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Celia Levi (Autre)
EAN : 9782367190785
376 pages
Éditeur : Tristram Editions (20/08/2020)
3.11/5   55 notes
Résumé :
Jeanne, ses études terminées, a quitté sa Bretagne natale pour vivre à Paris. Elle a trouvé un stage
d’« accueillante » à la Tannerie, une nouvelle institution culturelle, installée dans une usine désaffectée de Pantin.
D’abord déboussolée par le gigantisme et l’activité trépidante du lieu, timide et ignorante des codes de la jeunesse parisienne, elle prend peu à peu de l’assurance et se lie à quelques-uns de ses collègues, comme la délurée Marianne ou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
3,11

sur 55 notes

fanfanouche24
  15 octobre 2020
Comme une sorte d'OLNI….[ Objet Littéraire Non Identifié ] tant ce texte est d'un genre atypique, difficilement classable…
Un roman tout à fait étonnant nous offrant à la fois une radioscopie sociale du XXIe dans la vie parisienne, doublé d'un roman d'apprentissage…sans oublier une promenade magique , continue dans le Paris d'aujourd'hui…à travers les yeux d'une très jeune femme qui aborde sa vie d'adulte !
Une jeune femme, ayant fini ses études, et après un stage en librairie, décide de quitter sa Bretagne natale pour « monter à Paris » , trouver sa voie, un emploi, commencer une nouvelle vie, plus aventureuse…plus valorisante que la vie routinière de province .Ses parents sont agriculteurs…
Jeanne sera embauchée à la Tannerie, nouveau lieu culturel d'avant-garde, qui démarre un projet ambitieux dans un quartier populaire du 19e parisien, entre Pantin, Stalingrad et sa Rotonde, les quais de canal de l'Ourcq…Elle s'immergera dans ce lieu professionnel, observera les uns et les autres pour acquérir de nouveaux codes sociaux…car, si il y a une chose qui n'a pas changé, c'est l'aura, le prestige irradiant de la Ville-Lumière !...Elle se veut plus Parisienne que les natifs de la Capitale…Une sorte de fraîcheur, naïveté rafraîchissantes…nous faisant songer à la fable du "Rat des champs et du rat des villes" !!
Il est aussi beaucoup question de la Solitude en milieu urbain… l'envers de la médaille !!
« Jeanne se mit à réfléchir au sentiment de solitude. Quelque fois cela lui plaisait d'être seule, de se soustraire au regard d'autrui. Elle avait été seule au cours de son existence, peut-être que c'était parce qu'elle était enfant unique, on disait que généralement les enfants uniques étaient des solitaires. Mais depuis qu'elle habitait à Paris, cela lui pesait. Elle s'était mise à rechercher la compagnie des autres, à éprouver un désir fou de les entendre, de savoir comment ils vivaient, ce qu'ils pensaient, elle était prise d'une curiosité insatiable pour eux, elle devait les connaître à tout prix. (p. 107)”
De très belles et très nombreuses descriptions de la Ville, des différents quartiers de la Capitale, au fil des saisons.. !
Une balade ininterrompue dans Paris, ses architectures , ses arrondissements bourgeois ou populaires, nous offrant l'Histoire à chaque coin de rue !
L'auteure nous fait, également, le récit de l'actualité, des mouvements sociaux, de l'émergence du mouvement « Nuit debout » , en 2016, pour réagir contre la Loi Travail !!....L'occasion d'analyser, d'observer notre société, les dérives du capitalisme, de la technologie à outrance.. Notre narratrice reste, malgré sa volonté de trouver sa place dans ce monde, une observatrice, souvent en décallé…perplexe, hésitante…en marge !
