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Cécile Wajsbrot (Traducteur)
EAN : 9782843043390
198 pages
Zulma (19/01/2006)
3.37/5   15 notes
Résumé :
Juillet 1944. Une heure et neuf minutes, le temps d’une attaque aérienne américaine sur une grande ville allemande. Dans les rues éventrées, les caves, les allées de cimetière, les abris antiaériens, tentent de survivre civils et militaires, Allemands, Américains, Russes... Le ciel est noir, l’horreur est partout, la folie proche. Un roman d’une force extraordinaire et d’une extrême concision. Une image vertigineuse de la guerre.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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InstinctPolaire
  21 juillet 2014
[ Livre reçu par l'intermédiaire de Lifly. Je remercie Yomu, et les éditions zUMA pour leur confiance.]
D'abord, une escadrille de reconnaissance. Douze bombardiers envoyés aux avant-postes pour éclairer de leur cargaison au magnésium les cibles stratégiques – ponts, gares - . Puis, " un flot de bombardiers, six cents mètre de large, trente kilomètre de long " , la première vague. Puis une deuxième, puis une troisième. Une heure et neuf minutes d'apocalypse...
En juillet 1944, la plupart des grandes villes allemandes sont sous les bombes américaines. Sinistre échos des années 40 sur l'Angleterre. le temps d'une de ces attaques aériennes, l'auteur qui a connu cet épisode tragique à Munich, nous évoque par touche les protagonistes qui la subissent. Aucun n'a vraiment existé,. La plupart n'ont même pas de nom, sinon un grade ou un titre. Mais tous ont, quelque part dans ces instants de 1944, probablement vécus...
Le vieil officier qui soutient son épouse qui refuse de quitter son appartement et essaye de maintenir un semblant de vie bourgeoise... L'épouse qui a choisit d'attendre que les bombes les fauchent ; Puisque l'envie de vivre l'a quitté avec son fils abandonné en mer. La jeune fille qui sauve sa vie en abandonnant à son sort une pauvre malade pour se réfugier dans une cave. Ensevelie corps-à-corps avec un pervers qui va la violer... L'homme en civil, boiteux, qui traverse cette averse de mort pour désespérément atteindre la gare où ont trouvé refuge sa femme et son enfant. Capturé par une escouade de soldats avinés, il s'humilie dans l'espoir d'une libération et nettoie leurs vomissures alcoolisées avec ses vêtements...
Ici, pas d'épopée héroïque, pas de " belles histoires " de ce conflit sanglant. Des personnages anonymes et égoïstes qui se saoulent, s'insultent, se manipulent, sacrifient leurs semblables ou se donnent la mort pour pouvoir la choisir.
Toute la pornographie de la guerre qui étreint le coeur dans une succession d'épisodes au style très cru, parfois difficile à suivre...
" Si il doit y avoir la guerre, que ce soit de mon temps, afin que mon enfant connaisse la paix " - Thomas Payne.
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Sylvere
  24 octobre 2021
En refermant ce livre, j'ai eu l'impression d'avoir été plongé dans des jours et des jours de guerre, alors je me suis souvenu que le livre se concentrait sur les une heure et neuf minutes d'un bombardement allié sur une ville allemande. Nous sommes entraînés par l'auteur en enfer, un peu plus d'une heure en enfer, une heure interminable, une heure de violence absolue, une heure de mort. Les premières lignes plongent immédiatement le lecteur dans l'atmosphère du livre, c'est irrespirable et ça le restera jusqu'à la fin.
Gert Ledig essaie dans son livre de nous faire ressentir ce qu'est la guerre, ce qu'est un bombardement, ce que c'est que de vivre un bombardement. Il y parvient, en partie bien sûr, car il n'y a pas de commune mesure entre lire 200 pages, si bien écrites soient-elles, et être sous des tapis de bombes. Mais il ne nous cache rien, il ne nous épargne rien, il nous met face à l'être humain dans tous ses états.
