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EAN : 9782234075344
352 pages
Éditeur : Stock (03/03/2014)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 31 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Stock - 04/2014)


Le 11 janvier 1996, lors des obsèques de François Mitterrand, la France entière découvre le visage d'Anne Pingeot. La maîtresse de l'ancien président de la République, la mère de Mazarine, au premier rang à côté de Danielle, l'épouse officielle : l'image fera le tour du monde, émouvante les uns, scandaleuse pour les autres.

Depuis ce jour, Anne Pingeot est retournée ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
madameduberry
  19 juillet 2014
Lu d'une traite ou presque, ce livre possède d'indéniables qualités. A la fois investigation, biographie (non autorisée, c'est le moins qu'on puisse dire), mise en perspective historique et approche psychologique d'une assez grande finesse, il se permet en outre des réflexions plutôt profondes sur les notions d'indépendance, de libération de la femme, de liberté.. Autour du couple Anne Pingeot-François Mitterrand, deux fois président de la cinquième république, on voit évoluer les proches, les fidèles, le premier cercle, auquel appartiennent ceux qu'on appellera les morts de Mitterrand.
Sa première femme et unique épouse aussi, qui fut et sera à jamais ladite "Première Dame", présentée comme compagne très proche, épouse parfaite et meilleure amie, dans l'histoire racontée aux Français. Ce peuple républicain et régicide aime en effet que ses chefs d'Etat aient à la fois une vie officielle imposante et une vie conjugale qui les rapproche du Français moyen tel qu'il se rêve peut-être lui même: une chaumière, deux coeurs, pour la vie.
Sauf que là, il y eut deux foyers, le faux, connu de tous, et le vrai, connu de quelques uns. Quant aux coeurs..
La naissance de Mazarine survient après plusieurs années d'une double vie, et juste après des revers politiques importants pour son père..Vingt sept ans d'âge séparent le couple parental.
Lorsque son existence fut révélée une vingtaine d'années plus tard, Mitterrand avait bien entamé son deuxième septennat, et les Français découvraient incrédules les traits de leur chef d'Etat sur le visage d'une très jeune fille à l'air un peu boudeur en couverture de Paris Match. Mais pas un mot ou si peu sur sa mère. Comme si François Mitterrand avait engendré sa fille par parthénogénèse.
Et pourtant, Mme Anne Pingeot, qui fut la discrète vraie compagne du président, semble avoir été tout sauf une personne effacée.
Née avec une cuiller d'argent dans la bouche, elle appartient à la riche mais discrète et pieuse bourgeoisie de Clermont-Ferrand. Deux villas mitoyennes à Hossegor, celle des Pingeot et celle du couple Mitterrand, des amitiés qui se lient, une fillette pleine de vie et adorée par son père, qui va "monter" à Paris afin d'étudier les Beaux -Arts et se libérer de la bien pensance corsetée de Clermont, pour finir cloîtrée dans les coulisses d'une vie politique menée jusqu'au plus haut niveau, sa vie est un roman. Mais un roman qui n'est lu par personne, car ignoré de tous, ou presque. Une femme qui veut devenir, selon l'heureuse formule de David le Bailly, une femme de savoir, et qui sera peut-être aussi une femme de pouvoir, mais au prix de l'effacement de toute publication de sa vie sentimentale et familiale,et du renoncement à faire de sa vie privée un roman public.Mais, direz-vous, n'est-ce pas là une vie très ordinaire, et le lot du plus grand nombre? Non, car vivre sa vie en se montrant, car on est ordinaire et donc protégé des des feux de la célébrité, n'est pas vivre dans l'anonymat.
Vivre sa vie extraordinaire en ne pouvant pas se montrer, si.
Une vie de recluse, de prisonnière, de captive. En vivant aux côtés du personnage qui est au sommet du pouvoir.
