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ISBN : 2021076121
Éditeur : Seuil (08/03/2012)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 226 notes)
Résumé :
Petit et bedonnant, George Smiley est l'un des meilleurs agents du "Cirque," le quartier général des services secrets britanniques. À la retraite depuis un an, il envisage de vendre son hôtel particulier londonien pour s'installer à la campagne. Son rêve prend fin lorsqu'il est discrètement conduit chez un membre du cabinet du Premier ministre. Il s'y retrouve en compagnie de Ricki Tarr, un agent récemment revenu de mission à Hong-Kong. Là-bas, il avait réussi à ret... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
GeorgesSmiley
  09 décembre 2018
George Smiley ne sourit plus. Control, son patron et mentor vient de mourir, on ne l'a pas choisi pour le remplacer, l'heureux élu en a profité pour «l'inviter » à prendre sa retraite et sa femme l'a quitté.
« Comme une vieille maladie, sa colère l'avait pris par surprise. Depuis sa mise à la retraite, il en niait l'existence, évitant soigneusement tout ce qui pourrait la déclencher : journaux, anciens collègues, ragots comme ceux que colportait Martindale. Après toute une existence passée à vivre sur son intelligence et sa remarquable mémoire, il s'était consacré tout entier à l'art d'oublier. »
le Cirque, comme on surnomme les services secrets britanniques, se remet de l'échec sanglant de l'opération Témoin en exploitant au mieux le filon de l'opération Sorcier qui fournit de fructueux renseignements issus de sources soviétiques très haut placées. Bref, le gazon commence à repousser, la pelouse s'étend et retrouve un aspect digne de la tradition britannique et des ses tapis de verdure si flatteurs à l'oeil. Tout le monde connaît l'ennemi implacable du gazon britannique : la taupe, la taupe creusant silencieusement, sapant sournoisement les fondations du chef d'oeuvre, étendant sans relâche ses galeries souterraines jusqu'au jour où un petit monticule apparaît en surface pour défigurer votre pelouse et réduire à néant le travail d'une armée de jardiniers. Dans les services secrets, la taupe c'est l'arme absolue. « Une taupe est un agent de profonde pénétration ainsi appelé parce qu'il s'enfonce profondément dans la texture de l'impérialisme occidental. Les taupes sont très précieuses pour le Centre en raison du grand nombre d'années qu'il faut pour les installer, souvent quinze ou vingt ans. »
Le premier monticule apparaît du côté de Hong Kong où un renseignement collecté par un modeste « chasseur de scalps » va déclencher l'alerte et convaincre le gouvernement britannique que les soupçons exprimés par Control avant sa disparition étaient peut-être fondés.
Il faut trouver un chasseur de taupe, extérieur au Service (sinon la taupe sera tout de suite sur ses gardes) et néanmoins capable de parfaitement maîtriser les us et coutumes de cette profession assez « technique ». Ca ne court pas les rues, alors on sollicite ce bon vieux George pour une dernière pige, officieuse bien sûr. « C'est la plus vieille de toutes les questions, George. Qui peut espionner les espions ? Qui peut dépister le renard sans courir avec lui ?"
Voilà, vous en savez assez pour plonger avec George Smiley à la poursuite de la Taupe. Une intrigue passionnante, une langue de qualité, des personnages aux personnalités complexes voire ambiguës et surtout le plaisir de vous sentir vous-même en mission, dans la peau de George, de Tarr, de Peter ou de Jim, vous attendent (ou vous guettent) :
« Et quand il s'était imaginé qu'on le suivait ? C'était quoi ? C'était quoi l'ombre qu'il n'avait jamais vue, seulement sentie, jusqu'au moment où il en avait des picotements dans le dos tant le regard de celui qui le surveillait était intense; il ne voyait rien, il n'entendait rien, il sentait seulement. Il était trop vieux pour ne pas tenir compte de cet avertissement. le craquement d'un escalier qui n'avait pas craqué auparavant; le grincement d'un volet quand il n'y avait pas de vent, la voiture avec un numéro différent mais la même éraflure sur l'aile droite; le visage dans le métro qu'on sait avoir vu quelque part déjà : des années durant, c'était avec ces signes qu'il avait vécu. N'importe lequel d'entre eux était une raison suffisante pour bouger, changer de ville, d'identité. Car dans cette profession, les coïncidences, ça n'existe pas. »
PS Seconde lecture à vingt-cinq ans d'intervalle et toujours le même plaisir.
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patrick75
  04 octobre 2012
Une "taupe" se trouve dans les services secret de sa très gracieuse majesté. Voilà pour le sujet. Ici, il n'est pas question de super héros du genre" james Bond". L'histoire est lente, les hommes parlent peu, ils écoutent. Il est vrai qu'il est assez difficile de suivre le récit au vu du nombre de personnages, des rappels du passé. Malgré tout, sans être un spécialiste du roman d'espionnage, l'ambiance me paraît bien rendue, et l'histoire crédible. Pour ceux qui s'intéressent à cette période que l'on a appelé " guerre-froide".
