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ISBN : 2757833553
Éditeur : Points (14/03/2013)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Au printemps 1936, un Anglais nommé Anthony Whitelands arrive en gare de Madrid. Il doit authentifier un tableau inconnu appartenant au duc de la Igualada. La vente de ce tableau pourrait être décisive pour favoriser un changement politique crucial en Espagne. Whitelands va se trouver bien malgré lui au centre d'un imbroglio politique mêlant policiers, diplomates, espions, ministres, femmes du petit et du grand monde, tous lancés à ses trousses dans une atmosphère d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
10 avril 2014
Une intrique historique sur fond de grandes rivalités : guerre civile et batailles d'experts en peinture.

Comme l'indique une note dans le livre, ce titre est un jeu de mots puisque « gatos », les chats, sont les Madrilènes eux-mêmes. le contexte historique est donc celui de la Guerre d'Espagne qui se prépare et une grande famille fait alors appel à un Britannique naïf, expert en peinture espagnole, pour authentifier un tableau et possiblement mettre l'oeuvre en lieu sûr à l'étranger.

Si toutes les guerres sont des tragédies de la folie humaine, les guerres civiles le sont encore davantage, car elles n'opposent pas une société à une menace étrangère, elles divisent les familles, les amis et les voisins. La tension qui s'installe dans le pays est palpable, avec les magouilles et détournements qui vont avec.

Le monde de la peinture est aussi un lieu d'avidité et de mesquinerie, car si l'expert a une passion pour la beauté, pour le talent de Vélasquez, il souffre aussi de l'aveuglement de la guerre entre les experts. Pour lui, la découverte d'un tableau ignoré représenterait l'apothéose d'une carrière, que ne serait-il pas prêt à sacrifier pour vivre un tel moment?

Sous le pinceau habile de Mendoza : jeux de pouvoir et de coulisses, un trait d'humour, un clair-obscur sociopolitique et artistique, une palette colorée, une oeuvre digne d'Intérêt.
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missmolko1
14 février 2015
Waouh quel aventure ! C'est le premier mot qui me vient a l'esprit en refermant ce livre qui m'a captivé. Ce n'est pas un livre facile a lire, surtout lorsque l'on ne connaît pas forcément le contexte historique et politique de l'époque. Mais pas de panique l'auteur, nous donne des éléments pour nous aider a resituer tout ça.
Tout commence avec Anthony Whitelands, un anglais, qui part en mission en Espagne. le but est d'estimer la collection de tableaux d'un duc espagnol. Et la tout s'enchaîne, il découvre un tableau qui croit être une oeuvre de Velasquez. Seulement Anthony a l'habitude de se fourrer dans des situations impossibles, d'être la ou il ne faut pas. C'est ça qui donne un coté comique au roman.
L'écriture d'Eduardo Mendoza est très agréable et m'a donné envie de découvrir ces autres romans. Il a suit me faire voyager a Madrid, me faire visiter la ville, de raconter son histoire et bien sur m'a donner envie d'en apprendre plus sur Velasquez. C'est un roman très documenté qui m'a conquise.

Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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caro64
12 juillet 2012
Bataille de chats se déroule sur quelques jours dans une Espagne au bord de la guerre civile, en début de printemps 1936. Eduardo Mendoza délaisse Barcelone pour Madrid, la ville de toutes les intrigues. Entre art, politique et amour, un vrai plaisir de lecture.
Anthony Whitelands est un Britannique expert en peinture espagnole du XVIIe siècle. Il part pour Madrid à la demande d'un mystérieux marchand de tableaux afin d'estimer la collection du duc de la Igualada. La vente de ses tableaux devrait permettre au duc et à sa famille de quitter l'Espagne. On devine très vite que ce voyage ne sera pas si simple. Anthony se retrouve mêlé malgré lui à des malversations politiques et à un combat qui n'est pas le sien. Tout comme Vélasquez, le peintre qu'il admire, notre Anglais est un peu hermétique au monde extérieur, préférant se réfugier dans l'art. Et pourtant, il va devenir un instrument, alternativement aux mains de la Phalange et de la police espagnole ; sans oublier son ambassade qui le suit de très près. Anthony aurait tout intérêt à fuir rapidement ce lieu maudit, sauf qu'il tombe amoureux. Deux fois. D'abord de la fille du duc, Paquita, qui n'a d'yeux que pour José Antonio Primo de Rivera, le chef de la Phalange, ensuite d'un tableau, un chef-d'oeuvre inconnu qu'il attribue à Vélasquez. C'est cette peinture mystérieuse qui est à la base de tout. Whitelands se retrouve pris au piège d'une lutte politico-financière, cette bataille de chats comme on surnomme les madrilènes.
