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EAN : 9782290328729
314 pages
Éditeur : J'ai Lu (01/09/2002)
3.94/5   783 notes
Résumé :
"Alors en équilibre sur un clou de soulier et le corps collé à la paroi, il se concentre pour tenir. Il sentit tout à coup que sa jambe était prise d'un tremblement de fatigue, il fit un brusque mouvement pour retrouver la prise de main, mais déjà il basculait. Ses doigts griffèrent le granit sans l'accrocher et il tomba à la renverse sans pousser un cri." Pour ramener à bon port le corps de son père, foudroyé en pleine ascension, Pierre est prêt à braver tous les d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (83) Voir plus Ajouter une critique
3,94

sur 783 notes

Nastie92
  11 septembre 2014
Pour moi, Frison-Roche est à la montagne ce que Clavel est à la campagne.
Tous deux célèbrent dans leurs livres la nature et les hommes qui l'habitent. Des hommes rudes, francs, entiers, qui ne sont pas corrompus comme ceux de la ville. Les deux écrivains savent nous brosser des portraits saisissants : on voit les personnes, là, devant nous, on distingue leurs traits comme sur une photographie, on connaît leur caractère, ils sont vivants.
Le style de Frison-Roche est certes un peu daté, la vie à Chamonix telle qu'il la décrit dans Premier de cordée a naturellement changé (le livre date de 1941), mais qu'importe ! C'est si beau, si vrai, si fort, que le texte vous séduit d'emblée, que l'aventure vous emporte, et que vous vivez, le temps de votre lecture, avec tous ces magnifiques personnages du roman.
La solidarité dans les cordées où chacun doit veiller sur les autres, la fraternité forte entre les grimpeurs, le respect mutuel, le rôle grisant et en même temps terrible du fameux premier de cordée sur qui pèse tant de responsabilités : vous suivez tout sans en perdre une miette.
À travers l'histoire de Pierre, c'est à tous les alpinistes que Frison-Roche rend hommage, à travers Chamonix, c'est la montagne qu'il glorifie. Son roman est un cri d'amour à ces hommes magnifiques et aux sommets auxquels ils s'attaquent.
Si vous ne l'avez pas encore fait, lancez-vous dans l'aventure avec Frison-Roche, et n'ayez pas peur du vertige : laissez-vous guider avec confiance par un premier de cordée de grand talent.
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isabelleisapure
  10 août 2017
Je ne me doutais pas que la relecture de ce livre allait réveiller autant de souvenirs.
A travers ce texte, je me suis retrouvée, quelques dizaines d'années en arrière à Chamonix que l'auteur m'avait donné envie de découvrir.
En rendant tellement vivante cette vallée qu'il aimait tant, Roger Frison-Roche savait communiquer cette passion qui l'habitait depuis toujours.
Je me souviens de mon émotion lorsque j'apercevais sa fière silhouette dans les rues de la station sous le regard impressionné et admiratif des touristes.
Je me souviens aussi de sa simplicité et de son écoute, lorsque j'ai enfin osé l'aborder pour lui dire à quel point ce livre m'avait bouleversée.
Et que dire de mon bonheur, lorsqu'après ce bref échange l'auteur me saluait à chaque rencontre que le hasard a pu me permettre au fil d'une promenade, de son chaleureux sourire ?
Au-delà de ce ressenti très personnel, j'ai aimé suivre ces hommes passionnés que sont les guides de haute montagne, prêts à payer de leur vie pour la sécurité de leurs clients.
La montagne majestueuse et menaçante est pour eux un constant rappel à la modestie.
« Premier de cordée » est un magnifique roman à la gloire de tous les alpinistes professionnels ou amateurs.
Une lecture inoubliable.




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sandrine57
  14 octobre 2012
Chez les Servettaz, on est guide de haute montagne de père en fils depuis des générations. Jean a beau aimer son métier et être l'un des meilleurs guides de Chamonix, il sait combien la montagne peut être dangereuse et il rêve d'un autre avenir pour son fils Pierre. Hôtelier, ce serait bien. Il faudrait agrandir le chalet, aménager quelques chambres d'hôtes et Pierre pourrait vivre à la montagne sans s'exposer à ses dangers. Ces projets, ces rêves s'effondrent le jour où Jean meurt, foudroyé dans les Drus à cause de l'imprudence d'un touriste américain. Pierre participe à l'expédition chargée de redescendre le corps dans la vallée et fait une mauvaise chute. Pourtant, sa décision est prise : il sera guide, comme son père. Mais sa chute a laissé des séquelles, Jean découvre le vertige et ses angoisses. Heureusement, solidaires, les autres guides vont l'aider à surmonter sa peur.

