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EAN : 9782070307265
272 pages
Éditeur : Gallimard (27/10/2005)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 38 notes)
Résumé :
"J'aime boire du champagne et devenir follement exaltée. J'aime partir en voiture vers Rodmell dans la chaleur d'un vendredi soir et manger du jambon, et être assise sur ma terrasse et fumer un cigare avec un hibou ou deux."

Virginia Woolf (1882-1941) fut une femme aux vies multiples : partagée entre Londres et sa retraite du Sussex, rompue aux mondanités comme à la solitude, attentive aux petits miracles quotidiens et bousculée par la folie.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  18 janvier 2020
Il y a un problème de taille dans la collection Folio Biographies, aujourd'hui j'en suis convaincue. On passe du travail le plus sérieux (biographies de Klimt, Dickens, Ibsen) à celui le plus fantaisiste et le plus inintéressant, en passant par d'autres qui sont largement corrects. La pire bio de chez Folio que j'aie pu avoir sous la main, c'est sans conteste celle de Shakespeare par Claude Mourthé, qui a osé écrire noir sur blanc que c'était bien fait pour Robert Greene s'il était mort dans la misère, vu qu'il s'était moqué de Shakespeare. Ce qui m'avait fait refermer le livre au bout de quelques pages seulement, très énervée, avec la certitude que Claude Mourthé était un damné imbécile, et très remontée contre Gallimard qui laisse des auteurs écrire des inepties pareilles. Mais Alexandra Lemasson, sans aller jusqu'à ce niveau de bassesse (quoique...), n'est pas dans son genre très professionnelle non plus.

Lemasson ne sait visiblement pas écrire une biographie, ce qui constitue un problème de taille quand on est payé pour en écrire justement une. J'imagine aisément que, s'attaquant à Virginia Woolf, elle a souhaité se montrer originale dans la forme ; il me semble l'avoir entendu dire un truc dans le genre dans une émission de la Compagnie des auteurs. Donc, pas de biographie selon la chronologie. Admettons, mais alors si on choisit cette voie, il faut être déjà sacrément doué, et, au minimum, bâtir un socle pour le lecteur afin qu'il ne soit pas secoué dans tous les sens, c'est-à-dire un premier chapitre qui retracera à grands traits la vie et le parcours littéraire du sujet dans l'ordre chronologique, pour éventuellement aborder le reste de manière plus thématique. Désolée, la chronologie, c'est un passage obligé, et d'autant plus pour une bio de chez Folio qui est destinée à un grand public, doit se montrer concise et vise à condenser les travaux d'autres biographes et essayistes. Résultat du procédé de Lemasson : je sais quel est le premier roman de Woolf, je crois savoir vaguement quel est le dernier. Pour le reste, si je m'en tiens à cette bio, je n'ai aucune idée de l'ordre dans lequel Woolf a publié sur ses oeuvres.

Voilà ce que ça donne : on nous parle longuement de l'enfance de Virginia Woolf, de son attachement à la maison de famille en bord de mer, puis on nous parle longuement de la mort de la mère et des conséquences sur Virginia. Puis on passe en gros à un voyage en Grèce, après lequel un des frères est mort. Incidemment, alors qu'on aborde le sujet des relations de Virginia et de sa soeur Vanessa, on nous dit que ladite Vanessa a dû s'occuper de la famille après la mort de Stella (une autre soeur). Première nouvelle ! Ah bon, Stella est morte ??? Plus tard, on nous parle du moment où Virginia a commencé l'écriture de son journal, donc après son mariage... Stop ! Quoi, Virginia s'est mariée ??? Et c'est tout le temps comme ça : d'une incohérence affligeante. À l'inverse, alors qu'on s'est déjà beaucoup étendu dans le premier chapitre sur la mort de la mère, et pas mal sur les relations de Virginia avec son frère Thoby, on revient longuement dessus dès le début du second chapitre, à la suite de quoi on consent à aborder la mort du père (qui était décédé avant le voyage en Grèce, je ne sais pas si vous suivez), à peine mentionnée, voire pas du tout (vous pardonnerez ma confusion) dans le premier chapitre.

