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EAN : 9782370471352
440 pages
Éditeur : Editions Lajouanie (08/11/2019)
4.25/5   18 notes
Résumé :
Nord de la France. Le lieutenant Boris Lisziak vient d’arrêter Le Moraliste, un tueur en série manipulateur et retors. À quelques encablures, la capitaine Garance Fazuras piste des barbares « chassant » en groupe, coupables de viols collectifs particulièrement atroces. Le commandant Demeyer rejoint le duo de policiers pour l’épauler dans une traque qui s’annonce impitoyable. Une bande de criminels monstrueusement pervers. Des victimes marquées à jamais. Trois flics ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Julitlesmots
  07 avril 2020
Ce qui m'a attiré dans ce livre ? Son titre et sa couverture…
Ce que j'y ai découvert ? Un sujet brillamment mené, malgré une intrigue qui remue les tripes !
Le viol n'est pas une mince affaire à explorer, pourtant l'auteur s'en sort avec brio ! Mais, à travers ce sujet, il touche les fondements de notre société, avec notamment le traitement apporté à ces affaires à la limite du supportable…
Le livre débute d'ailleurs sur scène de viol, dont il dépeint l'horreur, l'abject qui côtoie la peur de la victime, c'est très visuel et certains lecteurs pourraient avoir envie de poser le livre. Pour autant, on a envie d'explorer plus en profondeur le propos que l'auteur souhaite aborder…
On sent une retenue dans la plume, une empathie pour ces victimes, que l'on découvre au fil du récit. Mais cette retenue est un sentiment sous-jacent, qui ne fait que mettre en exergue l'empathie, sans jamais tomber dans la pitié, dont font preuve, les enquêteurs.
Mettre les mots, sur les maux, c'est bien là ce qu'évoque l'auteur. Les victimes, n'ont pas besoin de pitié, elles ont besoin de réponses et d'être entendues. Leurs voix sont criantes de vérité à travers une plume, sans concession, l'auteur laisse libre cours à la parole, qui se veut délivrance. Une délivrance qui même si, elle n'efface pas l'horreur, est salvatrice. Être reconnue en tant que victime, permet de se construire, alors même que cela semble impossible…
Jess Kaan, aurait pu tomber dans la facilité en tombant dans le voyeurisme gratuit, mais il évite ce travers, en élevant l'humanité des personnages au plus haut degré. L'écoute, la retenue, la bienveillance… Même si nous savons que cela n'est pas une généralité, on sent le désir profond de l'auteur, que cela le soit.
C'est une lecture qui marque, dont le sujet ne peut laisser indifférent. Car, si l'on creuse un peu, comme j'aime le faire, on y découvre une étude sociétale approfondie. Plusieurs sujets, sont abordés en filigrane, la famille, le cancer, les SDF… Mais aussi les voix qui s'élèvent et crient leur indignation, leur envie de rentrer dans le lard et de mettre à terre la perversité…
Des femmes violées, humiliées, sans possibilités de reconstruction, face, non seulement à l'injustice qu'elles subissent, mais parfois, face au pire, qui reste à venir, alors que l'horreur est passée.
Un thriller qui ne laisse pas insensible, où l'horreur côtoie la réalité, jusqu'à la toute fin où le coup de grâce apporte la délivrance.
Lien : https://julitlesmots.com/202..
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UnKaPart
  21 février 2020
Or donc, dans En chasse !, il ne sera ni question de pan-pan les p'tits zozios ni de la relique que saint Delafon apporta en l'église de Notre-Dame-du-cabinet-d'aisance le 29 février 1237. Et pourtant, même sans chasse, ça traque sévère dans le dernier bouquin de Jess Kaan !

Direction le nord de la France, vers ce bout du bout qu'on appelait autrefois le Nord-Pas-de-Calais. Depuis, le nom a changé, vu qu'on a récupéré Calais aux Anglois et qu'il ne reste plus rien de nordique dans cette région promise à devenir le centre névralgique de la production mondiale d'ananas grâce au réchauffement climatique. En attendant que les maraîchers du cru se lancent dans le fruit tropical made in France et épongent la dette nationale de leurs petits bras musclés et glyphosatés, la moitié septentrionale des Hauts-de-France reste égale à elle-même : grise et pauvre. Pendant ce temps, la partie méridionale, la Picardie, prépare son indépendance sous ma houlette, mais on parlera une autre fois du coup d'État que je fomente.
