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EAN : 9782757833551
432 pages
Points (14/03/2013)
3.43/5   145 notes
Résumé :
Au printemps 1936, un Anglais nommé Anthony Whitelands arrive en gare de Madrid. Il doit authentifier un tableau inconnu appartenant au duc de la Igualada. La vente de ce tableau pourrait être décisive pour favoriser un changement politique crucial en Espagne. Whitelands va se trouver bien malgré lui au centre d'un imbroglio politique mêlant policiers, diplomates, espions, ministres, femmes du petit et du grand monde, tous lancés à ses trousses dans une atmosphère d... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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Une intrique historique sur fond de grandes rivalités : guerre civile et batailles d'experts en peinture.

Comme l'indique une note dans le livre, ce titre est un jeu de mots puisque « gatos », les chats, sont les Madrilènes eux-mêmes. le contexte historique est donc celui de la Guerre d'Espagne qui se prépare et une grande famille fait alors appel à un Britannique naïf, expert en peinture espagnole, pour authentifier un tableau et possiblement mettre l'oeuvre en lieu sûr à l'étranger.

Si toutes les guerres sont des tragédies de la folie humaine, les guerres civiles le sont encore davantage, car elles n'opposent pas une société à une menace étrangère, elles divisent les familles, les amis et les voisins. La tension qui s'installe dans le pays est palpable, avec les magouilles et détournements qui vont avec.

Le monde de la peinture est aussi un lieu d'avidité et de mesquinerie, car si l'expert a une passion pour la beauté, pour le talent de Vélasquez, il souffre aussi de l'aveuglement de la guerre entre les experts. Pour lui, la découverte d'un tableau ignoré représenterait l'apothéose d'une carrière, que ne serait-il pas prêt à sacrifier pour vivre un tel moment?

Sous le pinceau habile de Mendoza : jeux de pouvoir et de coulisses, un trait d'humour, un clair-obscur sociopolitique et artistique, une palette colorée, une oeuvre digne d'Intérêt.

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Waouh quel aventure ! C'est le premier mot qui me vient a l'esprit en refermant ce livre qui m'a captivé. Ce n'est pas un livre facile a lire, surtout lorsque l'on ne connaît pas forcément le contexte historique et politique de l'époque. Mais pas de panique l'auteur, nous donne des éléments pour nous aider a resituer tout ça.

Tout commence avec Anthony Whitelands, un anglais, qui part en mission en Espagne. le but est d'estimer la collection de tableaux d'un duc espagnol. Et la tout s'enchaîne, il découvre un tableau qui croit être une oeuvre de Velasquez. Seulement Anthony a l'habitude de se fourrer dans des situations impossibles, d'être la ou il ne faut pas. C'est ça qui donne un coté comique au roman.

L'écriture d'Eduardo Mendoza est très agréable et m'a donné envie de découvrir ces autres romans. Il a suit me faire voyager a Madrid, me faire visiter la ville, de raconter son histoire et bien sur m'a donner envie d'en apprendre plus sur Velasquez. C'est un roman très documenté qui m'a conquise.


Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Un héros anglais attachant et en complet décalage avec l'Espagne où se déroule le récit.

Une excellente écriture et une traduction remarquable de François Maspero.

Quelques passages ennuyants mais au final un roman assez divertissant.

A noter également pour les férus d'art quelques passages extrêmement bien documentés sur la peinture espagnole et Velasquez en particulier.

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Bataille de chats se déroule sur quelques jours dans une Espagne au bord de la guerre civile, en début de printemps 1936. Eduardo Mendoza délaisse Barcelone pour Madrid, la ville de toutes les intrigues. Entre art, politique et amour, un vrai plaisir de lecture.

Anthony Whitelands est un Britannique expert en peinture espagnole du XVIIe siècle. Il part pour Madrid à la demande d'un mystérieux marchand de tableaux afin d'estimer la collection du duc de la Igualada. La vente de ses tableaux devrait permettre au duc et à sa famille de quitter l'Espagne. On devine très vite que ce voyage ne sera pas si simple. Anthony se retrouve mêlé malgré lui à des malversations politiques et à un combat qui n'est pas le sien. Tout comme Vélasquez, le peintre qu'il admire, notre Anglais est un peu hermétique au monde extérieur, préférant se réfugier dans l'art. Et pourtant, il va devenir un instrument, alternativement aux mains de la Phalange et de la police espagnole ; sans oublier son ambassade qui le suit de très près. Anthony aurait tout intérêt à fuir rapidement ce lieu maudit, sauf qu'il tombe amoureux. Deux fois. D'abord de la fille du duc, Paquita, qui n'a d'yeux que pour José Antonio Primo de Rivera, le chef de la Phalange, ensuite d'un tableau, un chef-d'oeuvre inconnu qu'il attribue à Vélasquez. C'est cette peinture mystérieuse qui est à la base de tout. Whitelands se retrouve pris au piège d'une lutte politico-financière, cette bataille de chats comme on surnomme les madrilènes.

