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ISBN : 2742727736
Éditeur : Actes Sud (05/06/2000)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Rien ne prédestinait Céline Rabouillot à devenir garde-barrière. Elle lit des livres, parle trois langues, comprend les enfants comme personne. Elle accompagne un homme âgé qui a aimé les abeilles, la bonne chère et les grands-crus de Bourgogne. Mais elle est grosse, trop grosse pour les "autres" que dérangent ses manières et ses habitudes. Dans ce récit tragique et touchant, Françoise Lefèvre, en même temps qu'elle évoque la cruauté par phrases impitoyables, s'atta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Ladybird123
  26 novembre 2018
C'est l'histoire d'une très belle femme, de celles qui ont le coeur sur la main et donnent tout ce qu'elles ont. L'histoire d'une femme qui aime les enfants, les oiseaux, la vie. C'est l'histoire de Céline.
Autour de Céline, il y a les autres. Ceux qui ne la voient pas, ceux qui lui crachent au visage, ceux qui ne la comprennent pas, qui ne voient pas ses longs cheveux lumineux volant dans le vent, ni ses yeux couleur opale. Pour les autres, elle n'existe pas. Elle est juste La grosse.
Céline se rend bien compte que son apparence dérange. Pourtant, elle ce qui l'étouffe c'est l'absence. L'absence qui la remplit tout entière. Même qu'il est partout jusque dans le regard des gens. Céline est mélancolique, elle pense à son enfant qui n'est plus, à son homme vagabond qui erre au pays des absents, alors pour ne pas s'éteindre, elle aime, Céline. Elle ne compte pas ses sous, elle donne et regarde tristement ces mères et ces autres qui se terrent dans la mesquinerie ou l'indifférence.
C'est un récit éblouissant comme je les aime, de ces récits où chaque mot a son importance, une histoire que l'on pourrait souligner du début à la fin tant la profondeur du sujet est exposé avec finesse, sensibilité, émotions. J'ai été émue. Très émue. Touchée à vif. La grosse ce n'est pas que Céline, ce sont tous ces êtres différents jugés et mal aimés.
Une auteure que je vais suivre avec grand intérêt, c'est certain.
Merci Françoise Lefèvre.
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marina53
  20 décembre 2013
Céline Rabouillot est garde-barrière. Un métier qu'elle n'a pas choisi mais qui s'est offert à elle. Elle ouvre et ferme la barrière du train qui passe à 00h37. Toutes les nuits, elle se pare d'un châle, se maquille un peu, met du rouge aux lèvres et fait son métier presque avec passion. Elle se sent utile, c'est beaucoup pour elle. Céline vit seule dans une maison qu'on lui a prêtée, s'occupe du jardin, des stères de bois, des oiseaux à qui elle donne du bon lard. Mais, surtout, elle s'occupe de son voisin, Anatolis, un vieil homme, atteint d'un cancer en phase terminale. Alors, elle essaie d'égayer ses journées, lui écrit des poèmes, soulage ses douleurs, lui fait à manger. Elle s'occupe également de deux enfants, Noémie et Sylvestre, qu'elle emmène parfois à la fête foraine. Mais, voilà, Céline porte le deuil de son enfant, percuté par une voiture, et pense à lui tout le temps. Et surtout, Céline est grosse, très grosse. Et les gens ne voient que ça. Ils ne voient pas sa beauté, sa bonté et tout l'amour qu'elle a en elle...
Françoise Lefèvre nous offre un récit à la fois tragique et plein d'espoir. Emplie d'amour et de gentillesse, Céline a un coeur gros comme ça et a tant à donner. Mais, n'étant pas comme les autres, parce qu'elle est grosse, personne ne voit en elle autre chose que ses kilos en trop. Gonflé par l'absence, le chagrin, le coeur est lourd et finalement, c'est tout son corps qui devient trop lourd. D'une écriture envoûtante et poétique, ce court roman est à la fois empli d'une tristesse profonde, d'une clarté cachée et d'une noirceur provocante. C'est à la fois un poème transcendant, un tableau de Botticelli où le regard se fige, un roman qui nous transporte, un conte parfois cruel qui montre toute l'étendue de la méchanceté et de la fragilité des hommes.
