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ISBN : 2714476384
Éditeur : Belfond (19/04/2018)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Lors d'un rassemblement du Klu Klux Klan, Alicia Cortez, 96 ans, abat un homme de de sang-froid. Ce crime, elle l'assume et le revendique. Alicia Cortez quitte Cuba pour fuir un mari violent et trouve refuge en Floride auprès de sa tante, Beatriz. Elle comprend rapidement que celle-ci dirige, non pas un salon de thé, mais une maison close. La belle Alicia trouve petit à petit sa place dans cet univers grâce à son savoir de guérisseuse. Depuis le bateau qui l'a condu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Valmyvoyou_lit
  12 décembre 2017
En 1993, une femme de 96 ans tue un homme, lors d'un rassemblement du Klu Klux Klan.
"Les brumes de Key West" relate la vie d'Alicia Cortez, une jeune métisse, depuis son arrivée en Amérique, en 1919, alors qu'elle fuyait Cuba et un mari tyrannique. Elle va vivre une idylle avec John, un blanc, propriétaire de bar. Nous sommes au début de la prohibition et l'avènement du Klu Klux Klan.
Ce roman est l'histoire d'une femme courageuse. Malgré les difficultés, Alicia est une battante. Elle ne baisse pas la tête face aux affronts. John est un homme solide, droit, et entier. Leur histoire d'amour est magnifique. Mais, malheureusement, en période ségrégationniste, elle provoque des remous.
Ce livre est également une fresque historique des années 1920, mais aussi un véritable portrait du Klu Klux Klan qui fait froid dans le dos.
Fondée sur des faits réels, cette histoire est très bien documentée. J'y ai appris des choses sur le Cuba et l'Amérique de l'époque. L'idéologie, les cérémonies et la méthode de recrutement du Klu Klux Klan, sont dépeintes avec précision.
Par ses mots très bien choisis, l'auteure m'a fait passer par toute une palette d'émotions. Les termes sont justes et, de ce fait, j'ai ressenti les sentiments et les pensées positifs ou négatifs des personnages.
Un des personnages, Dwayne, un jeune livreur, est tiraillé entre ses convictions profondes et l'envie de plaire à son paternel, membre éminent du Klu Klux Klan. Vanessa Lafaye, retranscrit si bien les pensées du jeune homme, que cela a provoqué de l'empathie en moi. Envers certains personnages, le père de l'adolescent, par exemple, j'ai ressenti une réelle haine. Pour d'autres, tels qu'Alicia, John et Thomas, son meilleur ami, j'ai été admirative et je me suis attachée à eux.
"Les brumes de Key West" m'a énormément émue. C'est une véritable ode à la liberté et à la lutte contre les préjugés. C'est un hommage à la force de ces hommes et ces femmes qui se battent lorsque le destin les malmène. Enfin, c'est aussi une magnificence de l'amour véritable.

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Eroblin
  18 mai 2018
Une couverture qui attire et évoque l'exotisme. Un résumé alléchant. Il n'en fallait pas plus pour me décider à demander ce livre et je remercie les éditions Belfond et Netgalley de m'avoir permis de le découvrir. L'action se passe à Key West, une ville insulaire située en Floride, c'est là que débarque Alicia Cortez en 1919, fuyant son passé, bannie par ses parents. Pour cette jeune femme qui, jusqu'ici, a eu une vie confortable, c'est un choc de se retrouver dans une maison close tenue par sa cousine. Même si celle-ci lui promet qu'elle n'aura pas besoin de se prostituer, il n'empêche que le décor minable, la réalité du métier de sa cousine, la présence d'hommes braillards, ivres et entreprenants sont difficiles à assimiler. Devenue brutalement la patronne de la maison, elle fait connaissance avec le propriétaire d'un bar voisin, John qui vient de rentrer d'Europe, après avoir passé des mois dans l'enfer de la guerre des tranchées. Les circonstances vont les amener à devenir amis, puis amants.
