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ISBN : 2072728991
Éditeur : Gallimard (07/09/2017)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Le terme Pukhtu renvoie aux valeurs fondamentales du peuple pachtoune, l’honneur de soi – ghairat – et celui de sa famille, de sa tribu – izzat.

Dire d’un homme qu’il n’a pas de pukhtu est une injure mortelle.

Année 2008, l'Afghanistan, instable, corrompu, miné par la guerre et le trafic de drogue, fait face à un nouveau front insurrectionnel, à l’est. Fox, un paramilitaire, travaille dans les zones tribales pakistanaises. Au cours d’... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  08 novembre 2016
Drôle de guerre. Un drone de combat Predator traverse le ciel afghan dans un bruissement, localise sa cible et la bombarde. Bilan : une douzaine de morts parmi lesquels on peine à distinguer les cibles - des combattants étrangers - des civils. Les Talibans répliquent. Un convoi de l'ISAF est attaqué par un engin explosif et un attentat suicide est perpétré en plein coeur de Kaboul. Les médias occidentaux diffuseront des images de la frappe aérienne et des ravages de l'attaque kamikaze. Et pour ce qui est de la compréhension de ces événements, et bien c'est facile, il y a les bons, nous, et les méchants, eux, et attention, demain, il va pleuvoir sur la moitié nord.
Pukhtu nous éclaire sur les guerres intestines qui couvent sous le conflit médiatisé. C'est l'histoire d'un père qui rejoint les rangs des Talibans non pas par fondamentalisme religieux mais pour venger la mort de ses enfants. C'est celle d'un ancien agent qui va sortir de sa planque pour assouvir lui aussi une vengeance. C'est un groupe paramilitaire qui agit dans l'ombre pour assurer des missions de renseignement mais aussi… convoyer de la drogue. C'est un responsable français de l'espionnage qui navigue en eaux troubles. Ce sont des journalistes qui enquêtent sur les méandres de ces organisations clandestines en France et à l'étranger… C'est un tableau de la guerre sale, du Renseignement trouble, loin des grands principes, faite de petits calculs et de grandes machinations, de coups foireux et de barbouzerie, de violences et de cupidité. Comme l'écrit l'auteur, tout ça est le ""résultat de la nullité égoïste et veule du plus grand nombre, et de la malhonnêteté sans limites d’une minorité carnassière uniquement désireuse de s’accaparer les restes du festin.""
J'avais apprécié le premier tome de Pukhtu. Il m'a fallu une dizaine de pages pour me remettre dans l'histoire et j'ai été tout de suite emporté par l'efficacité du récit. le roman est complet sans être complexe, à la fois documenté et parfaitement scénarisé. Kosovo, Waziristan du Nord, Mozambique... Vous allez voyager vers des destinations surprenantes à bord d‘un l'Iliouchine ou d'un porte-conteneurs. Il ne faut pas se laisser impressionner par l'aspect massif du livre et par le nombre de personnages ou d'intrigues. Le récit est fluide, l'écriture nerveuse et sa lecture est passionnante. 1300 pages au cours desquelles l'intrigue ne faiblit jamais. Un roman captivant.
Merci à Babelio et aux éditions Gallimard pour cette lecture et pour la rencontre organisée le 9 novembre.
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Archie
  08 mars 2017
Faut-il absolument lire Pukhtu Secundo après Pukhtu Primo ?
En voici déjà au moins une bonne raison : en préambule de Secundo, sur une dizaine de pages, l'auteur livre un remarquable résumé de Primo. Ne vous y trompez pas, ça ne peut se substituer à sa lecture complète. C'est juste l'occasion de remettre de l'ordre dans ce qu'il faut retenir du livre, si votre cerveau est resté tourneboulé par sa complexité, son rythme, sa violence et sa longueur.
Dans ma chronique sur Pukhtu Primo – à lire ou relire ! –, j'avais évoqué un tableau hyperréaliste de péripéties dramatiques fictives et réelles s'enchaînant en 2008 au coeur de la guerre d'Afghanistan ; des situations complexes ; des descriptions insoutenables. Avec finalement, le sentiment d'une histoire qui tourne en boucle … Normal ! c'était tout simplement la réalité du terrain, une situation conflictuelle impossible à terminer. Cela reste vrai dans Secundo, qui en est la suite immédiate.
