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ISBN : 2823600590
Éditeur : Editions de l'Olivier (06/02/2014)

Note moyenne : 3/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Adam Gordon est un jeune poète américain en résidence d'écriture à Madrid. Mais il écrit peu : il fume, déambule, lit, drague Isabel, courtise Teresa et s'invente une vie.

Dans ses récits tissés de mensonges, sa mère est malade et son père fasciste. Spectateur fasciné de sa fausse existence, Adam navigue au sein d'un univers fait de littérature, d'art et d'intrigues amoureuses. Mais quand un attentat frappe la gare d'Atocha, la réalité vient troubler... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  15 juin 2014
Un premier roman. J'ai choisi de l'emprunter à la bibliothèque à cause de son titre. Je souhaitais évoluer dans Madrid dans les pas de l'auteur. Oui mais voilà, je ne me reconnais absolument pas dans le héros du roman, jeune poète américain en résidence à Madrid. Je l'ai suivi dans ses déambulations dans la ville, mais surtout au travers de ses mensonges, de ses impostures, de ses prises d'alcool et de sa consommation de joints. Un milieu qui m'a déplu. Aucune émotion n'est passée même lorsqu'il évoque le monstrueux attentat de la gare d'Atocha. Je me suis ennuyée du début à la fin du roman. Ce livre ne m'a rien apporté en dehors des quelques noms de lieux que j'ai retrouvés, ce qui est bien mince. Un rendez-vous manqué.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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vibrelivre
  27 juin 2018
Au départ d'Atocha
Ben Lerner
L'Olivier, 206p, 2011
premier roman
traduit de l'anglais (E.-U.) par Jakuta Alikavazovic, 2014

le roman commence bien. On croit suivre une intrigue. Au Prado, un homme sanglote devant La Descente de Croix de Rogier van der Weyden. C'est le narrateur qui voit cette scène déconcertante. le narrateur est un jeune Américain, Adam Gordon, surnommé El Poeta, parce qu'il écrit de la poésie, le plus mort de tous les genres littéraires selon lui. Il est en résidence à Madrid sous prétexte d'étudier les poètes espagnols de la Guerre Civile, qu'il ne lit pas, à part Lorca un peu. Chaque matin il se rend au Prado. Adam est dépressif, facilement angoissé. On se demandera au fil du roman si l'homme qui pleure n'est pas lui-même, parce qu'il penserait ne pas pouvoir atteindre l'art, ou l'amour, ou s'assumer ? le grand artiste est-il celui qui remue jusqu'au tréfonds celui qui voit son oeuvre ? Mais l'intrigue tourne court. Il n'est plus question de cet homme bouleversé.
Et le récit devient ennuyeux. Adam va en boîte. Il boit beaucoup d'alcool. Il drague les filles et leur ment à propos de sa famille, sans trop savoir pourquoi, et se sent coupable vis-à-vis de ses parents. Il voyage avec elles, Isabel à Grenade, où il ne voit pas l'Alhambra, parce qu'elle lui a parlé de ses relations avec Oscar, mais ce personnage existe-t-il?- et Teresa, à Barcelone où il se perd. Il déprime. Il prend des petites pilules blanches.
de même il ment à son ami américain Cyrus avec qui finalement il chate. Cyrus lui fait part d'une excursion tragique, où il a une part de responsabilité. La communication ne se fait pas bien , ce qui cause un décalage entre les questions et les réponses. Et c'est exactement ce qui se produit avec le narrateur. Il est toujours décalé. Parce qu'il est dans la posture pour se donner une contenance. Parce qu'il est convaincu de ne pas maîtriser l'espagnol, et du coup il ne comprend jamais tout à fait de quoi il retourne, le lecteur non plus.
Mais un attentat frappe la gare d'Atocha. Il retrouve Teresa, participe aux manifestations sans réelle motivation.
Parce que sa seule motivation, c'est la poésie. le frère de Teresa tient une galerie d'art, dans laquelle il est invité à lire certains de ses poèmes. Succès. Snobs qui parlent de poésie. Pour Adam, le vrai mérite de la poésie est de rendre le monde supportable. Cependant, il distingue sa voix dans ces fragments de traduction approximative et de télescopage de sonorités .