Mais il ne fait pas bon d'être un couple mixte dans le contexte de l'époque : un blanc qui couche avec une noire ? D'accord. Mais un blanc qui vit avec une noire et affirme haut et fort qu'il l'aime ? Impossible pour certains et notamment une bande de cinglés affiliés au Ku Klux Klan qui estime de leur devoir d'intervenir. Et si possible ensuite, s'en prendre aux juifs, aux noirs et aux catholiques pour faire bonne mesure. Et tout cela pour sauver les Etats-Unis, rendre à la nation américaine sa grandeur. J'ai l'impression d'avoir déjà entendu cela quelque part…
Mais nous sommes en 1919 et l'auteur déploie l'histoire d'un drame qui se noue devant nos yeux impuissants et qui, en éclatant, transforme ceux qui l'ont vécu à jamais. Si j'ai bien aimé ce roman, je dois dire tout de même que je n'ai pas été transportée par ce que vit le couple Alicia/John. Si le contexte historique est soigné, si les personnages sont bien construits qu'ils soient principaux et secondaires (notamment le personnage de Dwayne), si les scènes sur le Klu Klux Klan sont pertinentes, il manque à cette intrigue un peu de souffle romanesque. Ce que vivent John et Alicia est terriblement injuste. Mais je n'ai pas sorti mes mouchoirs. J'ai donc fini ce roman avec du regret, celui d'être passée à côté d'une très belle histoire d'amour.

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Sourisetdeslivres
  25 avril 2018
Oui, aujourd'hui encore je vais te parler d'un roman du cercle Belfond, un coup, de coeur pour l'histoire et l'héroïne du roman Alicia.
J'ai dévoré ce roman, une fois commencé, il me fallait savoir ce qui avait bien pu se passer en 1993.
Je te raconte tout de suite le pitch de départ.
Comme d'habitude, je suis entrée dans ce roman en n'en sachant rien, je connaissais juste l'autrice, aujourd'hui décédée, pour son autre roman paru chez Belfond : « Dans la chaleur de l'été » que j'avais aussi beaucoup aimé.
Quelle histoire passionnante que ce voyage à Key West ! À la fin du roman, Vanessa Lafaye te dit pourquoi elle a voulu écrire sur cette histoire vraie, cela n'a fait que renforcer mon amour pour ce roman.
1993 ; Key West, une vieille dame assassine de sang-froid un homme aussi âgé qu'elle, il assistait à un rassemblement du Ku Klux Klan.
Le chef de police à la veille de sa retraite est chargé de l'affaire, la dame ne fait que répéter :
« j'ai tiré. C'est moi. »
Quand son identité est révélée, il est le seul, semble-t-il, à ne pas connaître la Rosita negra.
1919, Alicia est à bord du paquebot qui l'emmène à Key West, son père l'a chassée de sa maison, elle a dû quitter sa ville et son pays, Cuba, La Havane, elle a été envoyée chez cette cousine Beatriz qu'elle ne connaît guère pour y travailler dans un salon de thé.
Sur le quai de Key West John récemment débarqué du bateau, qui le ramène de la Première Guerre mondiale attend son tour pour pouvoir rejoindre son bar et son père.
À l'arrivée du bateau, Alicia est accueillie par sa cousine, en compagnie d'un jeune garçon, Dwayne, étrange… pourquoi l'appelle-t-il mademoiselle Pearl ?
Alicia n'est pas au bout de ses surprises quand elle traverse les rues de Key West, habituée à ce que les gens se retournent sur cette jolie métisse, ce n'est pas ça qui la choque, mais la différence de culture, elle voyait l'Amérique comme un pays civilisé.
Key West a l'air sorti d'un livre de conte, tant ce qu'elle y voit est étrange, cosmopolite si loin de ce qu'elle connaît.
Quand elle franchit la porte du salon de thé, la jeune et frêle Alicia ne pourra plus être plus triste et atterrée, en fait de lieu bien sous tout rapport, le salon de thé de Beatriz est en fait un bordel.
Alicia sera hôtesse d'accueil.
À partir de là, je te laisse découvrir le roman.