A travers la vie d'une famille de guides, c'est toute la vie des montagnards chamoniards que nous raconte FRISON-ROCHE. On y ressent l'amour des hommes pour leur métier et leur montagne. On vit, comme si on y était, la beauté des paysages, le froid mordant, le danger partout présent. On sent tout l'amour de l'auteur pour ces hommes forts, courageux et solidaires. Hymne à la montagne, aux hommes, aux traditions, Premier de cordée est un livre magnifique et émouvant qui ravira ceux qui connaissent et aiment les Alpes et donnera aux autres l'envie de courir la montagne, de rencontrer les guides, d'apprendre avec eux à la respecter.
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Meps
  21 juillet 2021
Si on fait des recherches pour trouver un roman traitant de l'alpinisme, on tombera rapidement sur ce Premier de cordée, en tout cas côté roman français. Un classique de la haute-montagne, et le mot n'est pas usurpé puisque le livre date de 1941. Et si l'expression qui donne son titre au livre existait avant sa sortie, il a totalement contribué à la populariser. Il est sans doute à la source de son utilisation de matière métaphorique à l'heure actuelle, pour désigner celui qui dirige et mène le cap... comme aime à l'employer notre président pour signifier qu'il est avant tout pour ceux qui mènent la danse... et l'escalade... Attention néanmoins à la chute, car Frison Roche nous le montre bien dans son livre, rien n'est sûr dans une cordée !
Un classique de la montagne écrit depuis Alger, c'est original. C'est moins incongru qu'il soit écrit par un alpiniste confirmé qui a pu ainsi puiser dans ses propres souvenirs. Et l'histoire nous le fait rapidement comprendre, on sent que l'auteur maîtrise parfaitement les termes techniques et qu'il n'a pas simplement fait des recherches dans les livres. le rendu de l'expérience est très réaliste et on est immergé tout du long dans la réalité des expéditions. On est néanmoins pas toujours noyé dans les termes trop précis puisque l'auteur sait aussi restituer l'émotion face aux magnifiques paysages ainsi que les us et coutumes des gens de la montagne.
A l'image d'un James Albert Michener qui avait su me faire comprendre, sans forcément le soutenir, la passion des toreros pour la corrida, Frison Roche nous invite à la folie de ceux capables de risquer leur vie pour aller planter un drapeau sur un pic inviolé ou même juste pour être les premiers à l'atteindre par un côté particulier. A la différence qu'ici c'est le plus souvent leur seule vie qu'ils risquent... Repousser ses propres limites, atteindre à la gloire dérisoire mais si grisante des sommets, c'est à tout cela que nous invite l'auteur.
Et pour cela il passe très rapidement par le drame, pour nous confronter immédiatement à la violence que peuvent représenter ces blocs figés de pierre et de glace. Même si figé n'est peut-être pas non plus le terme exact, quand on pense aux avalanches et aux glissements inexorables des glaciers. Les courts repos que les escales dans les gîtes offrent ne sont que des pauses avant de rejoindre l'étape toujours plus extrême qui suivra. Même les pauses bucoliques sont remplies d'affrontements bovins, toujours pour savoir qui sera la meilleure, à se demander si c'est l'homme qui imite la bête ou l'inverse parfois.
Au final, et comme souvent quand il se confronte à la nature, c'est une définition de ce qui fait son humanité que chaque être vient rechercher.
La deuxième partie, tout en réflexion sur le handicap physique et psychologique mis en parallèle, est très parlante et parvient à l'universel en abordant pourtant le monde très fermé des grands sommets.