Amoureuse de Julien, jeune intellectuel, occupant des responsabilités à La Tannerie…elle se cultive, va aux expositions, par curiosité mais aussi pour acquérir les codes sociaux des Parisiens cultivés ainsi que pour séduire et intéresser Julien…
Au quotidien, les difficultés durables de jeunes diplômés, sous-payés, allant de CDD en CDD…dans un monde de précarités multiples. Célia Lévi aborde tous les aspects de la vie d'une jeune femme dans notre quotidien, souhaitant trouver un travail valorisant, un sens à construire pour son avenir d'adulte responsable… On ne peut que s'étonner ou admirer la lucidité et la maturité de cette jeune écrivaine, qui autopsie « notre monde » de tous les jours : le monde culturel, le monde du travail, la politique, les mécontentements, les dérives multiples, les drames des migrants, des plus pauvres, la protection de la nature, de l'environnement, l'amour des animaux dans notre "monde de brutes" !! etc…

« de toute façon, on vivait dans une société qui sacralisait le travail, n'avait-elle pas remarqué que quand on rencontrait une personne pour la première fois, on lui demandait immédiatement ce qu'elle faisait comme travail, et non ce qu'elle aimait par exemple, comme si le travail définissait l'être. (p. 69)”
Un roman qui m'a d'autant plus semblé proche qu'il mettait en valeur des lieux qui me sont très familiers, que j'ai hantés, arpentés jusqu'à l'été 2000, après 15 années face au Parc de la villette, la Cité de la Musique… les bords de l'Ourq, la transformation d'un quartier mal aimé : entre Paris, le 19e arrondissement, le Canal de l'Ourq, la réhabilitation de quartiers délaissés en lieux branchés… La Rotonde de Ledoux ( à Stalingrad ), les quais de Seine, etc…. sans oublier l'évocation de la Bretagne de son enfance, et de ses parents !
Merci aux éditions TRISTRAM nous offrant un catalogue des plus tonifiants et éclectiques. La couverture de l'ouvrage est à remarquer ; son extrême sobriété de dessin et de couleurs est très évocatrice de « nos solitudes modernes » ….et du noyau central de ce roman.
Cette lecture a été si plaisante, attachante, riche, que , poussée par la curiosité, je me suis empressée de me commander deux autres textes de cette jeune auteure d'origine chinoise : « Les Insoumises » et « Dix yuans un kilogramme de concombres »… toujours aux éditions Tristram…

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frconstant
  28 août 2020
J'ai eu le plaisir de découvrir de titre grâce à ma participation aux explorateurs de la rentrée 2020, vaste opération de découverte des nouveaux livres sortant fin de l'été. Une organisation extrêmement sympathique à l'actif de Lecteurs.com sous la baguette de Karine Papillaud. Merci pour la confiance accordée.
Cri de révolte susurré, roman social saupoudré d'Histoire ou pavé dans la marre de nos tranquillités bourgeoises de gauche ? La Tannerie est un roman qui ne m'a pas laissé indifférent. Mais, sous peine de passer pour un roman coupe-faim qui nourrit la réflexion en abordant de vraies questions sans rassasier les esprits parce qu'il n'en dit pas assez, les amoureux de révoltes sociales, les passionnés d'Histoire, les obsédés de références littéraires, psychologiques ou artistiques de tous poils auront besoin d'un mode d'emploi. Comme Alice aux pays des rêves merveilleux, le lecteur doit, s'il veut apprécier, lire au-delà des mots, du style, des références et du non-dit. Celia Levi, l'autrice qui s'est livrée au public avec Les insoumises, Intermittence et Dix yuans un kilo de concombres, continue sa galerie de personnages submergés de rêves mais incapables de les transformer en projets et d'agir pour qu'ils se réalisent.
