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ISBN : 274275640X
Éditeur : Actes Sud (17/08/2005)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 122 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Actes Sud - 08/1990)


LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS :

Femme déchirée, femme déchaînée, la narra-trice de ce livre est, avec toute sa passion, un écrivain qui tente de raconter l'histoire de Blanche, une éblouissante cantatrice que la mort ronge vivante. Mais elle est d'abord la mère de Sylvestre, l'enfant autiste qu'elle veut à tout prix faire accéder à la vie et au monde des autres. Or... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  25 décembre 2014
Suite à ma lecture du témoignage du fils, trente ans après être sorti de l'autisme, j'ai décidé de voir la vie d'un autre côté et de lire le poignant témoignage de la mère.
C'est ainsi que j'ai découvert cet ouvrage, emprunté, tout comme le premier d'ailleurs, à la médiathèque dans laquelle je suis inscrite. Pourquoi cette soudaine fascination pour l'autisme ? Je n'en ai pas la moindre idée. Peut-être tout simplement parce que c'est une sorte de monde imaginaire ou alors est-ce la différence par rapport aux autres qui m'a intriguée, moi, ancienne enfant blessée qui me suis toujours sentie exclue ?
Bref, je suppose que mes centes d'intérêt ne vous intéressent guère et que ce qui vous importe, vous, lecteurs, est ce que j'ai pensé de cet ouvrage. Eh bien, je dirais que c'est tout simplement superbe; J'admire le combat de cette femme qui s'est battue aux côtés de son enfant autiste, différent des autres donc incompris, voire même souvent rejeté par la société. Un enfant blessé, meurtri par la vie qui ne vit que dans son monde, dont seule sa mère va, au fur et à mesure de son long combat, réussir à obtenir les clés.
Une femme écrivain qui plus est et mère de trois autres enfants, dont le père est absent et qui doit donc assumer seule la lourde charge que représente Jean Sylvestre à lui seul. Un enfant qui la ronge de l'intérieur, qui lui pompe toute son énergie et que pourtant, elle n'abandonnera jamais...
Le récit poignant, et véridique qui plus est, d'une maman on ne peut plus aimante. Une lecture dont on ne sort pas indemne, je vous le garantit et vous mets en garde mais que je ne peux que vous recommander !
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Nebulas
  08 novembre 2015
Un petit livre vraiment impressionnant : l'histoire d'une mère qui a décidé d'élever son plus jeune fils à la maison. Une chose normale, vous pensez, mais son fils est un enfant autistique. C'est un enfant silencieux et isolé avec un comportement étrange et toutefois destructif. On ne peut pas du tout discuter avec lui. Il est régulièrement sujet à des crises de colère.
La mère, elle aime son fils. Elle est sûre qu'elle peut aider son fils à se tirer d'affaire. Elle croit qu'il pourrait changer, qu'il pourrait devenir plus « normal » par lui aimer et surtout par lui éduquer lui-même chez elle. Alors, elle décide de lui garder à la maison au lieu de lui envoyer à une école spéciale ou à une institution.
Elle sait que cette décision aura des conséquences. Elle sait qu'il y aura des temps difficiles et embarrassants avec son fils, soit à la maison, soit dehors parmi les gens dans les magasins et en pleine rue. Elle n'ignore pas qu'il y aura des conséquences pour la vie familiale. En plus, la décision d'élever son fils lui-même aura aussi une autre grande conséquence personnelle car elle est écrivain. Ce sont des choses vraiment difficiles à combiner : l'écriture et l'éducation d'un enfant autistique.
C'est une histoire touchante. L'auteur décrit sa vie avec son fils. Il y a des événements frustrants, il y a du chagrin mais aussi de l'espoir… Chaque petite progression de l'enfant est une grande victoire pour la mère ; un mot prononcé, une réaction positive inattendue … Bien que les deux situations soient totalement différentes, le livre de Françoise Lefèvre a quelques similarités avec « Ou on va papa » de Jean-Louis Fournier. Il décrit ses expériences avec ses deux enfants sévèrement handicapés par anecdotes. Les deux livres partagent l'amour des parents pour leurs enfants, leurs espoirs et leurs frustrations.
« le Petit Prince cannibale » est un bon livre touchant sur un sujet difficile. le livre a gagné le Prix Goncourt des lycéens en 1990.

Lien : http://nebulas-nl.blogspot.n..
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artemisia02
  02 janvier 2018
Petit livre mais un beau témoignage sur la relation entre une mère écrivaine et son enfant autiste de 0 à 6 ans.
L'auteure nous livre son parcours sans rien cacher de son combat quotidien, de ses déceptions, de ses victoires, de son amour inconditionnel pour son fils.
Un combat de tous les jours, un quotidien difficile voire très difficile , parsemé de moments de doutes, d'abattements, de colère, d'incompréhension, du regard des autres. Et de temps en temps, une éclaircie : un simple geste, une simple parole, qui permet de croire et de persévérer, balayant d'un geste les moments de doutes.