Dès les premières lignes, la légèreté du ton contraste efficacement avec l'ambiance pesante d'une ville au bord de l'implosion. Les habitués de Mendoza regretteront néanmoins de ne pas retrouver dans Bataille de chats l'humour qui caractérise la plupart de ses autres romans, car, malgré le génie de Whitelands pour se fourrer dans des situations rocambolesques, on rit peu à la lecture de ce roman. Qu'à cela ne tienne : construit comme une enquête policière, Bataille de chats garde le lecteur en haleine jusqu'à la fin et les personnages secondaires apportent une densité remarquable à l'histoire. L'analyse politique est finement menée et les détails historiques servent l'action de façon très habile. Mais ce qui fait la véritable originalité du roman, c'est la façon dont Mendoza parle de la peinture. Les tableaux prennent forme dans l'esprit d'Anthony (et dans celui du lecteur) et lui dévoilent des réalités cachées. Tel est d'ailleurs le but de l'art : représenter le monde pour mieux en révéler les mystères. le musée du Prado devient ainsi le lieu de conscience d'Anthony Whitelands. La plongée que l'auteur nous offre dans l'univers du plus célèbre peintre espagnol est telle que l'on ne quitte qu'à regret le roman pour contempler, dans un livre d'art, les chefs d'oeuvres de Vélazquez.
En bref, un très bon roman d'aventures historico- policières aux accents vaudevillesques, à ne pas négliger sur la liste des lectures estivales.
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Luniver
06 septembre 2013
Anthony Whitelands est un anglais expert en peinture espagnole, en voyage à Madrid sur la requête d'une famille d'aristocrate. Nous sommes en 1936, l'Espagne se déchire, une révolution se prépare, sans savoir si elle sera fasciste ou communiste, et Franco pointe le bout de son nez. le duc de la Igualada espère revendre sa collection à l'étranger et obtenir une somme d'argent suffisante pour s'expatrier. Anthony est chargé de l'expertise de la collection, travail légal sur le fond, mais mal vu par les autorités qui refusent de voir les oeuvres d'art quitter le pays. La discrétion est donc de mise.
C'est sans compter sur le caractère d'Anthony : d'une naïveté désespérante, il se laisse entraîner dans toutes sortes d'intrigue sans s'en rendre compte. Il devient ainsi ami avec le chef de la Phalange, un groupe fasciste, reçoit sur les bras une jeune prostituée et son enfant, sera en ligne de mire des renseignements espagnols, et attirera l'attention des services communistes, persuadés que cet individu fourré dans tous les mauvais coups doit forcément cacher quelque chose. Ses amours, humaines ou artistiques, l'empêcheront de quitter l'Espagne au plus vite, comme le bon sens le lui recommande.
Le personnage d'Anthony devient vite agaçant, et l'intrigue est un peu confuse. Mais l'intérêt du roman tient dans les sujets traités, qui compensent largement ces défauts : la situation politique de l'Espagne à l'aube de la guerre civile, et la vie du peintre espagnol Velazquez au XVIIè siècle. À lire plus pour s'instruire que pour se divertir.
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Herve-Lionel
14 mai 2014
N°750 – Mai 2014.
BATAILLE DE CHATS – Eduardo Mendoza
Traduit de l'espagnol par François Maspero
Le roman s'ouvre sur une rupture amoureuse épistolaire, une lettre un peu lâche écrite dans un train qui conduit à Madrid Anthony Whitelands, un expert britannique en peinture espagnole qui ainsi rend sa liberté à Catherine, sa maîtresse depuis près de trois ans. Nous sommes en mars 1936, l'Espagne est républicaine, l'agitation sociale est à son comble, les grèves sont quotidiennes, l'ordre public est gravement menacé et la guerre civile couve. Il se rend donc à Madrid chez un aristocrate, le duc de la Igualada pour une estimation en vue d'une transaction qui doit restée secrète à cause des événements. L'aristocrate souhaite en effet se défaire de sa collection de tableaux pour financer sa fuite et celle de sa famille. C'est donc pour Whitelands, habitué à la tranquillité des musées, un voyage à hauts risques dans un pays au bord de l'implosion puisqu'il est interdit que des oeuvres d'art quittent l'Espagne.
