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EAN : 9782378700270
164 pages
Remanence (06/07/2022)
4.63/5   15 notes
Résumé :
Anne, l’âme cabossée, a réussi à se construire une vie à l’abri de ses anciennes douleurs. Son fragile équilibre chavire lorsqu’elle apprend être enceinte. Prise au piège de cette grossesse qu’elle ne parvient pas à accepter et à laquelle il n’est plus possible de mettre un terme, la future mère s’enferme et se replie, rongée par ce futur enfant qui grandit en elle, miroir de ses échecs et de ceux de sa lignée.
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Ce soir je vais vous présenter Anne, une jeune femme artiste, amoureuse des chiens, qui vit heureuse dans un village d'artiste. Jusqu'à ce qu'elle découvre qu'elle est enceinte..Et là tout bascule...
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J'écris mon avis à chaud car je viens de finir ce livre et j'ai la crainte de ne pas vous exprimer mon émotion telle que je la ressens, j'ai peur de mal m'exprimer ou de vexer quelqu'un avec mon retour de lecture. On est directement dans le sujet du livre car il commence avec la découverte la grossesse de notre personnage principal. Elle se livre sans filtre sur sa non-envie de maternité et comment son corps est en accord avec sa tête puisqu'elle fait un déni de grossesse jusqu'à 7 mois et qu'ensuite tout s'enchaîne.
Au fur et à mesure des informations médicales qui affirment sa grossesse et son déni le livre est venu planter un pieu dans mon coeur de maman et il l'a tourné et retourné jusquà en faire de la bouillie. L'autrice ne nous épargnent aucun ressentiment, aucun regret, juste de la froideur à l'état brut. Pouvoir mettre des mots sur ce que ressentent beaucoup plus de femmes que l'on ne croit c'est beau et cruel à la fois, c'est parfois incompréhensible pour nous les femmes qui ne rêvons que d'une chose : la maternité et comme le dit si bien l'autrice se sentir enfin entière et ne former qu'un.
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Le lecture a été pénible, pas à cause de la plume envoûtante et presque poétique de l'autrice, non car même si je respecte certains choix cette détresse et cette souffrance je l'ai ressenti tout au fond de mon coeur, de mon corps et de mon âme. Mon hypersensibilité était au max et j'en ai encore la gorge nouée. Je me suis revue devenir maman et vivre une expérience totalement opposée. Ce ventre que je chérissais qui ne m'étouffait aucunement, ces petits coups que j'attendais avec impatience au lieu de les percevoir comme une souffrance.
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Puis pendant un court instant, Anne oublie son ventre rond pour une introspection et là c'est le coup de grâce, on ne peut qu'avoir de la compassion pour cette femme qui a réussit à trouver sa voix et son chemin malgré son bagage émotionnel. Elle nous livre ses pensées les plus noires et les plus extrêmes. Anne nous ouvre son coeur aprés nous avoir ouvert son corps.
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L'autrice nous montre que quelque soit notre sentiment de départ face à la maternité tout peut changer, nous ne sommes pas toutes faites pour être mères et cet adage qui dit que la maternité c'est instinctif, primaire, animal ou qu'il vient avec la grossesse/la naissance est discutable. Elle ouvre la porte sur une des raisons qui font que ce rôle peut nous faire peur, ne pas nous convenir ou carrément ici révulser la femme.
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Certaines se reconnaitront dans cet écrit, certaines s'indigeront, certaines souffriront...mais c'est un sujet que l'on ne doit pas occulter. La fin de ce livre soulève également beaucoup de questions, qui encore une fois feront réagir et peuvent heurter, pour ma part je suis touchée à un haut niveau dans mon âme et j'ai eu du mal à me détacher de la fiction, pour dire à quel point la plume est captivante et m'a fait tourner les pages rapidement.
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Bonne lecture.
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Anne, qui a su prendre ses distances avec un passé douloureux, s'adonne à la sculpture en compagnie de sa chienne et de ses amis dans un village d'art. Une histoire d'amour a, dans un passé récent, éclairé son existence, et elle fait désormais l'apprentissage du bonheur. Ce fragile équilibre, cette existence enfin sereine en apparence va être bouleversée par la découverte d'une grossesse dont elle ne voulait à aucun prix. Prise au piège de son propre corps, Anne va devoir affronter ses anciens démons et tenter de trouver, sinon une solution, au moins une porte de sortie pour échapper au statut maternel qu'elle ne peut investir.

