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ISBN : 2290328723
Éditeur : J'ai Lu (01/09/2002)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 528 notes)
Résumé :
"Alors en équilibre sur un clou de soulier et le corps collé à la paroi, il se concentre pour tenir. Il sentit tout à coup que sa jambe était prise d'un tremblement de fatigue, il fit un brusque mouvement pour retrouver la prise de main, mais déjà il basculait. Ses doigts griffèrent le granit sans l'accrocher et il tomba à la renverse sans pousser un cri." Pour ramener à bon port le corps de son père, foudroyé en pleine ascension, Pierre est prêt à braver tous les d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
Nastie92
  11 septembre 2014
Pour moi, Frison-Roche est à la montagne ce que Clavel est à la campagne.
Tous deux célèbrent dans leurs livres la nature et les hommes qui l'habitent. Des hommes rudes, francs, entiers, qui ne sont pas corrompus comme ceux de la ville. Les deux écrivains savent nous brosser des portraits saisissants : on voit les personnes, là, devant nous, on distingue leurs traits comme sur une photographie, on connaît leur caractère, ils sont vivants.
Le style de Frison-Roche est certes un peu daté, la vie à Chamonix telle qu'il la décrit dans Premier de cordée a naturellement changé (le livre date de 1941), mais qu'importe ! C'est si beau, si vrai, si fort, que le texte vous séduit d'emblée, que l'aventure vous emporte, et que vous vivez, le temps de votre lecture, avec tous ces magnifiques personnages du roman.
La solidarité dans les cordées où chacun doit veiller sur les autres, la fraternité forte entre les grimpeurs, le respect mutuel, le rôle grisant et en même temps terrible du fameux premier de cordée sur qui pèse tant de responsabilité : vous suivez tout sans en perdre une miette.
À travers l'histoire de Pierre, c'est à tous les alpinistes que Frison-Roche rend hommage, à travers Chamonix, c'est la montagne qu'il glorifie. Son roman est un cri d'amour à ces hommes magnifiques et aux sommets auxquels ils s'attaquent.
Si vous ne l'avez pas encore fait, lancez-vous dans l'aventure avec Frison-Roche, et n'ayez pas peur du vertige : laissez-vous guider avec confiance par un premier de cordée de grand talent.
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isabelleisapure
  10 août 2017
Je ne me doutais pas que la relecture de ce livre allait réveiller autant de souvenirs.
A travers ce texte, je me suis retrouvée, quelques dizaines d'années en arrière à Chamonix que l'auteur m'avait donné envie de découvrir.
En rendant tellement vivante cette vallée qu'il aimait tant, Roger Frison-Roche savait communiquer cette passion qui l'habitait depuis toujours.
Je me souviens de mon émotion lorsque j'apercevais sa fière silhouette dans les rues de la station sous le regard impressionné et admiratif des touristes.
Je me souviens aussi de sa simplicité et de son écoute, lorsque j'ai enfin osé l'aborder pour lui dire à quel point ce livre m'avait bouleversée.
Et que dire de mon bonheur, lorsqu'après ce bref échange l'auteur me saluait à chaque rencontre que le hasard a pu me permettre au fil d'une promenade, de son chaleureux sourire ?
Au-delà de ce ressenti très personnel, j'ai aimé suivre ces hommes passionnés que sont les guides de haute montagne, prêts à payer de leur vie pour la sécurité de leurs clients.
La montagne majestueuse et menaçante est pour eux un constant rappel à la modestie.
« Premier de cordée » est un magnifique roman à la gloire de tous les alpinistes professionnels ou amateurs.
Une lecture inoubliable.




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sandrine57
  14 octobre 2012
Chez les Servettaz, on est guide de haute montagne de père en fils depuis des générations. Jean a beau aimer son métier et être l'un des meilleurs guides de Chamonix, il sait combien la montagne peut être dangereuse et il rêve d'un autre avenir pour son fils Pierre. Hôtelier, ce serait bien. Il faudrait agrandir le chalet, aménager quelques chambres d'hôtes et Pierre pourrait vivre à la montagne sans s'exposer à ses dangers. Ces projets, ces rêves s'effondrent le jour où Jean meurt, foudroyé dans les Drus à cause de l'imprudence d'un touriste américain. Pierre participe à l'expédition chargée de redescendre le corps dans la vallée et fait une mauvaise chute. Pourtant, sa décision est prise : il sera guide, comme son père. Mais sa chute a laissé des séquelles, Jean découvre le vertige et ses angoisses. Heureusement, solidaires, les autres guides vont l'aider à surmonter sa peur.

A travers la vie d'une famille de guides, c'est toute la vie des montagnards chamoniards que nous raconte FRISON-ROCHE. On y ressent l'amour des hommes pour leur métier et leur montagne. On vit, comme si on y était, la beauté des paysages, le froid mordant, le danger partout présent. On sent tout l'amour de l'auteur pour ces hommes forts, courageux et solidaires. Hymne à la montagne, aux hommes, aux traditions, Premier de cordée est un livre magnifique et émouvant qui ravira ceux qui connaissent et aiment les Alpes et donnera aux autres l'envie de courir la montagne, de rencontrer les guides, d'apprendre avec eux à la respecter.
