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EAN : 9782362661693
160 pages
Talents Hauts Editions (15/09/2016)
3.54/5   25 notes
Résumé :
1975 : Odélise a dix ans lorsque, peu avant la saison des mangues, elle est arrachée à sa famille et à son île de La Réunion avec une centaine d’autres enfants. Elle est envoyée en métropole dans une famille d’accueil de la Creuse.
Pour lutter contre le chagrin, l’isolement, mais aussi le froid et le déracinement, Odélise s’invente un double, Zeïla, qui ne la quittera plus.
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Jamais elle ne reverra les mangues mûrir, Odélise. Quant elle a quitté La Réunion, les fruits étaient encore verts. Ils le resteront à jamais dans sa mémoire comme une image, figée et glacée. Elle n'avait que dix ans en 1975, lorsqu'on est venu la chercher chez elle, l'emporter loin, la séparer de sa famille, la déraciner de sa terre, la déporter de son île.
Ils sont arrivés à trois, les émissaires. Deux femmes un homme. Vêtus d'habits sombres, et le visage fermé, ils ont déroulé leur discours bien rodé devant ses parents, des cultivateurs et éleveurs aux maigres ressources, avec sept enfants à nourrir... Ils ont sorti leurs papiers et ont tendu un stylo au père et à la mère d'Odélise... Ne sachant pas écrire, ils auront recours au tampon encreur... L'homme et la femme marqueront de leur empreinte l'abandon de leur fille. Évidemment, ils ne s'imaginent pas qu'ils ne la reverront plus.
Voilà. En quelques minutes, le destin d'Odélise avait été scellé. Comme mille autres enfants de l'île, elle allait être envoyée en métropole pour repeupler des départements désertés. En effet, l'État français avait trouvé la solution à l'exode rural. Sous l'autorité de Michel Debré, des enfants réunionnais migrèrent de 1963 à 1982 en France, déclarés pupilles de l'État. Les parents laissaient partir leur progéniture, en échange d'une vie meilleure...
Ainsi, Odélise, rebaptisée Odile par sa famille d'accueil – prénom moins exotique - vivra désormais dans un village de la Creuse, Saint-Valentin-la-Chavane. Elle y grandira sans amour, sans écoute et sans attention, dans le froid et l'hostilité, se heurtant au racisme, à la bêtise et à la méchanceté des habitants.
Pour rompre sa solitude, survivre au manque des siens, ouvrir son coeur, se souvenir de la chaleur de son île, elle s'inventera un double qu'elle nommera Zeïla. Cependant, l'imagination ne suffit pas toujours à rendre la vie acceptable.
On sort de ce roman la tristesse et la colère en bandoulière, tellement on s'est attaché à son héroïne. On réalise le poids – l'utilité - de la littérature, quand elle lève le voile sur de telles ignominies. Si Odélise n'est qu'un personnage de fiction, des enfants réunionnais ont réellement vécu cette déportation brisant leur existence à jamais. Une honte. Un scandale. Une période de l'Histoire de la France, souvent méconnue, qu'il est essentiel de transmettre au plus grand nombre.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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L'histoire fait référence à l'affaire des Enfants de la Creuse. Odélise, jeune narratrice de dix ans au début du récit est arrachée à sa famille à la Réunion pour devenir une Pupille de l'Etat et venir vivre dans une famille d'accueil en Creuse afin de repeupler le département suite à l'exode rural. Cette famille se montre plutôt bienveillante au début mais se révèle, au fil des années/des pages, de plus en plus hostile envers la jeune fille. Outre le racisme qu'elle subit quotidiennement, elle se fait violer par son “oncle” et frapper par le père de la famille sans trouver de personnes à qui se confier loin de sa terre natale. le lecteur suit ainsi Odélise entre l'âge de 10 à 17 ans, l'histoire est rythmée sans temps mort inutile et pourtant on a le temps de s'attacher à la narratrice. L'auteur fait un bon rappel sur une partie de l'histoire française parfois/souvent oubliée … Un véritable coup de coeur, ça y est je me suis réconciliée avec Christophe Léon, je lui pardonne son Hoax ... Et puis le titre est magnifique, parfaitement juste et bien trouvé : Odélise quitte la Réunion à la période où les mangues sont encore vertes et elles le resteront toujours pour elle qui ne reviendra plus.
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Odélise est retirée de ses parents et de son île la Réunion pour être envoyée en métropole au motif de lui permettre de suivre ses études.