A la Tannerie, microcosme du monde où nous retrouvons les métiers du spectacle qu'affectionne l'autrice : artistes, ouvreuses, techniciens, agents de sécurité, responsables des planning, ressources humaines ou formation, Jeanne, jeune oie blanche bretonne naïve comme il n'est pas possible, est projetée dans le monde culturel de Paris dans le seul but d'assouvir ses rêves de frivolités et de fuir la ferme familiale et son manque d'avenir à ses yeux. Elle rejoint donc, dans des conditions précaires et de rémunération proche de l'exploitation, la Tannerie, grande friche industrielle où les promoteurs politiques et financiers annoncent un vaste projet porteur de multiples développements à condition qu'il soit soutenu par chacun des membres de cette grande famille dont dépend sa viabilité. Il s'agira d'une offre culturelle ouverte, alimentée par des artistes, des spectacles et des conférences plutôt avant-gardistes s'inscrivant dans la droite ligne (de gauche) de l'éducation des masses, le questionnement des modèles de société et l'intégration des publics défavorisés. Enthousiasmant, non ?
Ce qui n'est pas dit, bien sûr, c'est que ce projet porté par tous, devra rapporter de substantiels bénéfices en vue de garantir les salaires mirobolants des quelques cadres et ce, en dépit de l'avalanche de contrats précaires et des promesses d'avancement non tenues pour les petits salaires, tous métiers confondus. Ce qui ne manquera pas de soulever de vives contestations de ces derniers ? Pas sûr !
Le lecteur est donc au coeur d'une entreprise d'économie sociale. Une minorité vise la seule rentabilité financière, la masse se trouve plongée et plombée dans le rêve fumeux d'une révolution sociale, cadre qui n'empêchera ni les mesquineries, ni les coups foireux destinés, égoïstement, à se garantir une place, un pouvoir dans la structure, un CDI plutôt qu'un CDD.
Dans une telle bulle où les frustrations sont quotidiennes, le monde est refait tous les soirs lors des virées dans les bars de Paris. Dans cette ville, on n'existe que si on s'affiche. le lecteur devra donc absorber une dose d'alcool incommensurable et suivre, à défaut de participer, les joutes oratoires des refaiseurs de monde qui s'étourdissent à coups de références culturelles, cinématographiques et pseudo-philosophiques, toutes participant à la diarrhée de mots et la constipation d'idées qui président ces grands moments à venir. Chacun en est plus ou moins conscient, ces soirées où tout le monde s'agglutine autour d'un verre ont pour seul but de fuir la solitude que personne ne veut pourtant avouer.
Le choix de l'autrice a été de mettre au centre du récit Jeanne, anti-héros, jeune-fille lambda qui pourrait réagir mais qui ne trouve aucune balise, aucun cap à suivre, aucun phare pouvant la mener à bon port. Dieu, qu'il m'a parfois été pénible de suivre Jeanne, les pages et les pages tournant sans jamais un soupçon de révolte ne la conditionnant à se prendre en mains. J'ai été ulcéré par cette complaisance à subir la vie, par cet effacement, ce manque d'assertivité, bref, ce rôle poupée de chiffons qui ne se préoccupe que du cosmétique pouvant la jeter dans les bras d'un Julien convoité, un cuistre, poseur d'apparat lors de toutes les virées nocturnes n'abordant la vie qu'avec un vernis de culture qui se craquèle avant même de sécher. Il joue, pose et impose son regard clair, mais non lucide, sur ses proies, arrose les échanges pseudo philosophiques qu'il mène dans les bars d'un pédantisme de dandy qui camoufle à merveille la totale absence de lecture critique et révolutionnaire du microcosme de la Tannerie. Si ces deux personnages sont le centre, alors le cri de révolte de l'autrice ne peut que paraître trop retenu et silencieux. Bien sûr, me direz-vous, je pouvais lire entre les lignes… mais le message n'aurait-il pas été plus mobilisateur si le cri avait eu un petit côté Munch ?
