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ISBN : 2070307263
Éditeur : Gallimard (27/10/2005)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 28 notes)
Résumé :
"J'aime boire du champagne et devenir follement exaltée. J'aime partir en voiture vers Rodmell dans la chaleur d'un vendredi soir et manger du jambon, et être assise sur ma terrasse et fumer un cigare avec un hibou ou deux."

Virginia Woolf (1882-1941) fut une femme aux vies multiples : partagée entre Londres et sa retraite du Sussex, rompue aux mondanités comme à la solitude, attentive aux petits miracles quotidiens et bousculée par la folie.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Carolivra
  07 juin 2014
Dans le cadre de mon book club, j'ai lu Virginia Woolf d'Alexandra Lemasson, le thème étant biographie ou autobiographie. J'ai trouvé cette biographie un peu par hasard chez un petit libraire et comme la vie de Virginia Woolf me fascine, je n'ai pas hésité.
Virginia Woolf, je commence un peu à la connaître. J'ai déjà lu deux biographies sur elle dont l'excellente biographie de Vivianne Forrester. J'ai donc quelques points de comparaison et j'aime voir la façon dont chaque auteur aborde sa vie.
Alexandra Lemasson propose d'aborder la vie de Virginia Woolf en quatre parties. Chacune est consacrée à une période de sa vie et baptisée "Le paradis perdu; L'enfer du 22 Hyde Park Gate; Léonard le Sauveur; Paradoxes". D'emblée, ce qui saute aux yeux, c'est la volonté d'établir les faits de manière chronologique et c'est bien nature l pour une biographie. C'est d'ailleurs cette façon que j'approuve et qui me convient le mieux.
Je m'attendais donc à une narration plutôt linéaire de la part de la biographe. J'ai été partiellement déçue. Elle multiplie les analepses et les sauts dans le temps. Il suffit qu'un personnage lui fasse penser à telle ou telle anecdote pour qu'elle nous la raconte ce qui donne lieu parfois à un embrouillamini. le lecteur novice en la matière se sentirait perdu. Bref, je n'aime pas qu'on saute du coq à l'âne dans ce genre de livre. Pourquoi parler dès l'enfance de la rédaction d'Une chambre à soi? Pourquoi anticiper autant alors que Virginia n'en est qu'à ses balbutiements d'écrivain? le rapport établi est parfois très, trop lointain pour que je le saisisse.
Dans l'ensemble cependant, la linéarité de la vie de Virginia est respectée et j'ai trouvé le style de l'auteur très fluide et très romancée. On lit cette biographie un peu comme on lirait un roman et l'auteur sait ménager ses effets. Elle analyse avec finesse les meurtrissures de Virginia, ses bonheurs aussi qui feront d'elle l'écrivain qu'elle a été.
Dans son livre, l'auteur insiste énormément sur la perte maternelle à l'âge de 12 ans. Virginia va subir son premier traumatisme. On l'oblige à embrasser sa défunte mère alors que ce geste la répugne. Cette scène la hantera toute sa vie et déclenchera peut-être ses premières crises folie. En tout cas, il est certain que Virginia a perdu un pilier de sa vie lorsque sa mère est morte. Elle ne cessera d'ailleurs de rechercher cette chaleur maternelle à travers les femmes qui traverseront sa vie que soit Vita Sackville ou Violet Dickinson.
J'ai apprécié le fait que l'auteur défende haut et fort l'image de Virginia, cette image d'hystérique et de folle qui lui colle à la peau. Oui, elle souffrait de dépression et entendait parfois des voix résonner dans sa tête. Mais elle en était tout à fait consciente et luttait jour après jour contre ce mal qui la rongeait. Son entourage ne lui facilitait pas la tâche, la renvoyant, quand cela l'arrangeait, dans con rôle de folle de la famille. On a interdit à Virginia d'avoir des enfants, on l'a frustrée de ne pouvoir côtoyer à son aise la société londonienne et son mari l'a plus ou moins cloîtrée dans leur maison de campagne.
