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Philippe Mikriammos (Éditeur scientifique)
ISBN : 2221114558
Éditeur : Robert Laffont (13/01/2011)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Kate, une Irlandaise désabusée, veuve de son grand amour, se rend au Mexique avec des amis américains. Elle ne peut tout d'abord pas supporter le pays, mais sa rencontre avec Don Ramon Carrasco et surtout avec Cipriano Viedma la conduira à abandonner Mexico et le microcosme occidental pour les rives d'un lac hors du temps, d'où a resurgi Quetzalcoatl, le dieu-serpent, régénéré par sa longue absence... C'est le début d'un voyage intérieur qui l'amènera à découvrir un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
ericbo
  15 septembre 2018
Dans « Le Serpent à plumes », Lawrence poursuit sa quête vers le retour aux croyances primitives, seule possibilité pour l'occidental, d'échapper au déclin spirituel. Je ne me souviens plus du tout de l'intrigue. Seulement la croyance en Quetzalcoatl - le Dieu Serpent - par l'un des personnages, et la volonté de s'éloigner du monde occidental. Ce voyage au Mexique (où il est lui-même allé) est pour Lawrence l'occasion d'éprouver, une fois de plus, le retour aux forces de la nature, dont s'est éloigné l'occidental, abîmé dans la société industrielle européenne. Je me souviens avoir été entraîné, comme ses personnages, vers ce retour aux sources. Magistralement écrit, je ne me suis pas ennuyé une seconde.
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stcyr04
  23 septembre 2013
Kate Leslie est une irlandaise à la quarantaine sonnée, veuve et morte à sa vie d'antan, revenue de toutes les illusions de son existence européenne d'autrefois. Elle est venue au Mexique avec un cousin américain, obsédé par la volonté de vivre, de voir ce que ses yeux n'ont pas encore vus et d'exister par le biais d'expériences nouvelles, dans un puéril désespoir d'avoir vécu en vain, d'avoir “manqué quelque chose”. Notre héroïne fera la connaissance de deux notabilités mexicaines, qui luttent pour le retour aux croyances profondes de leur pays et aux dieux de leurs ancêtres, Quetzalcóatl le serpent à plumes, et Huitzilopochtli la divinité de la guerre et du soleil.
Ce roman met en scène, par la rencontre de ses personnages, le choc de civilisation entre l'esprit collectif de communion par le sang d'un peuple primitif avec l'individualisme forcené des sociétés dites “évoluées”, l'opposition radicale entre le fatalisme indigène et la volition incessante du colonisateur. D.H. Lawrence milite pour la régénération de l'intellectualisme blanc par les forces telluriques, primitives, des peuples antiques; une sorte de réconciliation entre esprit et instinct chez l'homme pour parvenir au divin qui sourd en chacun de nous.
Ce roman est considéré comme l'un des plus grands romans inspirés par le Mexique à un écrivain non latino. J'ai aimé l'ambiance et le “décor” du récit, le dépaysement en somme, offert par cette histoire. J'ai été plus dérouté par le volet mystique, qui m'a semblé un peu nébuleux, répétitif et lassant.
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allard95
  26 mars 2016
Nous sommes là en présence d'un roman atypique, relativement peu captivant par son intrigue, mais intéressant pas la qualité et la richesse de la réflexion à laquelle il nous invite. S'ajoute à cela le talent rédactionnel de l'auteur, et la description du Mexique des années 1920: celle-ci est absolument brillante et magistrale. Tout cela n'est pas loin de conduire à un grand livre. Au-delà, cette histoire de deux hommes qui prétendent - mais avec quelle légitimité? - renverser le catholicisme de ce pays (les révolutions successives y parviendront, en menaçant les catholiques, en fermant les églises, en massacrant les prêtres: voir l'excellentissime roman de G.Greene, "la Puissance et la Gloire") et y imposer un retour à l'adoration de dieux anciens, est plutôt discutable. Il n'en est pas moins vrai que ce livre nous interroge sur nous-mêmes, - comme l'Irlandaise Kate perdue dans ce Mexique qu'elle trouve d'abord laid et violent, avant de se trouver captée par ses mystères -, et qu'il est de ceux que l'on n'oubliera pas. D.H.Lawrence est incontestablement un grand auteur, et le parti qu'il a su tirer de sa courte vie, de ses expériences, de ses voyages, est tout à fait exceptionnel.
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VACHARDTUAPIED
  29 mars 2013
Beaucoup de symbolique dans ce roman, on suit avec plaisir, Kate, l'irlandaise, dans ses aventures mexicaines....
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tristantristan
  06 décembre 2017
Dans ce roman passionnant D.H.Lawrence a parfaitement retranscrit les tenants et les aboutissants du voyageur et de l'âme mexicaine.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
jeronimusjeronimus   22 février 2018
Le reptile sentit la présence de la femme, car avec une incroyable rapidité il rampa le long du roc et elle le vit entrer dans une toute petite fente au pied du mur. Le trou n'était pas très grand, il s'y faufila précipitamment, se retourna, la regarda, dressant sa méchante petite tête pointue et vive et dardant une langue noire frémissante. Puis il disparut, s'allongeant à son aise dans le trou obscur. Lorsqu'il y eut pénétré tout entier, Kate apercevait encore son dernier anneau sur lequel reposait sa tête plate ; il faisait penser à ces diables que l'on représente le menton appuyé sur les bras, regardant à travers une meurtrière. Du fond de sa retraite il épiait la femme, la suivait de ses yeux aux éclairs cruels. Elle songea alors à toutes ces choses invisibles, cachées dans les recoins secrets de la terre, et elle se demanda si ce reptile souffrait ou non de ne pas être plus élevé dans l'échelle des créatures, de ne pas pouvoir courir à quatre pattes au lieu de ramper, le ventre à terre...
Peut-être pas! Peut-être avait-il trouvé sa paix à lui.
Kate se sentit réconciliée avec l'animal.
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zorazurzorazur   29 février 2012
Le Mexique ! Ce grand pays abrupt, aride et sauvage, avec, dans chaque paysage, une coquette église qui parait surgie du néant. Un paysage dévasté par les révolutions, où demeurent de coquettes et hautes églises, dont le dôme semble un bourgeon prêt à éclore et dont les tours et clochers sont comme les pagodes tremblantes d'une race irréelle. Eglises spendides qui veillent par-dessus les huttes et les abris de paille des indigènes, comme des fantômes attendant qu'on les chasse.
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enkidu_enkidu_   01 juillet 2017
Les hommes et les femmes devraient savoir que, sur cette terre, il n’est pour eux de rencontre absolue. Dans le baiser le plus proche, le toucher le plus tendre, il y a l’abîme qui, si minime soit-il, quasi nul, n’en est pas moins infini. Ils doivent s’incliner et se soumettre avec déférence. J’aurai beau manger le corps et boire le sang du Christ, le Christ est le Christ et je suis moi, et l’abîme est infranchissable. Quand même une femme est plus chère à un homme que sa propre vie, il est lui et elle est elle, et jamais l’abîme ne peut se refermer. Toute tentative en ce sens est violation et crime contre l’Esprit Saint.

Ce qui nous vient de l’au-delà, nous le recevons seul. Mon moi ultime vient du plus loin, de l’Étoile du Matin. Le reste est assemblage. Tout ce qui est de moi est assemblé par le puissant cosmos peut rencontrer et toucher tout ce qui est assemblé en l’être aimé. Mais jamais le vif même. Cela ne se peut.

Pour que cela ait lieu dans le vif, il faut renoncer au soi assemblé, au moi quotidien, et, les reléguant un à un, se rencontrer, outre-conscience, dans l’Étoile du Matin. Corps, âme et esprit peuvent se transfigurer dans l’Étoile du Matin. Mais, sans transfiguration, nous n’y arriverons jamais. Nous rongerons la laisse. (pp. 379-380)
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gouelangouelan   06 janvier 2015
Savez-vous que les femmes navajos, quand elles tissent une couverture, laissent au bout un tout petit trou, par où elles pourront retirer leur âme de leur ouvrage, sans la laisser tissée avec la laine? Il m'a toujours semblé que l'Angleterre avait tissé son âme dans les rouages de ses industries et dans toutes les choses qu'elle a fabriquées, et qu'elle n'a jamais laissé de trou pour pouvoir l'en retirer. C'est pourquoi, maintenant, toute son âme est dans ses marchandises, et elle n'en a plus nulle part ailleurs.
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enkidu_enkidu_   30 juin 2017
Parfois elle se demandait si l’Amérique n’était pas, en réalité, le grand continent de mort, le grand Non ! face au Oui ! européen et asiatique et même africain. Était-ce vraiment le grand creuset où se fondent les hommes venus des continents créatifs, non pour forger des êtres neufs, mais pour les noyer dans l’homogénéité de la mort ? Était-ce le grand continent de la désagrégation, et tous ses peuples les agents de la destruction mystique ? Long épluchage de l’âme créée en l’homme, jusqu’à lui arracher le germe de la croissance, laissant une créature mécanique, aux réactions automatiques, inspirée par un seul désir : arracher le vif en chaque créature vivante et spontanée.

Était-ce là la clé de l’Amérique, se demandait-elle parfois. Était-ce le grand continent de la mort, le continent qui détruit ce que les autres continents ont bâti. Le continent dont l’esprit du lieu ne vise qu’à arracher les yeux de la face de Dieu. Était-ce cela, l’Amérique ?

Et tous ceux qui y venaient, Européens, nègres, Japonais, Chinois, toutes couleurs et races, étaient-ils ces êtres épuisés, en qui l’impulsion divine a été anéantie et qui font la traversée jusqu’au grand continent de la négation, où la volonté humaine se déclare « libre » de jeter à bas l’âme du monde ? En était-il ainsi ? Et cela expliquait-il le grand exode vers le Nouveau Monde, l’afflux d’âmes épuisées qui passent du côté de la démocratie sans Dieu, de la négation énergique ? La négation qui est le souffle de vie du matérialisme. – Et le grand magnétisme négatif des Amériques briserait-il finalement le cœur du monde ?

Souvent cette pensée lui revenait. (pp. 118-119)
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"Amants et fils" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.
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