Si je prends la peine de te citer dans le pitch John, Dwayne et Beatriz c'est que ces trois personnes vont changer la vie d'Alicia à tout jamais. Deux d'entre eux, John et Dwayne sont les principaux personnages avec Alicia.
D'emblée, j'ai été embarquée par le récit de cette dame âgée de 96 ans, je me doutais bien que si elle avait tué un membre du Ku Kux Klan c'était qu'elle devait avoir ses raisons, mais lesquelles ?
Vanessa Lafaye t'emmène ensuite assez rapidement en 1919 et tu devras attendre la fin du roman pour comprendre ses raisons.
Un retour dans le passé qui va t'amener à suivre Alicia, John et Dwayne.
Cette lecture fut passionnante, déchirante et révoltante.
Dure à certains passages, dire que des horreurs pareilles ont eu lieu me révolte, mais j'y reviendrai plus tard.
Je veux te parler de ce qui fait la force et toute la beauté de ce roman : Alicia.
Quand elle débarque du bateau, c'est une jeune fille de bonne famille que l'on propulse dans un milieu qu'elle ne connaît pas.
Un endroit bien loin de la propreté et de la modernité de la maison de sa mamacita à La Havane.
Directement, je me suis attachée à elle.
Les raisons qui ont poussé son père à l'exiler sont terribles, elles m'ont mises en colère, mais Alicia, elle, au contraire de s'appesantir sur son malheur, de rester dans le passé, prend sa vie, son destin à bras le corps. Key West et le salon de thé de Pearl sont désormais sa vie.
Rudoyée au début par les filles de sa cousine, Alicia fera petit à petit sa place, elle se fera respecter pour ses remèdes, Alicia a toujours eu à coeur de soigner les gens, elle a appris, ce qu'on dirait aujourd'hui la naturopathie, à cette époque la médecine de la Sancteria.
Elle se fera respecter pour ce don, mais aussi pour sa profonde gentillesse, jamais elle ne jugera ou prendra de haut les filles.
Elle aurait pu, elle venait d'un milieu aisé, mais non.
Cette héroïne force l'admiration. Si j'avais été à sa place, je ne pense pas que j'aurais eu ce cran.
Pour des raisons que je ne t'explique pas et que tu devras découvrir par toi-même Alicia deviendra très vite la nouvelle Pearl.
Pour apprendre le métier, elle se fera aider de John. Il tient le bar à côté du sien.
Je te dis simplement qu'en plus de l'intrigue il y a une romance, une romance belle, émouvante entre deux êtres qui ont tout perdu.
Alicia aimera de tout son coeur, de toute son âme, cet homme, mais ne voudra pas se marier.
Elle supportera les mots employés pour la décrire, la noiraude, la bâtarde, etc.
Plus tu vas avancer dans le roman, plus tu vas t'attacher aux protagonistes de ce roman.
Les principaux et les secondaires comme Thomas, Félix, Paulina, Maxine, Lily et le pasteur Campbell, les parents de Dwayne.
Tu feras connaissance d'autres intervenants certains remplis de bonté, d'autres à l'âme aussi noire que le charbon.
John est un homme revenu de la guerre, il ne se pardonne pas un acte commis en France et ne dort plus.
Aidé par son fidèle ami, Thomas, lui aussi métis, indien, il reprendra ses affaires même si la prohibition est proche et qu'il va falloir trouver comment s'approvisionner.
Cet homme froid, bagarreur, charismatique ne veut s'attacher à personne depuis que sa mère l'a abandonné alors qu'il n'avait que 5 ans. Il voit l'attachement comme une faiblesse, un fait que son père lui a rappelé et qu'il a toujours appliqué jusqu'ici.
Si la vie d'Alicia a radicalement changé celle de John sera elle aussi perturbée.
Pourquoi je ne te le dis pas.
Sache juste que quand on arrive à voir au-delà des apparences que la carapace de John se fissure tu auras affaire à un homme bon, un héros qui ne supporte pas l'injustice.