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Ambages
  03 juin 2018
« C'est une qualité qu'il faut reconnaître à tous les montagnards, que, même enrichis, ils restent simple et sans arrogance. »
Depuis le temps que je voulais le lire, c'est chose faite et j'ai adoré. Dire que la montagne est un lieu sacré, que la mort côtoie la vie est une réalité. On est si petit face à cette grandeur qui peut parfois être monstrueuse. C'était très beau de voir la volonté de ces hommes rudes, combattre le froid et la hauteur, surmonter les difficultés de la nature et de leur nature dans une ambiance de solidarité. Une plongée dans un univers blanc, vertigineux et majestueux. Il y a dans Premier de cordée une chaleur humaine d'une grande beauté.
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critiques presse (1)
BDGest   05 janvier 2016
La promenade est agréable, mais loin des sommets espérés.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   25 mai 2019
Des coureurs de montagnes et des escaladeurs de cimes, il y en a toujours eu chez les Servettaz comme dans les autres familles de la région de Charnonix - et depuis que la vogue de l'alpinisme amène en Savoie des «monchus» désireux de vaincre les sommets, on est aussi guide de père en fils mais, parce qu'il connaît trop bien les dangers du métier, Jean Servettaz a décidé de préparer le sien à devenir hôtelier. Cela n'a pas empêché Pierre de s'entraîner et d'être un fin grimpeur. Aussi est-il un des volontaires de la cordée qui doit descendre le corps de son père tué par la foudre pendant un orage au retour d'une course dans les Drus. La neige et la glace rendent l'expédition quasi impossible. Pour avoir voulu forcer quand même un passage, Pierre tombe. Il ne se relèvera de son lit d'hôpital que plus résolu à ne pas s'enliser dans la vie d'homme des plaines. Il sera guide comme son père. Il découvre alors que son accident lui a laissé une terrible séquelle : le vertige. Un prodigieux effort de volonté et l'aide de ses camarades lui permettront pourtant de répondre enfin à l'appel envoûtant des hauteurs. Un appel qui résonne tout au long de ce récit où sont merveilleusement évoqués la rude existence des montagnards et le site grandiose où ils vivent.
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Nastie92Nastie92   17 septembre 2018
Un grand souffle chaud parcourt depuis huit jours la vallée de Chamonix. Venant d'Italie, le vent s'engouffre dans le corridor de la mer de Glace, vient heurter les raides pentes herbeuses de l'aiguille à Bochard, puis retombe comme une haleine tiède sur les étroites prairies qui bordent l'Arve, faisant éclore brusquement en une nuit l'admirable flore alpestre. Chaque jour la vieille neige de l'hiver recule, monte, se réfugie dans les alpages, puis plus haut dans les grands couloirs et dans les glaciers... On peut suivre cette progression du printemps : c'est comme un immense assaut que donne la nature à la montagne. Les forêts toutes rougies par les gels et les tourments reverdissent de jeunes pousses d'un vert très tendre, mais plus haut, vers les deux mile, tout est encore brûlé. Les névés fondent les uns après les autres, laissant sur le paysage une tache rougeâtre. On dirait une plaie mal guérie ; cela fait comme une croûte qu'on aurait arrachée et qui laisserait dessous le ton plus clair de la peau mal formée. Puis, ces plaies des alpages se cicatrisent à leur tour, verdissent, et le gazon dru des altitudes vient unifier la teinte fraîche de la montagne.
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Nastie92Nastie92   03 décembre 2018
Il examina longuement le haut de la fissure par où dégoulinait un torrent de grésil et de neige. Il s'empoigna avec la montagne, et lutta dans un corps-à-corps terrible qui dura de longues minutes ; ses pieds parfois lâchaient prise, mais de son bras droit enfoncé dans la fissure il se raccrochait, pesant de tout son poids sur le coude coincé comme un verrou, mordant la neige à pleine bouche, balayant le rocher de son corps, oscillant au-dessus du vide, mais gagnant à chaque mouvement de reptation quelques décimètres de hauteur.
Enfin il atteignit le rebord supérieur de la cheminée ; la neige le recouvrait et il dut s'y creuser un passage, enfonçant jusqu'à mi-corps, pour trouver en dessous l'assise solide de la plate-forme sur laquelle il put se redresser péniblement. Une énorme rafale de neige faillit l'enlever de son piédestal et le précipiter dans le vide ; il se retint de justesse à une prise. Des glaçons pendaient de ses sourcils , ourlaient sa bouche, et les mèches de cheveux qui s'échappaient de son béret pointaient drues et blanches, transformées en lancettes de diamant.