Nous suivons des Allemands, des Russes, des Américains, des soldats, des civils, des prisonniers, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux... Nous les suivons tous dans leur tentatives inespérées de survivre.
La forme du livre, avec de façon cyclique des personnages différents à chaque paragraphe qui s'enchaînent rapidement, et l'absence de noms pour quasiment tous ces personnages, nous entraîne dans un tourbillon et accentue encore cet effet que veut sans doute donner l'auteur, d'être pris dans quelque chose d'infermal, quelque chose d'incontrolable, quelque chose d'inextricable. Alors oui, parfois on peut se perdre dans les personnages, mais qu'importe, ce ne sont pas les individus qui sont le coeur du livre, c'est le bombardement et ses effets sur l'ensemble...
Un livre d'une force incroyable trouvé à la librairie MK2 quai de Loire.
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ASAI
  14 décembre 2020
L'anti feel good…
Donc les amateurs de feel good, passez votre chemin, Sous les bombes n'est pas pour vous et même risquerait de vous traumatiser profondément.
Oui, car Gert Ledig raconte en quelques pages, une heure et neuf minutes, un bombardement sur une ville. Sans aucune concession. Brut. Direct.
Il s'agit d'une ville allemande en 1944, et de bombardements américains (mais ils auraient pu être anglais ou canadiens).
Le roman, car il s'agit bien d'un roman, avec des personnages de fiction, et nous ne saurons jamais de quelle ville il s'agit (Dresde ? Cologne ?... on a le choix et cela importe vraiment peu, de même peu de personnages ont un prénom ou un nom), est construit en alternant les lieux (immeuble, cimetière, abri souterrain, cave), des civils et des militaires, mais également au milieu des Allemands, des Russes et un Américain, et l'auteur glisse de temps en temps, une page constituée de la notice biographique d'un de ses personnages (écrite à la première personne).
Les victimes sont partout, là-haut, quelques bombardiers sont touchés, s'enflamment, et Gert Ledig ne nous épargne rien de ces atrocités, et en bas, surtout, et là non plus l'auteur ne nous voile pas les yeux, ni les oreilles, ni l'odorat.
Cette oeuvre est magistrale à plusieurs titres :
D'abord parce que, l'auteur réussit à confondre des coupables (certains personnages sont odieux) et les victimes.
Bien souvent, lecteur, je ne savais plus où j'en étais, victime ou coupable ? Agresseur ou agressé ? Puisque les blessés, les sacrifiés, les morts sont partout.
Ensuite, car l'auteur ne met pas beaucoup de sentiment apparent. On passe ainsi du vivant au mort en quelques secondes. Parce que c'est ainsi que cela se passe. Tu es vivant. Tu te reçois une bombe ou un fragment sur la tête, et tu es mort.
Et c'est ainsi du début à la fin. Aucune échappatoire dans ce bombardement qui aura duré une heure et neuf minutes. Aucune respiration.
Ce livre est magistral car il est écrit et publié en 1955. Alors, l'Allemagne, et surtout de jeunes allemands réfléchissent sur la culpabilité. Sont-ils coupables, eux, cette génération qui est née dans la terreur (déjà installée), la terreur puis la guerre et encore la terreur de la fin de la guerre (bombardements, bombes incendiaires, bombes à phosphore, destructions des villes entières), cette génération qui a, en 1955, une vingtaine d'années ou guère plus ? Devront-ils porter cette culpabilité toute leur vie ? Une problématique très intéressante.
L'auteur écrit, témoigne, des bombes, des vies déchirées, des corps déchiquetés, du sang, des chairs pulvérisées, il témoigne pour sans doute crier aussi son horreur et son inutilité. Avec une écriture nerveuse, agacée, saccadée, sans repos.
Pour en conclure… j'ai passé un moment abominable, partageant la souffrance, la terreur ainsi imposée, une lecture sous tension. Lorsque la lecture est finie, à la fois un grand silence s'installe mais pour ma part, j'entendais encore le bruit des bombes, le cri des victimes. Et cela ne s'est pas calmé immédiatement.
