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ISBN : 2205073850
Éditeur : Dargaud (10/04/2015)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 340 notes)
Résumé :
Voici le nouveau chef-d'oeuvre de Manu Larcenet ! Une sublime adaptation du best-seller de Philippe Claudel.

Manu Larcenet s'attaque pour la première fois à une adaptation, celle du chef-d'oeuvre de Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck. Mais lorsque l'auteur de Blast et du Combat ordinaire s'empare du texte, c'est pour le faire sien et lui donner une nouvelle vie, éclatante, sombre et tragique. Des pages d'une beauté stupéfiante, magnifiant la natu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  30 juin 2015
Une lune si blanche qu'elle semble se refléter sur les montagnes. Brodeck parcourt dans la nuit noire la distance qui le sépare de l'auberge. Venu chercher du beurre, c'est tout un troupeau d'hommes qui lui réserve un accueil glacial et le dévisage longuement. Seul l'Anderer, l'étranger, n'est pas là. Brodeck comprend aussitôt le sort que lui a réservé les hommes. L'un d'eux s'approche de lui et le somme de raconter l'histoire, d'en être le scribe. Lui dont le métier est de rapporter aux administrations de brèves notices sur l'état de la forêt et des rivières. Il n'a pas d'autre choix que d'accepter et innocenter par là-même les coupables et détourner la vérité. Bien sûr, il va l'écrire ce rapport que les autres attendent mais aussi une toute autre vérité qu'il gardera secrète...
En adaptant l'oeuvre de Philippe Claudel, Manu Larcenet change de registre et étonne tout autant qu'il épate avec ce noir et blanc. Et l'on est conquis dès les premières pages muettes. Brodeck, encore traumatisé par la guerre, les camps et ses deux années de captivité, veut à tout prix faire éclater la vérité, quitte à se mettre à dos cette communauté isolée. Manu Larcenet nous offre un récit d'une grande noirceur, implacable et terriblement efficace. L'on sent cette tension malsaine qui s'infiltre au fil des pages. Avec ce dessin d'une rare puissance et d'une grande justesse, l'auteur rend parfaitement compte de cette ambiance hostile et menaçante. Il nous offre de superbes planches de montagne et de nature sauvage et croque superbement tous ces visages ridés, silencieux et marqués par de lourds secrets. le noir et blanc d'une grande profondeur sert à merveille ce récit captivant.
Magistral...
Feuilletez le rapport de Brodeck...
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Crossroads
  14 juin 2015
Un rapport, un rapport, ils en ont de bonnes eux.
Tout au plus notifier l'état de la forêt, des chemins, des rivières, je maîtrise, mais rapporter ce qu'ils ont fait à « l'Anderer » en biaisant la vérité pour les dédouaner, je me sens pas le courage. Ils ne m'ont pas laissé le choix. Ils étaient là, mutiques, les yeux fous, soudés par tout ce sang versé, et moi j'étais seul. Seul et innocent.
Alors je vais l'écrire leur putain de bobard mais ce qu'ils ignorent, c'est que je vais parallèlement m'attacher à conter l'exacte vérité, la seule, l'unique, en mémoire de « l'Anderer », de l'autre qui n'est plus...
Lire Larcenet c'est allier plaisir des yeux et du texte même si pour le coup, il reprend à son compte le roman de Philippe Claudel.
Innombrables sont les BD parcourues sans que l'on accorde une véritable importance au trait une fois ce dernier assimilé. Avec Larcenet, pas d'autre alternative que de s'extasier devant le travail titanesque de l'auteur. Un noir et blanc crépusculaire à l'aune de cet étrange récit aussi chargé et électrique qu'un ciel d'hiver.
Brodeck, le rescapé des camps. L'homme devenu chien, brisé par ses geôliers aujourd'hui disparus. Ne restent que les souvenirs. Et les pleurs.
Un mystère savamment entretenu plane sur cette étrange contrée balayée par les vents.
Qui était cet « Anderer » pour cristalliser une telle haine collective, Brodeck saura-t-il préserver sa sécurité et celle de ses proches en dissimulant sa double activité, est-ce que tu viens pour les vacances moi je n'ai pas changé d'adresse ?
L'heureux papa de Blast vous en offre ici les premiers indices.
Ce Brodeck constitue une nouvelle pierre à l'édifice déjà conséquent d'un Manu Larcenet au sommet de son art !
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tynn
  11 septembre 2015
Pour avoir tant aimé le roman de Philippe Claudel, je ne pouvais pas passer à côté de cette adaptation en roman graphique, conquise par la mise en format de l'album et cette simplicité élégante de la "une" cartonnée.
Première impression aux premières pages tournées: je n'ai pas retrouvé ma vision personnelle, beaucoup plus édulcorée, et les images que je m'étais créée à la lecture du livre. Le trait incroyable en noir et blanc, performance de dessinateur, impose un univers beaucoup plus sombre que mon souvenir. Tout est dans le dessin, implacable, essentiel, sans besoin de beaucoup de dialogues pour tout dire. C'est une lecture silencieuse, qui prend aux tripes.