Or donc, dans ce Nord-Pas-de-Calais-ni-d'ananas, nous retrouvons les personnages introduits dans Punk Friction. Retour aux affaires pour le trio issu de cet organe répressif que d'aucuns appellent la police : le lieutenant Boris Lisziak, la capitaine Garance Fazrus et le commandant “Ah bon il a pas de prénom” Demeyer. Comme nous sommes dans une oeuvre de fiction, ces trois flics se livrent à un véritable travail de police, à savoir mener une enquête et non pas tabasser des manifestants. Voilà qui redéfinit la notion de suspension d'incrédulité dans un pays où les forces de l'ordre portent très bien leur nom en affirmant haut et fort être à la solde du pouvoir et pas du tout au service des citoyens.

Sur quoi enquêtent les pieds nickelés ? Si je te le raconte, je te spoile tout le bouquin. L'auteur et son éditeur risquent de m'en vouloir et de me dépêcher en représailles une horde de spadassins. Pas que je craigne pour ma santé, j'en ai maté des pires, comme disait Manius Curius Dentatus à Pyrrhus, mais là, tu vois, je suis à court de place dans le jardin pour enterrer des corps. Je ne sais pas trop où je les caserais, les nervis dézingués. Sur l'intrigue, je vais donc devoir rester vague, tel Patrick Swayze dans Point Break.
Niveau arrière-plan, fil parallèle et intrigue secondaire, on trouvera un tueur en série appelé le Moraliste, une famille évaporée dans la nature et trois fûts métalliques chouravés au père Jean. “Je sais c'est un peu décousu mais moi je vous retranscris ça pêle-mêle aussi.” (Serge Karamazov, professeur émérite au Centre Universitaire Lillois)
Du côté de l'intrigue-principale-dont-on-ne-doit-pas-trop-dire-le-nom, le Voldemort narratif en quelque sorte, une double traque qui donne son nom au bouquin. D'un côté, un groupe de types pas recommandables pour deux sous qui pratique à la chasse à l'homme mais avec des femmes, et se livre à des viols collectifs en série. de l'autre, la maréchaussée qui leur court après.
Bref, c'est un “roman policier mais pas que…” comme c'est marqué sur la couverture.

À partir de là, t'as deux écoles. Celle du premier degré de lecture qui se contentera du polar, et l'autre à laquelle j'appartiens.
En chasse ! est très bien ficelé, pas de problème. le gars Kaan connaît son affaire. Si tu aimes les bons polars, c'en est un, avec tout le cortège policier : enquête, interrogatoires, fausses pistes, suspects, indics… Il ne manque pas un ingrédient, avec en prime un bon tour de main de l'auteur pour que sa tambouille ne ressemble pas à une recette.
Parce que chez les auteurs aussi, on trouve deux écoles.
Tu as ceux qui ont lu L'anatomie du scénario ou autre ouvrage théorique du même tonneau, suivent le manuel à la lettre en petits tâcherons et te sortent un texte qui ressemble moins à un roman qu'à un cahier des charges pour une production hollywoodienne formatée. Tu vois les ficelles, les étapes, les items, comme si les chapitres étaient intitulés “1 – Présentation du héros”, “3 – Fausse piste”, “6 – Mort d'un personnage pour créer de la tension dramatique”, “8 – Mettre des boobs pour réveiller l'attention du lecteur”, et cetera. Travail de foutriquet, zéro finesse.
À l'opposé, on trouve les auteurs qui méritent cette appellation (pour ceux du paragraphe précédent, on parlera au mieux de gribouilleurs), qui ont pour la plupart lu les mêmes bouquins théoriques, mais qui ont su s'en approprier l'esprit pour créer leur propre méthode d'écriture au lieu de plaquer leurs idées sur le canevas d'un autre. Eux, ils savent polir le truc pour faire disparaître les raccords et camoufler la mécanique. Ils proposent un récit, pas un catalogue d'éléments narratifs. C'est ce que fait Kaan, qui t'embarque dans son histoire sans laisser transparaître les artifices de la construction littéraire. Ce même Kaan qui te livre un polar régional sans tomber dans l'excès pittoresque courant dans cette veine, où beaucoup se croient obligés de te trimballer dans tous les bleds de la région en te casant l'inventaire exhaustif des noms de rue, chaque curiosité du coin et des exposés barbants d'une histoire locale dont tout le monde se bat les flancs, à commencer par les indigènes.
