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Henri Robillot (Traducteur)Marcel Duhamel (Traducteur)
ISBN : 2070364143
Éditeur : Gallimard (12/07/1973)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 222 notes)
Résumé :
"- Roulez à trente à l'heure, ordonna l'homme d'une voix tendue, anxieuse. Je vous indiquerai le chemin. Quand nous serons arrivés, il faudra descendre de voiture et courir jusqu'au mur. Le projecteur sera braqué sur l'endroit où vous devez passer ; tenez-vous immobiles dans le rayon lumineux. Dès que le faisceau sera déplacé, commencez à grimper. Vous aurez quatre-vint-dix secondes. Vous monterez le premier, dit-il à Leamas, et puis ce sera au tour de la fille.">Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  01 octobre 2015
L’espion qui venait du froid est le premier roman de John Le Carré, celui par lequel il s’est fait connaître et s’est imposé comme un maître du genre.
Son héros, Leamas est un agent hors pair. Il est «résident» à Berlin. C’est avec Le Carré que l’on se familiarisera à toute la subtilité, l’ambiguité, la duplicité, l’hypocrisie qui se cache derrière ce terme de «résident».
Mais l’agent hors pair connait un passage à vide, ses agents sur place se font assassiner un par un. Le responsable de cette déconfiture (marmelade) anglaise est le responsable des services secrets de RDA.
Son dernier agent encore en vie, Karl Riemeck, se fait descendre alors qu’il tente de franchir un poste frontière en vélo :
«Et brusquement, il s’affaissa et roula par terre, et Leamas perçut distinctement le fracas métallique de la bicyclette heurtant le sol. Il pria le ciel que Karl fût bien mort.» (Page 16)
La façon dont Karl a été piégé reste obscure. Le rôle de sa compagne, en se liant avec une femme il a contrevenu aux règles élémentaires de prudence, est trouble.
Cette dernière est passée en zone libre quelques jours avant lui, et connaissait la date et l’heure à laquelle Karl devait passer. Elle a pu divulguer des informations sensibles malgré elle, dans une RDA où chaque habitant est un informateur en puissance.
Le Cirque avec à sa tête le fameux Geroges Smiley, décide de supprimer l’agent allemand qui est à l’origine de la disparition du réseau de Leamas. Ce dernier se voit confier un rôle déterminant pour construire le piège et le refermer sur «Hans Dieter Mundt, quarante-deux ans, né à Leipzig.(...)Il connaissait par coeur les circonstance de son ascension au pouvoir, jusqu’au grade de sous-directeur de l’Abteilung et chef effectif des opérations. Partout, Mundt était haï, jusque dans son propre service.» (Page 18)
A son retour de RFA, Leamas est censé végéter quelques mois dans un placard du Cirque, il est ensuite remercié sans égards et surtout sans maintien de pension. Les rumeurs sur sa responsabilité et sur ses fautes professionnelles se précisent, Il perd ses amis. Sombre dans l’alcoolisme et vit dans un taudis. Il fait tout pour s’attirer les antipathies de ses voisins et de toute personne qui l’approche.
Il devient un aigri. Un paria. Un rebelle.
Il trouve un travail dans une bibliothèque publique qui est en fait une officine du PC britannique. C’est son premier contact avec l’ennemi. Il est alors approché par des taupes du KGB.
Il commence à balancer des renseignements faisant en sorte d’installer le doute chez ses nouveaux amis quant à la loyauté de HD Mundt.
Mais Leamas doit montrer patte blanche, alors que les rencontres avec les responsables de RDA sont censés se dérouler en Hollande, ces derniers proposent à Leamas de se déplacer en RDA pour confondre le traitre.
Je suis au rancart, répondit-il en grimaçant un sourire stupide. Au rebut, comme une vieille chaussette.
J’ai un peu oublié ce que tu fabriquais à Berlin. Tu n’étais pas par hasard, un de ces Fregolis de la guerre froide ?
« Fichtre ! pensa Leamas, tu brûles un peu les étapes, mon mignon.»
(...)
Tu ne sais pas fit Ashe, (...) tu devrais voir Sam ; je suis sûr que vous vous entendriez bien. Mais au fond, Alec...je ne sais même pas où te joindre(...)
Nulle part, répondit Leamas, apathique. (Page 75)
Ce passage du roman est admirable, dans le style, A sait que B sait qu’il ment, mais veut le convaincre du contraire. B sait que A ment et veut lui faire croire qu’il l’ignore.