Comme rien n'est simple, il va être rattrapé par ses vieux démons d'une part en la personne de Paquita, la fille du duc avec qui il a quelques affinités et surtout un tableau inconnu de Velázquez appartenant à ce même duc, qu'il juge authentique et d'une inestimable valeur. On ne s'étonnera donc pas trop que notre ami souhaite différer quelque peu son retour en Anglettre. A la suite d'une mésaventure, il contacte l'ambassade d'Angleterre et, dans le même temps se retrouve invité à collaborer avec la sécurité espagnole. Bref, tout cela devient bien confus et même carrément glauque pour cet Anglais un peu naïf et pas mal porté sur la bouteille, d'autant plus que, lui qui n'a jamais fait de politique constate que tout cela finalement le dépasse, lui qui n'était venu ici que dans un but artistique. Il se trouve en effet compromis avec les phalangistes et pour cela poursuivi par la police républicaine. Il découvre comment les tribuns galvanisent la foule de leurs sympathisants et les amène à combattre grâce à des discours, des chants et des saluts emblématiques, le tout dans une ambiance délétère où tous les protagonistes ne rêvent que d'en découdre. Cette période troublée débouchera sur une guerre civile sanglante. le contexte international explosif, l'achat d'armes, l'espionnage et les rumeurs de coup d'état militaire, la politique étrangère de la Grande-Bretagne et l'équilibre de cette région, les problèmes diplomatiques, les troubles quotidiens et violents entre fascistes et républicains bousculent ce pauvre homme de plus en plus perdu dans cet imbroglio auquel il n'était évidemment pas préparé. C'est un peu comme s'il se trouvait au centre d'un maelstrom sans trop pouvoir comprendre ce qui lui arrive, et de plus le voilà affublé d'une petite prostituée espagnole qui espère gagner l'Angleterre avec lui. Pour des raisons qu'il ne peut encore comprendre Paquita, cette femme énigmatique et dont il est de plus en plus amoureux, lui demande de déclarer à son père que le Velázquez est un faux alors qu'il n'en est rien.
Pour lui, la découverte de ce tableau inconnu de Velázquez (un nu qui n'est guère dans le style de l'époque) serait un tournant favorable dans sa carrière d'expert et d'universitaire mais, à cause de ce fait nouveau le conservateur de la « National Gallery » entre en scène. Ce tableau a pourtant, pour la république et ses opposants politiques une toute autre signification mais l'intérêt personnel et immédiat d'Anthony se trouve contrecarré par cette aventure un peu rocambolesque et qui met surtout en perspective une lutte pour le pouvoir et les magouilles qui permettent de l'obtenir. Sa seule planche de salut serait sans doute de quitter le pays mais les événements autant que l'attirance qu'il éprouve pour Paquita l'en empêchent.
C'est donc à un roman historico-policier palpitant où se mêlent violence, mensonge et amour auquel le lecteur est invité. L'Histoire et ses personnages réels se mêlent à cette cette fiction qui se déroule avec un sens consommé du suspense. On y croise le résumé des événements politiques qui ont bouleversé l'Espagne mais aussi une érudition artistique de grande qualité et une présentation explicative très fine de certains tableaux. J'observe également que l'auteur se livre au cours du récit à une analyse pertinente des faits historiques qui ont précédé la guerre civile et livre également une opinion assez juste des protagonistes principaux de ce conflit et du contexte espagnol. Reste Anthony qui se révèle un séducteur un peu malgré lui et un témoin étonné de toutes ces situations. Il est carrément perdu et même dépassé dans cette lutte d'influences au point qu'il craint pour sa vie d'autant plus qu'autour de lui c'est un jeu de massacre qui accompagne ses aventures avec morts et blessé. A ce sujet, je veux dire que la fiction autorise évidement toutes les mises en scène, que les périodes troublées comme celle que l'auteur a choisie, favorisent les rencontres les plus insolites voire les plus inattendues mais j'ai eu quand même un peu de mal à admettre que ce pauvre Anthony ait pu aussi facilement approcher les principaux protagonistes d'un drame qui va ensanglanter toute l'Espagne.