Sans perdre de temps, Georges remonta la corde de rappel qui était restée coincée par le gel dans une anfractuosité.
[...]
Warfield maintenant somnolait. Georges le secoua rudement, époussetant la neige qui l'avait recouverte et le transformait en un fantoche informe, véritable bonhomme de neige, qui n'avait plus de vivant que les deux trous sombres des yeux et un petit rond ourlé de glace à l'emplacement de la bouche par où s'échappaient en buée les vapeurs de la respiration.
« En route, monsieur, fit Georges. J'ai décroché le rappel. »
Il avait dit ça simplement, comme s'il avait accompli quelque chose de banal, et c'est tout juste s'il n'ajouta pas : « Excusez-moi de vous avoir fait attendre. » Du double combat mené par le montagnard, de sa lutte contre les éléments déchaînés et contre lui-même, il ne fut pas question. Ces choses-là se gardent pour soi.
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Nastie92Nastie92   08 octobre 2018
Ravanat s'approcha de lui, et sa grosse main, si solde lorsqu'elle s'agrippait aux prises, tremblait lorsqu'il la posa sur l'épaule de Pierre... Il ne lui dit rien : entre montagnards, il n'est pas besoin de paroles. Tous ceux qui étaient là étaient de rudes hommes, et Servettaz savait qu'il pouvait compter sur eux, mais il lui sembla que de sentir peser sur son épaule la poigne affectueuse et rude du Rouge le réconfortait bien mieux que tout. Il redressa enfin la tête − et ses yeux étaient rouges comme lorsqu'on a longtemps marché sur les glaces sans lunettes noires − pour dire avec une étrange fierté :
« Le père n'est pas tombé, oncle, tu as entendu... foudroyé.
− Ça, tu pouvais en être sûr, déclara Zermatten lentement et avec un rauque accent suisse-allemand. Servettaz n'était pas de ceux qui lâchent. »
Cet hommage du grand Zermatten alla droit au cœur du jeune homme. Son père était mort en guide, en pleine action, et le porteur avait sauvé le client. Serverraz aurait voulu l'embrasser, ce Georges à la Clarisse, de quelques années son aîné, pour avoir ramené sain et sauf le voyageur pris en charge par Jean Servettaz.
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Nastie92Nastie92   22 février 2019
Et puis, je voudrais les voir ; ça ne te paraît pas dangereux, cette expédition, avec la neige fraîche ?
− Que si, que si, mais tu ne voudrais pas qu'on laisse un des nôtres là-haut, sans sépulture, au risque de le voir arraché par le vent, précipité dans les abîmes et enseveli à jamais dans une crevasse. Ses morts, vois-tu, faut les garder chez soi ; la plus grande joie de mon père, ça a été lorsqu'il a reconnu, quarante années après l'accident, le corps de mon grand-père presque intact, conservé dans la glace, qui avait déambulé du sommet du mont Blanc dans son cercueil de cristal jusqu'en bas sur le plateau inférieur du glacier des Bossons. Le grand-père était tombé jeune, bien plus jeune que mon père, il avait encore tous ses cheveux et la figure toute rose, mais il était si gelé que ses yeux étaient durs comme des billes d'agate. Quarante ans à suivre le mouvement du glacier ! Et tous les ans, à la Toussaint, on savait pas où aller prier : alors le père regardait le mont Blanc, là-haut vers les Rochers rouges, là où est arrivé l'accident, et il se lamentait : « Savoir où est passé le père » disait-il. Il y avait sa place marquée au cimetière, on a eu juste besoin de le mettre dedans, c'est comme si la famille s'était retrouvée tout à coup au grand complet. Le père était heureux ! « Maintenant, qu'il m'a dit, on s'est tous retrouvés ! »
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Vidéo de Roger Frison-Roche
Soirée hommage à Roger Frison-Roche le samedi 21 décembre 2019 à la salle du Majesctic en partenariat avec la Mairie de Chamonix autour du livre : Laissez moi vous raconter le Mont-Blanc
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