Qu'est-ce alors qu'être libre? Posséder le pouvoir? Mais dit-elle à une amie, "Le pouvoir, c'est le savoir, et ce savoir, il faut le partager" Sans illusion donc, sans délire despotique et cohérente avec elle-même, elle exerce jusqu'à la retraite le métier de conservateur de Musée, et enseigne à l'Ecole du Louvre. Même si sa personnalité professionnelle est parfois colorée de traits plus durs, elle est décrite comme un femme qui finalement possède des qualités de discrétion allant jusqu'à l'abnégation. Image quasi sulpicienne que l'auteur rectifie souvent, en soulignant les aspects plus durs et autoritaires chez cette héritière d'une éducation bourgeoise du 19ème siècle, vrai point commun avec F. Mitterrand, dont la mère ressemblait dit Le Bailly, étrangement à Anne Pingeot.
Libre semble-t-il dans l'exercice de son métier (elle fut tout de même aidée dans cette liberté par ses liens avec F.M.), Anne Pingeot le fut beaucoup moins dans sa vie familiale, la jouissance ordinaire de celle-ci lui étant interdite par le non divorce du couple Mitterrand-Gouze.
Une vie à l'envers de l'ordinaire, en quelque sorte. Cette clandestinité forcée, cette captivité, peut-elle être appelée liberté? Si par certains côtés, il y a de la liberté dans la décision d'une très jeune femme de faire fi des conventions et des tabous de sa propre classe sociale, que penser de cette vie "souterraine", dont il apparaît vite qu'elle n'a rien à voir avec les délices des amours naissantes cachées?
Eternel paradoxe et question dont la réponse est indécidable: être libre serait-ce donc savoir se soumettre?
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som
  06 mai 2015
Trouver la femme derrière l'icône, glaner le témoignage de « celle qui ne parlera jamais », tel est le défi que se fixe le journaliste David le Bailly en s'attaquant à la biographie d'Anne Pingeot, la compagne secrète de Mitterrand et mère de sa fille.
Pas beaucoup de révélations, ni de sensationnalisme (et c'est un bon point) dans cette investigation, mais une étude solide sur la construction de deux parcours : celui d'un homme de droite qui deviendra le premier président de gauche, le second d'une jeune femme ultra classique et austère par ses origines qui en cassera néanmoins les codes par amour, quitte à rester à jamais dans le placard….
En toile de fond s'entrecroisent l'image d'une France provinciale et catholique des années 1950, l'univers des grandes institutions patrimoniales parisiennes (Le Louvre et le musée d'Orsay) et bien sûr les accointances entre le petit monde des affaires et de la politique.
La présence parfois un peu trop soulignée de Bailly dans le récit n'apporte pas grand-chose si ce n'est de démontrer combien Anne Pingeot a bien verrouillé la communication autour d'elle. Contrairement à nombre à d'autres documentaires de ce genre, l'auteur a su rester à distance de ses sujets d'études, ni hagiographie, ni portrait à charge.
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motspourmots
  28 juin 2014
Une enquête qui se lit comme un roman, mais il faut dire que tous les ingrédients sont là et ont suffisamment intrigué David le Bailly, journaliste, habitué à enquêter pour qu'il se jette à l'eau. Bientôt obsédé par ce projet surtout lorsqu'il se heurte aux murs de silence érigés autour de cette femme dont il s'attache à percer le mystère. Cette femme, c'est Anne Pingeot, dont le grand public a découvert officiellement l'existence peu de temps avant la mort de Mitterrand, alors Président de la République. Habituée à l'ombre au point de ne pas apparaître dans la lumière même des années après.
Le journaliste s'interroge, cherche à comprendre les motivations d'Anne Pingeot aux différents âges et étapes de sa vie, cherche à deviner son état d'esprit, à éclairer son caractère. Et au delà, à dévoiler ce qu'il présente comme "la face cachée" de Mitterrand et qu'il pense être en droit de connaître et de révéler puisqu'il était un homme public, aux plus hautes responsabilités de l'état. Au fil de l'enquête se révèle un personnage plus complexe qu'il n'y paraît dont l'évolution au fil du temps est intéressante. Jeune fille issue d'une bourgeoisie de province catholique et bien pensante mais au comportement un peu trouble pendant la guerre et les années qui l'ont précédée. Attirée par le monde du savoir et de la connaissance et donc par l'homme brillant qu'est François Mitterrand. Et lui, l'homme à femmes, qu'est ce qui l'attire chez cette jeune fille mal dégrossie et pas encore jolie ? le journaliste émet l'hypothèse que c'est son milieu, ses valeurs qui rassurent le futur Président, lui qui a dû laisser tout ceci derrière lui pour poursuivre sa carrière politique. En tout cas, la jeune femme, bien décidée à faire partie de ce monde, "monte à Paris" pour étudier l'art et devient conservateur de musée.