Des personnages avaient retenu mon attention. J'ai eu envie de savoir ce qui leur arrive dans Secundo, ou plutôt – soyons lucide – ce que le romancier leur a réservé.
Le début est dans la continuité de Primo. En Afghanistan, le même tohu-bohu quotidien d'attentats, d'explosions, d'embuscades, d'enlèvements suivis de tortures, de mutilations et d'assassinats. Les événements s'enchaînent toujours de façon aussi trépidante… mais la magie prend moins. Je me suis même inquiété d'avoir à supporter cela pendant 700 pages...
En fait, le livre comporte trois parties. Assez rapidement, le centre de gravité du roman bascule sur Paris, pivot d'un très lucratif business de la drogue reliant l'Afghanistan, l'Afrique, le Kosovo et Dubai. Aux manettes, un notable français, ancien officier des services secrets. Autour de lui, une bande constituée quelques années plus tôt lors d'une opération spéciale menée contre des terroristes islamistes, une opération qui aurait quelque peu dégénéré... La bande découvre tardivement que quelques camarades de l'époque, des mercenaires plus ou moins occultes et portés disparus, sont bien vivants et pourraient vouloir régler des comptes… Sans oublier les deux jeunes femmes sexy que j'évoquais dans ma chronique de Primo. Comme je l'anticipais, elles courent de grands risques…
Pour la dernière partie du roman, retour en Afghanistan, dans les zones tribales à la frontière du Pakistan, pour un genre d'aventures en rupture. Un lion, un lynx et un renard redeviennent des êtres humains ; trois combattants féroces retrouvent une inclination spirituelle, probablement en conscience de l'imminence de leur propre anéantissement, d'une aspiration au sacrifice. C'est ainsi qu'un moudjahidine acharné, fasciné par des yeux verts, se voit soudain rappelé aux valeurs patchounes les plus nobles ; qu'un mercenaire psychopathe se transforme en chevalier blanc, protecteur de l'orphelin et de la veuve. Et que celui qui cherchait sa voie finit par la trouver en direction du Bien plutôt que vers le Mal… Avec aussi beaucoup de pognon à la clé. A condition de survivre !
Sauver une femme, une Française ! Voilà à quoi tous trois s'attellent, dans une course-poursuite implacable au travers d'une montagne prise dans les intempéries hivernales. A leurs trousses, une meute plurielle de poursuivants – armée pakistanaise, talibans, moudjahidines, milices… – prêts à s'entretuer, mais à la traque de la même fugitive.
Les qualités de l'écriture sont les mêmes dans les deux volumes. Un style qui privilégie l'efficacité. Des descriptions qui ne reculent pas devant le trash. Une capacité à s'attarder sur d'infinis détails pour ralentir la lecture, faire durer l'incertitude, alimenter l'attention et la tension du lecteur. Des péripéties appuyées sur une documentation très fouillée. Et en contrepoint, toujours les vrais faux communiqués diffusant et commentant des informations du terrain.
L'auteur décrit des services d'ordres français aussi inefficaces que leurs alter ego américains. «Barbouzerie petit bras à la française», au prétexte de budgets insuffisants. Gros moyens américains, mais absence de stratégie et de cohérence dans leur déploiement. Chez les uns comme chez les autres, une bureaucratie nuisant à la fluidité de communication, sur fond de crocs-en-jambe entre services rivaux.
Seule la violence fait bouger les choses, mais bougent-elles dans le bon sens ? Dérangeant de découvrir – quels que soient leur camp, leur origine ou leurs convictions – des hommes aussi cruels et sanguinaires. Des sauvages, des barbares. Ou des fêlés, démunis de toute sensibilité humaine. Glaçant le comportement face aux femmes, des talibans, moudjahidines et autres combattants locaux : des lâches, des minables ; ridicules avant d'être monstrueux. Comment ne pas s'insurger contre ces traditions-là !
