de doux". Jan Ruff O'Herne

Un véritable documentaire que cet ouvrage graphique, décrivant et expliquant le concept de prostitution en maisons closes, institutionnalisé par les troupes japonaises en Extrême-Orient pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Un système organisé et rationalisé comme une part intégrante des armées d'occupation, utilisant des femmes arnaquées à l'embauche, enlevées à leur famille ou en pleine rue, pour en faire de véritables esclaves sexuelles dans des "maisons de réconfort".

Violées, maltraitées, affamées, abandonnées ou disparues, coréennes ou même hollandaises de Java, il convenait de leur rendre justice par témoignages et rappel du contexte historique.

Une lecture triste, difficile, factuelle.
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Femmes de réconfort est un roman graphique de Kyung-a Jung, auteure sud-coréenne diplômée en histoire. En feuilletant ce livre, je n'étais pas attirée par les dessins. Mais le sujet m'intéressait, j'avais déjà entendu parler des "femmes de réconfort", esclaves sexuelles de l'armée japonaise pendant la seconde guerre mondiale. Ce livre très documenté, m'a permis d'apprendre beaucoup de choses.

Déjà j'ignorais qu'il y avait des occidentales parmi ces femmes. le début de l'ouvrage relate l'histoire de Jan Ruff O'Herne, militante néerlando-australienne, qui a grandi à Java (à l'époque une colonie hollandaise). Pendant la guerre, Java est envahie par le Japon. Nous sommes en 1942, Jan a dix-neuf ans, elle est emmenée dans un camp de prisonniers. En 1944, les jeunes filles et les jeunes femmes de ce camp sont emmenées de force dans des maisons closes destinées à l'armée impériale japonaise. Des Javanaises, des Chinoises et des Coréennes les rejoignent. Jan a gardé le secret pendant cinquante ans. Ce n'est qu'au début des années 1990 que la parole s'est libérée. En 1992, la première manifestation des Halumny, "femmes de réconfort" est organisée. Ces femmes survivantes, esclaves sexuelles (certaines dès l'âge de dix ans) ont vécu avec le poids de ce secret. le Japon dément l'existence de ces maisons closes.

Dans la deuxième partie du livre, l'auteure précise que les "femmes de réconfort" existaient déjà bien avant la Seconde guerre mondiale pour la marine japonaise. En 1937, le massacre de Nankin entraîne de nombreux viols. Les autorités utilisent alors ce prétexte pour constituer des maisons closes pour l'armée : éviter le viol par le viol. La plupart des femmes recrutées croient être embauchées pour travailler dans une usine; certaines sont arrachées à leurs familles; d'autres enlevées dans la rue grâce à la collaboration de la police. Dans ces maisons de réconfort où les fenêtres donnent uniquement sur un couloir, les femmes sont violées plus d'une vingtaine de fois par jour et sont utilisées comme un défouloir par les soldats. Quand elles tombent enceintes, on les fait avorter. Nombreuses sont celles qui sont devenues stériles à la suite de ces traitements. L'ouvrage traite aussi d'Aso Tetsu. Ce gynécologue fut chargé d'examiner le premier groupe de femmes pour l'armée japonaise. Sur ces 100 femmes, on dénombrait 80 Coréennes et 20 Japonaises. Aso se montre obnubilé par les maladies vénériennes et réalise des travaux de recherche au sein des maisons de réconfort sans état d'âme pour ces femmes.

La troisième partie s'intéresse aux maisons de réconfort dans le Pacifique pendant la guerre. Des espaces sont également prévus dans les abris antiaériens... L'auteure nous parle ensuite du sort de ces femmes après la défaite. Certaines parviennent à s'enfuir. Mais avec l'arrivée des troupes alliées, ce n'est pas fini. le gouvernement met en place des maisons de réconfort ... pour les alliés ! et se met à la recherche de nouvelles femmes. "Après la libération de la Corée, les nouvelles proies étaient les Japonaises pauvres qui se retrouvaient sans famille". le ministère de l'intérieur justifie cette "mesure nationale d'urgence" en 1945 affirmant qu'elle "préserve ainsi éternellement la pureté du sang du peuple et offre à des milliers de femmes une digue contre les vagues de la folie." (rapport cité p200). Cela n'a bien entendu pas empêché de nombreux viols commis sur la population japonaise par les forces d'occupation.