Les pilules blanches lui permettent d'écrire constamment. Les poèmes  ne parlent de rien, dit Gordon. Les poèmes peuvent-ils faire advenir quelque chose ? La preuve que non en est donnée par l'attentat d'Atocha. Alors qu'il est seul et se drogue, il comprend l'incommensurabilité du langage et de l'expérience, qu'il y a des choses qui ne peuvent être dites, d'autres qui ne peuvent être vécues. Il réfléchit à la lecture -il lit beaucoup Tolstoï- au fait que chaque phrase trouve son actualisation dans le présent du lecteur. Il rêve contradictoirement d'écrire des poèmes qui agiront sur le monde, et lui donneront l'amour d'une fille. le grand artiste du Prado ne bouleverse-t-il pas entièrement le spectateur ? Il écrit, donne ses textes, ils sont traduits, ils sont écoutés avec intérêt.
Il est convié à une table ronde sur ce qu'est la littérature aujourd'hui. Il prépare vaguement son intervention en pompant des phrases toutes faites. Nouveau succès. Teresa, poète et traductrice, participe à la conférence.
le récit est accompagné de six photos. Qu'ajoutent-elles au texte ? Est-ce pour rappeler Sebald ou Breton ? Il est aussi accompagné de deux poèmes de John Ashbery que Gordon tient pour un poète majeur, et pour qui le poème ne peut exister ; demeurant caché et hors d'atteinte, écrit au verso du miroir, il n'est que le reflet du poème qu'on lit, un poème fantôme. N'est-ce pas le portrait de Gordon ?

Que dit au fait le texte ? Un jeune poète se cherche. Il est peu sûr de lui, tout l'effraie, et cette peur se focalise sur la non-maîtrise totale de l'espagnol, et lui fait s'inventer une vie. Ce à quoi il tient vraiment est la poésie, la sienne aussi, alors qu'il connaît l'échec du langage à dire les potentialités qu'il contient. La table ronde va donner le départ, et quel départ, puisqu'il se fait dans l'imposture, de sa carrière, et contrairement à ce qu'il avait dit, il (si le narrateur est un double de l'auteur) écrira un roman.
le roman de Lerner a suscité l'enthousiasme de Franzen et d'Auster qui le trouvent, pour le premier, intelligent, hilarant (sans doute pour la description du public de l'art, les critiques reçues à entendre les remarques vaseuses du narrateur sur l'engagement en poésie, les débuts d'un poète) vif (c'est vrai) et original (vrai encore) et pour le second, inoubliable de par le personnage singulier (toujours à se mettre dans de mauvais draps). Je ne suis pas ces deux auteurs, le livre m'a laissée perplexe ; le processus d'écriture poétique, par la rêverie, les approximations à partir de mots traduits, l'écriture sous l'emprise de la drogue, me font me poser des questions, même si je fais la part des mensonges et des postures affichés d'un aspirant à la poésie, et de quelqu'un qui se révèle poète, et se surprend à parler espagnol sans problèmes.
Je me demande alors si je sais lire. En tout cas j'ai compris, mais je le savais déjà, que la poésie est amour.
Et je vais lire du même Lerner La haine de la poésie.
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Livresselitteraire
  13 janvier 2017
Adam est un jeune poète fumeur et un peu fumiste également. Américain d'origine, il quitte son pays pour un voyage à Madrid dans le but d'y étudier son Histoire - notamment la période franquiste – et ses poètes. Mais finalement ce qu'il préfère c'est fumé des joints, et même s'il paraît que les plus grandes oeuvres artistiques sont nées sous l'effet des drogues, ce n'est pas vraiment le cas d'Adam qui préfère se laisser vivre, au moins un temps, et s'inventer une vie auprès des gens, des femmes qu'il rencontre. Une vie dans laquelle sa mère serait morte, puis gravement malade et son père fasciste.
Entre mensonges et réalité, Adam s'y perdra et s'y amusera jusqu'au jour où l'attentat d'Atocha viendra bousculer son petit monde préfabriqué.

Ben Lerner à travers ce roman nous dresse le portrait d'un personnage vraiment atypique, quelque peu bipolaire, jamais sans ses petites pilules qui le calment d'éventuelles crises d'angoisse. Un homme qui a à la fois peu et trop confiance en lui, une sorte d'artiste des temps modernes imbu de sa personne mais aussi terrifié par un manque de savoir. Peu productif, il ne semble pas attacher beaucoup d'importance à l'Histoire, la culture du pays ni même aux gens qu'ils rencontrent. Difficile, dans ce contexte de cerner les sentiments de ce personnage brumeux et de s'y attacher.