Soit à l'arrivée un excellent polar sur le fond (l'enquête) comme sur le procédé (la narration).
Mention spéciale au premier chapitre. À la sortie d'Un long moment de silence, je me rappelle d'une discussion avec Paul Colize autour des premiers chapitres de polar/thriller. La mode est au trash. Toujours plus de sang, toujours plus de tripes, toujours plus gore pour choquer à fond le lecteur d'entrée de jeu. Surenchère qui finit par aboutir à du grand n'importe quoi dans un paquet d'ouvrages récents, avec des tueurs en série toujours plus caricaturaux, plus hollywoodiens, plus hors sol qu'un championnat de saut à la perche. Quand tu regardes IRL, la plupart des serial killers se contentent de buter des gens sans rituel ésotérique de fou furieux autour, sans signature grandiloquente, sans machinerie nécessitant un bac +12 et une formation d'ingénieur. Dans En chasse !, le premier chapitre frappe fort puisqu'il met en scène le viol de la petite Marie. le passage est dur, cru, réaliste. Il ne cache rien… et en même temps, il y a une forme de pudeur et de retenue dans le sens où Kaan ne brode pas vingt pages de détails outranciers et tapageurs juste pour le douteux plaisir d'en mettre plein la vue au lecteur. Propre et moche à la fois.

Ici, on en revient à la deuxième école de lecture, celle qui va surtout s'intéresser au “mais pas que…”.
Un texte de Kaan ne serait pas du Kaan sans sa dimension sociale et sociétale, en un mot humaine. Loin des dorures du festival de Cannes, celui de Kaan s'attarde sur les petites gens, les classes populaires, le Français moyen, les pauvres, les exclus, les éclopés, bref cette masse de “sans-dents” et de “ceux qui ne sont rien” si chère (?) à nos dirigeants.
Et puis il y a cette formidable nature humaine qu'il dépeint. La violence, la haine sur les réseaux sociaux, les conflits mesquins entre voisins, les crêpages de chignon entre ex-époux, les jeunes délinquants qui se croient malins, les petits chefs qui se croient tout-puissants, l'homophobie, la respectabilité de façade, les viols, les meurtres… Et l'impunité, surtout. Qu'est-ce que tu peux risquer dans un pays qui laisse circuler les Balkany ou les Cahuzac et porte aux nues les Polanski, Sartre, Beauvoir, Cohn-Bendit ?

En chasse ! est donc beaucoup plus noir que Punk Friction, tu l'auras compris. Logique. Un tueur en série, la distanciation est possible en jouant sur le côté épouvantail, la figure archétypale du cinéma et la littérature et le fait que t'en croises pas tous les jours. Avec le thème du viol, on touche à quelque chose de plus plus proche, plus quotidien, plus ancré dans le réel qu'un assassin de carnaval.
Tu connais forcément quelqu'un à qui c'est arrivé.
Lien : https://unkapart.fr/en-chass..
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luciechenu
  28 décembre 2019
Une jeune fille kidnappée, un viol en réunion avec (moult) violences, dont elle ne s'en sortira pas indemne, loin de là. Une enquête menée par la capitaine Garance Fazuras, tandis que le lieutenant Boris Lisziak vient d'arrêter un tueur en série et que le commandant Demeyer se remet difficilement d'un cancer de la vessie. Ces trois flics qu'on avait découverts dans Punk Friction, et dont on (en tout cas moi) attendait avec impatience le retour, se retrouveront bientôt pour traquer les violeurs.
Il faut parvenir à dépasser le premier chapitre, vraiment hard. Ce livre n'est absolument pas à mettre entre toutes les mains. Je n'avais pas ressenti cela avec Punk Friction, sans doute parce que les crimes commis m'apparaissaient très éloignés de la réalité quotidienne. le viol, c'est une autre histoire… Heureusement, lorsque Garance entre en scène, on peut prendre un peu de distance et se rappeler que c'est une fiction, qu'on lit.