Pukhtu Primo et Pukhtu Secundo : deux livres différents et complémentaires. Une lecture réellement captivante et édifiante. Mais je ressens comme une envie de passer à une littérature plus légère…
Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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SZRAMOWO
  02 novembre 2016
J'ai eu la chance de recevoir Pukhtu Secundo de DOA dans le cadre d'une masse critique spéciale et d'être invité à la rencontre avec l'auteur, organisée par Babelio et les Editions Gallimard. Heureux comme un Babéliaute qui a décroché le jackpot ! MERCI !
En recevant le livre, une seule question, Pukhtu Secundo, sera-t-il à la hauteur de Primo ? Si je pose cette question, vous aurez compris que la réponse est OUI ! Aussi incroyable et improbable que cela puisse paraître, DOA réussit la performance de nous effaroucher comme de jeunes lecteurs avides qui n'auraient jamais lu Pukhtu Primo.
Avec Pukhtu Primo et Secundo, DOA s'affirme comme une référence de la littérature contemporaine. Peu importe la classification que l'on donne à ses romans. Il maîtrise son sujet. Partage ses connaissances avec le lecteur. L'accompagne tout au long de la lecture grâce au glossaire, aux cartes, et aux inserts de rapports officiels et extraits des unes de la presse.
Comme au sortir de ces conférences données par des sommités, à la fin de la lecture de Pukhtu Secundo on a l'impression d'être un peu moins ignare qu'avant.
Plusieurs raisons à mon émerveillement :
Le chapitre inaugural intitulé « Précédemment, dans Pukhtu… ». Un style à la fois télégraphique et travaillé, met tout de suite le lecteur dans l'ambiance. Une référence facile s'impose, le « previously in… », des séries américaines, mais selon moi, ça ressemble plutôt aux quelques cases qui figuraient en introduction des Marvels comics de la grande époque. Chacun ses références. Ces pages (cinq et demi) sont écrites de façon à vous faire replonger tout de suite.
Par rapport à Primo, le récit change de braquet, s'appuie sur plusieurs constats qui lui donnent une dimension dramatique nouvelle dans laquelle les personnages apparaissent de plus en plus livrés à eux-mêmes, de plus en plus seuls, de plus en plus fragiles :
- Les belligérants se connaissent mieux
- La guerre technologique marque le pas
- Les Afghans résistent mieux, les combats sont plus longs et plus meurtriers (en témoignent les statistiques comparées des pertes entre 2006 et 2008)
- Les Talibans étendent leur zone d'influence à des groupes sociaux jusqu'alors neutres
- Certains personnages qui semblaient invincibles, tombent. (Je ne vous dirai pas lesquels)
La narration s'attarde moins sur le contexte pour se consacrer au parcours des personnages. Cette évolution conditionne le lecteur, crée une empathie. Pukhtu Primo c'est « En route vers la gloire » ; Pukhtu Secundo « Plus dure sera la chute »
Côté Afghan, Sher Ali émerge du lot. Métamorphosé par la perte de sa fille Badraï, il s'est affranchi de toutes contraintes, de toutes convenances, d'où qu'elles viennent et de toutes prudences, convaincu qu'il trouvera le salut dans la vengeance. Il rejette l'idée de mektoub :
« (…) même si Allah l'a écrit ainsi. Sans doute devrait-il demander pardon pour ces pensées impies. (…) Il s'est aventuré trop loin sur les routes du chagrin. »
« Les gens connaissent ses raisons, ils les respectent, mais sa cause n'est pas la cause de tous (…) quelques prétendants se sont manifestés pour le remplacer. »
Comme dans Primo, j'ai trouvé que Sher Ali reste le personnage le plus humain, le plus réel, le plus attachant.
Côté forces d'occupation, c'est Lynx qui tient le haut du pavé. le retour de ce personnage d'abord masqué, est la surprise majeure du roman.
Un passage d'anthologie, celui décrivant la lutte de Lynx contre les envoyés de ses anciens « patrons » venus faire le ménage. Dès lors, plus de répit pour lui.