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pilou62200
  23 août 2015
Un vrai bon gros livre d'espionnage.
On y retrouve l'ingrédient essentiel : qui travaille pour qui ? Ce qui génère régulièrement une certaine perturbation dans la compréhension de l’histoire. Comme chacun essaye de manipuler l’information à son avantage, on s’en retrouve à douter de qui est qui, qui a fait quoi, qui est le bon ou le méchant ! A ce titre, les personnages sont particulièrement intéressants : Smiley, bien sûr. Jim, Bill et la femme de Smiley, qui ne fait pas partie du cirque mais qui finalement va intervenir dans l’histoire….
Le nœud de l'énigme se situe dans une taupe infiltrée dans ce réseau anglais appelé "le cirque ". Smiley, un ancien du cirque, est le personnage principal. Il sort de sa retraite pour démasquer l’espion haut placé qui est la taupe.
Ne cherchez pas beaucoup d’action dans ce livre, Smiley passe une grande partie de son temps à explorer des dossiers, et à se rappeler des souvenirs personnels pour faire des recoupements. Le peu d’action se trouvant justement au sein de ces flashbacks.
Un roman remarquable, qui a été traduit au cinéma par un non moins remarquable film.
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Nelja
  29 juillet 2014
C'est un roman d'espionnage, le premier que je lis, et cela n'a rien à voir avec un film de James Bond. le personnage principal est un homme d'un certain âge, Smiley, qui revient (non-officiellement) de sa retraite pour démasquer un espion anglais très haut placé qui est une taupe des communistes (toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait pure coincidence). Il passe environ la moitié du livre à lire des dossiers, et à se rappeler des souvenirs personnels pour faire des recoupements. Parfois, il y a un peu d'action dans les flashbacks. Et un peu à la fin aussi.
Mais voilà, c'est de l'espionnage, et donc ce qui compte est l'information. J'aime beaucoup ce genre d'histoires, où tout le monde essaie sans cesse de tromper l'autre camp, où les minuscules précautions niveau secrets deviennent très importantes, avec quelques piles de manipulation dans tous les sens. Quand on y repense après coup, ou qu'on relit des passages une fois qu'on a tout recollé, c'est très satisfaisant, mais au moment où on lit, on a parfois l'impression d'être dans l'exposition jusqu'aux trois quarts du livre.
Les passages d'émotion sont subtils, mais il y en a plus qu'on pourrait croire, des amitiés viriles où on ne réussit jamais à faire entièrement confiance, des fois où on présente la faiblesse de s'identifier à des agents de l'autre camp, beaucoup de nostalgie, les souvenirs de Smiley de sa femme qui l'a trompé... J'aime en particulier tout ce qui relève de la relation entre Jim et Bill, dont on ne comprend toutes les subtilités que très tard
Smiley est le genre de personnage effacé mais terriblement efficace que j'aime bien. Et il réussit à la fois à avoir totalement conscience d'être dans un univers moralement gris et à garder son sens moral, c'est remarquable. Cela done envie de savoir la suite, pour découvrir plus avant ce monde, et surtout pour apprendre plus de choses sur le chef des services secrets soviétiques ; ses brèves apparitions étaient alléchantes et sa relation avec Smiley aussi.
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Arakasi
  04 juillet 2012
"La Taupe" est mon premier roman d'espionnage. le film sorti en salles en début d'année m'avait assez favorablement impressionnée pour que je me lance dans la lecture de John le Carré. Verdict ? Et bien, c'est bon, c'est même très bon ! Contrairement à ce que je craignais avant de commencer ma lecture, les intrigues sont certes très cérébrales, mais n'ont rien de mécanique ou de déshumanisé. Au contraire : si les machinations ont la part belle chez le Carré, les personnages restent très humains et c'est cette humanité qui grippe la machine et fait dérailler les plans les mieux huilés.
J'avoue un gros faible pour le personnage principal : ce bon vieux Georges Smiley, petit homme rondouillard et binoclard, pétri de scrupules et de principes, et dont les seuls atouts sont un QI ahurissant et un sens de la déduction qui ne l'est pas moins. Il est attendrissant comme tout ce petit bonhomme et puis un espion humaniste, ça vaut tout de même le coup d'oeil… Avec ça un style très vivant et agréable à lire.
Oh et le plan des russes était tout de même sacrément bon : certes il a fini par foirer, mais force est de reconnaître que c'était un plan splendide et que ce n'était vraiment pas la faute de ce « cher ange » de Karla, le maître-espion soviétique – comme l'appelle Connie la subordonnée de Smiley dans un passage joliment surréaliste – si les choses ont un peu déraillé sur la fin. Décidément une excellente lecture !
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
NeljaNelja   29 juillet 2014
"[...] Je ne sais vraiment pas comment le décrire. Il a le talent, Fan. Maintenant, je suis sérieux.