Dwayne quant à lui n'a pas non plus été épargné durant son enfance, son père le dénigre le comparant sans cesse à son frère décédé, le pasteur est un homme violent, il traite Dwayne de bon à rien.
Dwayne ne désire qu'une chose que son père l'aime, ou au moins qu'il fasse attention à lui.
Pour ça, il est prêt à tout et même à accepter les idées qu'il lui met dans la tête.
Dwayne est un jeune homme de 15 ans que tu vas à la fois aimer, détester et prendre en pitié.
Ces trois personnages sont intimement liés tout au long du récit.
Tu liras les ravages de la grippe espagnole, le retour difficile des soldats américains revenant de la guerre en France, les prémices du Ku Kux Klan à Key West, les horreurs qu'ils commettront. le roman est aussi riche du côté historique que du côté fiction.
L'autrice te narre cet épisode de l'histoire dramatique, honteux de Key West avec vraiment beaucoup de fluidité.
Elle t'éclaire sur leurs croyances, leurs rites et leur façon de recruter.
Ménageant le suspens, faisant battre ton coeur par la belle romance qu'il y a.
Je ne changerai absolument rien à ce roman.
Je suis triste de quitter ces 3 personnages surtout Alicia.
Une véritable héroïne, forte, n'hésitant pas à montrer ses faiblesses, frappée par le malheur, elle fera face et continuera à avancer droit devant. Une femme passionnante.
Quand Vanessa Lafaye te narre à la fin de son oeuvre les noms des véritables personnages, les raisons pour lesquels elle a écrit sur ce passage de l'histoire américaine et le parallèle qu'elle fait avec le radicalisme actuel, peu importe lequel il est, tu ne peux que saluer son travail de recherche, son intelligence et son intégrité, bien sûr elle a adapté la réalité historique pour qu'elle colle à son intrigue, mais en la respectant le plus possible.
Un roman que je te recommande à 100 % il est splendide, un page turner, une enquête et un saut dans le passé passionnant pour comprendre pourquoi cet acte a été commis, une romance qui ne dessert pas à l'intrigue, mais ne la rend que plus belle.
Vanessa Lafaye est une autrice de la trempe de Sarah Mc Coy, Tamara McKinley, Claire Norton, Sarah Lark. Ces autrices qui te font voyager, qui te décrivent ces pays peu connus, qui te font ressentir la chaleur du soleil sur ta peau, qui te font voir les couleurs miroitantes de la mer, des fleurs, de la nature encore indomptée.
Toutes je te les recommande, et si tu ne le sais pas encore : lis les romans du Cercle Belfond. Ils sont choisis avec soin, tous sont intéressants, tous ont en commun d'être écrit par des femmes sur des femmes. Des héroïnes comme je les aime.
Au revoir, Alicia, je te laisse en compagnie de Pablito. Je l'entends chanter, je ressens le sable chaud sous mes pieds, j'espère que tu es bien là où tu es.
Que tu tiens compagnie à ta créatrice.
Cette autrice au talent immense qui nous a quittés bien trop tôt.
Voilà mon cher lecteur, une fois de plus, mon coeur est serré à l'idée de laisser ces personnages, mais je te les donne, à toi, de découvrir cette fabuleuse histoire dans l'histoire.
Le plus difficile, après l'avoir fini ? Trouver un roman à la hauteur...

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Biancabiblio
  14 juin 2018
1993. Une vieille dame quasi centenaire revient agitée de sa ballade quotidienne, va chercher son colt puis ressort afin de gagner le rassemblement du Ku Klux Klan. Là, elle abat froidement Charlie Simpkins, kleagle du Klan, sous les objectifs des caméras et des photographes venus en nombre couvrir l'événement.
1919. Alicia Cortez, 22 ans, une beauté métisse bien éduquée, a du fuir son mari et La Havane, et débarque à Key West avec des G.I's revenus de France. Beatriz est venue l'accueillir et Alicia découvre avec effroi que sa cousine est tenancière d'un bordel, le Pearl, et que c'est désormais là qu'elle va élire domicile.