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LiliGalipette
  01 février 2014
Chez les Servettaz, on est guide de haute montagne de père en fils. Mais pas Pierre : son père Jean, guide émérite, en a décidé autrement. Son unique fils n'exposera pas sa vie, il sera hôtelier. Déçu, mais obéissant, Pierre se plie à la volonté paternelle. Mais voilà qu'en emmenant un riche client vers un sommet dangereux, Jean Servettaz est foudroyé. Pierre est volontaire dans la cordée qui part chercher la dépouille. Plein de tristesse et d'imprudence, il décroche lors de l'expédition. Une fois remis de ses blessures, il découvre avec rage que l'accident lui a laissé des séquelles terribles pour un homme qui, comme lui, a l'âme d'un grimpeur.
Il y a longtemps que je n'avais pas lu un aussi bon roman d'aventures. La montagne y est présente comme une entité belle et rude, prometteuse et meurtrière. « le drame était sur la montagne, mais impavide et souveraine, elle montait la garde sur les vallées d'alentour, insensible aux pensées des hommes qui gîtaient dans ses flancs, frileusement pelotonnés dans leurs cabanes de pierre. Sa faction millénaire n'était troublée, de loin en loin, que par le sourd grondement des avalanches ou le fracas plus sec des chutes de pierres qu'un regel trop brusque venait de déclencher. » (p. 32). Mais, bien que sombre et dangereuse, elle ne cesse d'attirer et de fasciner les hommes. Les guides de haute montagne forment une élite privilégiée qui monte sur les sommets et, le temps d'une course, domine le monde. Mais ils n'oublient jamais que la montagne ne se laisse vaincre que si elle le souhaite, le courage et la force des hommes ne valant parfois rien face à ses caprices.
Premier de cordée présente avec majesté la lutte entre l'homme et la nature, sorte de combat sans cesse renouvelé entre un David incertain et un Goliath grandiose. Outre cet affrontement de géant, il y a aussi la lutte que l'homme mène contre lui-même et ses terreurs. « le vertige et les pieds gelés, les risques, ça a certainement été créé pour vous donner du goût à la vie. C'est seulement lorsqu'on est mutilé ou appauvri qu'on se rend compte de la valeur de l'existence. » (p. 309) Enfin, l'auteur rend hommage à la solidarité des hommes. Une cordée, c'est plus qu'un groupe d'hommes qui font la trace dans la neige et vainquent les parois escarpées, c'est une chaîne vivante où chaque maillon veille sur le précédent et le suivant, au péril de sa vie et pour la sécurité de tous. L'alpinisme n'est pas un sport individuel, mais l'expression la plus sublime et la plus humaine du sport collectif.
Moi et mon vertige en avons pris plein les yeux pendant cette lecture palpitante. le style est un peu daté et certains propos sont vieillots, mais dans l'ensemble, ce roman est une pépite que je recommande aux amateurs de sensations fortes.
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gill
  05 juillet 2012
Écrit en 1938 ce roman est un livre inoubliable, il évoque avec talent la vie rude des montagnards et les sites grandioses de la région de Chamonix dans lesquels ils vivent.
Pierre Servettaz, fils de Jean Servettaz, est, malgré qu'il se destine à devenir hôtelier, un fin grimpeur.
Aussi fait-il partie de la cordée qui redescend le corps de son père tué par la foudre au dessus des Drus.
Après avoir lui aussi chuté, Pierre prendra la décision de devenir guide de haute montagne mais il découvre que son accident lui a laissé une terrible séquelle : le vertige...
Ce récit terriblement humain est une épopée du courage, de la volonté et des sentiments, sans jamais être larmoyant il est souvent très émouvant.
C'est une "belle" histoire magnifiquement racontée.
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critiques presse (1)
BDGest   05 janvier 2016
La promenade est agréable, mais loin des sommets espérés.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   12 septembre 2014
Pierre assure son piolet à sa ceinture, vérifie une dernière fois l'ajustage de ses crampons et s'élance avec joie. Au passage, il arrache à coups de marteau les précieux pitons, qu'il enclenche dans sa ceinture ; à son tour, il étreint furieusement la glace, et poursuit sa reptation ascendante vers le soleil. Sur sa tête, un coin de ciel très bleu lui indique le chemin ; encore tout essoufflé par cet effort rapide, il se retrouve assis à côté de Georges.
Sous eux, c'est la coupure de la rimaye, puis le glacier qui déferle, moutonne et craque comme une pâte en fermentation.
Alors les deux hommes tournent leurs regards vers le haut.