La construction de cette partie du récit est admirable : Page 155 à 162, le lecteur est mis en alerte. Il se passe quelque chose. L'impression fugitive est confirmée par la suite. Piqure de rappel pages 177 à 180. Et c'est l'explosion pages 187 à 211.
L'écriture amène le lecteur à s'identifier à Lynx, héros solitaire et romantique se battant contre l'hydre impersonnelle du renseignement soumise à la raison d'Etat. On veut qu'il gagne ce combat. On tremble pour lui. On a peur. On est rassuré par sa capacité à réagir.
Très vite, Sher Ali et Lynx font le vide autour d'eux, au sens propre et au figuré. Et se retrouvent presque face à face. Luttant pour le même objectif (je ne vous dis pas lequel)
Parallèlement à ces deux parcours, à Paris, Amel Chloé et Montana poursuivent leurs manigances malsaines. Interférences politiques et policières. Mensonges. Demi-vérité. Chantages. Fréquentations douteuses. le danger les guette, au même titre que les combattants en Afghanistan, mais il n'utilise ni le même visage, ni les mêmes armes.
Et, toujours, comme dans Primo, où que l'on soit, l'argent est omniprésent : « (…) ici aussi, on aime les enveloppes, les sacs plastiques et les mallettes (…) »
L'histoire monte comme des oeufs en neige jusqu'à atteindre un point de consistance qui ne la fera jamais redescendre. Point d'orgue : la rencontre entre les différents protagonistes en Afghanistan où Peter Dang, le journaliste canadien poursuit ses investigations, ignorant des traquenards.
La fin (?) de Pukhtu Secundo nous laisse penser qu'il y aura une suite. J'en suis personnellement convaincu.

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monromannoir
  07 février 2017
Avec Pukhtu – Primo, DOA nous avait entraîné au coeur des méandres du conflit afghan en mettant en scène l'implacable vengeance d'un chef de clan décidé à exterminer les membres d'un groupuscule de mercenaires américains responsables de la mort de plusieurs membres de sa famille. Au terme de cette première partie, l'auteur nous laissait sur le seuil d'une confrontation sanglante entre les paramilitaires et le chef de guerre pachtoune. Tout aussi dense, tout aussi fouillé, c'est peut dire que l'on attendait le second volume, Pukhtu – Secundo, avec une certaine impatience, couplée à une légère appréhension en se demandant comment l'on allait pouvoir se replonger dans les circonvolutions d'une histoire complexe, peuplée d'une myriade de personnages qui s'entrecroisent dans un chassé-croisé géopolitique subtil.
Rien ne va plus à Kaboul et dans ses environs. Loin d'être maîtrisé le conflit afghan s'enlise dans une succession d'échauffourées et d'attentats de plus en plus meurtriers, tandis que les trafics en tout genre prennent une ampleur de plus en plus conséquente à mesure que la guerre dégénère. Dans cette poudrière, chacun tente de tirer profit du conflit et les mercenaires de l'agence américaine 6N sont davantage préoccupés par le trafic d'héroïne qu'ils ont mis en place avec l'aide de Montana, un haut responsable d'une officine des services secrets français. Pourtant les problèmes surviennent. Tout d'abord il faut faire face à la froide vengeance de Sher Ali décidé à exterminer tous les membres de la compagnie qui ont tué sa fille chérie Badraï, victime collatérale d'un raid meurtrier. Il y a également ces deux journalistes fouineurs désireux de mettre à jour l'économie souterraine du commerce de l'héroïne. Et pour couronner le tout, il y a cet ancien agent clandestin que l'on a tenté d'éliminer en Afrique et qui va bouleverser toute la donne lors d'un périple sanglant le menant des côtes africaines, en passant par Paris, jusqu'au coeur des montagnes afghanes. Cet homme solitaire et déterminé, également ivre de vengeance, va demander des comptes à l'ensemble des responsables de la mort de sa compagne enceinte.