En parallèle, s'agissant d'une auteure, celle-ci essaie d'écrire un livre dont elle nous livre quelques passages au fil des chapitres. Car cet enfant absorbe tout son énergie et même plus pendant plusieurs années, sa vie de femme, d'auteure, sera mise en stand by.
Un livre touchant sur l'amour et le combat d'une mère pour son enfant.
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Herve-Lionel
  27 juin 2014
N°62 – Mai 1991.
LE PETIT PRINCE CANNIBALE – Françoise Lefèvre – Éditions Actes sud.
J'ai lu ce livre comme on lit un long poème, les mots en ont la couleur, la musique, les parfums... Comme un poème, ce récit est un déchirement entre l'envie de silence et le besoin d'écrire, la pensée impalpable et fugace et les mots, hiératiques, définitifs, établis mais en deçà de l'inspiration de l'auteur et qui sont pour lui une sorte de source d'insatisfaction. L'écrivain est toujours assis inconfortablement entre la pensée et l'acte d'écriture. Les phrases fuient et quand il happe les mots pour traduire sa douleur, son doute ou sa joie, il les sent pâles, insipides. Nous le savons, écrire est un besoin plus qu'un plaisir.
Ici, l'écrivain est aussi une mère et dans la relique de la jeunesse de ses enfants , des mèches de cheveux et quelques dents, elle prend conscience du temps qui passe inexorablement. Son plus jeune fils est autiste et ce livre est le récit de l'itinéraire de quatre années pendant lesquelles elle a réussi à faire émerger de son silence cet enfant dont le moindre geste répété à l'envi devenait fascination et pour lui le moindre bruit coutumier était une découverte inquiétante.
Pour lui, elle a refusé la facilité de l'hôpital et de ses traitements pour prendre à bras le corps le silence de son fils mais aussi ses refus , ses blocages, ses phobies... Avec une exemplaire abnégation, elle a accepté d'entrer, pour mieux le comprendre, dans l'univers de cette maladie en refusant la fatalité du vide et de la solitude, de l'incompréhension, de l'indifférence des autres. Il lui fallait pénétrer les arcanes du silence, accepter les cris, les exigences de son enfant, explorer les imaginaires circuits de inconscient pour en obtenir parfois une clé... Ce n'est pas là un itinéraire simple. Il est jalonné de joies nées de petites victoires durement acquises mais aussi de périodes d'abattements profond où s'insinue le désespoir et où on entrevoit la mort comme une sorte d'obsession qui serait plus un échec qu'une libération. Qu'importe, elle restera fidèle à son but, ramener son fils à la surface de la vie.
Cette femme, cette mère est aussi écrivain et son envie d'écrire vient après un long silence, comme seuls savent en observer ceux qui respectent les mots... et leur lecteur. le texte est en elle et l'accouchement est difficile. Son héroïne, Blanche, est en quelque sorte un être hors du commun, cantatrice adulée mais épouse délaissée, femme au corps parfaits mais rongé par un cancer de la peau qui aura raison de sa vie...Cette histoire, l'auteur la porte en elle, mais écrire est un combat contre ses propres personnages, son propre livre, soi-même, avec pour seul résultat des mots. C'est vrai qu'écrire épuise (« Écrire me rend exsangue et glacée » avoue-t-elle) et chaque ouvrage entame un peu plus la substance et la vitalité de l'écrivain. Cette femme existe avec ses multiples facettes, la trivialité, la passion, l'amour de la vie, l'envie de guérir ce pauvre enfant. Dès lors, l'écrivain s'efface et l'histoire qu'elle porte en elle devient plus impossible encore à relater puisque la maladie de ce fils mange en elle plus les mots que la vie (« Ce n'est pas tant la mère que tu asphyxies, c'est l'écrivain »). Ce livre qu'elle avait choisi d'écrire, roman dans le récit, se termine certes, mais on sent derrière les mots à la fois la solitude de la page blanche , celle de la mère en face de la maladie de son fils mais aussi celle de la femme épuisée par son combat. L'image que lui renvoie le miroir creuse ses rides mais l'illumine d'un sourire qui prend ses racines dans la guérison de l'enfant. le chemin caillouteux qui était son quotidien devient soudain paisible...
Hubert Nyssen qualifie ce texte de roman, je ne partage pas cette analyse mais qu'importe, l'émotion née des mots est la seule qui vaille.


©Hervé GAUTIER – Mai 1991 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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mamansand72
  07 juin 2016
Après avoir lu le témoignage d'Hugo Horiot sur son parcours d'autiste Asperger dans L'empereur c'est moi, j'ai eu envie de découvrir le livre écrit par sa mère sur le même thème : je voulais comprendre comment elle avait « géré » l'éducation de son fils si particulier.