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Nastie92Nastie92   11 septembre 2014
Curieuse figure que celle du vieux guide, patinée en brun-rouge, avec des yeux clairs, vifs et malicieux, enfoncés dans les orbites, d'énormes sourcils roux d'une extrême mobilité et qu'un tic remuait sans arrêt de haut en bas comme s'ils eussent été postiches ; de belles moustaches de corsaire barbaresque, qu'il lissait d'un geste machinal, ne dépareillaient pas l'ensemble d'une frappante et lointaine ascendance sarrasine. Son corps long et osseux était taillé à la hache : les mains étaient de véritables battoirs, noueuses, poilues sur le dessus - toujours ces longs poils roux - tavelées de tâches de son, avec les extrémités tout usées et craquelées, pelées par le rocher. Des mains, comme il se plaisait à le répéter, qui ne lâchaient jamais leur prise.
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mandarine43mandarine43   27 octobre 2011
Les deux hommes avaient quitté Courmayeur le matin même, à l'heure où la rosée nocturne s'évapore en fumées bleues des lourds toits de lauzes grises. Marchant à grands pas sur la route d'Entrèves, ils atteignaient et dépassaient le petit bourg montagnard, encore assoupi dans sa conque verdoyante. Le sentier du col du Géant s'amorce là entre deux murettes de pierres sèches et court à la diable d'un lopin de terre à l'autre, respectueux des fantaisies du cadastre. À cette heure matinale, les étables déversaient sur le chemin leur trop-plein de bétail, cornes hautes et naseaux fumants, carillonnant de toutes leurs sonnailles. Dans les champs minuscules, épaulés de talus pierreux, quelques paysans binaient ; au passage des deux étrangers, ils arrêtaient un instant leur tâche, levaient la tête en gardant le buste mi-courbé vers le sol, et, l'outil en main, dévisageaient les voyageurs. Poliment, ces derniers saluaient :
«Bien le bonjour !
- Bonne montée !» répondaient les paysans.
Bientôt, le damier des champs cultivés cessa pour faire place à la forêt de mélèzes. Déjà la vallée semblait s'élargir, et le grondement de la Doire s'épandait plus librement dans l'air.
Comme le sentier, au premier lacet, heurtait de front la montagne, les marcheurs firent halte. D'abord le jeune, un adolescent robuste qui jusque-là montait avec une certaine fantaisie, bondissant d'un bord à l'autre du chemin, sautant avec agilité sur les murettes, fauchant d'un large coup du manche de son piolet les orties qui gênaient sa marche, ou bien s'arrêtant brusquement, pour regarder en contrebas le village coincé entre les deux parois de la montagne, la vallée paisible et les lointains bleutés sous le ciel de saphir. Ensuite le vieux qui, à quelques toises derrière, allait lentement, d'une foulée égale, pliant légèrement le genou comme pour mieux sentir la terre sous ses grosses semelles cloutées.
«Fini de faire le cabri, mon Pierre, dit-il en rejoignant le jeune, posons les sacs et soufflons.»
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LiliGalipetteLiliGalipette   01 février 2014
« Le drame était sur la montagne, mais impavide et souveraine, elle montait la garde sur les vallées d’alentour, insensible aux pensées des hommes qui gîtaient dans ses flancs, frileusement pelotonnés dans leurs cabanes de pierre. Sa faction millénaire n’était troublée, de loin en loin, que par le sourd grondement des avalanches ou le fracas plus sec des chutes de pierres qu’un regel trop brusque venait de déclencher. » (p. 32)
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FreziaFrezia   22 février 2015
A cet endroit, la muraille semble, par un effet de perspective, se retourner sur elle-même, se ployer, s'effiler, et, prenant son élan sur ses larges basses bien étayées jusqu'aux vallées glaciaires, elle se redresse d'un jet jusqu'au ciel, qu'elle trou d'un seul coup, semblant vouloir atteindre les au-delà mystérieux; la grimpeur se trouve bien petit, minuscule, tout écrasé qu'il est par les dimensions inhumaines de la montagne. Lorsque au hasard d'une vire il se rapproche de l'effroyable précipice du Nant-Blanc, il ressent, même s'il a l'âme bien trempé, l'atroce sensation du vide sans fond, l'impression plus grisante que le vertige que, s'il venait à tomber, son corps écartelé dans l'air ne ricocherait pas une fois jusqu'à la rimaye béante qui sépare la paroi du roc du glacier tourmenté. Des aiguillettes étranges, acérées, se tordent dans un supplice désespérée sur la crête, en lame de scie; au lever du jour et au coucher du soleil, elles flambent et crépitent, roses à l'aube, pourpres au crépuscule : les gens d'ici les nomment les Flammes de Pierre.
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Interviews croisées de Roger FRISON ROCHE, écrivain et explorateur, de ses cousins monsieur et madame Bouchage (?), qui font partie des derniers agriculteurs montagnards, de leur fils, Roger, devenu moniteur de ski à la station de Courchevel. Ils évoquent, chacun dans leur univers, leur vie quotidienne et leur amour de la Montagne, ils saluent la réussite et les voyages du cousin, avec...
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