A travers cette biographie, l'auteur donne quand même une image profondément moderne de Virginia. Elle était moderne et révolutionnaire dans son écriture; elle était moderne dans sa manière de penser le monde et revendiquait une société dans laquelle la femme avait le droit de s'exprimer librement loin du joug marital ou paternel. Elle était une artiste complète, fragile et sensible au monde. C'est d'ailleurs parce qu'elle a peur de redevenir folle, de perdre tous ses moyens qu'elle se suicide un jour. Elle bourre ses poches de pierres et se jette dans la rivière l'Ouse qui borde son jardin. Elle a eu le courage de dire non à l'aliénation de son esprit, de se laisser emporter par les vagues, de cesser de lutter alors qu'elle savait parfaitement nager.
Dans cette biographie, l'auteur donne une vue d'ensemble assez complète de la vie de Virginia. Elle rend hommage à son esprit, à sa créativité et à sa liberté de femme. Virginia Woolf me semble un premier ouvrage facile d'accès pour pénétrer dans la vie de la célèbre romancière.
Lien : http://carolivre.wordpress.c..
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keisha
  27 juin 2010
Quoiqu'elle ne choisisse pas toujours une narration chronologique, Alexandra Lemasson nous peint cependant les tragédies qui ont marqué l'enfance de Virginia Woolf, les différents lieux essentiels, et détaille les relations entre Virginia et son mari Leonard Woolf,qui "se consacre à cette femme aussi douée que fragile", quitte à trop la couver, entre Virginia et sa soeur Vanessa, ainsi qu'avec ses différentes amies et au sein du groupe dit de Bloomsbury.
Même si elle est consciente des défauts de Virginia Woolf, elle la défend chaudement
"On ne compte plus les préjugés attachés à Virginia Woolf. Son snobisme. Sa frivolité. Sa méchanceté. sa fragilité.Son irresponsabilité. sa faculté à se couper du monde et de ses réalités. (...). Virginia Woolf est beaucoup plus complexe, irréductible, insaisissable. A partir de cinquante ans sa vie s'inscrit sous le signe d'un volontarisme qui permet d'appréhender l'ensemble de son parcours sous un angle fort différent. A commencer par la maladie. Pourquoi avoir retenu de cette femme ses dépressions chroniques, ses tentatives de suicide à répétition et ses accès de démence plutôt que l'extraordinaire courage dont elle a fait preuve pour venir à bout, malgré sa "maladie sinistre", d'une oeuvre aussi riche et complexe? Pourquoi avoir mis en avant sa fragilité alors que c'est précisément sa force qui est stupéfiante? Après chaque crise qui la laisse dans un état de délabrement physique et psychologique extrême, Virginia Woolf trouve encore et toujours le courage de s'atteler à nouveau à la tâche."
Pour Virginia Woolf écrire répondait à une nécessité absolue: ses romans, son journal, ses lettres, ses articles dans les journaux. Il lui arrivait de se reposer de l'écriture d'un roman en commençant une autre oeuvre. Écrire a des vertus thérapeutiques, mais l'énergie demandée peut la faire replonger dans la maladie.
Étant donné la grande part d'elle même que Virginia Woolf a mis dans ses romans, je me demande s'il ne vaut pas mieux la découvrir au travers de ses oeuvres ainsi que de son journal. Quitte à ne lire des biographies qu'après.
Par exemple La promenade au phare a été pour elle l'occasion de tirer un trait sur son enfance et ses parents
"J'ai écrit le livre très vite et quand il fut écrit, j'ai cessé d'être obsédée par ma mère. Je n'entends plus sa voix.; je ne la vois plus. (...) J'ai exprimé une émotion ressentie depuis très longtemps, en profondeur. Et en l'exprimant, je l'ai expliquée, puis je l'ai laissée en repos."
