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ISBN : B0000DWFBA
Éditeur : Editions G. P. (30/11/-1)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Héros brisé pour les uns, il était " la vie même " pour les autres... En 1955, Louis Lachenal nous quittait, laissant derrière lui l'image d'un grand alpiniste, vainqueur de l'Annapurna. Héros brisé pour les uns, il était " la vie même " pour les autres... Mais qui était ce grimpeur surdoué qui accompagna Herzog au sommet du premier 8000 ?

Que s'est-il joué pendant cette expédition nationale qui passionna les Français et suscita tant de controverses ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nastie92
  03 octobre 2016
Oui, mais...
Les Carnets du vertige ont été édités en 1956, quelques mois après la mort de Louis Lachenal dans une crevasse de la vallée blanche, à partir de notes qu'il avait rédigées dans l'intention d'en faire un livre. Gérard Herzog les a rassemblées, complétées et a écrit des transitions.
En 1996, Jean-Claude Lachenal, fils de Louis, vient trouver l'éditeur Michel Guérin avec des manuscrits inédits de son père et les Carnets du vertige sont réédités dans une version enrichie. C'est cette version que j'ai en main.
Autant le savoir tout de suite, la plus grande partie du livre a été écrite par Gérard Herzog. En fait, quasiment tout, sauf l'histoire de l'Annapurna.
Louis Lachenal fait partie des alpinistes de légende. Il a, avec Maurice Herzog, été le premier homme en haut d'un sommet de plus de huit mille mètres : l'Annapurna. Ascension qui a radicalement changé sa vie ; il y a un avant et un après Annapurna.
L'avant : toute la partie biographique rédigée par Gérard Herzog est très intéressante pour qui veut en savoir plus sur Louis Lachenal, l'alpiniste et l'homme. Des documents variés enrichissent le texte : croquis et récits par Lachenal de quelques-unes de ses premières grandes courses, portraits au crayons qui révèlent chez l'alpiniste un talent certain de dessinateur, et comme toujours dans les livres de l'éditeur Michel Guérin, de nombreuses photos. Certaines pages sont émouvantes, comme ces photos du "livret de porteur" sur lesquelles on peut lire diverses appréciations de clients qui ont effectué des courses avec le tout jeune diplômé : "Notre chef de cordée Lachenal fait montre d'une virtuosité étonnante. Nous le recommandons à tous les alpinistes inexpérimentés.", "Grâce aux mérites du guide Lachenal, nous effectuons la montée sans difficulté.", "... Lachenal Louis qui m'assurait et m'instruisait sur l'art de faire de l'alpinisme. J'espère qu'un jour il aura le bonheur de vous guider et de vous tenir ensuite au bout de sa corde.".
D'autres passages sont drôles, comme lorsque Gérard Herzog raconte les légendaires fringales de Lionel Terray qui régulièrement s'arrête en pleine paroi disant avoir faim et passe une demi-heure à dévorer des quantités astronomiques de nourriture.
Louis Lachenal vit très modestement de sa passion de la montagne et l'on suit sa vie avec sa femme, ses enfants, ses amis : on est très loin de l'image d'un héros hors d'atteinte, on a sous nos yeux la vie d'un homme simple. Et cette simplicité et cette authenticité le rendent particulièrement touchant.
Le coeur du livre est le "Journal de l'Annapurna".
Je laisse le soin à son auteur de vous le présenter : "Je possède un document qui m'est précieux, le cahier sur lequel, seul des membres des cordées d'assaut, j'ai tenu chaque jour mon journal personnel. Avant le départ, j'avais collé sur les cartons de couverture les photos que je voulais garder sous les yeux, celles de ma famille dans notre chalet des Praz. Ainsi c'était déjà, pendant l'expédition, le cahier du souvenir. le style est... ce que l'on verra ; la littérature était alors un moindre souci. D'ailleurs je crois que, livrées à l'état brut, ces notes n'en reflètent que mieux, pour un montagnard, le climat de l'altitude : la philosophie, autant que la littérature, est une occupation de vallée. [...] Là-dessus je frappe les trois coups et l'on commence. "
Dans ce journal, Lachenal a écrit jour après jour l'histoire de la conquête historique. Son écriture est simple et souvent émouvante dans cette simplicité. Lachenal raconte les petits détails qui font le quotidien de l'expédition et son récit couvre plus de trois mois d'aventure, incluant le voyage aller et le retour. On se rend bien compte de tout le travail d'équipe et des mérites qu'il faut reconnaître à chacun, contrairement à ce que l'on peut lire dans le livre de Maurice Herzog (Annapurna Premier 8 000) où l'auteur tire la couverture à lui d'une façon terriblement agaçante.
Ce qui suit la victoire sur l'Annapurna serre le coeur : Louis Lachenal a eu les pieds gelés lors de l'assaut final et ses dernières années de vie ont été une suite d'opérations plus douloureuses les unes que les autres et de combats ininterrompus pour essayer de recouvrer au mieux ses facultés de grimpeur. Dans cette bataille, il se montre d'une détermination sans faille, même s'il connaît de bien légitimes moments d'abattement : on ne peux qu'admirer cette volonté extraordinaire.
Il ressort de cette lecture que Louis Lachenal était un homme terriblement attachant, un alpiniste hors pair qui a connu un magnifique carrière, brutalement interrompue par son ascension la plus glorieuse, celle de l'Annapurna.
Ce livre constitue une lecture très intéressante pour toute personne qui s'intéresse à l'alpinisme, en particulier à ceux qui aiment découvrir son histoire à travers les grandes conquêtes et les hommes qui les ont effectuées. Il dresse le portrait d'un homme original et magnifique.
Alors, pourquoi le "oui, mais..." initial ?
Parce que quelque chose me dérange dans ce livre : le fait que les notes de Louis Lachenal aient été triées par Gérard Herzog, frère de... Maurice Herzog, que l'on peut tenir responsable de ce qui est arrivé à l'Annapurna. de là à penser que certains passages "gênants" aient pu être supprimés, certains aspects laissés de côté...
Le décès prématuré de Louis Lachenal l'a empêché de terminer la rédaction qu'il voulait entreprendre. Que quelqu'un ait mis de l'ordre dans ses notes, un alpiniste qui plus est : très bien. Mais pas Gérard Herzog : il ne pouvait pas être neutre, il était le plus mal placé pour mener à bien cette tâche.
La communication sur l'aventure de l'Annapurna a décidément été bien verrouillée : avant le départ de l'expédition les différents membres avaient signé une clause de confidentialité, s'engageant à ne rien révéler et à laisser Maurice Herzog publier le seul récit. Des années plus tard, son frère a fini de fermer le couvercle. Pour la vérité historique, c'est bien dommage.
Je laisse le mot de la fin à Louis Lachenal : "Nous étions tous éprouvés par l'altitude, je l'ai dit, c'était normal. Herzog le note pour lui-même. Plus encore, il était illuminé. Marchant vers le sommet, il avait l'impression de remplir une mission et je veux bien croire qu'il pensait à Sainte Thérèse d'Avila au sommet. Moi je voulais avant tout redescendre et c'est justement pourquoi je crois avoir conservé la tête sur les épaules. Je tiens à ce sujet à faire le point sur un incident qui a marqué notre dernière étape vers le sommet. Incident n'est d'ailleurs pas le mot. il s'agissait simplement de décisions normales à prendre, comme il s'en présente couramment dans les courses dans les Alpes. Je savais que mes pieds gelaient, que le sommet allait me les coûter. Pour moi, cette course était une course comme les autres, plus haute que dans les Alpes, mais sans rien de plus. Si je devais y laisser mes pieds, l'Annapurna, je m'en moquais. Je ne devais pas mes pieds à la jeunesse française.