Elle est placée dans la Creuse où elle doit s'adapter au climat mais aussi à la vie à la ferme.

Seule noire dans son village, il lui faut malgré tout tâcher de se rendre invisible.

L'école ne suffit pas à lui permettre de se sentir chez elle. Mais ses innombrables lettres à sa famille reste sans réponse.

Pourtant, un jour, un événement dramatique va fissurer son acceptation de la situation...

Un portrait dur et amer qui sans juger les gens qui ont accueilli ces enfants démontre toutefois l'absurdité du projet. Les personnages sont tous ambivalents à la manière de la vieille Albertine ou encore de Zeïla.

La volonté de gentillesse ne peut résister à l'usure du temps, à la maladresse et à l'inadéquation et à défaut de l'intégration, l'auteur nous montre l'affrontement avant de laisser le lecteur terminer lui-même l'histoire.

Pourquoi déraciner des enfants au prétexte de mieux les civiliser ? Christophe Léon dessine la silhouette d'un des 1500 enfants envoyés en métropole entre 1963 et 1982 et forme un témoignage glaçant.
Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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Lu en 2017. Christophe Léon, à travers la voix de la jeune Odélise, s'est fait le porte-parole de milliers d'enfants réunionnais déportés, arrachés à leur foyer de 1963 à 1982 pour avoir la chance d'être "mieux éduqués" en métropole, en France.
Un récit désarmant et révoltant. Celui d'une insouciance, d'une liberté et d'une innocence bafouées, piétinées, au nom du pouvoir politique (ayant décidé de pallier l'exode rural de certains départements, en les "repeuplant"), du bien-fondé de la suprématie de la collectivité sur l'individu. Une lecture nécessaire à transmettre (dès 14 ans).
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Cette collection " Les héroïques" porte bien son nom, évidemment. Ce témoignage de la petite Odélise, enlevée à sa famille à la Réunion , au prétexte de lui donner une "bonne éducation", ne peut que nous heurter! Arrachée à son île où elle vit pauvrement, certes, mais heureuse, entourée des siens et bercée par les chansons de sa Maman, elle se retrouve dans une famille inconnue. Elle devra affronter le froid, la cruauté, la bestialité humaine. C'est écrit tout simplement, mais avec une grande pudeur.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
« Je ne connaissais que Grand Bassin et ses alentours. Jamais je n'avais quitté ce coin de terre qui était mon domaine, mon espace de vie, ma jungle. Je n'imaginais même pas qu'il puisse exister autre chose que les pierres, les arbres, les ruisseaux et les sentiers poussiéreux que j'empruntais du matin au soir. Un instituteur nous faisait cours la journée. J'allais à l'école comme on va passer un bon moment chez des amis. Je retrouvais les enfants du village qui, avec moi, récitaient à voix haute les tables de multiplication ou les règles grammaticales d'un français qui n'était que notre deuxième langue. »
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« L'école était si différente de la mienne à Grand Bassin. Il y avait tellement d'objets, de matériel, de cartes de France aux murs du bureau de la directrice, le préau était si vaste et les enfants tellement à leur aise dans la cour, que je me sentais sur une autre planète. Ici, tout était ceinturé, clos, tandis qu'à Grand Bassin notre école était ouverte sur la forêt. Il n'y avait qu'un pas à faire et nous étions en pleine nature. D'ailleurs, nous partions souvent en balade par les sentiers, et ce qu'on nous apprenait était en lien direct avec notre environnement. Nous étions peut-être pauvres de biens, mais riches de liens. »
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« Moi, Zeïla, je ne dors jamais. Quand nous sommeillons, je gamberge. Ce que nous croyons être des rêves sont en fait des histoires que je nous raconte. Souvent Grand Bassin revient, les parents, les frères et soeurs, le passé ou celui que j'invente quand Odélise était petite et heureuse. »
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« Mes parents avaient mis leurs empreintes en bas d'un document officiel. Sans le savoir, ils m'avaient abandonnée. Je devenais la pupille d'un État qui me voulait du bien. »
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je raconte à l'ombre de mon souvenir, avec les mots bien ronds qu'on m'a fait entrer de force dans la tête en métropole. La langue créole m'a abandonnée comme un rat quittant le navire lors d'un naufrage.
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