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Pierre de Labriolle (Éditeur scientifique)François Villeneuve (Éditeur scientifique)Jean Gérard (Éditeur scientifique)
ISBN : 2251011021
Éditeur : Les Belles Lettres (15/12/2002)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Si Juvénal fut très prompt à nous parler de ses contemporains, il fut plus discret quant à sa vie personnelle, et les biographies qui lui furent consacrées par la suite, aussi nombreuses que contestables, ne viennent que guère combler cette indigence. Tout au plus sait-on que Juvénal, grand ami de Martial, fut probablement rhéteur avant de se consacrer à l'écriture des ses Satires. Cet aspect désincarné contraste fortement avec l’œuvre, pleine de vie, d’anecdotes et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
finitysend
  08 mars 2012
Ce texte est d'une grande valeur documentaire .
Il se veut scandaleusement ( faussement ingénu ( souvent ) ) : élégant ...vulgaire .. ordurier .. drôle ....
Il est tout cela le plus souvent .
Même s'il faut faire l'effort de se documenter sur l'Urbs et la civilisation romaine ( sur la rhétorique également ) pour en profiter : un dictionnaire de civilisation romaine ferra l'affaire.
Signalons qu'il est largement accessible avec de la patience voir un peu d'endurance (?? ).
Cependant et c'est ce qui fait sa grande valeur :
Ce texte est le fruit du travail d'un auteur qui ressentait le besoin de s'exprimer, de dénoncer ( de bonne ou de mauvaise foi ), de témoigner et enfin d'amuser la galerie tout en persuadant .
Le style très parlé rend ce document vivant et il n'est pas aussi théorique que les caractères de Théophraste ( par exemple ).
C'est un peu difficile d'accès ,surtout que l'auteur se ridiculise subtilement .. assez souvent .
Il est donc nécessaire de se documenter un minimum mais la récompense est au rendez-vous
C'est le texte idéal pour s'imprégner de l'antiquité romaine tout en percevant dans le même combien cette civilisation nous est proche et éloignée .
C'est tout à fait le genre de textes qui réintroduisent l'individualité dans le lointain passé et qui génèrent de ‘intimité avec une époque .
Pour qualifier ces satires je dirais qu'elle sont : vivantes .
Elles sont une tentative efficace et percutante d'interpellation et le lecteur est systématiquement pris à témoin.
Le style est tout entier subordonné à cette finalité.
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Klenn
  25 avril 2017
Détestant Rome, ou plutôt ce qu'elle est devenue, Juvénal fait de ses contemporains une peinture sans pitié. C'est un monde sur lequel « difficile est saturam non scribere » (« il est difficile de ne pas en faire la satire »). La Rome impériale s'est en effet transformée en une ville gigantesque, monstrueuse scène de théâtre remplie de bouffons qui s'ignorent et d'aigrefins: un lupanar. Il ne reste plus guère de choix aux vieux Latins : ils prendront la fuite et se réfugieront en province, ou devront se résoudre à faire la cour aux parvenus de tout poil, de l'empereur au gigolo enrichi. Enfin, et c'est le choix de Juvénal, ils peuvent se poster aux carrefours et hurler de rire à la vue, par exemple, d'un castrat, ancien esclave enrichi, qui peine à porter sa bague, tant la pierre est lourde !
Juvénal ignore tout du politiquement correct : il s'en prend tour à tour aux femmes qui, quand elles ne cocufient pas leurs maris, les empoisonnent par leur érudition avant de le faire pour de bon et de toucher l'héritage ; aux pères-la-pudeur qui dissimulent mal leur homosexualité sous leurs mâles paroles et leurs vêtements de soie diaphane ; aux riches à la fois raffinés dans leur dépravation et atteints d'une avarice sordide quand il s'agit de traiter leurs gitons ; aux efféminés qui se marient entre eux à défaut de pouvoir enfanter ; aux Orientaux de tout poil, esclaves affranchis, tout spécialement les Grecs, qui évincent les vieux Romains des responsabilités ; aux faux dévots, qui n'invoquent les dieux que pour mieux délester le gogo de son bel argent.
Juvénal n'hésite pas à aborder sur le ton de la farce le jeu politique, jeu dangereux où parler de la pluie et du beau temps vous vaut vite la disgrâce ou la mort. le tableau (parodie d'une oeuvre perdue) qu'il propose de la cour de Domitien, le « Néron chauve », s'il est riche de notations grotesques, rend très bien l'atmosphère cauchemardesque d'une époque exsudant la terreur. Enfin, dans la Rome de Juvénal, il arrive qu'une impératrice, plus souvent qu'à son tour, fasse le tapin ou qu'une princesse accouche d'une série d'avortons, tous copie fidèle de celui qui est à la fois leur oncle et père, l'Empereur.
On ne saurait parler sans anachronisme de liberté d'expression quand il s'agit de la Rome impériale, et Juvénal se garde bien de s'en prendre aux empereurs régnants. Ses contemporains verront dans ses propos des allusions à l'actualité de son temps, ce qui lui aurait valu l'exil en Égypte, sous couvert d'une vague mission militaire. Il y serait mort.
La langue de Juvénal permet de se faire une idée de la variété des parlers latins, selon les classes sociales et les régions. Elle est à la fois vigoureuse, voire crue, et savante. Juvénal aime jouer du contraste entre les moeurs des anciens Romains, frugaux et barbus, et celles de ses contemporains, perdus de luxe et efféminés
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
finitysendfinitysend   31 août 2012
On a honte de manger dans de la vaisselle de terre.
On ne trouverait cela nullement déshonorant si l'on était subitement transporté chez les Marses ou à la table des Sabins. Et là, on se contenterait d'une grossière cape bleuâtre.
Il nous faut admettre la vérité : dans une grande partie de l'Italie, nul ne revêt la toge, si ce n'est quand il est mort.
Et si d'aventure, la majesté des jours de fête est célébrée sur un théâtre de gazon et que quelque farce connue remonte enfin sur les tréteaux, tandis que le poupon à la campagne, dans les bras de sa mère, redoute la fente du masque blême, tu verras, là-bas, vêtements identiques et, semblables, orchestre et peuple.
Comme parure de leur éclatante dignité, les tuniques blanches suffisent aux édiles, ces grands personnages.
Ici, à Rome, l'éclat du vêtement dépasse les moyens; ici, tout excède le suffisant; quelquefois on s'approprie la garde-robe d'autrui.
Ce vice nous est commun : tous, nous vivons ici dans une pauvreté prétentieuse.
JUVÉNAL, Satires, III, 168-183
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   28 juillet 2018
Déjà le troisième étage est en feu, et toi, tu n'en sais rien. Depuis le rez-de-chaussée, c'est la panique : mais celui qui rôtira le dernier, c'est le locataire qui n'est protégé de la pluie que par la tuile où les colombes langoureuses viennent pondre leurs œufs.
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NoellyeNoellye   14 avril 2017
L'argent sent bon d'où qu'il vienne.
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MultipassMultipass   09 août 2013
La noblesse de tes pères se dresse souvent devant toi : leur gloire est le flambeau qui illumine toutes tes hontes.
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DanieljeanDanieljean   11 mars 2018
Un esprit sain dans un corps sain.
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>Littérature des langues italiques. Littérature latine (88)
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