Pour moi, je voulais donc descendre. J'ai posé à Maurice la question de savoir ce qu'il ferait dans ce cas. Il m'a dit qu'il continuerait. Je n'avais pas à juger ses raisons ; l'alpinisme est une chose trop personnelle. Mais j'estimais que s'il continuait seul, il ne reviendrait pas. C'est pour lui et pour lui seul que je n'ai pas fait demi-tour.
Cette marche au sommet n'était pas une affaire de prestige national. C'était une affaire de cordée."
RIP monsieur Lachenal.
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Mahpee
  09 mars 2015
Vivant, l'antihéros national dérangeait. Mort, il va servir le mythe. Les Carnets du vertige paraissent en 1956: 750 000 exemplaires vendus. Lachenal, crédité de l'ouvrage à titre posthume, y apparaît en héros positif: rapide, brillant, sympathique, pauvre ­ parfois jusqu'à la misère. Canonisé, lissé. Oubliées ses humeurs, ses diarrhées, ses furoncles. Il faut que cette victoire française reste à jamais glorieuse. le couvercle de la censure tiendra pendant quatre décennies, jusqu'à ce qu'en 1996 un éditeur de Chamonix, Michel Guérin, exhume ces pages, convainquant Jean-Claude Lachenal, son fils, de les laisser publier: prêt, quarante ans après sa mort, à montrer la souffrance de son père... et à affronter les foudres de son tuteur qui n'est autre que Maurice Herzog en personne...
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ninamarijo
  09 août 2014
« La montagne à fleur de peau » tel pourrait être le titre de ce récit écrit par M. Herzog avec les carnets de notes de Louis Lachenal, un an après sa mort accidentelle en 1955 dans la Vallée Blanche à Chamonix. Celui-ci fut un grand nom de l'alpinisme de l'après-guerre, il avait une vitalité débordante ses défis furent à la hauteur de ses rêves et devinrent réalité ; ses solides amitiés et son goût du risque lui permirent d'accomplir des prouesses et de se tailler une réputation mondiale. Dans une écriture fluide, un style efficace, Maurice Herzog, se mettant en retrait, nous livre un exceptionnel témoignage sur la vie de cet homme dévorée par sa passion. C'est un très beau récit, j'aime ces paysages grandioses, les frissons et le vertige qu'ils procurent mais … je m'interroge sans cesse pour comprendre ce qui peut irrésistiblement pousser ces hommes vers ces altitudes extrêmes… pour frôler la mort ou mourir !
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kaliss
  16 septembre 2017
franchement pas fan de la littérature montagnarde, surement que je passe déjà beaucoup trop de temps pour de vrai en grimpette
malgré tout la biographie de ce grand malade qu'était lachenal vaut le détour, comme souvent avec les mecs qu'on donne perdant au départ et qui restent des références plusieurs arrivées plus tard...
personnage puissant et tragique, à la volonté trop forte pour durer
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   03 octobre 2016
Ils s'apprêtent à remonter la mince arrête lorsque, brutalement, une obscurité totale s'établit. C'est donc sur la neige qu'ils passeront la nuit. Cela ne les réjouit guère. Ils savent le prix d'un bivouac sur la neige à près de 4 000 mètres d'altitude. Désespérés par l'idée d'être de nouvelles victimes du froid en montagne, ils creusent la glace comme ils peuvent et parviennent à desceller une pierre de quarante centimètres sur trente qu'ils disposent à grand-peine contre un petit piton rocheux émergeant de la neige. Ils enfilent leur veste en duvet, leur cagoule imperméable, recouvrent les chaussures d'une paire de chaussettes et enfouissent leurs pieds dans les sacs. Ils s'installent avec précaution sur leur siège minuscule lorsqu'un violent orage éclate. D'énormes grêlons manquent les assommer et ils cherchent en vain à se protéger la tête. Le calibre diminue bientôt, mais la grêle tombe sans répit, crépitant sur les rochers alentours et coulant en avalanche dans le couloir. Des pierres de toute taille, entraînées par cette masse, commencent à le sillonner et leur sifflement, le fracas qu'elles produisent en éclatant sur le rocher, se mêlent au tonnerre qui se déchaine. Désemparés par cet effrayant concert, les deux hommes, serrés l'un contre l'autre, immobiles, assourdis, attendent l'éclat de pierre qui les blessera ou le bloc qui, par ricochet, viendra les tuer et les précipiter dans le vide.