S'ajoutent à cela des potins sur Leonard Woolf, le mari, dont on va finalement parler tout de même et qui aurait plus ou moins séquestrée sa femme en phase de dépression, plutôt que de la laisser être internée en asile psychiatrique. La conclusion implicite, c'est que c'était un très mauvais choix. Vu la tronche de pas mal d'hôpitaux psychiatriques à l'époque, et étant donné que Lemasson nous a seriné pendant des pages que Virginia Woolf avait consulté moult psychiatres durant sa vie sans que ça ne lui servît jamais à rien, l'auteure de cette bio aurait peut-être dû se montrer moins péremptoire, voire carrément s'abstenir de tout jugement. Même chose en ce qui concerne la publication du Journal de Virginia Woolf ; son mari l'aurait réduit, pour la publication, de 26 volumes (qui auraient été lus par un public extrêmement vaste, c'est certain) à un seul (bon, du coup, c'est un tantinet drastique comme réduction, certes) uniquement pour de mauvaises intentions et sous de très mauvais prétextes. Ce qui m'ennuie particulièrement, c'est que concernant Leonard Woolf ou n'importe quel autre sujet, beaucoup de jugements sont assénés à l'emporte-pièce, beaucoup de choses sont dites sans qu'on ait de citation ou de fait avéré à l'appui. Ou alors on nous jette à la tête le titre d'un livre de Virginia Woolf, non paru en français, comme justification, sans plus de références.

Le pire concerne les deux demi-frères de Virginia Woolf, et là ça en devient presque malsain, tellement Alexandra Masson traite un sujet grave par-dessus la jambe. Virginia Woolf a écrit dans un de ses livres que son frère Gerald avait commis des attouchements sur elle lorsqu'elle était enfant. Mais, selon Lemasson, c'est tout à fait sujet à caution. Pourquoi ? Pourquoi Virginia Woolf aurait fantasmé, ou travesti un souvenir d'enfance ? Je veux bien, mais là il me faut des preuves à l'appui. Ben on sait pas, on n'a rien pour étayer cette affirmation, c'est juste que Lemasson le dit, donc voilà. Encore pire, il est question de sorties dans le monde avec l'autre demi-frère, George, plus âgé, alors que Virginia et Vanessa étaient de toutes jeunes adultes. Sorties qui auraient eu comme contrepartie des viols répétés. Sauf que la façon dont Alexandra Lemasson présente ça est d'une confusion extrême. D'abord elle ne parle pas de viols, elle tourne autour du pot. Pourquoi un tel accès de pudibonderie ? Je ne me l'explique pas. Mais elle ajoute que Virginia Woolf adorait ces sorties dans le monde (avec citations à l'appui, cette fois), ce qui, exposé de la sorte, laisse penser que, ma foi, se faire violer était pour elle un petit prix à payer pour aller s'amuser dans la haute société... Hum. Hum hum. Hum hum hum. Et puis, plus loin on nous parle bien de viols répétés sans plus faire de chichis, et encore plus loin, on nous dit (ce qui n'était vraiment pas le cas auparavant) que ces sorties avaient un caractère obligatoire, contraint, forcé. Et qu'elle les appréciait fort modérément (alors qu'on nous a cité des passages de livres de Virginia Woolf où elle disait adorer ces sorties, je le rappelle). Les citations précédentes se rapportent-elles donc vraiment à l'époque où elle était violée par son frère ? On peut se le demander sérieusement. L'impression que ça me fait, c'est déjà que Lemasson n'a pas du tout fouillé le sujet (j'ai cherché moi-même des infos pour comprendre ce qu'il en était, mais c'est très dur à trouver sur le Net en français), et c'est ensuite et par conséquent, qu'elle n'a pas du tout pris ledit sujet, qui concerne des événements traumatisants, au sérieux. Cela dit, qu'a-t-elle vraiment pris au sérieux dans cette biographie ? Parce que, en revanche, elle adore s'épancher sur la mort de la mère de Virginia Woolf, écrivant et répétant à l'envi qu'il s'agit là du traumatisme premier qui a fait de Woolf l'écrivain qu'elle est devenue. Bonjour le cliché, bonjour la psychanalyse à la petite semaine.

