AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Alain Jouffroy (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070301664
Éditeur : Gallimard (21/02/1969)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
« N'ayant jamais eu de facilité pour écrire, nous confie Leiris, "à tel point que, pendant longtemps, l'idée ne me serait pas venue que je puisse être un jour ce qu'on appelle un écrivain", il a d'abord considéré l'inspiration poétique comme "une chose tout à fait rare, un don momentané du ciel, qu'il s'agissait pour le poète d'être en état de recevoir, au prix d'une absolue pureté, et en payant de son malheur le bénéfice fortuit de cette manne". C'est donc en triom... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   10 juillet 2016
L'amoureux des crachats


Hors de l'antre à demi clos d'une bouche
j'ai vu jaillir l'oracle trouble des crachats

Venin d'azur
tu transformes mes yeux en deux crapauds cloués
sur le roc de ma face
au sommet de la montagne de mes années

Plusieurs rues s'étiraient jusqu'à l'extrémité des mares
des lacs à fond de bourbe que l'on nomme horizons
les trompettes y criaient comme crient les amarres
et secouaient leurs échos pareils à des regrets inoubliés

Ce n'était que fracas multiplié de boucliers
hennissements de chevaux enveloppés de longues
housses métalliques
crissements d'amour des lances frémissantes
Les horloges sonnaient les balances frissonnaient les
enseignes dansaient

mais les femmes qui passaient ne voyaient pas cet
homme
dont les pieds livraient une guerre sans pitié au trottoir
et qui allait
sa tête fanée emprisonnée dans ses idées
comme celle des guerriers du passé derrière la grille
de leur heaume
ou bien les cloches en haut des tours de cathédrale

Les femmes passaient et ne le voyaient pas
cet homme
vêtu d'un grand manteau taché de craie
Elles ne s'arrêtaient pas
lorsqu'elles croisaient cette silhouette dérisoire
ce lumignon funeste et pâle

Il aurait aimé être étendu tout nu sur la chaussée
foulé par les pieds des passants
ceux des femmes surtout charmants talons d'or fin
Il aurait aimé que les immeubles s'écartassent
pour laisser place à son désir d'une rupture violente

Elles ne le voyaient pas ces femmes qui passaient
elles ne le voyaient pas
parce qu'elles avaient oublié SON NOM
son nom à lui qu'un jour l'une d'elles avait nommé
l'Amoureux-des-crachats

Passez femmes passez votre chemin si tendre
On ne peut pas toujours se rappeler n'est-ce pas
le nom de celui dont le fantôme vous frôla
Ombre d'ennui Deuil de l'ombre
Vampire triste Inquiétante larve quotidienne

On ne peut pas toujours se rappeler n'est-ce pas
puisque pareille aux mousses des menhirs
la mémoire sombre dans la nuit des temps parfois
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
sabine59sabine59   20 septembre 2018

M'alléger
me dépouiller
réduire mon bagage à l'essentiel
Abandonnant ma longue traîne
de plumes
de plumage
de plumetis et de plumets
devenir oiseau avare
ivre du seul vol de ses ailes

Commenter  J’apprécie          110
brigetounbrigetoun   17 novembre 2011
Ressac des misères aimées à la merci des mers,
en germe
ressuscitent les algues
aux bouches des rameurs couchés entre les lames ;
la débauche des écueils coupe l’ancre charnelle
malgré les alluvions d'îlots sanglants et de sanglots
Commenter  J’apprécie          40
coco4649coco4649   30 décembre 2013

Poésie

Cette chose sans nom
d’entre rire et sanglot
qui bouge en nous,
qu’il faut tirer de nous
et qui,
diamant de nos années
après le sommeil de bois mort,
constellera le blanc du papier.

p218
Commenter  J’apprécie          40
coco4649coco4649   30 décembre 2013
Âge des cœurs

Le bel âge des vacances
L'âge des croisées ouvertes
des pores illuminés par le bain
L'âge des cœurs sans lest
autre que le sable mouillé
à chaque battement de marée
sculpté en château-fort

Le bel âge de sable
à chaque seconde illuminé par la marée
allégé par le bain
L'âge des cœurs ouverts
que ne grave ni ne mouille
l'eau-forte d'aucun remords

L'âge du sable répandu
à profusion
par les créneaux du château-fort

L'âge des cœurs
que la mer sculpte grain par grain

p166
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Michel Leiris (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Leiris
Correspondance: (1944-1959) Correspondance: (1944-1959) de Albert Camus et Maria Casarès aux éditions Gallimard
Le 19 mars 1944, Albert Camus et Maria Casarès se croisent chez Michel Leiris, lors de la fameuse représentation-lecture du Désir attrapé par la queue de Pablo Picasso. L'ancienne élève du Conservatoire national d'art dramatique, originaire de la Corogne (Galice) et fille d'un ancien président du Conseil de la Seconde République espagnole exilé à Paris en 1936, n'a alors que vingt-deux ans. Parlant parfaitement français, elle a débuté sa carrière d'actrice en 1942 au Théâtre des Mathurins, au moment où Albert Camus publiait L'Étranger et le Mythe de Sisyphe chez Gallimard. Albert Camus vit alors seul à Paris, la guerre l'ayant éloigné depuis deux ans de son épouse Francine, enseignante à Oran. Sensible au jeu, au tempérament et à la beauté de l'actrice, Albert Camus lui confie le rôle de Martha pour la création de sa pièce le Malentendu en juin 1944. Et durant la nuit du Débarquement en Normandie, sortant d'une soirée chez leur ami Charles Dullin, Albert Camus et Maria Casarès deviennent amants. Il ne s'agit là encore que du prélude à une grande histoire amoureuse ; car Maria décide de mettre fin à cette relation qui lui semble sans avenir, au vu de la situation conjugale de son amant. Mais quatre ans exactement après leur première déclaration, le 6 juin 1948, Albert et Maria se retrouvent, par un heureux hasard, sur un boulevard parisien ; leur histoire commune reprend alors, plus passionnée que jamais, et sans interruption jusqu'à la mort accidentelle de l'écrivain, au début de l'année 1960. Durant toutes ces années, Albert et Maria n'ont jamais cessé de s'écrire, notamment lors des longues semaines de séparation dues à leur engagement artistique et intellectuel, aux séjours au grand air ou aux obligations familiales. Sur fond de vie publique et d'activité créatrice (les livres et les conférences, pour l'écrivain ; les tournées avec la Comédie-Française et le TNP pour l'actrice), leur correspondance croisée, demeurée inédite jusqu'à ce jour, révèle quelle fut l'intensité de leur relation intime, s'éprouvant dans le manque et l'absence autant que dans le consentement mutuel, la brûlure du désir, la jouissance des jours partagés, les travaux en commun et la quête du véritable amour, de sa parfaite formulation et de son accomplissement. Nous savions que l'oeuvre d'Albert Camus était traversée par la pensée et l'expérience de l'amour, jusqu'aux dossiers préparatoires du Premier Homme. La publication de cette immense correspondance révèle la pierre angulaire de cette constante préoccupation : l'amour, l'inévitable amour. "Quand on a aimé quelqu'un, on l'aime toujours", confiait Maria Casarès bien après la mort d'Albert Camus ; "lorsqu'une fois, on n'a plus été seule, on ne l'est plus jamais".
https://www.lagriffenoire.com/99345-article_recherche-correspondance-1944-1959.html
Vous pouvez commander Chez les Yan sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
+ Lire la suite
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
806 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre