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Élise Argaud (Éditeur scientifique)
ISBN : 2743616377
Éditeur : Payot et Rivages (07/02/2007)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 25 notes)
Résumé :

Lorsque nous y réfléchissons, comme les circonstances nous y forcent bien souvent, il nous semble soudain pour le moins étonnant que la maladie ne figure pas à côté de l'amour, de la latte et de la jalousie, parmi les thèmes majeurs de la littérature. Virginia Woolf. Dans ce court texte écrit en 1926 pour la revue de T. S. Eliot, Virginia Woolf s'interroge sur cette expérience particulière dont person... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  03 septembre 2016
Je suis un peu sur les fesses de découvrir ce texte après tout le bien que j'en ai lu et entendu. Si le sujet me paraissait d'emblée à la fois orignal, universel, intéressant, il me semble que les différentes critiques et analyses qu'on en a tirées en donnent une idée assez fausse. J'en ressors très déçue et il me semble qu'il s'agit là d'un cas de surestimation flagrante d'un texte auquel on ne saurait trouver aucun défaut parce que son auteure serait en quelque sorte intouchable.
Et pourtant... Et pourtant ce thème de la maladie - pas celui de la maladie grave, du type cancer, mais de la maladie habituellement bénigne, du type grippe, qui touche tout le monde -, est effectivement presque absent de la littérature. de mémoire, à part Proust et Banana Yoshimoto, ainsi que, peut-être, des livres pour enfants que j'ai lu il y a fort longtemps et dont je ne garde que des souvenirs très flous, j'ai peu lu d'auteurs qui s'y consacraient. Il me semble que Viriginia Woolf a donc mis le doigt sur quelque chose d'essentiel et que chacun est en mesure de partager : ce bouleversement de la pensée qui s'effectue lorsqu'on est malade, amoindri, alité. Cette particularité que possède la maladie de bousculer notre vision du monde, de notre entourage, d'à peu près tout, en fait. "Il devrait exister, nous disons-nous, des romans consacrés à la grippe et des épopées à la typhoïde, des odes à la pneumonie et des poèmes lyriques à la rage de dents.", nous dit l'auteure.
Or, si Virginia Woolf s'intéresse, au sortir d'une grippe (me suis-je laissé dire) à ce qu'on peut bien appeler un manquement de la littérature, elle ne va pas beaucoup plus loin. Peu importe que son texte soit court. Il insiste sur cette étrange omission pour ensuite ne s'intéresser qu'à quelques particularités de la maladie, à savoir sa capacité à nous faire voir le ciel, les fleurs, bref, la nature, différemment, à nous faire sentir que le monde mène sa petite vie sans nous, et qu'il continuera sans nous - la maladie serait l'occasion de provoquer un état méditatif. Sauf que, pour être confronté à cette vision nouvelle de la nature (et à condition qu'on n'y ait vraiment jamais réfléchi auparavant, ce qui suppose d'être franchement très autocentré), il faut pouvoir contempler depuis son lit de douleur ledit ciel et lesdites fleurs. En gros, il faut disposer d'une chambre d'où l'on puisse contempler tout ça, ce qui n'est le cas de pratiquement personne - aujourd'hui comme hier, tout le monde ne vit pas dans l'aisance financière de Virginia Woolf. En revanche, tout le monde tombe malade. Suis-je trop prosaïque ? C'est que, d'une part, la maladie l'est, et, d'autre part, quelle déception de constater que, pour aborder un sujet qui nous concerne tous, l'auteure utilise un argument on ne peut moins universel. Parler de la fièvre, des bouleversements qu'elle provoque dans la pensée, s'attarder sur la faiblesse qu'engendre le moindre état grippal et nous fait éprouver la moindre tâche habituelle comme un effort monumental, voilà qui donnait, me semble-t-il, davantage à réfléchir.
D'efforts, il est pourtant bien question, lorsque Woolf aborde la question de la lecture, qui peut devenir épuisante - ou tout aussi bien se révéler à nous, par le truchement de l'état amoindri que provoque la maladie. Mais ne voilà-t-il pas qu'elle se met proprement à délirer pendant plusieurs pages sur je ne sais quel roman anglais, durant lesquelles elle nous en livre le résumé pour une raison qui m'échappe complètement. Si la première partie du texte fut écrite au sortir d'une maladie, celle-ci semble bien avoir été écrite sous l'emprise de la fièvre...
On en retirera tout de même que Virginia Woolf fut un des rares auteurs à s'être intéressé clairement à la question de la maladie, de ses sensations et des bouleversements de la pensée qu'elle ordonne. Elle donne à réfléchir à la question, ce qui n'est déjà pas si mal. On s'arrêtera également sur la forme particulière de ce texte, qui relève de l'essai, de l'autobiographie, et même, peut-être, d'un nouveau genre. Et ce, bien avant Barthes et "La chambre claire".
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Shan_Ze
  07 mars 2018
Je suis tombée sur ce petit livre d'à peine 60 pages dans une boîte à livres... Je n'ai pas lu les romans de Virginia Woolf (juste Elles, un essai sur les auteurs féminins) et je me suis dit pourquoi pas ?