Je vais donc avec bonheur continuer à découvrir son oeuvre, sachant cependant que de belles biographies fort replètes m'attendent à la bibliothèque. Mais patience! En attendant, celle ci, brève mais détaillée, est parfaite pour aborder ses romans sans crainte.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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ameleia
  19 avril 2009

Cette petite biographie a néanmoins des qualités intrinsèques : elle donne des balises, chronologiques, elle ouvre quelques ponts entre la vie et l'oeuvre, fait tomber quelques clichés salutaires sur l'absence d'humour ou de sensualité de Virginia, surtout reste prudente sur les interprétations psychologiques, particulièrement dans la relation au père et au demi-frère, George. Son point faible est sans doute l'usage très modéré, très synthétique de la citation. Et donc de l'oeuvre elle-même. On veut du texte ! On veut du texte ! En cause, la brièveté de l'ouvrage qui offre une faible entrée dans l'oeuvre littéraire, n'approche ni l'écriture, ni vraiment l'oeuvre romanesque par un autre biais que biographique. Ce que j'attends d'une biographie littéraire c'est qu'elle éclaire l'oeuvre par l'auteur et non le contraire. Je ne lirai plus jamais de biographies de Virginia Woolf. Qu'on me le rappelle si j'oublie. la suite ici
Lien : http://ameleia.over-blog.com
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memoria
  18 août 2016
Malgré la volonté de l'auteure de mettre en avant le talent littéraire exceptionnel de Virginia Woolf, le portrait qu'elle dresse est contradictoire, manquant sans doute un peu de nuance. Et le fait de qualifier les relations amoureuses de Virginia Woolf avec des femmes d'amitiés est assez agaçant, l'auteure ne peut-elle pas concevoir qu'il s'agit bien d'histoires d'amour ? J'étais très enthousiaste à l'idée de lire une biographie de Virginia Woolf et, bien que je ne sors pas sans avoir rien appris de cette lecture, je suis déçue.
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jalleks
  02 juin 2015
Très belle biographie sur cette auteure, dont j'avais lu une oeuvre au lycée.
Alexandra Lemasson décrit bien le mal-être de Virginia Woolfe et l'influence de ce mal sur ces oeuvres.
Ce livre est très bien écrit. Les phrases y sont belles et les mots bien choisis. Cette biographie a un gros atout : elle se lit comme un roman.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 juin 2006
Lecture jeune, n°118 - Virginia Woolf, considérée comme l’auteur anglaise la plus importante du XXe siècle, connut une enfance troublée au sein de la haute société anglaise. Elle perdit sa mère puis sa soeur alors qu’elle était encore très jeune ; tandis que son père tenait la maison d’une poigne de fer, elle était régulièrement violée par son beau-frère — en échange de quelques sorties dans les milieux mondains. De santé fragile, anorexique chronique, elle fit une première tentative de suicide durant son adolescence, ce qui ne l’empêchera pas de montrer, très tôt, de grandes dispositions pour l’écriture. Mais cette activité, dans laquelle elle révèlera son génie, ne fera qu’affaiblir sa santé mentale et physique. Alexandra Lemasson parvient à nous rendre proche cette femme intelligente et instable, se nourrissant de ses contradictions. Le destin passionnant de cet auteur parviendra à intéresser même ceux qui ne connaissent pas son oeuvre… et leur donnera à coup sûr envie d’y plonger ! _ Juliette Buzelin
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
MacileMacile   18 février 2019
Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, disait Nietzsche. Ce qui ne te tue pas te fragilise, mais de cette fragilité tu tireras ta force et tes livres, pourrait écrire Virginia Woolf.
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Videos de Alexandra Lemasson (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandra Lemasson
Entretien avec Alexandra Lemasson .Entretien avec Alexandra Lemasson à propos de "La Petite Folie". Éditions Léo Scheer Plus d'information : http://www.leoscheer.com/spip.php?article1628
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