Mais les soldats ont ramené avec eux l'épidémie de grippe espanole qui a déjà fait des millions de morts en Europe au cours de laquelle Beatriz va perdre la vie. Avant de rendre son dernier soupir, elle fait promettre à Alicia de prendre sa place au Pearl avec l'aide de John Morales, qui tient le bar en face.
L'ancien soldat décoré de la croix de guerre et la jolie métisse vont bientôt tomber amoureux et emménager ensemble en dépit des mises en garde de leur entourage, des lois et des avertissements du Klan qui interdisent tout rapprochement entre blancs et noirs…
Les brumes de Key West est le second roman de Vanessa Lafaye publié en France après le remarqué Dans la chaleur de l'été publié en 2016 et le dernier que l'on aura à lire puisque l'auteure a hélas succombé à un cancer en février dernier.
Si le début de l'intrigue et son épilogue se déroulent en 1993, le reste du roman a pour cadre Key West en 1919. Vanessa Lafaye, comme elle l'explique dans sa note à la fin de l'ouvrage, s'est inspiré de la vie de Manuel Cabeza et de son histoire d'amour mixte qui l'a unit à Angela, sa compagne métisse, tenancière de maison close connue sous le nom de Rosita Negra, la Rose Noire.
A partir de ce tissu véridique, l'auteure a bâti une intrigue totalement fictive mais qui s'inspire de faits réels ayant eu lieu en 1919 à Key West. Je dois dire que j'ai été littéralement happée par cette histoire dès les premières pages et conquise par la plume fluide de Vanessa Lafaye, c'est bien simple j'ai dévoré cette très belle histoire, portée par des personnages attachants, imparfaits mais captivants et au caractère bien trempé.
Au-delà de l'histoire d'amour impossible entre John et Alicia, l'auteure met le doigt là où ça fait mal, nous relate une époque où les amours mixtes étaient prohibées et où le Ku Klux Klan avait beaucoup d'adepte et se livrait à des exécutions sommaires, des lynchages en toute impunité et sans jamais être inquiété par la police ou la justice.
On sent bien au fil du récit que l'on se dirige doucement mais sûrement vers un drame et qu'il n'y aura pas de fin heureuse, on espère se tromper et on reste captivé par le récit jusqu'au point final.
Outre ce duo de héros et l'histoire d'amour qui les unit, l'auteure fait évoluer un autre personnage, adolescent au moment des faits : Dwayne Campbell, le fils du pasteur, qui vit dans l'ombre et la terreur de ce père qu'il adule et qu'il accompagne dans les réunions du Klan.
Ce jeune homme qui travaille pour un marchand juif qu'il aime beaucoup ne comprend pas les motivations des suprématistes blancs bien qu'il soit attiré par le message du Klan, présenté comme une cause juste pour le plus grand bien. Il s'interroge pourtant et questionne son père : pourquoi vouloir chasser son employeur qui est un homme doux et bon juste parce qu'il est juif ? Pourquoi tuer des noirs juste pour leur couleur de peau ? etc. Et le père répond : mais c'est pour leur bien et pour que l'Amérique reste une nation forte.
J'ai beaucoup aimé ces trois personnages complexes et la voie courageuse qu'ils vont suivre à mesure que le récit avance. Un récit que j'ai refermé à regret et qui m'a confirmé qu'il fallait absolument que je lise Dans la chaleur de l'été.
Un très beau roman que je vous conseille vivement si vous aimez les romans historiques, les histoires d'amour et ces questions raciales qui ont agité l'Amérique et qui l'agitent toujours.
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madamelafee
  04 juin 2018
Cruels tropiques !
Nous sommes en 1993 lorsqu'Alicia Cortez, une femme de 96 ans ouvre le portail de sa maison et se dirige vers le parc, c'est alors que des images vieilles de 70 ans lui reviennent en mémoire. Elle sort le révolver de sa poche et abat froidement un membre du Klan.
Replongeons-nous dans le passé.
