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Jean Rosenthal (Traducteur)
ISBN : 2020479966
Éditeur : Points (01/05/2006)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Les photos sur l'installation secrète en Allemagne de l'Est de lance-missiles soviétiques ne parviendront jamais à celui qui les a commandées. Cette affaire, qui remet en cause toute la politique de défense de l'Angleterre, personne n'y croit, excepté Leclerc, mais son service de renseignements aux objectifs strictement militaires a perdu la puissance et la réputation acquise durant la dernière guerre mondiale. Le Foreign Office ne jure plus que par le Cirque, le se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Krout
  06 mai 2016
"Si c'est rond, c'est point carré." ressemble à une phrase codée. S'en est peut-être une, qui sait ? Elle remonte en tout cas loin dans mes souvenirs d'enfance et me semble bien appropriée pour un petit clin d'oeil à l'auteur. Et si elle était criptée : "Cicéron c'est Pointcarré" ? Beaux jeux de mots. J'ai ri et Mata aussi. A l'époque, j'y associai le grand avocat romain, maître en éloquence, ami de César celui-là même qui fricotait avec Cléopâtre dont on dit le nez si long et le palais un nid d'espions. L'espionage, le plus vieux métier du monde ! Mais c'est un secret bien gardé : désinformation du contre-renseignement.
Or donc j'avais tort, car c'était bien sûr à Mata Hari célèbre espionne de la deuxième guerre mondiale et à son alter ego masculin dénommé Cicéron à qui il eût fallu me référer. Et s'il est avéré que les Pharaons avaient recours à des espions depuis la plus haute antiquité, plusieurs reconnaissent aux Anglais la plus grande maîtrise (si pas l'invention) pendant le second conflit mondial du contre-espionnage, de la désinformation et l'art du retournement ( à moins que les Grecs ? -;)) C'est donc sans surprise que bien des meilleurs récits d'espionnage devenus des classiques soient dûs à des écrivains de la perfide Albion. John le Carré en fait partie et des meilleurs.
Dans le miroir aux espions, l'auteur nous emmène au coeur des années soixantes, après la fameuse crise de la baie des cochons entre Cuba et les Etats-Unis; c'est la guerre froide et le moment de réanimer à Londres le service d'espionnage militaire longtemps laissé en hibernation. C'est à l'entraînement d'un espion auquel nous assistons et aussi à une belle guéguerre des services.
Ce livre paru après l'espion qui venait du froid est d'abord un climat. Et une atmosphère. Question de reprendre son souffle et de retrouver son rythme, pour le combat au couteau comme pour la transmission en morse. Retour en un temps où l'on enfilait gin et whisky sans honte ni modération mais avec entraînement et dignité. Nostalgie d'un temps où la qualité du suspens d'un roman ne se comptait pas en nombre de morts où en degrés d'atrocité. Juste histoire d'une petite infiltration comme pour distiller un poison...
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GeorgesSmiley
  01 avril 2018
Qu'y a-t-il à voir dans le Miroir aux Espions ? Vingt ans après…les héros de John le Carré, au tournant des « sixties », ne sont pas aussi fringants que ceux d'Alexandre Dumas. Ont-ils d'ailleurs vraiment été héroïques ? Certains oui, d'autres moins. Et, c'est la triste vérité, les morts sont plus nombreux dans la première catégorie. Alors ceux qui restent se congratulent en se rappelant qu'ils ont gagné la guerre en formant et envoyant des agents sur le continent occupé. Lorsque la rédaction et l'envoi de leurs notes de frais leur en laissent le loisir, ils expédient des affaires qui, pour être courantes et peu exaltantes, n'en sont pas moins suffisantes pour leur permettre de s'imaginer toujours comme les fers de lance de la lutte contre l'ennemi à présent soviétique. S'ils jetaient un oeil au Miroir, ils pourraient y voir les « has been » qu'ils sont devenus.
Avec le Carré, on est plus proche De Balzac que de Dumas. Sa Comédie Humaine se limite au monde des services secrets mais ce sont bien les peines, les travers et les bassesses de l'Humanité qui nous sont exposées.
Résumons l'intrigue : ce service de renseignement de l'armée, florissant pendant la guerre, végète tristement lorsque lui parvient une information indiquant que des fusées seraient en cours d'installation dans le nord de l'Allemagne de l'Est avec pour cible les îles britanniques. Un Cuba bis, en quelque sorte, avec Londres en ligne de mire plutôt que Miami. Scoop formidable ou intoxication habituelle ? Une première tentative de vérification, pur cocktail d'amateurisme et d'improvisation, ayant conduit à l'échec programmé et mérité, on décide, avec l'aval du Ministère, plutôt que de laisser l'affaire au MI6 mieux équipé et organisé, de faire cavalier seul pour récolter les hypothétiques lauriers et subsides, gages de la renaissance du Service.