Malgré un apriori sur le graphique, je ressors bouleversée par cette lecture, le coeur complètement retourné, glacée par l'horreur. C'est réellement un ouvrage intéressant. L'auteure a mené des recherches approfondies, s'appuie sur des documents variés et des témoignages de rescapées.
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Comment sortir d'un tel livre ?

Je tournais autour depuis quelques mois dans la médiathèque que je fréquente. Mais face à un tel sujet, il faut être prêt à s'impliquer complètement.

J'ai passé une matinée à suivre l'enquête et les explications de Kyung-a Jung autour de ce sujet qui sort enfin depuis les années 1990 des méandres de l'histoire, à savoir le sort des femmes, esclaves sexuelles pour l'armée japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale et même bien avant, depuis les guerres sino-japonaises de la fin du XIXè siècle et que l'on appelle parfois les « Halmuny » ou « femmes de réconfort ». J'y ai passé une demi-journée et je pense que ce livre raisonnera en moi pendant très, très, très longtemps.

C'est un livre d'une force incroyable, qui personnellement m'a marqué et dont je ne sors pas indemne mais que je suis heureux d'avoir lu pour découvrir véritablement le sort de ces femmes, de ces esclaves, longtemps oubliées et encore aujourd'hui niées par l'état japonais.

La forme du livre s'efface rapidement sous le poids du propos. Ce livre et cette histoire méritent et doivent être connus.


Ce livre nous donne à voir une réalité abominable et un système parfaitement orchestré et régenté par l'armée et plus largement par un gouvernement et un état, le Japon. Cela va à l'encontre du discours officiel japonais qui ne veut voir dans ces pratiques organisées à grandes échelles d'esclavagisme sexuel, que des actes isolés et des décisions personnelles.

L'une des justifications, de ces pratiques, était de contrôler les pulsions des soldats et de prévenir les viols de civiles… Donc au final, il fallait « prévenir le viol par des viols ». Et cette pratique faisait partie intégrante des pratiques de l'armée et il n'était pas rare que les gradés s'en servent notamment pour « former » les plus jeunes afin qu'ils ne soient pas des « poules mouillées » : « le sexe fera de vous un vrai guerrier ».

Avec les premiers témoignages dans les années 1990, cette histoire cachée refait surface et une connaissance plus fine du sujet est possible.

Ainsi, par exemple, très longtemps, on a considéré que les seules coréennes avaient eu à subir ces horreurs, mais ce livre nous montre que toute la région fut touchée. Ce sont donc des coréennes, des chinoises, des javanaises, des européennes (il y avait alors encore des colonies européennes en Asie ) et même des japonaises qui furent transformées en esclaves sexuelles. L'armée japonaise se procurait cette « marchandise », car c'est ainsi que ces femmes étaient définies, par arnaque à l'embauche, enlèvement, arrestation arbitraire, menace de représailles sur les familles... L'auteure explique que, comme dans les règlements militaires, les femmes ne sont pas prévues, elle n'avait pas une place plus importante que les cigarettes. Elles pouvaient être considérées comme des objets ou du matériel. L'auteurs fait dire à un militaire « c'est comme des toilettes publiques ». « On les utilise et si ça casse, on les jette, c'est tout. »

Ces femmes allaient être déplacées aux quatre coins de l'Asie et du Pacifique à la suite des armées de l'empereur, où après avoir été quotidiennement violées de 10 à 30 fois, elles furent abandonnées ou tuées.