Nous sommes en juin 1919 lorsqu'Alicia débarque à Key West ; elle est très jeune et est un peu perdue « voici désormais mon nouveau chez moi » dit-elle en son for intérieur. Ici commence alors le pays de toutes les déroutes. A l'émolliente beauté des paysages avec ses fleurs d'hibiscus, d'aloès et ses orangers succède l'odeur nauséabonde des abords du port de Key West avec ses bordels et ses gigantesques poubelles à rebuts, on y croise des passagers impatients de débarquer, des héros traumatisés par la grande guerre se soutenant les uns aux autres ainsi que des pauvres hères qui n'ont rien à voir avec l'idée que se faisait Alicia des américains. Puis la cousine Béatriz entraîne Alicia dans son salon de thé (qui n'en est pas un d'ailleurs) ; celle-ci vit entourée de son escouade de filles consentantes sous une chaleur d'enfer et qui carburent au rhum sous les palmes des ventilateurs. Alicia n'a qu'une envie à ce moment-là c'est de fuir très loin ou de rentrer à Cuba mais elle ne le peut pas car elle a été bannie et exilée par sa famille ; mais comme Alicia est une fille qui ne se laisse pas abattre, elle met toute sa volonté pour se contraindre à rester. John débarque lui aussi à Key West et après avoir fait la guerre dans les tranchées il n'a qu'une hâte c'est de rejoindre son père et son ami Thomas dans son bar de Last Resort et de retrouver le bon goût du rhum car ça c'est le goût du pays. Ces deux êtres au fort tempérament vont se croiser, se toucher, se réunir et vont vouloir vivre au grand jour une belle histoire d'amour, mais à cause du sectarisme et de la haine ambiante ils vont devoir affronter les pires dangers.
On fait aussi connaissance avec le jeune livreur Dwayne, le fils du pasteur Campbell qui psalmodie sur des textes de la bible des appels à une terre plus belle à sa façon. C'est l'époque de la prohibition et de la folle croisade du Ku Klux Klan fanatisé par de faux prêcheurs comme Simpkins et Campbell. Vanessa Lafaye construit un monde plus vrai que nature. Au début l'ambiance est émolliente et spongieuse puis elle se transforme très rapidement en une poudre décapante tel du white spirit, en somme l'esprit blanc s'abandonne à ses démons avec frénésie. L'alcool prohibé atteint les cerveaux, les corps et les coeurs.
Je me suis attachée aux personnages principaux, à Alicia, à John puis à Dwayne mais aussi à ceux qui souffrent de la haine et de la colère du klan des keys car j'ai partagé leurs souffrances et j'ai pleuré avec Alicia. Vanessa Lafaye a une plume qui touche le lecteur et par son écriture elle nous entraîne telle une bourrasque dans cette histoire, c'est un pur délire des sens, un cul de sac romanesque, nous n'en sortons pas indemne car toutes les peurs, toutes les inhibitions, toutes les contradictions, toutes les injustices viennent se percuter et se révèlent à travers un jeu de miroirs déformants.
Sur fond de prohibition et de faux paradis, « les brumes de Key West » est un roman à la fois décapant et empreint de beaux sentiments avec des personnages qui forcent l'admiration et marquent les esprits par leur courage et leur détermination. Un grand nombre de scènes sont poignantes et déchirent le coeur du lecteur. Cette histoire a eu le mérite d'être contée et elle restera gravée dans ma mémoire.
J'aime à penser écrira Vanessa Lafaye que la tragédie qui s'est ensuivie nous révèle autant de choses sur la nature de l'amour que sur leur époque. Pari réussi chère auteure ! Un grand coup de coeur pour moi.

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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
-Olivier--Olivier-   10 mai 2018
Dans le coin, des tas de familles blanches ont du sang noir dans les veines, depuis l'esclavage et les hommes blancs qui ont enjambé la barrière. Pas grave, sauf que, de temps en temps, bébé a pas la bonne couleur, et alors tout le monde joue la surprise. Mais la ville entière est construite sur un marécage de secrets.
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