Dès les premières lignes, la légèreté du ton contraste efficacement avec l'ambiance pesante d'une ville au bord de l'implosion. Les habitués de Mendoza regretteront néanmoins de ne pas retrouver dans Bataille de chats l'humour qui caractérise la plupart de ses autres romans, car, malgré le génie de Whitelands pour se fourrer dans des situations rocambolesques, on rit peu à la lecture de ce roman. Qu'à cela ne tienne : construit comme une enquête policière, Bataille de chats garde le lecteur en haleine jusqu'à la fin et les personnages secondaires apportent une densité remarquable à l'histoire. L'analyse politique est finement menée et les détails historiques servent l'action de façon très habile. Mais ce qui fait la véritable originalité du roman, c'est la façon dont Mendoza parle de la peinture. Les tableaux prennent forme dans l'esprit d'Anthony (et dans celui du lecteur) et lui dévoilent des réalités cachées. Tel est d'ailleurs le but de l'art : représenter le monde pour mieux en révéler les mystères. le musée du Prado devient ainsi le lieu de conscience d'Anthony Whitelands. La plongée que l'auteur nous offre dans l'univers du plus célèbre peintre espagnol est telle que l'on ne quitte qu'à regret le roman pour contempler, dans un livre d'art, les chefs d'oeuvres de Vélazquez.

En bref, un très bon roman d'aventures historico- policières aux accents vaudevillesques, à ne pas négliger sur la liste des lectures estivales.

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Quel souffle romanesque !

Un auteur espagnol que je ne connaissais pas.

Un roman sur la montée de la guerre civile, qui fera rage de 1936 à 1939, teintée d'un tableau de Velásquez, un de mes peintres préférés.

Bataille de chats signifie en réalité bataille de Madrilènes, surnommés "los gatos".

J'ai adoré me perdre dans Madrid la nuit avec des personnages de plus en plus louches et leurs ambitions politiques.

Les descriptions des tableaux et de l'histoire des peintres sont sublimes.

J'ai hâte de retourner au Prado et de contempler ces chefs d'oeuvre.

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critiques presse (4)
Telerama
02 mai 2012
Violence, mensonges, amour se mêlent à la grande histoire dans cette haletante fiction.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos
17 avril 2012
A l'image du « Dictateur », de Charlie Chaplin, ou de « La vie est belle », de Roberto Benigni, Eduardo Mendoza utilise dans son roman un style léger et enlevé au milieu d'intrigues quelque peu rocambolesques pour détourner avec panache l'absurdité de la tragédie humaine.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress
04 avril 2012
[Un] thriller politique où Mendoza cascade sur une intrigue truffée de rebondissements. Et où l'Histoire va à la rencontre d'une érudition gourmande, dans ce musée des cauchemars qu'est l'Espagne de 1936.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation
19 mars 2012
[…] Pour rien au monde nous ne pouvons rater ce roman.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation

- Inglish?

La question le fit sursauter. Absorbé dans la rédaction de sa lettre, c'était à peine s'il avait remarqué la présence d'autres voyageurs dans le compartiment. Depuis Calais, il avait eu pour unique compagnie un Français laconique avec lequel il avait échangé un salut au début du voyage et un autre quand l'homme était descendu à Bilbao ; le reste du temps, le Français avait dormi à poings fermés, et l'Anglais avait fait le même après son départ. Les nouveaux passagers étaient montés lors des arrêts qui s'étaient succédé depuis. Outre Anthony voyageaient maintenant, formant une sorte de compagnie théâtrale folklorique en tournée, un curé de campagne d'un âge plus que canonique, une jeune fille à l'allure rude de paysanne et l'individu qui venait de l'aborder, un homme de condition et d'âge incertains, crâne rasé et épaisse moustache républicaine. Le curé voyageait avec une modeste valise en bois, la fille avec un gros balluchon et l'homme avec deux volumineuses valises en cuir noir.

- Je ne parle pas anglais, vous savez? poursuivit-il devant l'apparent acquiescement de l'Anglais à sa question initiale. No Inglish. Moi, Spanish. Vous Inglish, moi Spanish. Espagne pas du tout comme Angleterre. Different. Espagne, soleil, taureaux, guitares, vin. Everibodi olé. Angleterre, no soleil, no taureaux, no joie. Everibodi kaput.