Venons-en aux purs délires d'Alexandra Lemasson, qui dit que Virginia Woolf effraie, qu'on ne voit en elle que la malade mentale et la femme qui s'est suicidée, qu'on ne la lit pas tellement elle est effrayante, et que le pauvre Edward Albee a contribué à terroriser les foules avec sa pièce Qui a peur de Virginia Woolf ? Pièce qui, je le précise, n'a strictement rien à voir avec Virginia Woolf. "Whos' Afraid of Virginia Woolf" est, soit dit en passant, un jeu de mots sur le titre d'une chanson tirée d'un film de Walt Disney, "Who's Afraid of Big Bad Wolf"... Mais selon Lemasson, qui aurait bien fait de réviser son théâtre américain, la pièce et le film auraient carrément dissuadé le public de lire Virginia Woolf... Quoi ? Quoiiiiiiiiiiiiii ? Comment peut-on affirmer de telles idioties ? Alors j'ai fait un petit test après avoir lu ça, et j'ai vérifié combien de personnes avaient lu la pièce d'Albee sur Babelio (très peu), combien de personnes avaient vu le film qui en est adapté sur SensCritique, et combien de personnes avaient lu, au hasard, Mrs Dalloway sur Babelio. Résultat : Mrs Dalloway a deux fois plus de lecteurs que le film adapté d'Albee n'a de spectateurs. Alors bon, c'est pas une démarche hyper scientifique que j'ai menée là, mais enfin, ça vaut toujours mieux que le ressenti pur d'Alexandra Masson, sorti de je ne sais où. Pour ma part, et bien que ce ne soit pas non plus une donnée scientifique, les retours que j'ai pu avoir sur Virginia Woolf, c'est surtout que c'est un grand écrivain, très innovante dans son écriture, et qu'elle a pas mal contribué à faire évoluer la littérature.

Il est d'ailleurs bizarrement très peu question de littérature dans cette biographie, qui s'en tient à des événements ou des anecdotes de la vie de Virginia Woolf sans quasiment parler de l'oeuvre, sinon pour préciser à quel moment elle s'est mise à écrire ceci ou cela. J'ai noté entre autres que le roman Mrs Dalloway, son plus grand succès, n'était quasiment pas cité. Donc beaucoup de blabla dans cette bio, beaucoup de bavardage, avec une antienne : chaque fois que Woolf écrit, elle est prise d'enthousiasme, chaque fois qu'elle a fini, elle sombre dans la dépression - logique pour une personne probablement atteinte de trouble bipolaire. Ça nous est répété mille fois. Mais un autre leitmotiv, c'est que, après qu'il soit arrivé ceci ou cela à Virginia Woolf, ça y est, elle est prête, elle est devenue écrivain ! du coup elle devient souvent, mais vraiment très souvent, écrivain... Comme l'a écrit un autre membre de Babelio, l'intérêt d'une biographie d'écrivain, c'est quand même en bonne partie d'éclairer l'oeuvre. Pas de ça ici. le contenu du livre aurait pu tenir en cinquante pages tellement c'est bourré de répétitions et de falbalas : la preuve, c'est que la même Alexandra Lemasson qui a commis cette bio, a également exposé en 2012 en moins de 45 minutes dans La Compagnie des auteurs l'essentiel de ce qu'elle a écrit ici en 250 pages.

J'en avais par conséquent déjà bien assez de cette biographie lorsqu'on m'a expliqué que Virginia Woolf jouait les langues de vipère aux frais d'une jeune femme qui fréquentait le groupe de Bloomsbury (je ne me fatiguerai pas à expliquer ce que c'est, désolée, c'est trop pour moi), mais qui n'était pas encore son amie. Ah ben si c'était pas son amie, alors, Virginia pouvait bien faire preuve de méchanceté envers elle, c'est pas bien grave, hein ? Arrivée là, c'est le drame, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je lis : "L'on a beaucoup parlé de son antisémitisme, oubliant dans doute que ses préjugés sont ceux de son époque et de son milieu." Déjà, là, je me dis que Lemasson prend les lecteurs pour des cons. Comme si on ne savait pas qu'un auteur et son oeuvre sont imbriqués dans un contexte plus général !!! Bref. Je lis la suite, dans la plus pure lignée de ce qui avait été dit sur la langue de vipère de Virgina Woolf, et à ma plus grande consternation : "Quand la jeune femme appelle son mari «Le Juif», c'est sans penser à mal." Bon, à ce moment précis, je me suis demandé pourquoi je m'infligeais la lecture de cette daube, j'ai décidé que j'avais assez souffert comme ça, et j'ai refermé le livre.
