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ISBN : 2081251310
Éditeur : Flammarion (16/03/2011)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Montagnes d'une vie, les mémoires de Walter Bonatti, pionnier de l'alpinisme extrême, rescapé d'aventures dramatiques comme celle du pilier du Frêney, est devenu un classique. Chaque chapitre est consacré à l'une de ces montagnes qui ont jalonné sa carrière : le Grand Capucin, le Dru, le K2, les Grandes Jorasses, le Cervin, les sommets de Patagonie et, plus particulièrement, le massif du Mont-Blanc, où Bonatti frôle la mort. Il s'interroge et détaille les situations... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nastie92
  11 septembre 2016
Parmi les alpinistes qui me font rêver, Walter Bonatti tient une place toute particulière, parce qu'il a été un extraordinaire grimpeur, mais aussi parce que j'éprouve une grande admiration pour l'homme.
L'éditeur Michel Guérin le dit dans sa postface : "Bonatti est un mythe pour les alpinistes du monde entier." Oui, Walter Bonatti est un mythe : un mythe parce qu'il a accompli des ascensions fantastiques, un mythe parce qu'il était lui-même un homme exceptionnel. Pierre Mazeaud l'écrit dans sa préface : "Pour moi, il est assurément le plus pur de tous."
"Pur" est bien le mot qui convient : Bonatti était un puriste, un véritable amoureux de la montagne, respectueux de la nature, qui ne cherchait pas l'exploit pour l'exploit, mais pour qui chaque nouvelle course n'était pas une confrontation mais une communion avec les éléments.
La carrière d'alpiniste de Walter Bonatti est riche de nombreuses prouesses et pourtant, la vie ne l'a pas épargné. Ayant très jeune montré des capacités hors-norme, il fit partie à seulement vingt-quatre ans des alpinistes sélectionnés pour constituer l'équipe italienne chargée en 1954 de conquérir le K2, deuxième plus haut sommet de la planète. Les Italiens réussirent, le K2 fut vaincu. Mais l'expérience fut amère pour Bonatti qui subit trahison et mensonges de la part des "vainqueurs", une épreuve douloureuse qui le laissera changé à jamais et qui le détournera pour toujours des grandes expéditions, ne le le faisant s'investir que dans des projets en solitaire ou avec un petit nombre d'amis fiables, triés sur le volet. (Si ce sujet vous intéresse, je vous conseille "L'affaire du K2" du même auteur.)
Dans le chapitre consacré au K2, Bonatti conclut en disant : "Cela marque d'une façon indélébile l'âme d'un jeune homme et déstabilise son assiette spirituelle encore insuffisamment affermie." Si cette sordide affaire l'a amené à tirer un trait sur une certaine forme d'alpinisme, Walter Bonatti eut une carrière riche d'ascensions extraordinaires aux quatre coins du monde. Ce livre, dans lequel il nous les raconte, en témoigne.
Je ne vais pas vous faire la liste, année après année, de ses exploits : vous trouverez tout dans ce livre très complet dans lequel, à travers des récits d'alpinisme, Bonatti se raconte avant tout. Sa façon de vivre la montagne, son avis sur telle ou telle pratique, sur l'évolution des techniques et des mentalités. C'est passionnant.
Les récits des différentes ascensions sont fascinants. Walter Bonatti est un excellent conteur. Il sait restituer les différentes sentiments qui le traversent : la peur, le découragement parfois, l'exaltation, la joie pure et intense lors de l'arrivée au sommet. Bonatti raconte les conditions météorologiques difficiles, les bivouacs tantôt agréables tantôt laborieux et exténuants, les voies risquées, les décisions difficiles à prendre, les joies et les peines, les réussites et les échecs, les accidents et les pertes douloureuses des compagnons de cordée.
Si le récit est la plupart du temps sérieux, tour à tour descriptif et introspectif, Walter Bonatti ne manque pas d'humour, comme à la fin du chapitre consacré à la mythique face nord des Grandes Jorasses. Après une ascension difficile, qui a nécessité sept bivouacs, dans des conditions souvent peu confortables et peu reposantes, l'alpiniste rentre chez lui : "J'appelle un taxi qui me ramène chez moi. C'est le comble : là non plus, personne ne m'attend. Pendant une bonne heure, je reste enfermé à l'extérieur, devant la porte : c'est là mon huitième bivouac."
L'émotion n'est pas en reste, présente naturellement dans tous les récits et en particulier dans le chapitre "Adieu, alpinisme" dans lequel Walter Bonatti explique les raisons qui l'ont poussé à prendre la décision d'arrêter de grimper. Il ne va pas pour autant mener une vie de sédentaire, bien au contraire ! Il va parcourir le monde en tous sens et s'exprime ainsi : "Mon choix n'est pas une trahison envers la montagne, mais l'intégration de mon amour pour la nature tout entière."
Montagnes d'une vie est un livre magnifique, surtout dans l'édition Michel Guérin, dans laquelle le texte est enrichi de photos soigneusement choisies : Michel Guérin est allé lui-même chez Bonatti et le choix des photos s'est fait à deux.
Montagnes d'une vie est un livre-témoignage d'un alpiniste de légende.
Walter Bonatti a vécu une vie extraordinaire. Une vie pleine, riche d'aventures et de rencontres. Il a su tirer profit de chaque expérience, positive ou négative, pour apprendre, réfléchir et devenir l'homme rare qu'il était. Pierre Mazeaud dit de lui dans la préface : "Pour moi, Walter est sans doute un héros de légende mais c'est avant tout un homme de vérité qui a tout simplement du coeur."
Si vous voulez en apprendre plus sur Walter Bonatti, je vous conseille la video suivante : https://www.youtube.com/watch?v=5l6sB-WfoG8. Mauro Scardovelli y raconte d'une façon vivante (en italien) quelques anecdotes très révélatrices de la personnalité de Bonatti.
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gavarneur
  29 novembre 2017
Nastie92, Pierre Mazeaud, Michel Guérin et même Dino Buzzati sont enthousiasmés par ce livre et par Walter Bonatti.
Moi, un peu moins. Mazeaud écrit : « Que Walter Bonatti soit l'un des plus grands alpinistes de la lignée des Comici, Cassin, des Preuss, Heckmair, comme des Allain et Terray, personne n'en disconviendra. Mais pour moi, il est assurément le plus pur de tous. Ses réussites exceptionnelles, la joie et la fierté qu'il en retire ne sont rien aux côtés de ses échecs et de la douleur qu'ils ont entraînée, blessure qui ne cicatrisera jamais ». Et je suis complètement d'accord.
L'ennui, c'est que cette blessure, aggravée par les polémiques (certaines compréhensibles, d'autres créées par des incompétents et probablement par des malhonnêtes) aigrissent ce grand alpiniste et son livre.
J'ai vraiment aimé les descriptions des ascensions, qu'elles se soient terminées dans le bonheur ou la tragédie. Quelques pages de magnifiques descriptions m'ont également touché. Bonatti ne parle pas de sa vie (mais ce n'est pas son premier livre), mais ce qu'il dit de ces montagnes choisies et de la façon dont il les a vécues suffit à mon bonheur.
J'ai ensuite été perturbé par l'explication du renoncement de Bonatti à l'alpinisme de haute difficulté, à l'âge de 35ans. Il n'était pas tenu de justifier son choix, mais l'amertume de son explication m'a fait mal (pardon, Bonatti, bien moins qu'à vous, bien sûr) : « Je vis depuis des années dans une ambiance accablante, qui touche aux limites du supportable. Il n'y a pas autour de moi cette atmosphère amicale qui engendre la sérénité. L'autodéfense énervante à laquelle j'en suis réduit m'use et me démoralise. Je déteste jouer les victimes, mais c'est la vérité. En conclusion, ce n'est pas la montagne qui m'a déçu et lassé, mais l'opacité, la bêtise et l'étroitesse de vue d'un certain « clan » avec lequel j'ai toutefois essayé de maintenir des rapports au moins formels. Aujourd'hui cependant je ne suis plus disposé à le faire. »
Je suis gêné par ce sujet, et par ce qui est dit : pas de noms, peu de faits précis, et même si Bonatti était un pur, il a été lié à des drames, et à une certaine forme de compétition, à beaucoup de publicité. Il était un homme public, et c'était aussi son choix ; il critique le sponsoring, mais a aussi bénéficié du soutien des media.
Un autre aspect qui m'a gêné est sa défense, polémique, de son style d'escalade. Oui, il a voulu aller jusqu'au bout des moyens traditionnels, jusque dans l'escalade artificielle, et je comprends qu'ils soit choqué que l'arrivée en montagne du tamponnoir puis du perforateur fausse complètement les comparaisons. Faut-il pourtant rejeter tout ce qui n'est pas sa méthode ? La règle du jeu est arbitraire et évolutive, ses prédécesseurs ont refusé les pitons d'assurance, les crampons à pointes avant, la progression en s'aidant des pitons etc. Personnellement, une voie protégée en perçant des trous, mais gravie sans aucun point d'aide ne me choque pas plus que les lancers de corde de Bonatti. A condition bien sûr de ne pas comparer les exploits des générations différentes. Mais pourrait-on les comparer quand de toute façon la connaissance du terrain, l'amélioration des moyens de communication et de secours, et le matériel ont fait disparaître la prise de risque et l'aventure de nos aînés (sauf peut-être sur quelques parois au bout du monde (voyez ce film incroyable : Meru)).
Lisez pourtant ce livre (si possible dans la magnifique collection rouge des éditions Guérin, en grand format avec les photos ajoutées et quelques compléments), les premiers chapitres sont enthousiasmants, et il y a ensuite des pages tragiques, bien écrites et parfois même humoristiques, que je vous recommande chaudement. Faites confiance à la critique de Nastie, elle dit l'essentiel.
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etoile05
  19 décembre 2014
Cette biographie permet de mieux connaitre ce grand alpiniste, qui est vraiment un sur-homme ! On comprend un peu mieux ses motivations et ce qui le pousse là-haut. Il a vécu vraiment des choses incroyables, et sort indemne de situations extrêmes : épatant.