Si la personnalité d'Adam est peut-être trop singulière pour l'apprécier, le lecteur peut néanmoins se laisser transporter par l'art qui tient une grande place dans ce périple. Il sert de point central à l'apprentissage de la vie, met le doigt sur les attentats d'Atocha et le terrorisme, pose débat sur l'Amérique de Bush, la poésie contemporaine et l'identité. le tout mis en exergue par une écriture soignée et un rythme lent, dans lesquels on reconnaît sans conteste l'influence du poète, et par des images, des références qui viennent ponctuer le récit. Et bien que ce roman soit une fiction de nombreux éléments collent à la vie de l'auteur comme sa ville d'origine Topeka au Kansas, son métier ou encore le fait qu'il ait lui-même vécu à Madrid, période durant laquelle sa mère était malade. Ben Lerner aurait-il cherché par ce biais à exorciser ou du moins se libérer d'une partie de son passé ? En tout cas cela en fait une jolie réussite où le lecteur oscille à la fois entre l'invention et la réalité du personnage mais également de son auteur.
Et que dire de l'atmosphère... Tout au long de cette lecture, on se sent habiter par Madrid, sa vie colorée, ses nuits festives. On visite avec Adam les quartiers de la capitale, ses galeries d'art et ses cafés. L'ambiance qui s'en dégage et la personnalité des différents protagonistes ne sont pas sans rappeler L'Auberge espagnole de Cédric Klapisch. Ils ont en effet en commun cette découverte de soi et des autres, cette insouciance mêlées à la barrière linguistique et au choc culturel.
On regrettera néanmoins que sur ces deux cents pages, finalement peu d'entre elles ont été consacrées à l'attentat d'Atocha et aux conséquences sur la vie des différents personnages. En définitif, tout ne semble être que passager dans la vie de ce jeune poète : ses sentiments, ses actions mais aussi les événements marquants qu'il aura pu vivre. Ainsi, Au départ d'Atocha, dont le titre est emprunté à John Ashbery, reste un roman contemplatif sur les errances d'une jeunesse artistique en quête de reconnaissance.
Lien : http://livresselitteraire.bl..
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jimruel
  17 janvier 2017
Sentiments mélangés à la lecture ce roman quasi autobiographique, parions-le. La recommandation de J. Franzen en couverture était pourtant alléchante : la lecture de Freedom et des corrections était des plus passionnantes. On oscille à grande fréquence entre agacement et empathie pour Adam, qui surjoue parfois le rôle du poète maudit, en faisant de sa propre vie une sorte de mise en scène dramatique. L'écriture rythmée révèle pourtant un talent certain, et les envolées narcissiques sont contre-balancées par un humour passablement cynique et mordant, qui n'épargne personne, à commencer par le narrateur lui-même, qui manie l'auto-dérision avec brio. On comprend que sa bipolarité (anciennement appelé maniaco-dépression), une maladie de plus en plus populaire, n'est pas pour rien dans les errements de notre anti-héros. Certes, il en fait peut-être parfois une excuse intime pour se comporter de manière douteuse avec autrui. Mais que celui qui n'a jamais menti par désir de plaire lui jette la première pierre !.. On se dit qu'Adam est peut-être assez représentatif d'une jeunesse talentueuse un peu perdue, en mal de repères, au sein d'une société occidentale post-moderne affectée par l'individualisme, et le matérialisme d'une "culture" décadente, où toute les idéologies se valent sans qu'aucune n'ait d'importance. Si c'est le cas, malgré cette expérience lucide et désabusée, je trouve qu'il manque une note d'espoir dans ce livre...n'est-ce pas ce qu'on peut souhaiter à notre époque, en entamant la lecture d'un roman ?
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LadyDoubleH
  05 février 2017
Adam est un jeune poète américain, en résidence d'écriture à Madrid. On le suit dans ses déambulations erratiques, tant physiques qu'intellectuelles. Il fume, il boit, il glande et s'invente une vie.