La grosse... tout en finesse...
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Symphonie
  11 décembre 2013
Rien ne prédestinait Céline Rabouillot à devenir garde barrière et jamais personne ne lui demande comment elle va. On dit juste " - Tu as vu la grosse ? "
Parceque oui, Céline est grosse, une grosse garde barrière. Un quintal. Cent kilos. Mais Céline sourit toujours et çà, ce n'est pas normal quand on est aussi grosse ! Et chaque fois qu'elle pose son châle sur ses rondeurs, les gens s'offusquent de la voir attifée de la sorte " - On ne se met pas çà sur le dos, quand on est aussi grosse ! " Toujours les mêmes propos qu'elle entend dans son dos.
De leur regard invalide, tous ignorent que Céline parle trois langues et qu'elle était hôtesse de l'air...avant. Avant que le malheur ne s'abatte sur elle.
La mort de son enfant dans un accident de la route, l'abandon d'un homme, la perte de son emploi. Et la descente, inexorable: chômage, anpe, formation, stage, entretien et pas même une réponse. Par chance, elle déniche un emploi de garde barrière, mal rémunéré en campagne, près d'Anatolis, son voisin rongé par la maladie, pour lequel elle se dévoue corps et âme.
Céline vit de peu, apprivoise l'absence de son enfant, cette absence qu'elle porte en elle, des mots d'amour qu'elle ne prononce pas, mais qui l'éclairent de l'intérieur, illuminant ses yeux, ses mains, sa peau, sa chevelure. Mais çà, les gens ne le voient pas. Ils voient juste une grosse !!!

Oh my god ! Ce petit roman de Françoise Lefèvre est une tragédie dans toute sa magnificense, le regard sur l'obésité, la différence donc. L'auteure nous décrit une Céline toujours fringante malgré les allusions et les railleries dont elle fait l'objet dans une société en quête de perfection physique de plus en plus effarante.
Sans jamais tomber dans le mélodrame, Françoise Lefèvre réussi une formidable performance de tourner en dérision les réflexions de Céline sur son propre poids, ce poids qui dérange les autres plus qu'il ne l'a dérange. Parcequ'elle a aussi la capacité de nous faire sourire, bien au-delà des larmes qu'elle porte en elle et qui lui servent de rempart.

Un énorme coup de coeur pour ce récit de toute beauté, oh! que oui ! Un nouveau livre déniché à la bibliothèque que je compte bien acheter, tant on ne se lasse pas de cette lecture sublime, poétique et terriblement humaine sur la différence, quelle qu'elle soit.
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Nastie92
  22 mai 2014
Céline est grosse : voilà, c'est dit. Mais Céline ne se réduit pas à cette apparence. Derrière cette enveloppe bien encombrante, elle cache les coups durs du passé, mais elle cache aussi d'immenses qualités, à commencer par un générosité presque sans limite. Le problème, c'est que les gens s'arrêtent à cette barrière physique, et ne la voient pas telle qu'elle est réellement. Alors elle écrit elle-même les mots d'amour qu'elle aimerait recevoir, mais dont elle sait qu'elle ne les recevra jamais : "Qui accepterait la passion de cette grosse femme dont l'esprit est si mal assorti à son apparence ?"
Les gens qui voient Céline disent : "Tu as vu la grosse ?", ils ne cherchent pas à regarder plus loin. Ils ne savent pas avec quel amour et quel dévouement elle s'occupe du vieil Anatolis, avec quelle humanité elle l'accompagne dans sa fin de vie. Céline est une belle personne, mais à part Anatolis, nul ne le voit.