Le roman donnait peu de pistes temporelles, l'époque et les lieux restaient flous pour le lecteur. Allemagne, Urss? Ici, tout évoque la guerre, les camps de concentration, les lynchages, les campagnes reculées, enneigées, glaciales, les êtres frustres , la violence, la lâcheté et la déshumanisation.
"Noir, c'est noir!" Tout est exprimé, dessiné. Les maisons enfumées et sans lumière, la "gueule" des hommes, dure, hostile, les forêts sombres, les oiseaux de malheur, les silhouettes entre les arbres, les pas dans la neige. Même le blizzard prend forme dans une forêt de bouleaux.
Impressionnant! A lire en choisissant bien son moment, pour ne pas s'engluer dans la morosité.
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gouelan
  29 décembre 2015
J’étais curieuse de lire l’adaptation du roman de Philippe Claudel par Manu Larcenet et je n’ai pas été déçu.
Dans ce premier tome, le décor est planté. Les paysages reflètent la tristesse, le froid, qui emplit également le cœur des hommes. Pour les paysages, c’est naturel, c’est l’hiver. Ensuite viendra le printemps, la renaissance, la joie. Mais pour ces hommes, dont la haine, la guerre et la colère ont détruit le cœur, y aura-t-il un renouveau ?
Seuls quelques hommes sortent du lot. Brodeck, qui a vécu l’innommable, l’homme qui vit à l’écart et qui connaît tout sur les animaux et les hommes, et l’Anderer. L’Anderer arrive un jour au village. Il semble savoir où il veut aller, alors qu’il est étranger. Il représente un danger. Le danger de révéler aux hommes sombres ce qu’est leur vraie nature. Se regarder dans un miroir, sonder son âme n’est pas agréable pour ces hommes qui détiennent un secret honteux.Un ange qui descend parmi les hommes...
Brodeck est choisi, pour écrire le rapport relatant l’affaire, car il est innocent. Un innocent parmi les coupables, qui voit ces hommes comme des bêtes sauvages, poursuivant leur proie, la surveillant, la tenant au bout de leurs couteaux et de leurs poings. Il connaît la férocité des hommes. Il sait jusqu’où ils peuvent aller. Il lui faudra être prudent.
Les hommes ne sont pas beaux, leurs visages sont durs, agressifs, fermés. Les chiens font peur, les nazis sont à peine des hommes. La nature est froide mais grandiose. Manu Larcenet a réalisé, à mon avis, une très belle adaptation du roman de Philippe Claudel. Je comprends que les lecteurs qui n’ont pas lu le roman soient pressés de lire la suite. De même, bien que je connaisse la suite, j’ai hâte de voir l’adaptation qu’en a faite Manu Larcenet et de me replonger dans ces ténèbres, d’y mettre des images, de lui redonner une autre dimension, de la voir à travers le regard d’un dessinateur talentueux.
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Dionysos89
  19 août 2016
Ah, on m'en parle de Manu Larcenet ! Les fameux « le Retour à la terre », « le Combat ordinaire » et autres « Blast » sont autant d'albums dont on me rebat les oreilles à ne plus savoir qu'en dire.
Pour une fois, Manu Larcenet tente l'aventure de l'adaptation, celle du roman de Philippe Claudel de 2007, le Rapport de Brodeck, paru chez Stock, notamment récompensé par le prix Goncourt des Lycéens. Nous suivons Brodeck, marqué par son expérience d'un camp de rétention (qui semble tenir du camp de concentration) qui, une fois revenu dans son village reculé, arrive par hasard à la taverne de Schloss au moment où tous les autres villageois viennent de tuer l'Anderer, « l'Autre ». Cette exécution, cette Ereigniës, va marquer les habitants soit par la culpabilité résiliente, soit par la lâcheté des consciences lourdes. Or, les notables du village chargent Brodeck de faire un rapport qui expliquera leur geste, en les dédouanant en fait. Très vite, Brodeck va rédiger ce rapport en collectant les informations, tout en se gardant un carnet secret où il notera ses vraies pensées sur ses concitoyens.
Le pitch semble simple, pourtant il est difficile de se mettre dedans avec le peu d'informations que l'auteur nous sert : Brodeck est marqué à vie par son expérience des camps, mais nous n'en savons que peu pour l'instant (on se doute que ce sont ceux de la Deuxième Guerre mondiale, mais les soldats pourraient tout aussi bien faire penser aux Poilus de la Première), d'autant plus que sa femme, Emélia, semble avoir perdu la raison (sans raison, pour l'instant), alors que sa fille semble toute heureuse ; je ne sais pas pourquoi cela m'a gêné, car j'adore ce type de mystères où les tenants et les aboutissants ne sont dévoilés qu'en temps utile, mais là j'avoue que le temps utile est arrivé plus vite que ne sont venues les précisions sur ce qui se passe, ou plutôt s'est passé. En effet, on alterne astucieusement entre le récit présent et des retours en arrière sur son internement, sur la guerre qui vient de se terminer, sur la vie du village quand l'Anderer est arrivé, même si pour l'instant ce personnage vole au-dessus du récit sans jamais vraiment atterrir.
