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ISBN : 2207124797
Éditeur : Denoël (02/11/2017)

Note moyenne : 3/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Djibouti, au creux de la corne de l’Afrique : un soldat suédois est tué sur un champ de tir. Les services secrets envoient l’agent Ernst Grip sur place pour faire la lumière sur cette mort suspecte, mais il y est traité en intrus par un personnel qui a déjà décidé quelle serait la version officielle des faits.
Pendant ce temps, une famille de quatre Suédois navigant non loin de là, dans le golfe d’Aden, est capturée par des pirates somaliens. Leur vie est en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
BlackKat
  21 novembre 2017
Ernst Grip ne dort plus. Il est en deuil de son compagnon, Ben. Un an que cela dure et qu'il a repris son travail de garde du corps des princesses…
Sauf quand le « boss », Tor Didricksen, le convoque. Et là, aucune alternative: on obéit toujours à Tor!
Et voici Grip à suer sous la chaleur de Djibouti, à essayer de démêler le vrai du faux dans ce tir assassin sur un soldat suédois, une simple bavure sur un champ de tir d'entraînement, a priori. Se heurter à la version officielle qui arrange tout le monde ne sera pas de tout repos pour Grip.
Et quand un retour au pays se profile, le voilà en contact avec un médiateur trouble dans une affaire d'enlèvement de civils suédois…
Deuxième volet des aventures de Grip, employé des Services Secrets suédois, après Mon nom est N. que j'avais beaucoup aimé pour l'analyse psychologique des personnages.
Si la psychologie n'est pas absente dans du sang sur le sable, ce roman est beaucoup plus nerveux et axé sur l'action.
D'un côté, l'enquête officielle sur la mort d'un soldat suédois, nous révèle l'hypocrisie de l'armée pour qui une version trompeuse des faits est plus avantageuse que la vérité pure. Surtout quand ce meurtre couvre un trafic bien juteux et réel.
Ici, il s'agit de l'armée, mais ce genre de décision et de conduite de groupe vaut pour toute grande société… ou même petite.
Les compromissions et les libertés prises pour garder son intérêt et son image en poupe sont légion et l'auteur se fait un plaisir de dénoncer l'éthique élastique de l'être humain.
En Afrique plane sans cesse le spectre de la colonisation et de l'influence, voire de l'ingérence, trouble et tant officielle qu'officieuse des anciennes puissances colonisatrices, des services qu'elles se rendent entre elles au nez et à la barbe des locaux, ou avec leur complicité.
Les ravages du khat, drogue largement consommée par tous, la piraterie moderne, la présence de terroristes de tout bord et les investissements frauduleux extérieurs sont le terreau idéal d'une jungle inextricable mis en scène par Robert Karjel.
C'est ainsi que j'ai beaucoup aimé les passages de conversation avec Judy Drexler, officiellement coordinatrice consulaire américaine et officieusement… allez savoir!
Leurs échanges nous ouvrent la porte de l'atmosphère nébuleuse des rapports internationaux dans la traque des terroristes, du financement d'informateurs aux activités pas très morales, de la corruption des pouvoirs locaux.
La présence importante et active des armées, françaises et américaines notamment, et de sa cohorte de diplomates sont des éléments incontournables pour notre enquêteur suédois!
Le jeu des influences et des intérêts propre à la géo-politique est toujours un sujet passionnant! On y perdrait ses petits tant le discours officiel des nations cache de manigances en coulisses. Passionnant et effrayant car on ne sait plus où se situe la morale, la droiture et la justice.
Grip est plongé dans une enquête chaotique et ne sait lui-même pas où il va. Il tâtonne, avance puis recule, fonce ou se terre dans son hôtel, se permet de plus en plus de libertés avec la Loi. le danger ne vient pas seulement de l'extérieur mais aussi de l'intérieur.
La lecture est sous tension permanente avec cet électron libre qui ne semble pas du tout contrôler le cours des événements ni même ses propres actions. Et pour cause, les règles en Afrique ne sont pas établies pour être respectées!
L'auteur est un ancien militaire et, à ce titre, est très bien renseigné sur le théâtre africain et le fonctionnement des systèmes étatiques. Mais loin de se cantonner aux sujets qu'il maîtrise de part son passé professionnel, l'auteur a l'ambition de partager aussi des portraits personnels intéressants.