Françoise Lefèvre a écrit un texte absolument magnifique, plein de délicatesse et de poésie. Elle nous fait vivre dans notre tête et presque dans notre chair les souffrance de Céline, grosse dans une société où l'apparence est primordiale. Et au-delà de l'exemple de Céline, elle nous rappelle qu'il ne faut pas juger les gens sur leur physique, et nous amène à réfléchir sur la différence. C'est un thème déjà abondamment traité, mais l'auteur l'a abordé ici d'une façon sublime.
Lisez ce court roman, soyez à votre tour touchés par la grâce de Céline.
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Tmor
  11 décembre 2016
Le titre intrigue autant qu'il rebute et pourtant, derrière cette couverture se déroule un récit simple, direct, tranquille et profond. La grosse est garde barrière dans un petit village de bourgogne. Elle est trilingue, mais son enfant est décédé, son mari est parti alors elle s'est laissé allé et puis elle a eu l'occasion de prendre ce poste avec cette maison. Depuis elle se construit une vie réglée comme une horloge, dans un village paisible mais aux langues fourchues. On rencontre la mère anorexique qui lui confie ses gamins le mercredi, son voisin s'éteignant d'un cancer, le ramoneur, Roncevaux le vagabond... On se sent loin de tout, hors du temps, on parle encore en franc. Pourtant notre monde moderne est bien en marche. Un jour elle reçoit une lettre de la SNCF. La page se tourne. Et elle ? Je ne raconte pas plus. J'imagine bien un film avec Yolande Moreau pour faire vivre cette histoire. Touchante, poignante, prenante.
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
Ladybird123Ladybird123   28 novembre 2018
Quelqu’un peut toujours vous guetter dans la nuit. Quelqu’un qui vous a aimé peut toujours revenir vous surprendre. Soudain on peut vous appeler dans la nuit noire. Alors, votre prénom ainsi prononcé éclaire le chemin obscure. Et dans la nuit d’hiver, le moindre cailloux givré scintille comme un diamant.
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Ladybird123Ladybird123   27 novembre 2018
Alors oui, même cette mélancolie peut se transformer en joie puisqu’elle est comme une gerbe de foudre et cela s’appelle l’absence. Et l’on sait que l’absence grossit dans la poitrine, fait le cœur énorme et qu’on la porte en plus de son propre poids. Elle est partout, remplit tout. On aime autrement. On aime la chose infiniment petite. On pardonne au ciel trop grand. Soudain, une conversion s’accomplit. Grâce a l’absence, l’amour est dans tout est dans rien. L’absence est dans les livres, les trains, le regard des gens.
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Ladybird123Ladybird123   26 novembre 2018
Mais le corps de Céline, c’est un chêne en marche. Un arbre déchaîné balançant sa chevelure de feu. Elle est la mère, la sœur, l’amante. La figure de proue d’un bateau qui ne peut pas sombrer. Mozart et le blues. Des bras comme des branches pour porter, supporter, emporter. Tenir, soutenir, contenir. Des bras qui ne relâchent pas leur effort. Des bras d’éternité. Des épaules de bûcheronne taillées pour endurer les batailles, les sabres, les chars, les exils, les exodes, la misère, la mauvaise fortune des pauvres gens.
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Ladybird123Ladybird123   26 novembre 2018
Maman dit tout le temps que tu es trop grosse et que tu devrais faire un régime. Mais nous, on aime marcher avec toi dans la foire. D’ailleurs tous les gens se retournent. Peut-être qu’ils te reconnaissent ?
–Ils me regardent parce que je suis grosse.
–Non, c’est à cause de tes cheveux ! Personne n’a des cheveux comme toi, aussi longs et qui volent partout et font de la lumière.
(…) De leur bouche, paraît-il, sort toujours la vérité. Elle marchait avec eux dans la foire au milieu des manèges désenchantés, son rire figé sous les étoiles absentes.
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Ladybird123Ladybird123   26 novembre 2018
Un chagrin peut se réveiller un soir d’été parce qu’on est seule à suivre un vol de corbeaux silencieux s’en revenant des champs. On est seule dans la beauté du monde.
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