Dans ce roman aux accents de tragédie grecque, aux phrases sobres et puissantes, l'auteur nous invite à partager les pensées de cette mère par accident qui voit son équilibre malmené, chaviré, rongé et détruit au fur et à mesure que germe en elle cet être qu'elle rejette, comme une marque infamante venue d'un passé qu'elle voulait révolu.

Au fil des pages, de l'attente muette par l'héroïne d'une libération qu'elle sait impossible, certaines phrases impressionneront le lecteur, d'autres le rendront mal à l'aise, le choqueront peut-être, mais comme le disait René Char, « ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience ».

Si pour beaucoup s'identifier à l'héroïne sera difficile, l'écriture intimiste et juste de Karine Langlois souligne les brisures de l'âme, les cicatrices du passé, les origines d'un désespoir, et pose de redoutables questions sur la construction du sentiment maternel.

Un court roman sincère et puissant sur une grossesse vécue comme une passion christique.

Un livre intense qui suscite de nombreuses réflexions et ne s'oubliera pas une fois lu.
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S'attaquer au sujet du déni de grossesse me semble constituer un défi, que Karine Langlois relève avec brio dans ce roman. Elle nous entraine d'emblée dans la vie d'Anne, artiste, venant d'apprendre avec stupeur qu'elle est enceinte. Nous voici embarqués désormais avec elle sur un navire en perdition : cette grossesse non désirée réactive le passé de la jeune femme, son enfance meurtrie, ses années de jeune adulte dépressive, sa guérison arrachée de haute lutte, et tout cela prend des proportions démesurées quand elle découvre qu'elle est en fait enceinte de 7 mois et qu'elle a vécu jusque là un déni de grossesse. Comment passer brutalement d'un état à un autre sans transition, sans désir ? Comment intégrer ce qui n'a pas eu le temps d'être d'abord une idée avant de prendre toute la place dans un corps qui ne l'accepte pas ? Comment aimer un enfant si l'on n'a pas été soi-même aimé dans l'enfance ? Ce ne sont que quelques questions parmi tant d'autres posées au fil des pages de ce livre, qui n'élude de rien de la souffrance vécue, du rejet absolu de cet enfant, de la détresse ressentie par Anne, de ses idées noires ou parfois diaboliques, de sa recherche de solutions qui lui paraissent toutes inenvisageables...L'auteure suit le flux de pensées de son héroïne pas à pas, et ce qui s'annonce à la fin arrive presque comme un soulagement... qui finalement n'en sera pas un... et qui m'a arraché des larmes. Un sujet difficile, un roman très réussi.
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Merci à Babelio et aux éditions La Rémanence pour l'envoi de ce roman.

C'est l'histoire d'un déni de grossesse. Karine Langlois raconte le cataclysme de la découverte de cette gestation, pour Anne, ancienne professeure d'arts plastiques devenue artiste peintre. L'auteure nous fait vivre dans ses moindres détails l'angoisse de la découverte tardive d'une grossesse non désirée.

Le sujet est intéressant, le style de Karine Langlois agréable. On se demande tout au long du roman si la "rencontre" entre Anne et son bébé va se produire, on l'espère, on l'attend : les dernières semaines de la grossesse sont comme un ultimatum... On attend de comprendre les raisons de ce déni, phénomène psychique si complexe, que l'auteure explique selon le point de vue interne d'Anne. J'ai trouvé plaisant ce choix narratif, même s'il occulte un peu les autres personnages, comme Serge et Marie.

J'ai aimé lire ce roman, qui m'a d'abord attirée par sa couverture colorée, lumineuse, ainsi que par son titre rappelant les paroles de la chanson de Voulzy. Pourtant, j'ai été surprise et déconcertée par le décalage entre cette enveloppe légère et le ton triste, la gravité du sujet abordé.
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La 4ème de couverture fermée, mes émotions explosent pour Anne, cette jeune femme, sculptrice, amoureuse de la nature, maman de la belle Elfie.
Elle est profondément touchée par sa mère dans les gestes quotidiens de son enfance.
On ne peut que se projeter dans sa vie, son aventure, ses failles, ses soutiens.