Et, Sous les Bombes est tragiquement, épouvantablement, horriblement, devenu a-temporel et a-spatial.
Une lecture lourde, pénible, mais je ne la regrette pas.
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Bigmammy
  16 août 2013
Un livre terrible : il raconte 70 minutes dans la vie d'un quartier d'une ville allemande cible d'un bombardement américain en 1944.
Un déluge de feu qui s'abat sur une unité de DCA commandée par un grand blessé de l'Afrikakorps, sur quelques résidents d'un petit immeuble, terrés dans une cave qui va devenir un piège, sur un couple qui pleure ses deux fils tombés en Russie, et sur des communautés rassemblées là par le hasard de la guerre.
Et même sur un sergent texan dont l'avion a été abattu, qui se trouve devenir victime de son bombardement.
Dans l'horreur, certains réagissent mal, tel ce médecin qui tue plutôt que de soigner, mais d'autres au contraire font leur devoir avec humanité.
D'ailleurs ce drame est vécu à la seule échelle humaine, et sans recours à la facilité. Il est ainsi un témoignage utile, en même temps qu'une belle oeuvre de fiction.
L'auteur, Gert Ledig, n'a publié que trois romans, en 1955, 1956 et 1957 ; pour le reste, il a travaillé toute sa vie comme technicien en électricité ; c'est seulement à sa mort (1998) qu'il a été réédité.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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emmyne
  04 décembre 2013
Ce roman date de 1956, l'accueil fut plus que réservé. Il était peut-être trop tôt pour qu'il soit lu en Europe, Allemagne comprise. Et reconnu. Car ce livre témoigne avec une extrême violence. Et une extrême force narrative. A peine plus d'une heure de récit, Sous les bombes comme en temps réel, de 13H01 à 14H10, en 1944, dans une ville allemande. Ce livre ne fut réédité qu'en 1999.
Des pages fracassantes, fracassées. Gert Ledig n'épargne personne, ni aucun de ses personnages, civils ou militaires, allemands, russes ou américains, ni son lecteur. L'horreur décrite n'est pas seulement celle de la destruction. Sans complaisance, ni complainte, sans ménagement, il raconte en kaléidoscope le bombardement; des scènes en séquences, lieux et protagonistes récurrents – dont souvent nous ne connaissons pas les noms, la jeune fille, l'aspirant, le prêtre, le garçon… – à travers la ville anonyme. Ce n'est pas un récit de guerre puisque rien n'est dit de l'engagement, du contexte historique et politique des combats. Mais tout est dit. Sans sacrifier la dimension littéraire.
Les treize chapitres, pour ces temps en zoom et travelling, sont scandés par un texte d'introduction, comme une courte fiche autobiographique de ces personnages aperçus, croisés, dans l'effroi de cette tempête guerrière.
« Ma mort était dépourvue de sens. Elle n'a nui à personne et n'a profité à personne, mais je ne m'en plains pas.«
Une lecture éprouvante, terrifiante; un livre nécessaire.
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ASAIASAI   14 décembre 2020
Tout passa devant ses yeux, le jet de la flamme, la fumée, et puis il aperçut la gueule déchiquetée, le socle détruit. Et les cadavres : trois canonniers, six élèves. Le premier de la classe était encore vivant. Il se roulait au sol, ruisselant de sang. Les bras repliés en arrière. Et les intestins dehors. Cette fois, il était le dernier. Les bombes arrivèrent avant qu’il ne meure.
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BrunildeBrunilde   29 octobre 2013
A un mort que je n'ai pas connu de son vivant.
[dédicace de l'auteur]
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SylvereSylvere   04 novembre 2021
- Je ne suis pas général !
- Avant, quand les généraux perdaient une bataille, ils se tuaient.
- Aujourd'hui, ils écrivent des livres !
- On devrait remettre ça en vigueur !
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gege255gege255   13 août 2020
Il n'y avait plus de ciel.
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