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deuxmotspassant
  26 novembre 2019
Pour avoir lu plusieurs romans de Virginia Woolf, notamment « Mrs Dalloway » et « les vagues » et avoir vu le film « The Hours », j'ai eu envie de connaitre mieux cette écrivaine du début des années dix-neuf cent. Ce qui a également suscité ma curiosité est la lecture d'un roman de Vita Sackville-West reconnue grande amie de Virginia.
Alexandra Lemasson a écrit de façon accessible et romancée la vie de Virginia Woolf qui se lit comme une histoire.
Virginia Woolf est une figure majeure de la littérature anglaise. Elle a écrit nombre de romans, les plus célèbres étant « Mrs Dalloway », « La promenade du phare », « Orlando », « les Vagues », pour ne citer qu'eux.
Découvrir les romans de l'auteur avant de connaitre sa vie, ses fragilités signifie mettre la lumière sur sa vérité, sa profondeur. L'écriture lui apportait joie, élan, fraicheur. Sitôt qu'un roman fut achevé, la tendance à la mélancolie reprenait le dessus.
Cataloguée de personne dépressive, atteinte de troubles psychiatriques tels que des hallucinations vocales, Virginia n'en reste pas moins une icône.
Son écriture est empreinte d'une belle modernité et place la femme dans une position forte pour son époque.
Mariée à Léonard Woolf, elle affiche malgré cela des amitiés amoureuses avec plusieurs femmes plus âgées qu'elle. Elle trouve auprès de chacune d'elles inspiration, stimulation et aussi un réconfort maternel qui lui manque car elle a perdu sa mère très jeune.
J'ai apprécié cette biographie bâtie sur plusieurs socles, celui de la chronologie mais aussi du paradoxe qui caractérise cette femme dont la motivation à la vie est en permanente oscillation.
Ce qui m'a plu également est le fait d'avoir placé l'écriture de chaque roman dans son contexte de haut ou de bas quant à sa santé mentale ou quant à ses variations amoureuses.
Une lecture enrichissante qui me donne envie de poursuivre l'oeuvre de Virginia Woolf.
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Carolivra
  07 juin 2014
Dans le cadre de mon book club, j'ai lu Virginia Woolf d'Alexandra Lemasson, le thème étant biographie ou autobiographie. J'ai trouvé cette biographie un peu par hasard chez un petit libraire et comme la vie de Virginia Woolf me fascine, je n'ai pas hésité.
Virginia Woolf, je commence un peu à la connaître. J'ai déjà lu deux biographies sur elle dont l'excellente biographie de Vivianne Forrester. J'ai donc quelques points de comparaison et j'aime voir la façon dont chaque auteur aborde sa vie.
Alexandra Lemasson propose d'aborder la vie de Virginia Woolf en quatre parties. Chacune est consacrée à une période de sa vie et baptisée "Le paradis perdu; L'enfer du 22 Hyde Park Gate; Léonard le Sauveur; Paradoxes". D'emblée, ce qui saute aux yeux, c'est la volonté d'établir les faits de manière chronologique et c'est bien nature l pour une biographie. C'est d'ailleurs cette façon que j'approuve et qui me convient le mieux.
Je m'attendais donc à une narration plutôt linéaire de la part de la biographe. J'ai été partiellement déçue. Elle multiplie les analepses et les sauts dans le temps. Il suffit qu'un personnage lui fasse penser à telle ou telle anecdote pour qu'elle nous la raconte ce qui donne lieu parfois à un embrouillamini. le lecteur novice en la matière se sentirait perdu. Bref, je n'aime pas qu'on saute du coq à l'âne dans ce genre de livre. Pourquoi parler dès l'enfance de la rédaction d'Une chambre à soi? Pourquoi anticiper autant alors que Virginia n'en est qu'à ses balbutiements d'écrivain? le rapport établi est parfois très, trop lointain pour que je le saisisse.
Dans l'ensemble cependant, la linéarité de la vie de Virginia est respectée et j'ai trouvé le style de l'auteur très fluide et très romancée. On lit cette biographie un peu comme on lirait un roman et l'auteur sait ménager ses effets. Elle analyse avec finesse les meurtrissures de Virginia, ses bonheurs aussi qui feront d'elle l'écrivain qu'elle a été.