Karine nous emporte et nous fait voyager dans ce village des créateurs, huis clos où les gens se comprennent, se soutiennent et où les émotions sont décuplées.
J'ai été happée par cette émouvante histoire, engloutie par le temps qui défile sans que je ne vois que le livre est déjà terminé, bouleversée par ce magnifique roman poignant de réalité.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Anne pense que Médée, l’héroïne hors du commun, qui transgresse, qui choque et provoque terreur et pitié aussi, Médée créée par les mythes antiques, par l’excès voulu par le spectacle, eh bien Médée peut exister, Médée n’est pas un fantasme invraisemblable. Les histoires de sang, de violence, d’actes impensables, de folie meurtrière, n’appartiennent pas qu’à l’Antiquité, à la littérature et aux êtres issus de lignées de rois et de reines ou de dieux et de déesses. Les tragédies grecques sont dans les journaux d’aujourd’hui, dans les faits-divers contemporains. Et sans la beauté de l’écriture qui sublime l’acte indicible, ne reste que les événements, bruts, nus, sans l’habit des mots purs, imagés, qui ramènent à la cruauté ordinaire et au sordide du quotidien de gens souvent sans envergure, qui ont sombré sans vraiment avoir lutté, accablés sous le poids d’une vie perçue comme un destin ; leur fatalité prend la forme d’une dépendance toxique, à l’alcool, à un conjoint violent, qui enferme, prive de libre-arbitre, dont on ne peut se défaire que par un acte irréversible qui condamne à perpétuité celle qui l’a commis, une victime. Tuer, ou se tuer, à cause d’une addiction, d’une souffrance sans fin, d’un sentiment d’impuissance, à cause du labyrinthe sans fil, parce que c’est déjà une violence de sentir qu’on ne peut pas agir, parce qu’on finit toujours par répondre à la violence par la violence. Couper les liens qui scient la peau, qui brûlent de manière intolérable, couper en tranchant, en tranchant le fil de la destinée, avec un couteau, un révolver, n’importe quoi qui aidera à échapper à l’être ou à la chose qui fait du mal, et qui aidera à respirer, juste un moment, avant la fin du monde. Il n’est pire bourreau que celui qui a été victime.
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INCIPIT

Il m'arrive ce qui pouvait m'arriver de pire : un enfant...
Ce sont les mots qu'Anne a envie de crier à la terre entière, et elle n'a personne à qui les dire. Même à la mer, la confidente, qu'elle est venue retrouver ce matin, elle n'a pas envie de les crier, même au ciel qui peut tout entendre, même à la mouette esseulée là-bas, qui paraît si fragile sur ses pattes fines et qui pourrait comprendre, qui avance plus sûrement qu'elle, s'arrête parfois et tend la tête, peut-être vers un signe lointain, ou invisible, venu de l'avenir. Même à l'écho, elle ne veut rien crier. Cela soulage, pourtant de vomir sa douleur, d'en recouvrir l'immensité du monde, de cracher sur le paysage à qui elle en veut d'être différent ce matin. Tout lui semble hostile, ligué contre elle, laid et repeint avec les couleurs de la rage et du désespoir.
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Le bonheur est bruyant, la douleur est silencieuse, le bonheur éclate en bulles qui volent et se déposent sur les autres, comme des graines qui ne demandent qu’à se développer, à « contaminer », le malheur s’agglomère autour de sa victime, l’emmure en elle-même : on se ferme, on se recroqueville, on le garde au creux de soi, bien serré, de peur qu’il sème probablement.
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Quand on parvient au stade où l'on arrive à parler de ce qui fait souffrir, c'est que l'on va déjà un peu mieux car la souffrance profonde a du mal à se dire tant elle étouffe le cœur, étreint la gorge, tranche tout contact avec autrui : c'est une violence intime et silencieuse, la mal-être véritable ne s'articule pas, il grogne, gronde à l'intérieur de soi (...).
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Elle est le sable, elle est le vent, elle est la mer, elle épouse le grand large... et des eaux, naîtra l'espoir, peut-être... L'espace de quelques minutes, elle se prend à vouloir à nouveau, à avoir envie, de respirer à pleins poumons, d'aimer à cœur plein, de prendre la vie comme elle vient, sans s'inquiéter, en laissant couler les événements sans chercher à avoir prise sur eux, en laissant finalement la Nature, cette Nature, décider. N'a-t-elle pas toujours le dernier mot ? Ne vient-elle pas de lui montrer en quelques instants que tout était possible, que tout était réversible ? Tout peut changer si vite.
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