C'est ainsi que le sujet du deuil est très finement analysé avec les doutes, les zones d'ombre et l'isolement de Grip, qui peine à retrouver une place dans sa propre existence, qui n'a pas seulement perdu un compagnon mais aussi un pan de sa vie sociale et de lui-même.
Avec l'enlèvement des Bergenskjöld, c'est les relations familiales qui sont à l'honneur. Les rapports de force devant l'adversité se profilent entre un chef de famille charismatique qui s'effondre, et une singulière critique du monde capitaliste totalement déconnecté des notions de respect, honneur et courage, et une femme qui est avant tout une mère qui saura constamment mener sa barque, mais pas sans en payer le prix.
Ces deux enquêtes sont liées par cet étrange médiateur qu'on ne peut totalement détester pour sa cupidité. Son parcours est dévoilé dans le dernier tiers du roman et aborde le sujet sensible des réfugiés en terre étrangère, de l'exode de certains esprits faibles attirés par les flammes « glorieuses » du jihad et qui déchantent très vite, de la difficulté de s'insérer dans une société et un système qui restent, malgré tous les grands discours de modernité, très hermétique.
En conclusion, je dirais qu'avec le personnage de Grip, Robert Karjel a créé une ambiance complexe très addictive et riche. Les limites et les frontières sont sans cesse remises en question et Grip n'est pas un monolithe aussi froid et méthodique que la 4ème de couv' le suggère!
À découvrir donc, si ce n'est déjà fait!
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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Commenter  J’apprécie          50
michel.carlier15
  11 novembre 2017
Pour situer le personnage de l'auteur de ce thriller , il faut dire que Robert Karjel est particulièrement bien placé pour parler de lieux comme l'Afghanistan , ou la Corne de l'Afrique (plus précisément la Somalie , à cause des actes de piraterie qui y sont régulièrement perpétrés) .
En effet , il a été longtemps sur les théâtres de guerre en tant qu'officier de l'armée suédoise et pilote d'hélicoptère . Il est le seul et unique pilote suédois à avoir subi l'entrainement de l'infanterie de marine américaine et à avoir soutenu leurs opérations sur les points chauds de l'Afghanistan et surtout en Somalie pour la chasse aux pirates .
Il est donc extrêmement bien placé pour écrire sur ce qu'il a vécu , sur les lieux dans lesquels il est intervenu en tant que militaire , on peut dire qu'il a une connaissance précise du terrain .
L'histoire commence à Djibouti , au cours d'un exercice de tir avec des Somaliens , un soldat suédois est tué d'une balle en pleine tête .
Les militaires suédois ont vite fait de trouver un coupable , Abdoul Ghermat , Somalien présent sur le champ de tir , ça arrange tout le monde .
Le gouvernement suédois envoie alors l'agent Ernst Grip pour enquêter sur cette mort suspecte , il est habilité à travailler avec les services secrets .
Arrivé à Djibouti , il se rend compte rapidement que l'on a fabriqué un faux coupable , le Somalien n'avait même pas tiré une balle et pas tenu une arme au moment de "l'accident" .
Ceci dit , la Marine suédoise lui met des bâtons dans les roues quand ils constatent que l'enquêteur n'en fait qu'à sa tête .
Il se débrouille pour arrêter un des militaires suédois d'origine bosniaque , lequel finit par avouer que c'est lui qui a tiré de façon accidentelle .
Mais cette explication ne tient pas : un viseur laser était installé sur l'une des armes qui ont été utilisées sur le champ de tir , une militaire suédoise en témoigne . Or , les armes ont été rangées comme pièces à conviction , mais SANS le viseur laser .
Evidemment , ces éléments encouragent Ernst Grip à poursuivre ses investigations plus avant , et cela dérange l'assassin ...
Parallèlement à cette enquête à rebondissements , une famille suédoise qui naviguait sur un voilier luxueux , (Carl-Adam et Jenny , parents de deux adolescents ) a été enlevée par des pirates somaliens . Ces derniers réclament une grosse somme d'argent que personne ne veut payer , surtout pas les anciens employeurs de Carl-Adam .