Il y a dans ce roman des pistes de réflexions très intéressantes sur la poésie et la création poétique, le fossé du sens et de la communication entre les êtres. Des passages très drôles aussi, comme ceux liés à l'incompréhension partielle par Adam de la langue espagnole : « Il m'apprit qu'il était propriétaire, ou employé, d'une galerie à Salamanca, le quartier le plus chic de la ville, et que son frère ou petit ami était un grand photographe, ou vendait de grandes photographies, à moins qu'il ne fut un grand cameraman. »
Mais j'ai trouvé Au départ d'Atocha trop inégal. le personnage principal est tellement inconstant, menteur et chaotique que le livre ne cesse de s'égarer, comme morcelé ou tournant en rond. Adam est décevant. Je croyais que son dilettantisme brouillon volerait en éclat lors de l'attentat de la gare d'Atocha, dans un sens ou dans l'autre, mais rien. Son imposture agace et finit même par faire pitié. Je me suis beaucoup ennuyée pendant cette lecture. Et pourtant, une fois arrivée au bout, l'ensemble étonnamment fait sens. du coup, j'ai l'impression que Ben Lerner n'est pas passé loin de quelque chose, « comme si le vrai poème demeurait caché, écrit au verso d'un miroir, et qu'on ne voyait que le reflet de la lecture. ». Peut-être y verra-t-on plus clair à son prochain roman ? Parce que là, bof.
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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critiques presse (1)
LaPresse   10 juin 2014
Jeune poète américain en résidence d'artiste à Madrid pour écrire sur le franquisme, Adam ignore tout de la guerre civile, comprend très mal l'espagnol, et passe son temps à flâner, fumer du pot et lire Tolstoï entre deux siestes.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   14 juin 2014
J'éprouvais une grande méfiance envers ceux qui m'affirmaient qu'un poème, un tableau ou un morceau de musique avait "changé leur vie", d'autant qu'en général je les avais connus bien avant leur supposée révélation, sans pourtant déceler le moindre changement.
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araucariaaraucaria   14 juin 2014
Un matin, ma place devant le Van der Weyden était prise. L'homme se tenait à l'endroit exact où je me plaçais et ma première réaction fut la surprise, c'était comme de me regarder en train de regarder le tableau, bien que l'intrus soit plus mince et plus brun que moi. Je voulais qu'il s'éloigne mais il ne bougea pas. Je m'interrogeai : m'avait-il observé devant la Descente? S'était-il posté là dans l'espoir de voir ce que j'avais dû, moi remarquer? Agacé, je tentai de reporter mon rituel matinal sur une autre toile mais j'étais trop habitué à celle-ci, à ses dimensions et ses nuances de bleu, pour accepter toute substitution. Je m'apprêtais à déserter la salle 58 quand l'homme éclata en sanglots, secoué de hoquets sporadiques. Faisait-il ainsi face au mur pour mieux dissimuler son visage et un chagrin antérieur à sa visite? Ou vivait-il une profonde expérience esthétique?
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MarymaryMarymary   06 janvier 2017
Ma mère, à chaque visite au musée, me disait que la peinture semblait s'être développée à rebours ; que si un extraterrestre débarquait aujourd'hui, il penserait que les tableaux abstraits venaient d'abord, des centaines, voire des milliers d'années avant ceux de la Renaissance. Sauf si l'extraterrestre en question ressemblait à un triangle jaune sur fond bleu.
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MarymaryMarymary   06 janvier 2017
Est-ce que je pouvais fumer ? Question idiote, elle me désigna le cendrier et vint s'asseoir à mes côtés. Puis, sans lâcher sa cigarette ni son verre, elle se dirigea vers une armoire et, je ne sais comment, réussit à se changer devant moi sans cesser de fumer ni de boire, sans rien brûler ni renverser et sans donner l'impression de se livrer à un strip-tease.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   06 mai 2016
Faisait-il ainsi face au mur pour mieux dissimuler son visage et un chagrin antérieur à ma visite ? Ou vivait-il une profonde expérience esthétique ?
La vacuité ineffable de mon projet éclaterait au grand jour et je devrai rentrer à la maison toute honte bue.
(...)
Mes traits communiquaient une incrédulité blasée, un ennui que seul un vague intérêt anthropologique venait relativiser.
(...)
Si j’étais poète c’était parce que, de toutes les pratiques, la poésie était celle qui pouvait le moins ignorer son anachronisme et sa marginalité et elle validait ainsi ce que j’avais de grotesque.
(...)
Ma voix sonnait faux, maniérée, et je craignais qu’elle ne dépare, qu’elle ne se fonde pas dans les autres.
(…) pas d’imposture ailleurs que dans [son] sentiment d’imposture
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Videos de Ben Lerner (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ben Lerner
Le 19.11.18, chronique du ?Cavalier polonais? de Ben Lerner dans l'émission ?Des poches sous les yeux? (Radio Béton).
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