Jeux de dupes, jeux de cons, jeux de barbichette où le dernier qui rira recevra une balle dans la tête.
Bien entendu, on pourrait trouver euh...un endroit plus sûr, vous ne croyez pas ?
Derrière le rideau de fer ?
Pourquoi pas ? (Page 97)
Pour donner le change, Leamas accepte le voyage en RDA :
«Il se demanda ce qu’il allait faire. Control n’en avait pas soufflé mot ; il n’avait été question que des détails techniques de l’affaire.
«Ne lâchez pas le morceau d’un seul coup ; laissez-les un peu se décarcasser de leur côté, lui avit-il dit, soyez irritable, insupportable, buvez comme un trou. Ne cédez en rien question idéologie, ils ne vous croiraient pas.» (Page 147)
Là-bas, il rencontre Fiedler, l’adjoint de Mundt, convaincu lui aussi que son supérieur est un agent double.
«Fiedler adorait poser des questions. Parfois sa formation de juriste prenait le dessus, il les posait pour le seul plaisir de souligner les contradictions existant entre la preuve irréfutable et une vérité toujours perfectible. Il possédait néanmoins cette curiosité inlassable qui, chez les journalistes et hommes de loi, est une fin en soi.» (Page 171)
Leamas et Fiedler se ressemblent, à la défense d’un système, qui est le moteur de l’ambition de leurs collègues, il préfèrent le travail bien fait, la précision, la justice, la justesse, tous ce qui rebute leur hiérarchie.
Le roman prend un virage à ce moment. Les deux hommes échangent sur leur métier en oubliant pourquoi ils sont ensemble.
S’ils ne savent pas ce qu’ils veulent, comment peuvent-ils être sûrs d’avoir raison ?
Qui a jamais prétendu qu’ils l’étaient ? répliqua Leamas, excédé. (Page 172)
Leamas s’appuie sur cet allié pour parvenir enfin, pense-t-il à neutraliser Mundt. Ses accusations confirment les éléments d’un dossier à charges constitué par Fielder. Un procès est organisé dans lequel Leamas est le témoin principal. Il jubile.
C’est compter sans la duplicité des services secrets, des deux côtés du rideau de fer. Ils raisonnent selon la logique de la rentabilité optimale et non comme Fiedler ou Leamas sur la légitimité d’une action.
En RDA, on accorde soudain beaucoup d’importance au fait que Fiedler est juif.
En Grande Bretagne, Leamas, comme son dernier agent Karl, a eu une liaison avec Liz Gold, une collègue de la bibliothèque dans laquelle il a travaillée.
A l’Est comme à l’Ouest on va utiliser cette «faute» de Leamas pour considérer qu’il n’est pas un témoin fiable.
Via le PC Britannique on organise un voyage de Liz Gold à Berlin et elle est obligée de témoigner pour clairer le tribunal sur la nature de sa relation avec Leamas :
«- Voila donc, déclara-t-il en se tournant vers le Tribunal, les preuves fournies par la défense. Je regrette qu’une jeune fille dont le jugement est oblitéré par les sentiments et le discernement émoussé par l’argent ait été considérée par nos camarades anglais comme apte à occuper un poste de responsable dans notre parti.» (page 273)
La construction initiale s’écroule :
Mundt était bien un agent double, sa valeur pour Le Cirque a justifié le sacrifice de plusieurs agents britanniques.
«Et, brusquement, avec la terrible lucidité d’un homme trop longtemps abusé, Leamas comprit toute l’effroyable machination.» (Page 284)
- Le juif est confondu, on considère qu’il voulait nuire à Mundt uniquement pour prendre son poste. Leamas et Liz Gold sont saufs. Leur ex-filtration est programmée.
« Ils nous l’on fait tuer, tu comprends, ils nous ont fait tuer le Juif. Maintenant tu sais tout, et que le ciel nous aide tous les deux.» (Page 294)
Leamas sacrifie Fiedler en échange de sa vie et de celle de Liz. Elle, ne le comprends pas.
«Adieu ! dit Mundt d’un ton indifférent. Vous êtes un idiot, Leamas, ajouta-t-il. Elle ne vaut pas mieux que Fiedler. C’est de la racaille, tout ça.» (Page 292)

Le roman boucle. La scène du début où Karl est abattu au pied du mur est rejouée.
Leamas comme Karl chute au pied du mur, il s’est aussi, contrevenant à toutes les règles de prudence, encombré d’une femme durant une mission sensible...