Là encore , Ernst Grip est mis à contribution , et il faut faire vite : au cours de l'assaut , Carl-Adam a été blessé par balle , et son fils risque de mourir faute de médicaments . En outre , les quatre Suédois sont détenus dans des conditions épouvantables , ils n'ont que très peu d'eau à boire , alors que la chaleur est insupportable en journée .
Un mystérieux intermédiaire contacte Grip pour l'aider dans les tractations avec les pirates , il est de temps à autre en contact avec les ravisseurs et la famille suédoise , et il essaie d'améliorer leurs conditions de vie . Mais son intervention va-t-elle suffire pour sauver la vie de cette famille ?
Ce thriller se lit très facilement , il y a du rythme , passablement d'action , et le lecteur a l'impression de mener l'enquête en compagnie de l'officier suédois. Et il y a toujours une tension palpable , on a l'impression d'être dans la corne de l'Afrique , et à Djibouti personne n'est à l'abri d'un coup de couteau ou d'un enlèvement , surtout les Européens .
Bref , ce thriller est bien écrit (c'est un véritable compliment , venant d'un lecteur qui déteste les militaires ) , et j'encourage tous ceux qui aiment les polars scandinaves à le lire : il n'a rien à voir avec ce que vous avez pu lire auparavant , comme Camilla Lackberg , Jo Nesbo , ou Henning Mankell , pour ne citer que ceux-là .
J'en profite pour remercier Babelio et les éditions Denoel , qui m'ont fait profiter de cette lecture .
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Commenter  J’apprécie          20
Bellonzo
  15 novembre 2017
Thriller sur fond de piraterie contemporaine situé dans la si accueillante Corne de l'Afrique, signé d'un lieutenant-colonel de l'armée de l'air suédoise, ayant connu le bourbier afghan et chassé lui-même le pirate en Somalie, du sang sur le sable se consomme sans intérêt particulier, comme un plat quotidien avalé par habitude et dont le goût ne risque pas de vous irriter le palais. Ceci posé on a le droit d'apprécier ces aventures à Djibouti, un peu comme on lisait, du temps où on lisait dans le train, pratique disparue, un polar quasi jetable. Mais c'était encore lire. Je confirme, lire du sang sur les sable, c'est donc lire et pénétrer les arcanes d'un trafic de devises en relation avec le terrorisme, entre la Somalie en guerre civile, et la Suède dont les soldats en poste dans l'ancienne Côte Française des Somalis ne sont pas tous d'une probité au dessus de tout soupçon.
Une famille de Suédois aisés a eu la brillante idée de choisir le sud du Golfe d'Aden pour la croisière inaugurale de leur magnifique voilier. Pris en otages par des pirates somaliens ils vont être l'objet de sordides négociations. Robert Karjel tente de nous initier au fonctionnement des services secrets européens. Son personnage, Ernest Grip, va se trouver confronté à la mort accidentelle ou non d'un officier suédois lors d'exercices. Les deux affaires, prise d'otages, meurtre lors de leçons de tir d'une escouade djiboutienne, sont-elles liées? Multiples portables prépayés, messages codés, apparition d'une pianiste au jeu très trouble mais séduisante, séquences sur les otages sans vrai suspense. J'ai trouvé le temps bien long, 500 pages, même si certaines pages sont de dialogues vite survolés. Si le coeur vous en dit.
Merci à Babelio avec qui j'ai lu du sang sur le sable. Ainsi qu'aux éditions Denoël. On ne peut gagner à tous les coups.
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Mariejuliet
  09 janvier 2018
(...) de l'action, de l'action, de l'intrigue, du suspens.... peut-être pas toujours dans la finesse, mais en tout cas j'ai passé un très bon moment de lecture et j'ai bien envie de découvrir le premier roman de l'auteur, mon nom est N.
Lien : http://www.leslecturesdemari..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BlackKatBlackKat   13 novembre 2017
Il est nécessaire de porter le deuil, on ne peut pas y échapper. Sinon, on reste piégé dans son chagrin.
Commenter  J’apprécie          70
BlackKatBlackKat   19 novembre 2017
Peu importe la distance qu'on met entre soi et son foyer, impossible de fuir ses propres démons.
Commenter  J’apprécie          60
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