Dans son livre, l'auteur insiste énormément sur la perte maternelle à l'âge de 12 ans. Virginia va subir son premier traumatisme. On l'oblige à embrasser sa défunte mère alors que ce geste la répugne. Cette scène la hantera toute sa vie et déclenchera peut-être ses premières crises folie. En tout cas, il est certain que Virginia a perdu un pilier de sa vie lorsque sa mère est morte. Elle ne cessera d'ailleurs de rechercher cette chaleur maternelle à travers les femmes qui traverseront sa vie que soit Vita Sackville ou Violet Dickinson.
J'ai apprécié le fait que l'auteur défende haut et fort l'image de Virginia, cette image d'hystérique et de folle qui lui colle à la peau. Oui, elle souffrait de dépression et entendait parfois des voix résonner dans sa tête. Mais elle en était tout à fait consciente et luttait jour après jour contre ce mal qui la rongeait. Son entourage ne lui facilitait pas la tâche, la renvoyant, quand cela l'arrangeait, dans con rôle de folle de la famille. On a interdit à Virginia d'avoir des enfants, on l'a frustrée de ne pouvoir côtoyer à son aise la société londonienne et son mari l'a plus ou moins cloîtrée dans leur maison de campagne.
A travers cette biographie, l'auteur donne quand même une image profondément moderne de Virginia. Elle était moderne et révolutionnaire dans son écriture; elle était moderne dans sa manière de penser le monde et revendiquait une société dans laquelle la femme avait le droit de s'exprimer librement loin du joug marital ou paternel. Elle était une artiste complète, fragile et sensible au monde. C'est d'ailleurs parce qu'elle a peur de redevenir folle, de perdre tous ses moyens qu'elle se suicide un jour. Elle bourre ses poches de pierres et se jette dans la rivière l'Ouse qui borde son jardin. Elle a eu le courage de dire non à l'aliénation de son esprit, de se laisser emporter par les vagues, de cesser de lutter alors qu'elle savait parfaitement nager.
Dans cette biographie, l'auteur donne une vue d'ensemble assez complète de la vie de Virginia. Elle rend hommage à son esprit, à sa créativité et à sa liberté de femme. Virginia Woolf me semble un premier ouvrage facile d'accès pour pénétrer dans la vie de la célèbre romancière.
Lien : http://carolivre.wordpress.c..
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keisha
  27 juin 2010
Quoiqu'elle ne choisisse pas toujours une narration chronologique, Alexandra Lemasson nous peint cependant les tragédies qui ont marqué l'enfance de Virginia Woolf, les différents lieux essentiels, et détaille les relations entre Virginia et son mari Leonard Woolf,qui "se consacre à cette femme aussi douée que fragile", quitte à trop la couver, entre Virginia et sa soeur Vanessa, ainsi qu'avec ses différentes amies et au sein du groupe dit de Bloomsbury.
Même si elle est consciente des défauts de Virginia Woolf, elle la défend chaudement
"On ne compte plus les préjugés attachés à Virginia Woolf. Son snobisme. Sa frivolité. Sa méchanceté. sa fragilité.Son irresponsabilité. sa faculté à se couper du monde et de ses réalités. (...). Virginia Woolf est beaucoup plus complexe, irréductible, insaisissable. A partir de cinquante ans sa vie s'inscrit sous le signe d'un volontarisme qui permet d'appréhender l'ensemble de son parcours sous un angle fort différent. A commencer par la maladie. Pourquoi avoir retenu de cette femme ses dépressions chroniques, ses tentatives de suicide à répétition et ses accès de démence plutôt que l'extraordinaire courage dont elle a fait preuve pour venir à bout, malgré sa "maladie sinistre", d'une oeuvre aussi riche et complexe? Pourquoi avoir mis en avant sa fragilité alors que c'est précisément sa force qui est stupéfiante? Après chaque crise qui la laisse dans un état de délabrement physique et psychologique extrême, Virginia Woolf trouve encore et toujours le courage de s'atteler à nouveau à la tâche."
Pour Virginia Woolf écrire répondait à une nécessité absolue: ses romans, son journal, ses lettres, ses articles dans les journaux. Il lui arrivait de se reposer de l'écriture d'un roman en commençant une autre oeuvre. Écrire a des vertus thérapeutiques, mais l'énergie demandée peut la faire replonger dans la maladie.
Étant donné la grande part d'elle même que Virginia Woolf a mis dans ses romans, je me demande s'il ne vaut pas mieux la découvrir au travers de ses oeuvres ainsi que de son journal. Quitte à ne lire des biographies qu'après.