Ce qui intrigue David le Bailly et irrigue son récit c'est le mélange d'oie blanche et de caractère affirmé qui transparaît chez Anne Pingeot. Les bribes de détails qu'il obtient en interrogeant tous ceux qu'elle a côtoyés et qui veulent bien lui répondre sont soit contradictoires, soit remis en question par d'autres témoignages. Difficile alors de se faire sa propre opinion. Il dépeint son environnement ...
Lien : http://motspourmots.over-blo..
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Nath2803
  25 août 2019
Livre relatant la relation de François Mitterrand avec Anne Pingeot, où l'on découvre que cette dernière a eu finalement pas mal d'influence sur certaines décisions prises dans les années 80-début 90 d'un point de vue culturel en tout cas.
Un livre très instructif, très bien écrit.
On y trouve ce que l'on est venu chercher.
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lescotis
  10 mai 2015
Une enquête sur la personnalité d'Anne Pingeot que l'on connaît mal, son parcours professionnel, sa vie et sa relation avec François Mitterand .
Présentée comme secrète et effacée, Anne Pingeot se révèle finalement d'un fort caractère et ayant une influence certaine sur l'ancien Président.
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critiques presse (2)
Lexpress   03 avril 2014
L'ouvrage de David Le Bailly a une grande qualité : il se lit d'une traite. Sa façon de se mettre lui-même en scène est plutôt efficace (même si le procédé peut aussi être parfois exaspérant).
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   27 mars 2014
Par-delà ses propres tourments, surgit des pages l'étonnante prêtresse d'un amour fou. Pas toujours sympathique. Toujours admirable. Entre Paul Claudel et Marguerite Duras...
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   10 septembre 2014
L’esprit Michelin, on le trouve dans le quartier de la Plaine, dans le nom des rues des anciennes cités ouvrières : rue du Courage, rue de la Bonté, rue de la Foi, rue de la Charité. L’entreprise s’occupait de tout : logement, éducation, santé. Ce n’était pas par philanthropie. Pour les Michelin, cela voulait dire : en échange de ma protection, j’exige la soumission à mes valeurs.
Elles ont leur importance, ces valeurs, à Clermont : le secret, le travail, la famille. On ne traîne pas au bistrot, on ne court pas les filles, on se marie jeune, on va à la messe le dimanche. Et surtout on se tait. Si la ville est aussi fauchée en endroits pour sortir, boire un verre ou danser, pas besoin d’aller chercher bien loin.
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rkhettaouirkhettaoui   10 septembre 2014
Enfant naturel – quelle expression étrange n’est-ce pas ? –, ce qu’il ne faut à aucun prix dévoiler, à ses copains, à l’école, à ses maîtresses, sous peine d’être traité de bâtard, à peine né et rabaissé au rang d’accident.
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rkhettaouirkhettaoui   10 septembre 2014
Ici, on ne travaillait pas pour attendre les vacances mais pour gagner le titre d’artiste : nous étions condamnés au talent forcé […] En fait nous étions sages comme les images que nous créions. Endormis ? Non, anesthésiés par la valse des épreuves, des rendus, des travaux, de tout ce qu’il fallait ingurgiter comme notions sur le triangle, le cercle ou le carré .
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rkhettaouirkhettaoui   10 septembre 2014
Les enfants à la vie banale rêvent de se distinguer, les marginaux de se fondre dans la masse. Être sympa fait partie de la panoplie de la fille normale qu’elle a rêvé d’être.
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rkhettaouirkhettaoui   10 septembre 2014
Les gens qui comptent ne vous parleront pas. Mais il vous reste toujours la possibilité d’appeler les domestiques !
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