Leamas se rend compte de sa naïveté devant Smiley et de la vanité de son choix guidé par la vengeance, il a vu Mundt comme un ennemi personnel et non comme le bras armé d’un système où il n’y a pas de place pour les sentiments chevaleresques.
Le Cirque s’est appuyé sur la vanité de Leamas pour le convaincre de monter un piège dont il serait la dupe.
L’espion qui venait du froid, fonde l'oeuvre de John Le Carré. On y décèle la marque de ce qui caractérise chacun de ses romans. L’humanité de personnages confrontés à l'autisme de systèmes tournés vers eux-mêmes, broyant tout ce qui s’oppose à leur logique froide, valorisant les hommes uniquement lorsqu’ils peuvent être mis au service de leurs objectifs inhumains.
A lire absolument.
Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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Tatooa
  22 janvier 2017
Incroyable... Je peux vous dire que j'ai abordé ce bouquin avec un préjugé plutôt négatif. En général, les livres d'espionnage m'ennuient et j'ai beaucoup de mal à les lire. L'avantage de celui-ci c'est qu'il est court, cela me pesait un peu moins, du coup.
Mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, parait-il... L'intérêt des challenges, c'est de découvrir des auteurs qu'on n'aurait jamais lus autrement.
J'avoue que je n'ai jamais été attirée par les bouquins de John le Carré. J'avais tort, je l'admets sans peine. C'est juste excellent. Hormis quelques bugs de traductions (type "transformer les pions en véritables personnes", ce serait plutôt l'inverse qu'il veut dire, à la base, hem...), c'est vraiment bon.
Punchy, efficace, il n'y a pas une ligne de trop, de très nombreux dialogues rendent le tout vivant, et l'hyper-manipulation qui est présentée dans ce livre est juste, euh, étonnante. Soufflante. Incroyable.
Dans une longue préface John le Carré explique que tout le monde a cru que c'était "vrai" (une autobio, mais que ça ne l'est pas), mais il y a de quoi, ça sonne tellement juste et réaliste...
C'est un exercice de haute voltige, brillamment exécuté, parce que malgré les très nombreux personnages, à aucun moment on ne se perd. C'est vraiment une très belle découverte, "La taupe" n'a qu'à bien se tenir ! ;)
(Challenge illimité "Enquêteurs")
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patrick75
  19 décembre 2012
John le Carre est un spécialiste des romans d'espionnage. La "guerre froide", le mur de Berlin, le bloc Est-Ouest, tout cela fait partie de son monde, où il se meut comme un poisson dans l'eau. Il n'y est pas question de la "grande histoire" mais de celle de quelques individus mêlés aux événements. Ayant fait partie du "Foreign Office" nous pouvons supposer que c'est dans ce lieu qu'il a puisé la "matière" de ces romans. le Carre est quelque part l'anti-Fleming ( créateur du fameux James Bond ). Ses héros sont mortels, ils ont des états d'âmes. "L'espion qui venait du froid " en est un exemple. Ces histoires ne sont peut-être pas toutes crédibles, mais elles ne tombent jamais dans le ridicule. C'est un bon moment de détente que de se laisser emporter dans ces ambiances ou les protagonistes ne pouvaient pas faire confiance à leur ombre.
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frandj
  10 août 2014
Je ne lis quasiment jamais des romans d'espionnage, mais j'ai fait une exception pour J. le Carré. En particulier, j'ai lu "L'espion qui venait du froid" quand j'étais jeune, peu après sa parution en France (1963). Je ne l'ai jamais oublié. le contexte, qui est celui de la guerre froide, peut paraitre vieillot. Mais les régimes totalitaires - et les espions qu'ils manipulent - continuent à exister maintenant comme autrefois.
L'intrigue imaginée par l'auteur m'a semblé diaboliquement construite. le chemin suivi par le héros Leamas, programmé par le chef des services secrets britanniques, est tortueux et dangereux. Il s'agit d'une manoeuvre subtile pour mettre en échec et (si possible) faire fusiller Mundt, le redoutable maître espion de l'Allemagne de l'Est qui donne vraiment trop de fil à retordre à "Control", le chef de Leamas. Ce dernier ira donc en RDA.... mais pas seul, contrairement au plan initial. Naturellement, rien ne se passera comme prévu. le suspense est à son comble lors du procès de Mundt en Allemagne de l'Est, en présence de Leamas. Et le dénouement est aussi vraiment saisissant.