Par exemple La promenade au phare a été pour elle l'occasion de tirer un trait sur son enfance et ses parents
"J'ai écrit le livre très vite et quand il fut écrit, j'ai cessé d'être obsédée par ma mère. Je n'entends plus sa voix.; je ne la vois plus. (...) J'ai exprimé une émotion ressentie depuis très longtemps, en profondeur. Et en l'exprimant, je l'ai expliquée, puis je l'ai laissée en repos."
Je vais donc avec bonheur continuer à découvrir son oeuvre, sachant cependant que de belles biographies fort replètes m'attendent à la bibliothèque. Mais patience! En attendant, celle ci, brève mais détaillée, est parfaite pour aborder ses romans sans crainte.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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marguerite18
  22 avril 2019
Cette biographie se lit très agréablement et donne envie de découvrir ou approfondir l'oeuvre de Virginia Woolf.
L'auteur nous offre un portrait nuancé de ce grand écrivain anglais, assoiffée de vivre et luttant avec un courage exemplaire et une ténacité sans faille contre les assauts de la maladie mentale que les médecins de l'époque, bien impuissants, préconisaient de soigner par du repos et du lait chaud.
Alexandra Lemasson nous parle de la prime enfance de Virginia Woolf, si heureuse durant les longs étés vécus à Saint-Ives, dans une grande bâtisse carrée offrant une vue à couper le souffle sur la baie, du premier traumatisme constitué par le décès de sa mère tant aimée alors qu'elle n'est qu'adolescente, du despotisme exercé par un père que le chagrin a rendu encore plus dur et taciturne. Viendront d'autres deuils éprouvants : ceux de sa demi-soeur Stella, qui meurt quelques mois après s'être mariée, et de son frère très aimé Thoby, peu après un voyage de la fratrie en Grèce. Une fois leur père décédé, Virginia et sa soeur Vanessa, qui rêve de devenir peintre, échapperont à la domination masculine et aux attouchements de leurs demi-frères George et Gerald. Elles quitteront le quartier bourgeois de Kensington pour Gordon Square et rencontreront de jeunes intellectuels aux conversations stimulantes, le fameux groupe de Bloomsbury. le 10 août 1912, Virginia épouse Leonard Woolf, fonctionnaire qui fut en poste à Ceylan et vivra une trentaine d'années à ses côtés.
Cette biographie évoque la relation forte et ambiguë liant les soeurs Virginia et Vanessa, qui se soutiennent et sont pourtant souvent en rivalité, le rôle clé joué par Leonard, qui s'institua infirmier de son épouse, peut-être pour dissimuler sa propre fragilité psychique, la solidité et la complémentarité de leur couple, pourtant marque par le fiasco sexuel, les liaisons saphiques de Virginia. Elle met constamment en rapport la vie et l'oeuvre de Virginia Woolf. Son approche se révèle parfois subjective, mais elle n'est jamais lourde ni didactique. Elle ne dit pas tout, mais cette approche donne envie d'en savoir davantage tant sur le personnage de Virginia Woolf que sur sa production artistique aux formes si diverses.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 juin 2006
Lecture jeune, n°118 - Virginia Woolf, considérée comme l’auteur anglaise la plus importante du XXe siècle, connut une enfance troublée au sein de la haute société anglaise. Elle perdit sa mère puis sa soeur alors qu’elle était encore très jeune ; tandis que son père tenait la maison d’une poigne de fer, elle était régulièrement violée par son beau-frère — en échange de quelques sorties dans les milieux mondains. De santé fragile, anorexique chronique, elle fit une première tentative de suicide durant son adolescence, ce qui ne l’empêchera pas de montrer, très tôt, de grandes dispositions pour l’écriture. Mais cette activité, dans laquelle elle révèlera son génie, ne fera qu’affaiblir sa santé mentale et physique. Alexandra Lemasson parvient à nous rendre proche cette femme intelligente et instable, se nourrissant de ses contradictions. Le destin passionnant de cet auteur parviendra à intéresser même ceux qui ne connaissent pas son oeuvre… et leur donnera à coup sûr envie d’y plonger ! _ Juliette Buzelin
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
MacileMacile   18 février 2019
Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, disait Nietzsche. Ce qui ne te tue pas te fragilise, mais de cette fragilité tu tireras ta force et tes livres, pourrait écrire Virginia Woolf.
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