En guise de préambule, une brève synthèse de l'opus précédent permet au lecteur de s'immerger très rapidement dans ce récit vertigineux qui s'ouvre sur de nouvelles perspectives. En effet, avec Pukhtu – Secundo, DOA se concentre principalement le périple d'un nouveau personnage qui entre en scène pour bouleverser toutes les dynamiques misent en place dans le premier roman. Ainsi la démarche vengeresse de Sher Ali Kahn trouve un écho avec celle de Servier, alias Lynx qui, du Mozambique à Paris, va également mettre à mal toute l'organisation criminelle servant à couvrir ce trafic de drogue international décrit avec minutie dans le premier ouvrage. C'est sur l'échiquier parisien que se déroule une grande partie du récit avec des dynamiques de surveillances et de contre-surveillances qui ressemblent furieusement à celles que l'on rencontraient dans Citoyens Clandestins, ceci d'autant plus que l'on retrouve un très grand nombre des personnages de ce roman. Néanmoins, Pukhtu – Secundo recèle quelques surprises, notamment dans le fait que les vindictes de Sher Ali Kahn et de Servier, trouvent rapidement leurs épilogues respectifs dans des confrontations sanglantes et violentes permettant de s'intéresser davantage aux conséquences de ces représailles qui trouveront une conclusion commune dans les vallées montagneuses de l'Afghanistan.
Avec cette écriture dynamique et précise, DOA met en scène des opérations clandestines pertinentes et réalistes qui alimentent un indéniable climat de tension et de suspense trouvant bien souvent leurs dénouements dans des confrontations aussi vives que sanglantes. Néanmoins pour bon nombre d'entre elles on ne peut s'empêcher d'éprouver un certain sentiment de répétition, ceci d'autant plus que l'auteur semble avoir mis de côté tout l'aspect géopolitique que l'on découvrait dans le premier roman et qui constituait l'une des grandes originalités du récit. Ainsi l'interventionnisme américain en Afghanistan ne rencontre plus qu'un faible écho tout comme l'aspect organisationnel du trafic de drogue qui est complètement abandonné. On le perçoit également par le biais de ces personnages secondaires dont l'auteur ne sait plus trop quoi faire et dont les destins s'achèvent dans des conclusions un peu trop abruptes à l'instar de cette jeune Chloé dont le portrait bien trop stéréotypé restera l'une des grandes faiblesses du récit.
Alors que Pukhtu – Primo était davantage axé sur l'aspect géopolitique du conflit afghan, Pukhtu – Secundo s'inscrit dans une dimension résolument orientée sur l'esprit d'action et d'aventure qui comblera ou décevra les lecteurs en fonction de leurs attentes. On reste tout de même subjugué par le périple de Servier dans les vallées afghanes qui constitue l'un des points forts du roman. Pour dissiper une éventuelle déception qui peut émaner de ce second volume, il conviendra peut-être d'appréhender le cycle Pukthu dans son ensemble, ceci d'une seule traite, pour apprécier les indéniables qualités narratives d'un récit incroyablement documenté qui sort résolument de l'ordinaire.
DOA : Pukhtu - Secundo. Editions Gallimard – Série Noire 2016.
A lire en écoutant : Head in the Dirt de Hanni El Khatib. Album : Head in the Dirt. Innovative Leisure 2013.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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domeva
  24 octobre 2016
Ayant lu Pukhtu Primo,qui m'avait certes plu,mais dans lequel j'avais eu des difficultés à prendre des repères pour suivre les personnages traversant les multiples conflits armés,je me suis sentie plus à l'aise dans cette suite.
Même si les guerres sont toujours d'actualité dans Pukhtu Secundo,j'ai apprécié que DOA construise son récit en privilégiant les personnages qui en sont les acteurs.On les voit évoluer au fur et à mesure de leurs intérêts ,animés par la peur,la colère,l'envie de s'enrichir,de se venger,de protéger un être cher,de survivre.
Certaines femmes y ont une importance déterminante :Amel,journaliste manipulatrice parfois manipulée qui met sa vie en jeu pour l'amour de son métier;Chloé,jeune femme perdue que l'on utilise et détruit,qui ne survit que par la drogue.
L'auteur trouve dans chacun une plus ou moins grande part de noirceur,d'opportunisme,certaines empathies inattendues.En le lisant,on aime ou déteste certains,on modifie sa façon de penser sur les "méchants",les "gentils".Une chose est certaine,ce roman est une vraie pépite ....noire.