Bien entendu, le propos principal de l'auteur est de souligner que les services occidentaux ont recours souterrainement à des manoeuvres qui n'ont rien à voir avec les idéaux humanistes qu'ils prônent publiquement; dans ce domaine, ils rendent coup pour coup à leurs ennemis (c. à. d. les "méchants" communistes), avec les mêmes méthodes. En tout cas, l'histoire, quoique compliquée, me parait plausible et bien replacée dans son contexte historique. Les personnages, notamment le héros principal, ont vraiment une certaine épaisseur. Ce thriller est à mes yeux une grande réussite, d'autant que J. le Carré ne traîne pas dans son récit, rebondissant vite d'un coup de théâtre à l'autre. Un livre à lire, même pour un lecteur qui n'est pas "fan" des romans d'espionnage.
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Ecureuil
  08 février 2011
"L'espion qui venait du froid" raconte l'histoire d'Alec Leamas, chef du renseignement de Berlin-Ouest au début des années 60, en plein coeur de la Guerre Froide, donc. Les uns après les autres, tous ses agents infiltrés en Allemagne de l'Est ont été tués par Mundt, son homologue communiste, ancien nazi converti aux vertus du socialisme...
Il est très délicat d'en raconter davantage ! C'est une histoire de désinformation, savamment orchestrée par le Carré, avec des espions cyniques et machiavéliques à souhait. Où les méchants et les gentils ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Un pur roman d'espionnage, pas forcément facile à lire, mais prenant.
A noter, l'adaptation de ce roman par Martin Ritt en 1965, avec Richard Burton, vaut réellement le détour.
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   17 décembre 2012
Alors il eut la révélation de ce que Liz lui avait donné, de ce qu'il lui faudrait à tout prix retrouver s'il lui arrivait de retourner en Angleterre: ce souci des petits détails de l'existence, cette foi dans la vie quotidienne, cette simplicité qui vous faisait déchiqueter menu un bout de pain dans un sac de papier pour aller sur la plage le jeter aux mouettes.
C'était cela qui lui manquait, à lui, cette faculté de s'attacher à des banalités. Que ce fût du pain pour les mouettes, ou l'amour, il retournerait en Angleterre le chercher.
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TatooaTatooa   21 janvier 2017
En soi, la pratique du mensonge n'a rien de particulièrement éprouvant : c'est une question d'habitude professionnelle, une ressource que la plupart des gens peuvent acquérir. Mais alors que l'aigrefin, l'acteur de théâtre ou le joueur professionnel peuvent rejoindre les rangs de leurs admirateurs après la représentation, l'agent secret, lui, ne peut pas se payer le luxe de la détente. Pour lui, l'imposture est avant tout de l'autodéfense. Il doit se protéger non seulement des dangers extérieurs, mais aussi du dedans, et contre les plus naturelles des impulsions ; bien qu'il gagne parfois des fortunes, son rôle peut lui interdire l'achat d'un rasoir. Erudit, il peut se voir astreint à ne prononcer que des banalités. Mari et père de famille dévoué, il lui faut, en toute circonstance, refréner son envie de se confier aux siens.
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ArakasiArakasi   11 octobre 2014
Nous avons une éthique, dans notre métier. Une éthique basée sur une seule présomption : que jamais nous ne serons les agresseurs. Si bien que nous faisons de temps à autre des choses désagréables, mais toujours strictement défensives, si je puis dire. Nous faisons des choses pas agréables pour que les gens puissent dormir en paix. […] Bien sûr, de temps en temps, nous commettons même des actes franchement répréhensibles. […] Je veux dire que vous ne pouvez pas vous montrer moins brutal que l’adversaire sous prétexte que votre gouvernement a adopté une politique disons… euh… tolérante, n’est-ce-pas ? Alors-là, ça ne ferait pas du tout l’affaire !
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SachenkaSachenka   24 mai 2015
La Paix, la Liberté, l'Égalité... c'étaient des faits. Bien entendu. Et l'Histoire... [...] La vérité existe en dehors des gens, c'est prouvé par l'Histoire, l'individu doit se soumettre, se laisser broyer par elle au besoin.
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SachenkaSachenka   23 mai 2015
Il lui arrivait de penser qu'Alec était dans le vrai : qu'on croyait aux choses parce qu'on avait besoin de croire. Mais l'objet même de la foi n'avait aucune valeur en soi, aucune fonction véritable.
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Videos de John Le Carré (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Le Carré
Un Traître Idéal (Our Kind of Traitor), film d'espionnage britannique réalisé par Susanna White, sorti en 2016, d'après "Un traître à notre goût" de John le Carré. Avec Ewan McGregor et Stellan Skarsgård. Bande-annonce.
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