Il a cette tranquillité pesante qui en impose. Il a littéralement les pieds sur terre. Un de ces petits garçons silencieux et réfléchis qui dirigent l'équipe sans que personne s'en aperçoive. Fan, vous savez comment il m'est difficile d'agir. Vous devez me rappeler tout le temps, me rappeler intellectuellement, qu'à moins de goûter aux dangers de la vie, je n'en connaîtrai jamais les mystères. Mais Jim agit d'instinct... Il est fonctionnel... Il est mon autre moitié, à nous deux nous ferions un homme admirable, sauf qu'aucun de nous n'a d'oreille. Et, Fan, vous connaissez cette sensation qui vous prend quand il faut absolument qu'on aille trouver quelqu'un de nouveau, sinon le monde va s'écrouler sur vous ?

[...]

Alors il me gratifie d'un large sourire placide et nous nous approchons du grand Khlebnikov, nous serrons un moment sa petite patte, et puis nous revenons à petits pas jusqu'à ma chambre. Où nous buvons. Et buvons. Et, Fan, il buvait tout ce qui lui tombait sous la main. Ou peut-être que c'était moi, je ne me rappelle plus. Et quand l'aube est venue, savez-vous ce que nous avons fait ? Je vais vous le dire, Fan. Nous sommes descendus gravement jusqu'aux Parcs, je me suis assis sur un banc avec un chronomètre, le grand Jim a passé son survêtement et a couru vingt tours. Vingt. J'en étais tout épuisé.

Nous pouvons venir nous trouver n'importe quand. Il ne demande rien de mieux qu'à être en ma compagnie ou en celle de mes divins et malicieux amis. Bref, il m'a nommé son Mephistopheles et je suis grandement amusé par ce compliment. Oh ! J'oubliais, il est vierge, il a environ deux mètres quarante, et il sort de la même usine qui a construit Stonehenge. Ne soyez pas inquiet."
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KichigaiKichigai   06 mai 2019
[ … ]

« Nous vivons à une époque où seuls comptent les problèmes fondamentaux…
« Les États-Unis ne sont plus capables de faire leur propre révolution…
« L’attitude politique du Royaume-Uni est sans rapport avec les affaires du monde et n’est pas viable moralement… »
[ … ]
« Dans l’Amérique capitaliste, l’oppression économique des masses est institutionnalisée à un point que même Lénine n’aurait pas pu prévoir.
« La guerre froide a commencé en 1917, mais les combats les plus âpres nous attendent, lorsque la paranoïa de l’Amérique sur son lit de mort la poussera à de plus grands excès en dehors de son territoire… »
Il parlait non seulement du déclin de l’Occident, mais de sa mort par cupidité et constipation. Il détestait profondément l’Amérique, dit-il, et Smiley pensait que c’était vrai. Haydon tenait également pour acquis que les services secrets étaient la seule véritable mesure de la santé politique d’une nation, la seule expression authentique de son subconscient.
Il en arriva enfin à son propre cas. À Oxford, dit-il, il était sincèrement à droite, et pendant la guerre, peu importait de quel côté on était, dès l’instant qu’on combattait les Allemands. Pendant quelque temps, après 45, poursuivit-il, il s’était contenté du rôle que jouait la Grande-Bretagne dans le monde, jusqu’au jour où peu à peu il avait découvert à quel point il était insignifiant. Comment et quand, c’était un mystère. Dans le gâchis historique de sa propre existence, il ne pouvait désigner aucune occasion particulière : il savait simplement que si l’Angleterre n’était plus dans le coup, le prix du poisson ne changerait pas d’un centime. Il s’était souvent demandé de quel côté il se rangerait si jamais l’épreuve venait ; après de longues réflexions, il avait fini par reconnaître que si l’un ou l’autre des monolithes devait remporter la victoire, il préférerait que ce fût celui de l’Est.
« C’est un jugement esthétique autant qu’autre chose, expliqua-t-il, en levant les yeux. En partie un jugement moral aussi, bien sûr.
— Bien sûr », dit poliment Smiley.
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patrick75patrick75   02 octobre 2012
"Jésus-Christ n'en avait que douze, vous savez, et l'un deux était un agent double".
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   06 décembre 2018
La tâche d'Ivlov était de se mettre au service d'une taupe. Une taupe est un agent de profonde pénétration ainsi appelé parce qu'il s'enfonce profondément dans la texture de l'impérialisme occidental, en l'occurrence c'était un Anglais. Les taupes sont très précieuses pour le Centre en raison du grand nombre d'années qu'il faut pour les installer, souvent quinze ou vingt ans. La plupart des taupes anglaises avaient été recrutées par Karla avant la guerre et étaient issues de la haute bourgeoisie, c'étaient même parfois des aristocrates et des nobles dégoûtés de leurs origines et qui étaient devenus secrètement des fanatiques, beaucoup plus que leurs camarades de la classe laborieuse anglaise qui sont paresseux.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   07 décembre 2018
Comme une vieille maladie, sa colère l'avait pris par surprise. Depuis sa mise à la retraite, il en niait l'existence, évitant soigneusement tout ce qui pourrait la déclencher : journaux, anciens collègues, ragots comme ceux que colportait Martindale. Après toute une existence passée à vivre sur son intelligence et sa remarquable mémoire, il s'était consacré tout entier à l'art d'oublier.
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Bande annonce de la série The Little Drummer Girl, Adaptation du roman La Petite Fille au tambour de John Le Carré.
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