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gavarneurgavarneur   07 novembre 2017
La faible clarté des étoiles suffit maintenant à guider mes pas sur cette large pente douce de neige sèche et poudreuse dont le profil se perd dans le ciel. D'ici, c'est à peine si je reconnais devant moi la coupole du mont Blanc : pâle, quasi fantomatique.
A l'est, la nuit commence à s'éclaircir. Le vent de l'aube se lève d'un coup, frénétique, soulevant de-ci de-là des tourbillons de poussière blanche. L'atmosphère se fait peu à peu plus subtile, transparente, enharmonie avec un ciel dont le bleu vire progressivement au bleu de la turquoise. L'air est d'une pureté absolue, sidérale, comme venu d'une autre planète ; j'ai l'impression, à le respirer, que j'emplis mes poumons de ciel. Même la neige sur laquelle je marche paraît maintenant se transformer en lumière et s'intégrer, à chaque instant d'avantage, à la voûte céleste. J'ai du mal à me convaincre que tout cet ensemble repose sur une matière solide, enracinée dans la Terre.
La croupe s'aiguise maintenant en une longue arête de glace et, lorsque celle-ci se couche, je suis au sommet du mont Blanc.
Page 360
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Nastie92Nastie92   26 octobre 2016
Cinq minutes ne se sont pas écoulées depuis le petit accident de Zappelli que toute la montagne se met à trembler. Près du sommet du Mont Blanc vient de se déclencher un colossal éboulement de glace, qui dévale à côté de nous, le long du glacier suspendu de la Poire. Ce dernier lui sert de tremplin, et ce que j'ai alors sous les yeux, je ne l'oublierai jamais plus. J'ai l'impression que l'éboulement m'effleure - et Dieu sait pourtant que ce n'est pas le cas. Par chance, je reste immobile sur le mur de glace, en équilibre sur la pointe de mes crampons, sans pouvoir détacher mon regard du cataclysme. Tout se malaxe et rebondit pendant plusieurs secondes, puis un tourbillon de nuées blanches monte jusqu'à nous en prenant des reflets violets. Je sens que je ne suis vraiment rien, que je suis à la merci de forces supérieures, réglées par le hasard. Et je blêmis encore lorsque, le calme revenu, je revois les rochers sinueux que nous avons franchis à l'aube complètement blanchis par l'éboulement qui a rebondi jusqu'au centre de la paroi.
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Nastie92Nastie92   12 juillet 2017
À mi-hauteur de la dernière pente, deux sabots doivent s'être formés sous mes crampons, et tout à coup je pars sur le côté avant d'avoir eu le temps de m'en rendre compte. J'essaie plusieurs fois de planter mon piolet, sans y parvenir. Et c'est quand j'ai pris une vitesse effrayante dans la pente que je me retrouve soudain la tête en haut. Je donne avec la jambe droite un coup énergique, les deux pointes intérieures du crampon mordent, et quelques mètres plus bas je m'arrête enfin. Je reprends peu à peu mon souffle, et je regarde autour de moi. J'ai dévissé sur cinquante à soixante-dix mètres, et maintenant l'immobilité me donne un sentiment de bien-être inexprimable. Mon ange gardien lui-même doit avoir eu une peur de tous les diables, il aura perdu quelques plumes dans la chute. Je me remets en marche au côté d'Erich, et les dernières dizaines de mètres qui nous séparent du camp, c'est à quatre pattes que je les fais.
(Extrait du récit de Gallotti, membre de l'expédition italienne au K2, 1954)
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gavarneurgavarneur   04 novembre 2017
Après avoir effectué quelques tours pour étudier les courants d'air, voilà que la minuscule libellule d'acier s'approche de la paroi jusqu'à donner l'impression de l'effleurer. Nous reconnaissons notre ami dans la cabine. Il nous salue. Cette rencontre nous fait comprendre combien nous sommes désormais séparés du reste du monde. Maintenant j'éprouve un malaise dû à la solitude, qui devient presque du soulagement quand je vois l'hélicoptère s'éloigner.
Page 291 (hiver 1963, dans la face nord des Grandes Jorasses)
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Nastie92Nastie92   21 novembre 2016
Nous avons marché sous la lune, ivres de fatigue mais aussi de cette immensité qui nous accompagnait. Les genoux cédaient de temps en temps sous le poids de la fatigue, alors nous nous obligions à continuer jusqu'à un point choisi comme repère, un monticule de neige par exemple, où nous nous accordions une courte pause. Mais plus nous approchions, plus ce monticule semblait reculer, conservant toujours la même distance entre lui et nous ; comme un mirage, vraiment. À un certain moment, j'ai repéré sur la neige une grande tache sombre. C'est là que la nuit précédente nous avions jeté, dans un accès de colère, ce qui restait d'une boîte de cacao amer qui s'était ouverte dans le sac à dos. Nous nous sommes précipités sur cette neige et l'avons léchée goulûment.
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