Tout d'abord, je dois dire que j'ai été un peu surprise par la forme du livre : le récit du parcours éducatif de Sylvestre alterne avec des chapitres d'un roman qu'elle essaie d'écrire. Les deux textes s'entremêlent et les sentiments de la mère et de l'écrivain s'opposent : la mère veut se consacrer entièrement à son enfant alors que l'écrivain regrette de ne pas avoir assez de temps à consacrer à son livre et en veut à son fils de lui voler sa créativité et de l'empêcher de s'épanouir en tant qu'auteur.
J'ai été particulièrement touchée par tout ce qui concerne sa relation avec son fils autiste, sa volonté farouche de le sortir de son enfermement et de l'intégrer dans la société. J'y ai retrouvé certaines situations similaires à ce que j'ai pu vivre moi-même…Le quotidien y est très justement décrit : les « montagnes russes » des sentiments : espoir et découragement, amour et colère, sentiment d'injustice et culpabilité…
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   20 novembre 2014
Durant quatre années mes journées seront remplies d'embûches de ce genre, de découragement, d'exaspération et de ces petits miracles qui me mettent les larmes aux yeux. Quand ils ont lieu nous demeurons longtemps, longtemps, serrés l'un contre l'autre. Tu aimes autant que moi ces instants où nous nous recueillons et prenons des forces pour continuer de lutter. Ensemble. Je n'ai jamais différé une étreinte, un baiser. Même au milieu des autres, je trouve naturel que tu puisses m'escalader comme si j'étais un arbre où tu trouves refuge. Cela peut paraître naïf à certains, mais j'ai toujours pensé que je te guérirais à force d'étreintes, de caresses, de peau contre peau (...). Et j'ai tellement appris avec toi. Grâce à toi. Tu m'as modifiée profondément. D'une certaine façon tu m'as rendue meilleure. Ou nous sombrions dans la rage et l'impuissance ou nous nous battions, parfois, l'un contre l'autre et cherchions, dans le dédale compliqué de ton cerveau, des milliers de chemins possibles (...). Pour moi, un enfant autiste, je l'ai appris en entrant dans ton univers, c'est un peu le Petit Prince de Saint-Exupéry. Un petit prince qui habite une autre planète et qui lorsqu'il se met à parler pose souvent des questions sur la mort. Peut-être pose-t-il les vraies questions. Et trouve, parfois, les vraies réponses.
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michelekastnermichelekastner   20 novembre 2014
Souvent tu me prends la main et la portes à ma bouche. C'est pour me signifier que je dois continuer à te parler. Alors, je te redis ce poème de Rimbaud, je te relis "Le Petit Prince", ce conte d'Andersen ou une fable de La Fontaine et puis, je te dis des mots à moi qui vont à la recherche de tes mots engloutis comme des épaves gisant au fond de toi. Tes mots prisonniers. Parfois dans notre dos, on doute. Fuyons l'indifférence. Les pensées qui tuent. Avançons vers notre demeure, notre château, qui, je te le jure, ne sera pas vide. Il y aura des fenêtres, des portes, du feu dans les cheminées, de la lumière, des lits pour les amis, beaucoup d'eau chaude dans la salle de bains, de la farine, du lait et des oeufs pour que tu pétrisses avec moi la pâte de gâteaux innombrables.
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michelekastnermichelekastner   20 novembre 2014
Les yeux remplis d'effroi, tu laisses tomber : - Dis, maman, quand on pousse, est-ce que les poumons peuvent éclater ? Est-ce qu'ils peuvent éclater comme des ballons ?
- Je n'ai jamais regretté aucune de mes colères, aucun de ces débordements verbaux qu'on me reproche. Je hais la fausse patience. J'ai besoin de me battre contre toi. Et puis, que deviendraient nos échanges, notre amour difficile, tumultueux, si j'étais lisse, lisse comme les murs de l'hôpital où je n'ai jamais voulu te mettre ? Mais ce matin, assis sur la cuvette des W.C. comme un Petit Prince pitoyable, comme un pantin brisé par le voyage que tu viens d'accomplir, ton regard me dit combien tu as eu peur de te désintégrer et qu'explose ton corps tandis que je te sommais de pousser
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cicou45cicou45   25 décembre 2014
"Au fond, je n'ai jamais aimé la liberté, sans doute parce que je crois qu'on soit jamais libre. Avec les enfants, je me serai donné beaucoup de contraintes. Mais j'ai l'impression d'avoir choisi. C'est peut-être cela la liberté : choisir ses contraintes."
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charlottelitcharlottelit   02 janvier 2013
Dans tes yeux, une confiance éperdue.
Je sais que cette seconde, je l'emporterai pour toujours.
La qualité de ton regard efface toutes mes peines.
J'ai beaucoup de forces encore et tu entends,
pas une secvonde je ne te lâcherai la main.
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