AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Agnès Kahane (Autre)
EAN : 9782742728985
372 pages
Éditeur : Actes Sud (31/08/2000)
4.03/5   19 notes
Résumé :
Un enfant grandit, écartelé, entre sa communauté tzigane de naissance et la société hongroise dans laquelle il est scolarisé.

Au fil d'une histoire haletante et dramatique, il apprendra qu'on ne peut accepter sa propre identité dans toute sa complexité que par la confrontation, douloureuse, avec l'autre.

Si Couleur de fumée a obtenu en quelques années une consécration internationale, c'est parce que Menyhért Lakatos a su tirer de son e... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Hardiviller
  09 mai 2020

Les préjugés à l'encontre des tziganes existent dans tous les pays ou ils vivent et à toutes les époques . Partout , on ne les accepte, quand on les accepte, que pour leurs talents de musiciens . C'est pour avoir lu quelques ouvrages de Claire Auzias que j'ai été tenté par la lecture de ce livre , seule oeuvre traduite en français de cet auteur , lui même d'origine rom . Ce n'est pas vraiment une autobiographie , plutôt un roman d'apprentissage , de la confrontation avec les autres hongrois et leurs coutumes , de la sexualité , du monde des chevaux etc ... l'époque de cette histoire se situe sous le régime de Miklos Horty . le sort réservé au juifs y est brièvement évoqué .
le style est vraiment particulier , comparable à aucun autre , mais l'histoire donne envie d'être poursuivie jusqu'à la fin .
Commenter  J’apprécie          240
Maphil
  28 avril 2017
Vaste fresque populaire décrivant le destin tourmenté du peuple tzigane d'Europe centrale à l'aube de la seconde guerre mondiale à travers le récit des années d'apprentissage d'un jeune tzigane. Ce dernier, jeune mais dont la candeur a tôt fait de se dissiper au contact d'un monde cruel, découvre en même temps que la sensualité, la perversion, l'hypocrisie, le mal sous toutes ses formes. Mais malgré le tragique ou le sordide, le roman baigne dans une fraîcheur naïve.
Commenter  J’apprécie          20
Passagealest
  27 février 2015
Avec le talent du conteur mais l'oeil du sociologue, Lakatos décrit un monde complexe, régi par les coutumes, la superstition, la misère et la discrimination. En prenant pour narrateur un jeune garçon aux prises avec une double réalité qui le dépasse et dans laquelle il doit se forger son propre chemin, il prend aussi de court le lecteur en lui présentant cette réalité sur le vif, le privant d'occasions de juger, de critiquer.
Lien : https://passagealest.wordpre..
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
dzyminsdzymins   21 février 2019
Chaque fois que la vie me réservait de ces surprises, je recommençais à me tourmenter, à me poser des tas de questions. N'appartenir à rien, voir s'enfuir les mois et les années, se précipiter les minutes et les secondes, être sans cesse à déguerpir, me dire tout m'est égal, n'avoir qu'un seul désir : partir d'ici, m'en aller au diable, vers la prison, vers ma perte, ou bien dans le monde des autres, ce monde qui est en train de sombrer, n'importe où mais ailleurs, s'il faut pourrir, au moins que ce ne soit pas ici. Pas dans ce monde de comédie dont l'air ranci, jamais renouvelé, fane les fleurs éclatantes des jupes, où l'éternelle obsession du sexe vous rend fou, où l'amour enfante la vengeance. Fuir ce monde tsigane où rien ne dure, sauf le temps qui s'est figé, et la peur.
p.220-221
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
dzyminsdzymins   17 février 2019
Au loin, sous la courbure du ciel, si loin que l'oeil pouvait à peine l'atteindre, s'allongeait une étroite bande noire. Je fronçai les yeux pour mieux voir entre mes cils collés de sueur et de poussière, et il me sembla reconnaître cette île faussement verdoyante, entourée d'arbres centenaires, où le sombre marécage des étables mêlait hommes et bêtes, puanteur et vermine. Le temps n'existait plus. L'alternance des jours et des nuits avait disparu. Seuls, lumière et ombre, chaleur et froid se complétaient et se rejoignaient dans une éternité où les heures et les minutes sont abolies.
J'avais connu cette île, j'en évoquais les images brouillées comme si je les voyais non point à trois ans, mais à trente ou cent années de distance. Engourdi au milieu de toutes ces images jetées pêle-mêle les unes par-dessus les autres, replongé dans cette fournaise d'odeurs, de saveurs, de couleurs, je n'avais pas la force de m'y intégrer, car je les aimais, les haïssais et les craignais tout à la fois. Dans ces images resurgies, j'aperçois des silhouettes connues, pourtant je jugerais ne les avoir jamais connues. Elles se rapprochent ou s'éloignent, prêtent l'oreille à des sons inventés, mais je ne les identifie pas. Je me suis égaré sur une route où chaque minute à son importance, car toutes ces minutes forment le temps. Il va, il court, sans emporté rien ni personne. Qui ne peut suivre est abandonné sans pitié. 
p.121
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
dzyminsdzymins   17 février 2019
Jusqu'au moment où elle a compris combien la vie est courte, et combien il serait absurde de ne pas la boire jusqu'à la lie, jusqu'à la fange... dans le monde de la fausse dévotion et des couleurs voyantes, on n'a le choix qu'entre boire tout ou mourir de soif avant d'avoir vécu. Se fichant pas mal du Salut, de la félicité promise, que personne n'a encore pu prouver. 
p.168
Commenter  J’apprécie          20
dzyminsdzymins   17 février 2019
Les femmes étaient debout dès le levé du jour ; les cernes noirs sous leurs yeux témoignaient encore des minutes d'oubli vécues pendant la nuit […] On les aurait traitées de paresseuses, de mollassonnes si elles étaient restées plus longtemps auprès de leur mari. Aujourd'hui encore, je me demande pourquoi elles étaient obligées de se lever si tôt, alors que les hommes ne sortaient de leur lit que lorsqu'ils étaient assaillis par les mouches. 
p.88
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
dzyminsdzymins   30 janvier 2019
Un soupir à peine perceptible, et son regard se figea pour toujours. Le temps s'immobilisa sur sa face de pierre brune, et Cino Pietro ne fut plus qu'un souvenir. Un souvenir tenace dont sa fille, la vieille Liza, nous entretenait des nuits durant. Dans ces récits, le temps ne se mesurait ni en jours ni en mois, mais en floraisons ou en chutes de feuilles. Son père, disait-elle, avait vu les arbres se dégarnir cent une fois. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Dans la catégorie : Littérature hongroiseVoir plus
>Littérature des autres langues>Littératures ouralo-altaïque, paléosibériennes, finno-ougriennes (hongroise, finnoise), dravidiennes>Littérature hongroise (84)
autres livres classés : tziganesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

La tresse - Laëtitia Colombani

De combien de mèches de cheveux se compose une tresse classique ?

Deux
Trois
Quatre

10 questions
393 lecteurs ont répondu
Thème : La tresse de Laetitia ColombaniCréer un quiz sur ce livre