Finalement, le lecteur connaîtra la vérité sur ce tableau qui est le prétexte à cette affaire et Anthony un peu étourdi aura sans doute un peu de mal à se remettre de cette aventure.
Et les chats dans tout cela ? On n'a guère vu dans ce roman trace de nos compagnons félins qui, bien souvent sont les acteurs un peu involontaires des roman à suspense. C'est que, sans qu'on sache très bien pourquoi, les habitants de Madrid sont surnommés les « gatos », les chats ; Cette bataille de chats est donc en réalité une bataille de Madrilènes puisque ce roman se déroule dans la capitale de l'Espagne.

©Hervé GAUTIER – Mai 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Les critiques presse (4)
Telerama02 mai 2012
Violence, mensonges, amour se mêlent à la grande histoire dans cette haletante fiction.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos17 avril 2012
A l'image du « Dictateur », de Charlie Chaplin, ou de « La vie est belle », de Roberto Benigni, Eduardo Mendoza utilise dans son roman un style léger et enlevé au milieu d'intrigues quelque peu rocambolesques pour détourner avec panache l'absurdité de la tragédie humaine.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress04 avril 2012
[Un] thriller politique où Mendoza cascade sur une intrigue truffée de rebondissements. Et où l'Histoire va à la rencontre d'une érudition gourmande, dans ce musée des cauchemars qu'est l'Espagne de 1936.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation19 mars 2012
[…] Pour rien au monde nous ne pouvons rater ce roman.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko107 février 2015
En marchant dans la rue, il découvre avec surprise que les réflexions mélancoliques inspirées par la contemplation du tableau, loin d'augmenter son abattement, l'ont dissipé. Pour la première fois, il prend conscience d'être a Madrid, une ville qui lui rappelle d'agréable souvenirs et lui procure une excitante sensation de liberté.
Anthony Whitelands a toujours aimé Madrid. A la différence de beaucoup d'autres villes d'Espagne et d'Europe, l'origine de Madrid n'est pas grecque, ni romaine, ni même médiévale, mais date de la Renaissance. Philippe II l'a créée a partir de rien en y établissant la cour en 1561. Pour cette raison, Madrid n'a pas de mythes fondateurs qui remonteraient a une obscure divinité, ni de Vierge romane qui l'abriterait sous son manteau de bois sculpté, ni d'auguste cathédrale qui projetterait son ombre sur le vieux quartier. Sur ses armoiries, pas de belliqueux tueur de dragons; son saint patron est un humble paysan dont on célèbre la mémoire par des fêtes et des courses de taureaux. Pour préserver son indépendance naturelle, Philippe II a construit l'Escurial et a éloigné ainsi de Madrid la tentation de devenir un foyer de spiritualité en plus d'être le siège du pouvoir.
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LuniverLuniver04 septembre 2013
Si l'ouvrier se soulève, au lieu de se demander ce qu'il veut, on lui envoie la police ; quand ça ne suffit pas, la garde civile, et si nécessaire la légion. Avec de tels arguments, pas besoin d'avoir raison.
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crapettecrapette12 octobre 2012
Les Ménines...L'oeuvre maîtresse de Velasquez et aussi son testament. C'est un portrait de cour à l'envers : il représente un groupe de personnages triviaux : des petites filles, des nains, un chien, et le peintre lui-même. Dans le miroir se reflète l'image confuse du roi, les représentants du pouvoir. Ils sont en dehors du tableau et par conséquent de nos vies mais ils voient tout et ce sont eux qui donnent au tableau sa raison d'être. (p. 391)
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ChouchaneChouchane07 novembre 2013
- Ouvrez les yeux, Whitelands ! Dans l'appréciation d'une œuvre d'art, la réalité entre pour cinquante pour cent ; les autres cinquante pour cent relèvent de nos goûts, de nos préjugés, de notre éducation et, surtout, des circonstances. Et si nous sommes en présence de l’œuvre et qu'intervient la mémoire, le poids de la réalité n'est plus que de dix pour cent. La mémoire est mauvaise, elle idéalise, elle est négligente, les souvenirs mélangent les faits.
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LuniverLuniver05 septembre 2013
Trahir le Parti, c'est mauvais pour l'avenir du prolétariat, mais ça l'est encore plus pour le présent de celui qui le fait.
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