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MahpeeMahpee   09 mars 2015
Pour en finir avec l'Annapurna, Lachenal écrit quelques pages de «Commentaires». C'est un condensé de sa conception de l'alpinisme: «Nous étions tous éprouvés par l'altitude, c'était normal. Herzog le note pour lui-même. Plus encore, il était illuminé. Marchant vers le sommet, il avait l'impression de remplir une mission, et je veux bien croire qu'il pensait à sainte Thérèse d'Avila au sommet. Moi, je voulais avant tout redescendre, et c'est justement pourquoi je crois avoir conservé la tête sur les épaules. (...) Je savais que mes pieds gelaient, que le sommet allait me les coûter. Pour moi cette course était une course comme les autres, plus haute que dans les Alpes, mais sans rien de plus. (...) Pour moi, je voulais donc redescendre. J'ai posé à Maurice la question de savoir ce qu'il ferait dans ce cas. Il m'a dit qu'il continuerait. Je n'avais pas à juger de ses raisons; l'alpinisme est une chose trop personnelle. Mais j'estimais que, s'il continuait seul, il ne reviendrait pas. C'est pour lui et pour lui seul que je n'ai pas fait demi-tour. Cette marche au sommet n'était pas une affaire de prestige national. C'était une affaire de cordée.»
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Nastie92Nastie92   03 novembre 2016
[Portrait de Jean-Claude Lachenal, fils de Louis, enfant terrible]
Il s'échappe sans cesse, manque se tuer vingt fois le jour, entretient un fracas perpétuel et manifeste une vitalité citée en exemple dans la vallée entière. Ses parents en viennent à l'attacher comme un petit animal possédé. Louis prélève sur son matériel de montage un piton à rocher, le fiche dans le mur extérieur de la maison, dans un arbre ou un piquet, y fixe une corde, confectionne un nœud de chaise qu'il dispose solidement autour des reins de son digne fils. Parfois Adèle le promène mais toujours ligoté au bout d'une laisse. Ces moyens extrêmes ne manquent pas de scandaliser les vieilles gens du village, mais les camarades, Terray en particulier, s'en amusent et se réjouissent de pouvoir prendre le chemin de la maison Lachenal sans appréhension.
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Nastie92Nastie92   28 novembre 2016
L'alpiniste peut éprouver le sentiment d'être un surhomme lorsqu'il se promène à grande allure sur des parois verticales, descend des couloirs vertigineux en courant, des faces Nord en glissant. C'est déjà une ivresse. Lachenal ne s'arrêtait pas à ces demi-satisfactions. Il voulait dépasser ce qui est normal, ce qui est logique, ce qui est possible. Il était la proie d'une obsession : prouver que les lois naturelles n'existent que dans la mesure où on les accepte.
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gavarneurgavarneur   09 octobre 2016
Le gouvernement de Berne interdit en 1937 l'ascension de l'Eigerwand. Cela commençait à nuire au tourisme, ces drames inutiles. Seuls, quelques névrosés suivaient à la lorgnette depuis l'hôtellerie, au pied de la paroi, les péripéties des tentatives toujours tragiques.
En 1938, enfin, tout surpris d'être en vie, les Austro-Allemands Heckmair, Voerg, Harrer, Kasparek parviennent au sommet après une incroyable odyssée de trois jours dans la face. Adolph Hitler, étonné lui-même par un tel fait d'armes, organise une cérémonie en leur honneur et décore Heckmair. Mussolini, quelques jours plus tard, décore Cassin, le vainqueur de la Walker.
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Video de Louis Lachenal (5) Voir plusAjouter une vidéo

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