Il garda le silence un moment pour donner à l'Anglais le temps d'assimiler sa théorie sociologique, puis ajouta :

- En Angleterre, roi. En Espagne, no roi. Avant, roi. Alfonso. Maintenant, plus roi. Fini. Maintenant, république. Président : Niceto Alcala Zamora. Elections. D'abord Lerroux, maintenant Azana. Partis politiques tous dans le même sac, tous mauvais. Politiciens pourris. Everibodi fumiers.

L'Anglais ôta ses lunettes, les nettoya avec le mouchoir qui dépassait de la pochette de sa veste et profita de la pause pour regarder par la fenêtre. Sur la terre ocre qui s'étendait à l'infini, on ne voyait pas un arbre. Au loin, il aperçut un paysan, portant cape et chapeau à large bord, monté en travers sur un mulet. Dieu sait d'où il vient et où il va, pensa-t-il avant de se tourner vers son interlocuteur avec une expression peu engageante, bien décidé à ne pas se montrer disposé au dialogue.

- Je suis au courant des vicissitudes de la politique espagnole, dit-il froidement, mais en ma qualité d'étranger je ne me considère pas autorisé à m'immiscer dans les affaires intérieures de votre pays ni à émettre des opinions sur le sujet.

- Ici, personne ne se mêle des affaires des autres, dit le loquace voyageur, quelque peu déçu de constater la maîtrise de la langue castillane dont faisait preuve l'Anglais. (...)

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En marchant dans la rue, il découvre avec surprise que les réflexions mélancoliques inspirées par la contemplation du tableau, loin d'augmenter son abattement, l'ont dissipé. Pour la première fois, il prend conscience d'être a Madrid, une ville qui lui rappelle d'agréable souvenirs et lui procure une excitante sensation de liberté.

Anthony Whitelands a toujours aimé Madrid. A la différence de beaucoup d'autres villes d'Espagne et d'Europe, l'origine de Madrid n'est pas grecque, ni romaine, ni même médiévale, mais date de la Renaissance. Philippe II l'a créée a partir de rien en y établissant la cour en 1561. Pour cette raison, Madrid n'a pas de mythes fondateurs qui remonteraient a une obscure divinité, ni de Vierge romane qui l'abriterait sous son manteau de bois sculpté, ni d'auguste cathédrale qui projetterait son ombre sur le vieux quartier. Sur ses armoiries, pas de belliqueux tueur de dragons; son saint patron est un humble paysan dont on célèbre la mémoire par des fêtes et des courses de taureaux. Pour préserver son indépendance naturelle, Philippe II a construit l'Escurial et a éloigné ainsi de Madrid la tentation de devenir un foyer de spiritualité en plus d'être le siège du pouvoir.

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La nuit tombait de bonne heure, et la pénombre enveloppait peu à peu la maison du duc de la Igualada tandis qu'Antony Whitelands, recroquevillé dans son coin, entendait les brèves consignes de ses poursuivants, regroupés dans le hall qu'il venait de quitter pour se réfugier à l'étage du dessus.

- Si quelqu'un est vraiment entré, ce dont je doute, annonça le terrible majordome sur un ton catégorique, il ne peut être sorti de la maison sans qu'on l'ait vu. Je propose que nous procédions à une fouille minutieuse, chambre par chambre. Vous chercherez dans les pièces de réception. Les domestiques sont avertis, au cas où il viendrait dans la cuisine, l'office ou la buanderie. Je me charge des chambres à coucher.

Les généraux acceptèrent l'ordre sans broncher, reconnaissant l'autorité provisoire de celui qui connaissait le mieux le terrain.

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Si l'ouvrier se soulève, au lieu de se demander ce qu'il veut, on lui envoie la police ; quand ça ne suffit pas, la garde civile, et si nécessaire la légion. Avec de tels arguments, pas besoin d'avoir raison.

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Les Ménines...L'oeuvre maîtresse de Velasquez et aussi son testament. C'est un portrait de cour à l'envers : il représente un groupe de personnages triviaux : des petites filles, des nains, un chien, et le peintre lui-même. Dans le miroir se reflète l'image confuse du roi, les représentants du pouvoir. Ils sont en dehors du tableau et par conséquent de nos vies mais ils voient tout et ce sont eux qui donnent au tableau sa raison d'être. (p. 391)

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Rencontre avec Eduardo Mendoza en partenariat avec l'Institut Cervantès de Bordeaux. Entretien avec Yves Harté.
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