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
FLAORIFLAORI   13 octobre 2017
Cela signifie : les seules choses qui nous accompagnent toute notre vie sont nos actions.
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RenodRenod   10 novembre 2016
Au fond, aucune des initiatives de son groupe* n’a pour objectif réel de jeter la lumière sur quoi que ce soit, ni même de préserver les institutions et l’intérêt supérieur de la nation. Il y a longtemps que plus personne ne se préoccupe de ça, ou n’a les épaules, la vision, la légitimité de le faire. Montana**, ses conneries, les conséquences de ses conneries, sont le résultat de la nullité égoïste et veule du plus grand nombre, et de la malhonnêteté sans limites d’une minorité carnassière uniquement désireuse de s’accaparer les restes du festin.

* : groupe d'enquête de la DCRI : Direction centrale du renseignement intérieur
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RenodRenod   08 novembre 2016
Au milieu de tout ce bordel, y en a quand même des vrais, des purs, des durs, qui veulent nous péter la gueule dès qu’on pointe notre nez et qu’ont tué nos potes, et mon frère Manzour, abattu comme un chien, et son cousin Anwar, qu’a crevé tout cassé dans mes bras. Alors s’il faut marcher sur des pieds, tordre des bras, fracasser deux, trois crânes voire buter des inoffensifs pour leur mettre la main dessus, aux nuisibles, tant pis, ils avaient qu’à pas être là, hein ? Eux ou nous, mon frère, eux ou nous.
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Charybde2Charybde2   01 octobre 2016
En face de ce trio, exposant leurs doléances, cinq habitants de Taqi, le bled où, deux jours plus tôt, les kidnappeurs ont abandonné leurs téléphones mobiles. Dans la ferme de gens sans lien avec l’insurrection, pour tromper l’ennemi, le faire courir partout comme un poulet sans tête. Opération réussie. Ils sont également parvenus à remonter la population contre les Américains après l’assaut lancé sur la maison en question par les forces spéciales. Quatre personnes sont mortes au cours de celui-ci, dont le chef de famille, un policier. Les proches, les amis, les voisins ici, dans ce hameau, et dans tous les villages environnants, sont tristes. Et très en colère.
Fox est venu écouter cette colère en jouant, avec la précieuse caution de Dilaouar, à l’envoyé du gouverneur, dans l’espoir de capter un renseignement utile ou d’identifier une source potentielle. Une version afghane de l’enquête de voisinage. Les résultats ne sont guère concluants, il se prend surtout dans la gueule le désespoir de paysans coincés entre le marteau fondamentaliste et l’enclume étrangère, soutien d’un pouvoir corrompu qui a promis beaucoup et donné peu. Il encaisse la peur ressentie après chaque shabnameh, chaque exécution sommaire, la crainte permanente de sauter sur une mine ou de voir son enfant déchiqueté par la bombe d’un avion, l’angoisse d’être racketté par les agents de l’État ou emprisonné de façon arbitraire, l’absolu dénuement, l’absence d’espoir et le ras-le-bol de cette occupation – ainsi est-elle perçue – devenue, plus que la religion, le principal moteur de la rébellion. Derrière le croquemitaine taliban, énième avatar d’un storytelling dont les médias sont si friands, pratique pour le grand enfumage rhétorique de la guerre à la terreur, se cache une multitude de réalités souvent très limitées géographiquement et sans autre véritable ambition politique que l’éjection de l’envahisseur pas de chez nous, source de tous les maux. Impossible de dire combien de participants à cette mini jirga seront demain passés dans le camp adverse. Ou combien en font déjà partie.
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RenodRenod   04 novembre 2016
Comprendre l’Afghanistan, la tâche paraît insurmontable. La plupart de ses habitants semblent eux-mêmes y avoir renoncé et Peter se demande combien de morts et de milliards de dollars il faudra encore pour que les États-Unis, handicapés par une conception naïve du bien et du mal, du avec nous ou contre nous, réalisent et surtout admettent l’énormité de l’erreur commise en restant ici.
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Le Serpent aux mille coupures (film, 2017) - bande-annonce.
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