De la maladie est un essai qui parle de cet état étrange où on se trouve quand on attrape une maladie, une grippe par exemple. Il permettrait de mieux appréhender, de comprendre certaines choses (certains ouvrages de littérature par exemple) Ou au contraire, de passer comprendre à côté. La maladie grave qui cloue au lit sans possibilité de réfléchir aux choses de la vie, n'est pas réellement abordée. Heureusement que l'essai est court, je ne suis parvenue à accrocher à ce cheminement de pensées qui ne m'a finalement pas intéressée...
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Montana
  24 février 2018
Dès les premiers mots de cet texte très court, on reconnait le style inimitable et incomparable de Virginia Woolf.
Elle mène ici une réflexion sur la maladie, sur ses effets et les changements que celle-ci provoque en nous ; et comme elle a coutume de le faire, elle va faire appel à tous nos sens (odeurs, sons, couleurs) pour restituer les impressions que la maladie provoque en nous :
Le malade ne pouvant plus agir "normalement", car privé d'une partie de ses moyens, va devoir -pour ne pas s'exclure totalement du monde - saisir l'essentiel de ce qui l'entoure.
Son idée centrale est que la fragilité du corps va impliquer pour le malade, qui n'est plus dans l'action, une nouvelle appréhension du monde. Il va ainsi développer d'autres formes de richesses telles que la contemplation, une sensibilité accrue à tout ce qui l'entoure, et même à la poésie.
Un point de vue intéressant, comme toujours avec Virginia!
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EtrangesHistoires
  25 juin 2014
Ce petit livre n'est pas un roman, pas un essai, pas un témoignage, non rien de tout celà. C'est simplement une petite conversation avec Virginia Woolf, qui traverse le temps pour venir nous dire ce qu'elle pense de l'état psychologique dans lequel se trouve toute personne frappée brutalement par la maladie. du jour au lendemain, elle ne fait plus parti du monde, elle est comme en retrait, non pas parce qu'on l'a isolé mais tout simplement parce que le monde continue a tourner et que ralenti par la maladie, le malade ne peut plus suivre le mouvement...
(Paru en 1930 sous le titre : -On Being Ill-)
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Errant
  29 mai 2019
Ce court essai a été ma première lecture de cette auteure: quelle plume! Sur un sujet somme toute plutôt austère, on sent la détermination que procure les idées claires, l'amour des mots, les tournures de phrases ciselées, l'originalité des images. Sur le fond, plaider pour élever la maladie au rang des grands déterminants de l'existence humaine est à la fois surprenant et audacieux d'une certaine façon. Qu'elle m'ait convaincu ou pas reste vraiment secondaire tellement son écriture m'a frappée. Un seul bémol à cette lecture; le très long prologue de Élise Argaud qui donne son interprétation en long et en large du texte qu'on s'apprête à lire... Peut-on laisser les lecteurs faire leurs propres découvertes plutôt que de les tenir par la main.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Shan_ZeShan_Ze   10 février 2018
Il y a, avoue-le (car la maladie est le confessionnal suprême) une franchise toute enfantine dans la maladie : des choses sont dites, des vérités échappent étourdiment que la prudente respectabilité de la santé dissimule.
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MusardiseMusardise   03 septembre 2016
Il devrait exister, nous disons-nous, des romans consacrés à la grippe et des épopées à la typhoïde, des odes à la pneumonie et des poèmes lyriques à la rage de dents. Or il n'en est rien.
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rkhettaouirkhettaoui   14 avril 2013
La littérature s’évertue à répéter qu’elle a pour objet l’esprit, prétendant que le corps est une paroi de verre transparente à travers laquelle l’âme peut percevoir distinctement et que, mis à part une ou deux passions comme le
désir et la cupidité, le corps est néant, quantité négligeable et inexistante. Mais, précisément, c’est l’inverse qui est vrai. Jour et nuit, le corps se manifeste, s’émousse ou s’affûte, se rembrunit ou pâlit, se change en cire dans la chaleur du mois de juin avant de redevenir suif dans les ténèbres de février.
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rkhettaouirkhettaoui   15 avril 2013
Cependant, en temps normal, nous devons avec affabilité entretenir cette comédie et redoubler d’efforts pour communiquer, civiliser, partager, cultiver le désert, éduquer les indigènes, travailler ensemble le jour et, la nuit, prendre du bon temps. Mais la maladie met fin à cette mascarade. Elle oblige aussitôt à s’aliter ou, enfoncé dans de moelleux oreillers sur un fauteuil, à décoller les pieds du sol, ne serait-ce que de trois centimètres, pour les poser sur un autre siège, et alors nous cessons d’appartenir à l’armée des gens d’aplomb : nous devenons des déserteurs.
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rkhettaouirkhettaoui   15 avril 2013
Lorsqu’elle tombe amoureuse, n’importe quelle écolière peut faire appel à Shakespeare ou à Keats pour s’exprimer ; mais qu’une personne souffrante tente de décrire un mal de tête à son médecin et le langage aussitôt lui fait défaut. N’ayant rien à sa disposition, la voilà obligée d’inventer elle-même des mots et, sa douleur dans une main et un morceau de son pur dans l’autre elle espère faire naître de leur entrechoquement un vocable entièrement neuf.
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Videos de Virginia Woolf (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'"Autoportrait de Paris avec chat", Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ». Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. de Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.
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Dans la catégorie : EssaisVoir plus
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