On racle les fonds de tiroir, on ressort le matériel de vingt ans d'âge (ce qui est excellent pour le whisky ne l'est pas vraiment pour un poste émetteur) et on finit par trouver un volontaire assez fou pour être jeté seul dans la gueule du loup avec la grandiose mission d'aller vérifier sur place, derrière le rideau de fer. N'en disons pas plus et laissons John le Carré déployer quelques uns de ses thèmes de prédilection :
Pourquoi un homme, apparemment sain de corps et d'esprit, sans aucun besoin d'argent et n'étant aucunement susceptible de prêter le flanc à un quelconque moyen de pression ou de chantage accepte-t-il de risquer sa vie dans ce genre de mission ?
Comment de simples fonctionnaires, sans autre talent notable que leur aveuglement, peuvent-ils se persuader qu'ils sont capables de réussir, du jour au lendemain, une opération qu'ils n'ont plus tenté depuis vingt ans ?
Pourquoi les médiocres, dépourvus du moindre charisme, réussissent-ils toujours à trouver et à persuader des courageux de faire ce qu'ils trouvent beaucoup trop dangereux pour eux-mêmes ?
Comment parviennent-ils à effacer de leur mémoire les victimes de leurs bavures en quelques secondes ? Comment réussissent-ils à s'endormir paisiblement avec comme seul stimulant une infusion de camomille ?
John le Carré ne raconte pas seulement des histoires d'espionnage, de peur et de solitude. Il dépeint la nature humaine et des hommes, qui doivent affronter, comme ils peuvent, ce que les autres ne veulent ni voir ni savoir !
Si vous avez eu l'occasion, dans votre carrière professionnelle, de faire partie du clan des « opérationnels » plutôt que de celui des «administratifs ou fonctionnels, comme on dit à présent», et même si, Dieu merci, votre métier ne vous a jamais amené, comme le héros de ce roman, à ramper dans les fougères, quelque part du côté de Lübeck, au pied d'un mirador truffé de Vopos armés jusqu'aux dents, cette citation est pour vous :
« Ils s'en fichent bien, eux, et il se souvint que rien ne comblait jamais l'abîme qui séparait l'homme qui partait de celui qui restait en arrière, les vivants des mourants. »
Great…comme la langue (voir les citations) et l'oeuvre entière de ce génial écrivain !
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Mondaye
  09 avril 2016
Un roman intéressant...
On est à mille lieues de James Bond ou Langelot.
L'histoire bien plus réaliste nous présente un monde où chaque cellule d'espionnage est en rivalité, et ou les espions travaillent plus par fatalisme que passion ou conviction. Des Anglais désillusionnés, un polonais timide et anxieux, rêvant de faire partie d'eux, tels sont les personnages qui hantent ces pages. Quelques images de femmes également, fugitives, exclues de ce monde.
L'ambiance de d'angoisse montante, de ces préparatifs de mission dans un secret illusoire, au sein d'un monde en pleine guerre froide est fort bien rendue, et si l'action est absente la tension elle ne l'est pas.
Un bon roman, surprenant par son réalisme, et bien écrit.
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Kajaku
  23 octobre 2016
Roman lourd, sombre. Je dirai même glauque.
En guise d'action, nous assistons à la mise en oeuvre d'une mission derrière le rideau de fer.
Tous ces agents sans noms, qui organisent, prévoient, prennent des risquent...
Nous percevons le manque de moyens, la peur voire la déprime avec le spectre de l'échec au bout du compte.
Et lorsque l'angoisse noue le ventre et pollue l'esprit, on ne réagit pas, plus, comme on le devrait. la machine se grippe et cale.
Evoluer en territoire ennemi, en l'occurrence la RDA, est difficile. La motivation nécessaire pour travailler dans de telles conditions requière une ténacité exceptionnelle.
Nous sommes bien loin de James Bond…
En fin de compte, un récit que j'ai trouvé intense et prenant non pas en terme de suspense mais en terme de réflexion à mener quand aux idéaux et aux valeurs de la société occidentale.
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tonpdg
  23 novembre 2013
Il s'agit d'une histoire d'espionnage d'après guerre ; le développement de l'intrigue me paraît trop long, je renonce.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   02 avril 2018
Son sac était trop lourd. Trop lourd. Comme la valise. Il en avait âprement discuté avec Jack. "Il vaut mieux ne pas prendre de risque, Fred, avait expliqué Jack. Ces petits émetteurs sont délicats comme des pucelles; ils sont parfaits dans un rayon de quatre-vingt kilomètres et muets comme des carpes à cent kilomètres. Mieux vaut avoir une marge de sécurité, Fred, comme ça, on sait où on en est."