En chasse ! est un polar mené sur un rythme haletant, un page-turner qui n'est pas sans rappeler ceux de Lisa Gardner, mais pas que ça, loin de là. C'est aussi un roman qui donne à penser sur bien des sujets – la société, l'éducation, le cancer… – et à travers eux, sur la relation avec autrui, dans tous ses aspects, des plus horribles aux plus bienveillants. (L'éditeur ne s'y est d'ailleurs pas trompé qui a écrit sur la couverture « roman policier mais pas que… »)
À quand le tome 3, monsieur Kaan ?
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NatM
  29 juin 2020
Dans ce nouvel opus de Jess Kaan nous retrouvons les enquêteurs de "punk friction'", Garance Fazrus, Boris Lisziak et le commandant Demeyer, sans pour autant que cela soit obligatoire d'avoir lu celui-i pour suivre l'intrigue de "En chasse". L'auteur nous embarque dans sa région de prédilection le Nord-Pas de Calais, à la recherche d'un gang commettant des viols. Des prédateurs qui chassent leurs proies et y prennent un malin plaisir. Si le sujet est trash, l'auteur n'en tombe pas pour autant dans les scènes de voyeurisme gratuites, même si attention, nous restons dans un thriller c'est noir et proche malheureusement de la réalité. Plusieurs sentiments ressortent, pour moi, de ce livre, d'une part l'auteur ne fait pas des victimes des pantins pour servir le lecteur, il met en lumière la destruction psychologique de ces femmes, au-delà des séquelles physiques, il leur rend un hommage appuyé et respectueux. Autre aspect, c'est le portrait des violeurs, des hommes lambdas dont rien ne peut présumer qu'ils passeront un jour à l'acte. A côté, de cette enquête, il y en a une autre, suivi par le duo Lisziak et Demeyer, ces derniers ont enquêté plusieurs mois sur un serial killer, le Moraliste, l'enquête et l'arrestation de ce dernier font l'objet de plusieurs chapitres dont l'intrigue est tout aussi intéressante... Un autre sujet important, c'est le cancer dont souffre le commandant Demeyer et dont l'auteur a voulu intégrer le parcours épuisant et sa reconstruction difficile. Voilà donc un polar que je vous recommande, comme chaque livre de l'auteur et je constate une fois de plus qu'effectivement c'est un roman policier mais pas que....
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nathf
  24 janvier 2020
Nord de la France - le lieutenant Boris Lisziak a enfin arrêté le Moraliste, tueur en série retors.
Pas loin de là, une série de viols collectifs sont perpétrés par une bande de pervers qui terrorisent la région.
La capitaine Garance Fazuras devra avoir les nerfs solides pour faire face à ces barbares.
Le titre vous donne un avant-goût du contenu.
Jess Kaan entre dans le vif du sujet dès le 1er chapitre particulièrement hard.
En s'attaquant à un sujet sensible, le viol, il explore les penchants de certains soi-disant "hommes" mais sans faire de généralité.
Avec une écriture sans concession, l'auteur donne voix à ces femmes bafouées et décrit parfaitement leurs états d'âmes après ces faits atroces mais sans tomber dans le pathos.
Il rend ses flics bienveillants et humains, à l'écoute des victimes comme on aimerait qu'il en soit ainsi dans la vie.
N'espérez pas une seconde de répit! le rythme est trépidant et les scènes d'un réalisme parfois dur.
Un polar coup de coeur pour moi que la gente masculine devrait lire pour comprendre que le viol n'est pas anodin et laisse des traces indélébiles......
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JulitlesmotsJulitlesmots   06 avril 2020
« Les histoires de viol ne se terminent jamais avec l’acte lui-même »
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verobleueverobleue   30 août 2021
Les chiffres sont des cerfs-volants. On les utilise selon le sens du vent.
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UnKaPartUnKaPart   20 février 2020
On ne se force pas à aimer quelqu'un sous prétexte qu'il vous désire.
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verobleueverobleue   30 août 2021
L’amour véritable se déguste, il ne se dévore pas.
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verobleueverobleue   30 août 2021
Reprendre le boulot. Revivre. Au moins pour trois mois. Rebasculer dans l’horreur des autres plutôt que dans la sienne.
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