Ces exactions ne furent donc pas perpétrées que pendant la Deuxième Guerre mondiale et ne prirent pas non plus fin avec elle. En effet, avec la capitulation du Japon, pour préserver la pureté du sang japonais et prévenir le viol des « bonnes japonaises », on créa des camps de femmes pour offrir de la détente et du plaisir aux alliés. On appliqua les mêmes recettes qu'auparavant mais ce ne furent plus des étrangères mais les japonaises pauvres qui furent alors utilisées et esclavagisées.

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Livre découvert grâce aux suggestions de Babelio, cet ouvrage historique s'est avéré très instructif.
La forme du manwha (bd coréenne) permet, comme le dit elle-même l'auteur de ne pas se perdre dans les développements complexes (et compliqués) que l'on peut trouver dans certains livres. Objectif atteint, même si parfois j'ai trouvé la construction assez peu rigoureuse...

Je connaissais l'existence des "femmes de réconfort", page vraiment peu glorieuse de l'histoire du Japon, mais les témoignages et extraits de livres d'histoire utilisés dans cet ouvrage ont donné un contour plus précis à mes connaissances.
J'avoue avoir dû fermer le livre par moment tant le cynisme avec lequel cette opération de rapts et viols collectifs ont été perpétrés, et pire encore le dénigrement et le déni du Japon face à cette affaire.
Et le pire, c'est peut-être que même dans leur pays d'origine, la Corée pour une très grande partie de ces femmes, leurs souffrances ont été l'objet d'un tabou honteux. Une double peine pour ses pauvres femmes qui après avoir été victimes de leurs bourreaux militaires ont été vues comme des coupables par leurs concitoyens.
Certes, on sait malheureusement que le viol est une arme de guerre et que même dans la société civile ont juge plus facilement les femmes comme responsables des "ravages" de leurs charmes dont les hommes seraient de pauvres victimes sans défense. Il faut dire que pour cela, les religions ont bien préparé le terrain.

On pourrait dire que c'est un épisode de cruauté de plus dans le registre sans fin qu'est l'Histoire de l'humanité, mais pas seulement. C'est une lecture instructive et révoltante qui soulève un malaise, concernant l'épisode historique en lui-même bien sûr, mais aussi au regard de la façon dont les contemporains "jugent" encore ces femmes...
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Plus que tout, je refuse catégoriquement le terme de "femmes de réconfort" ! Puisqu’il signifie quelque chose de chaleureux et de doux.

Nous n’étions pas des ‘femmes de réconfort’, mais des victimes de rapts et de viols commis par l’armée japonaise !
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Comme le titre le révèle, cette bande dessinée est l'histoire des 'femmes de réconfort' de l'armée impériale japonaise. Celle-ci a kidnappé les femmes des pays qu'elle a occupés et en a fait des esclaves sexuelles. Elle a appelé 'femmes de réconfort' les proies de ce vaste plan de viol. La guerre est finie mais la vérité sur ces femmes a été bien cachée pendant cinquante ans. Le Japon voulait évidemment étouffer cette affaire et le climat de guerre froide dans la politique internationale a contribué à relativiser les crimes de guerre commis par le Japon.
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Reconnaître et voir la réalité en face est un moyen d’apprendre davantage. Même si c’est un page sombre de l’histoire, les Japonais n’ont-ils pas le droit de savoir ce qui s’est réellement passé ?

On a beau cherché à oublier ou à nier la vérité, c’est impossible... moi, en tout cas, je n’y arrive pas.
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Pourquoi l'armée japonaise était-elle si attachée aux "femmes de réconfort"?
Ah, je t'ai déjà expliqué. C'est pour prévenir les viols de civiles!
Les pulsions sexuelles chez l'homme, c'est incontrôlable!
Sans "femmes de réconfort" sur le champ de bataille, impossible de circonscrire les viols.
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Plus que tout, je refuse catégoriquement le terme de "femme de réconfort"! Puisqu'il signifie quelque chose de chaleureux et de doux.
Nous n'étions pas des "femmes de réconfort" mais des victimes de rapts et de viols commis par l'armée japonaise!
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