Il avait peur. Tout d'un coup, il ne pouvait plus penser à autre chose. Peut-être qu'il était trop vieux, peut-être qu'il en avait fait assez. Peut-être que l'entrainement l'avait fatigué. Il sentait son coeur battre dans sa poitrine. Son corps ne tenait plus le coup; il n'avait plus la force.
"C'est mon coeur, leur dirait-il. J'ai eu une crise cardiaque, patron, je ne vous ai jamais dit que j'ai le coeur fatigué ? Ca m'a pris pendant que j'étais couché là dans les fougères."
Il se leva, histoire de tenter le diable.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   22 mai 2019
La rangée de villas qui borde Western Avenue est comme une rangée de tombeaux roses se détachant sur un fond gris; l'image architecturale de la cinquantaine. Leur uniformité et la discipline des gens qui vieillissent, qui meurent sans violence et qui vivent sans réussir. Ce sont des maisons qui l'ont emporté sur leurs occupants, dont elles changent à leur gré sans changer elles-mêmes. Les camions de déménagement glissent respectueusement parmi elles, comme des corbillards, enlevant discrètement les morts et amenant les vivants. De temps en temps, un locataire lève la main , prodiguant les pots de peinture sur les charpentes, ou ses efforts dans le jardin, mais tout cela ne modifie pas plus la maison que des fleurs ne changent une salle d'hôpital, et le gazon pousse à sa guise comme l'herbe sur une tombe.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   03 avril 2018
Il y eut un courant d'air puis le bruit de quelqu'un qui montait prudemment l'escalier. La silhouette d'un homme apparut sur le seuil du grenier. C'était Smiley.
"_ Qu'est-ce que vous venez faire ici ? dit enfin Leclerc. Qu'est-ce que vous me voulez ?
_ Je suis navré. On m'a envoyé.
_ C'est mon opération Smiley. Nous n'avons pas de place pour vous autres ici."
Le visage de Smiley n'exprimait rien que la compassion; sa voix, que cette terrible patience avec laquelle on s'adresse aux déments.
"Un avion militaire attend à Hambourg. Vous décollez dans deux heures; vous tous. Un camion viendra chercher le matériel. Vous ne devez rien laisser derrière vous, même pas une épingle. Telles sont mes consignes."
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   02 avril 2018
Il prit le couteau et fixa la gaine noire à la ceinture de son pantalon.
_ "Et mon pistolet ?
_ Vous n'en emportez pas, dit Avery.
_ Pas de pistolet ?
_ Ce n'est pas possible, Fred. Ils pensent que c'est trop dangereux.
_ Pour qui ?
_ Cela pourrait provoquer une situation dangereuse. Je veux dire sur le plan politique. Envoyer un homme armé en Allemagne de l'Est. Ils craignent un incident.
_ Ils craignent..."
Il dévisagea longuement Avery, ses yeux cherchant sur le visage jeune et lisse quelque chose qui n'y était pas. Il se tourna vers Haldane.
"_ C'est vrai ?"
Haldane acquiesça.
Il étendit soudain ses mains vides devant lui, en un geste terrible de pauvreté, les doigts recroquevillés et serrés les uns contre les autres comme pour recueillir la dernière goutte d'eau, ses épaules tremblant sous la veste de mauvais tissu, le visage crispé dans une expression à la fois suppliante et affolée.
"Mais John, le pistolet ! On ne peut pas envoyer un homme sans pistolet ! Je vous en prie, laissez-moi l'emporter !
_ Je regrette, Fred."
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   01 avril 2018
La partie la plus septentrionale de la frontière qui divise les deux moitiés de l'Allemagne est essentiellement une région d'une déprimante banalité. Ceux qui s'attendent à trouver des dents de dragon et des fortifications importantes seront déçus. La frontière traverse des paysages très variés : des ravins et de petites collines envahies de fougère et de bois poussant au hasard. Souvent les défenses du côté oriental sont installées si en arrière de la ligne de démarcation qu'on ne les distingue pas de l'ouest : seuls une casemate avancée, des routes défoncées, une ferme évacuée, ou de loin en loin un mirador excitent l'imagination.
C'est seulement la nuit, quand le faisceau d'un projecteur jaillit de l'obscurité pour promener son doigt hésitant sur la terre glacée qu'on songe, le coeur serré, au captif tapi comme un lièvre au creux d'un sillon et qui attend de surgir de sa cachette pour courir, terrifié, jusqu'à ce qu'il tombe.
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Videos de John Le Carré (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Le Carré
Bande annonce de la série The Little Drummer Girl, Adaptation du roman La Petite Fille au tambour de John Le Carré.
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