En revanche, l'élément parfait de cette première partie du diptyque, c'est évidemment le dessin de Manu Larcenet : c'est juste magnifique ! Tout en noir en blanc, les planches s'enchaînent de belle façon en alternant décors enneigés et sombres recoins ; les jeux d'ombre sont primordiaux dans ces cas-là et l'auteur s'en sert à merveille, d'autant plus qu'il distille dans les dialogues (n'ayant pas lu le roman de départ, je ne peux pas comparer les deux versions) quelques réflexions intéressantes sur l'intérêt de raconter ou d'effacer, de se souvenir ou d'oublier, ce qui nous prépare pour la suite et l'intérêt qu'il veut donner à son ouvrage.
Un très beau roman graphique que cet « Autre » ! Même si une majeure partie des enjeux du récit est floue, la qualité du dessin emporte le lecteur dans d'épaisses ténèbres au fin fond de ces montagnes reculées.
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critiques presse (8)
BDGest   14 juin 2016
Conte cruel aux multiples niveaux de lecture, Le rapport de Brodeck ne laissera personne indifférent.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   16 juin 2015
Par de superbes pages silencieuses, des portraits mutiques et terrifiants, (...) Manu Larcenet déploie un vocabulaire graphique d’une grande puissance.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LeSoir   12 mai 2015
Manu Larcenet vitriolise l’intolérance et le rejet de l’autre.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Auracan   07 mai 2015
Du grand Larcenet, au point qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des qualificatifs à cet auteur qui, au fil de ses réalisations, apparait comme un des plus talentueux de sa génération. Indispensable !
Lire la critique sur le site : Auracan
Sceneario   27 avril 2015
Larcenet conclue avec brio ce premier volet hypnotique et fascinant qui démontre (...) qu'il peut se tenir fièrement aux côtés des grands du noir et blanc.
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDZoom   16 avril 2015
Nul doute que la voix off de Brodeck, morale hantée, vous poursuivra longtemps : le signe d’un très grand album.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Lexpress   13 avril 2015
Son trait pointe l'intimité de chacun et les petits arrangements avec la vie.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BDGest   10 avril 2015
En maître de la narration, Larcenet entraîne le lecteur sur la piste d'un lointain cousin de Polza Mancini. La randonnée est ardue, mais exceptionnelle.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   30 juin 2015
On ne comprend jamais rien, ou si peu... Les hommes sont paresseux, ils veulent se remplir l'estomac, boire, s'agiter entre les cuisses des femmes, dormir... Ils font la guerre quand on le leur demande et meurent avec la certitude imbécile que quelque chose les attend... Mais ils ne veulent pas comprendre, ils préfèrent éviter les maux de tête.
Commenter  J’apprécie          360
marina53marina53   30 juin 2015
J'aime les questions et les chemins qu'elles nous font prendre. Les réponses sont sans importance, Brodeck, c'est arpenter le chemin qui est satisfaisant pour l'homme... Etre capable de dire: "J'ai avancé".
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EnkiEnki   28 mai 2015
Je suis le seul innocent parmi tous. Le seul. En écrivant ces mots, je comprends soudain le danger que cela représente, d'être innocent au milieu des coupables... C'est, en somme, très proche d'être seul coupable parmi les innocents.
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Dionysos89Dionysos89   21 décembre 2016
Je suis celui dans le cerveau duquel ils déversent toutes leurs sanies, leurs ordures, pour s’alléger… Puis ils repartent, tout propres, prêts à recommencer à la première occasion.
Je suis l’égout, Brodeck.
Ils savent que l’égout ne parlera jamais de rien à personne… Ça leur permet de dormir tranquilles. Moi, je déborde sous le trop-plein, ça me pourrit l’espoir, leurs secrets… Je crèverai sous le fardeau dégueulasse qu’ils m’ont confié, c’est sûr… et ça me terrifie.

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CrossroadsCrossroads   10 juin 2015
On m'a enfermé dans un camp si loin que je ne reconnaissais plus les arbres ni les oiseaux. J'y suis resté deux longues années. C'est là-bas qu'un vide profond s'est fait dans ma vie. Je le nomme Kazerskwir, "le cratère". Il est là, encore aujourd'hui. Pendant mon sommeil, je retourne sans fin sur ses bords, hébété, immobile. C'est au camp que je suis devenu "le chien Brodeck".
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Videos de Manu Larcenet (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Manu Larcenet
Blast l'intégrale de Manu Larcenet aux éditions Dargaud
https://www.lagriffenoire.com/97849-bd-blast-grasse-carcasse-l-apocalypse-selon-saint-jacky-la-tete-la-premiere-pourvu-que-les-bouddhistes-se-trompent.html
Le chef-d'oeuvre de Manu Larcenet dans une intégrale sublime sous fourreau. Un objet magnifique pour une bande dessinée hors norme multiprimée, et pour un auteur dont le talent inouï explose à chaque page.
Vous pouvez commander Blast l'intégrale sur le site de la librairie en ligne : www.lagriffenoire.com
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