En déconstruisant les propos et les actes des membres de la Tannerie, en dépassant le vide sidéral des considérations philosophiques, j'ai pu, mais bien sûr, comprendre que le message est le non-dit de l'autrice. Ce qui est tu est criant, criant de vérité. Et les nombreuses citations surgies du passé, soulignent la réédition de ces exploitations du travailleur pris en otage par un discours participatif et un management opposé. Par moment, j'ai été intéressé par ces retours au passé. Il me paraît approprié de ne pas oublier l'Histoire. Encore faut-il ne pas y vivre reclus. Or, j'ai eu plus d'une fois cette impression d'être emprisonné dans des argumentations d'un autre âge. Observant la crue de la Seine, était-il indispensable de citer Pissarro où les passants et les fiacres semblent patauger dans la boue ? Cette culture-confiture, parfois pertinente mais devant être dépassée, mises à l'heure du jour ne me semble utile que quand elle débouche sur des actions, des actes qui engagent, transforment, modèlent l'avenir. Or ce retour sur le passé, procédé, répété tout au long des pages, ne modifie en rien la trajectoire de vie. Cela a fini par user mon attention, m'insupporter même. Je suis en plein accord avec Jeanne qui, à la page 342, demande ‘n'as-tu pas l'impression que l'on revit toujours la même chose ?' Et, un peu plus loin quand Jeanne, enfin, a quitté la Tannerie, je me surprends, comme elle, à me dire que tout son récit là-bas n'a couvert qu'une petite période de deux ans de vie ! Cela m'avait semblé une éternité, une même situation qui ne se modifie pas d'un iota, ce qui, après tout, est bien la caractéristique de l'éternité ! Dieu que c'est long cet état !
Cela étant dit, la Jeanne dépasse tout de même la bienséance lorsqu'elle se reproche d'avoir osé comparer sa vie aux personnages des Raisins de la colère, oeuvre culturelle à laquelle on ne peut toucher et qu'elle enchaîne, sans remord cette fois, en pensant qu'elle et les migrants qui plantent leurs tentes de plus en plus près de la Tannerie (attendant sans réagir que les CRS les expulsent) partagent le même sort, personne n'en veut ! C'est pousser le bouchon un peu loin et faire preuve d'une totale absence de capacité à juger la ‘Res Publica', non ?
Alors oui, la Tannerie peut être un cri, une révolte analysée sur base des expériences antérieures et provoquer des rides sur le miroir de nos tranquillités si nos oreilles s'ouvrent aux cris rassembleurs d'un appel au partage des ressources, droits et salaires. Encore faut-il que nos coeurs s'ouvrent aussi, saignent face à la misère du monde et qu'en nous circule un sang nouveau, celui d'une évolution éthique et programmée de ce monde du travail et de ses valeurs.
Celia Levi, par l'écriture de la Tannerie, participe à cet éveil des consciences, assurément. Elle aurait pu le faire avec autant d'à propos et plus d'efficacité encore. Néanmoins, La Tannerie est un livre à lire, à réfléchir et à agir. Bonne lecture à tous ceux qui l'ouvriront.
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hcdahlem
  20 décembre 2020
Le journal de la génération sacrifiée
Dans «La Tannerie», son quatrième roman, Celia Levi retrace le parcours d'une jeune bretonne qui va chercher les clés de son avenir à Paris. Et perdre presque toutes ses illusions, entre violence économique et désert sentimental.
Jeanne est un peu perdue. Engagée comme intérimaire à la Tannerie, un immense espace culturel au bord du canal de l'Ourcq à Pantin (derrière lequel on reconnaîtra les Magasins Généraux), elle est chargée de guider les visiteurs, mais manque d'instructions précises et a encore de la peine à s'orienter. Lorsqu'on lui confie la tâche de retrouver un enfant de quatre ans qui a échappé à la vigilance de ses parents, elle est proche d'un fiasco. Mais finalement tout va finir par s'arranger. Elle a sauvé sa place et garanti son emploi pour quelques mois au moins.
Durant l'entre-saison et ses promenades dans Paris, elle a plusieurs fois songé à regagner sa Bretagne natale qu'elle avait quitté pour un stage dans une librairie, mais qui s'est avéré décevant.
La nouvelle saison à la Tannerie va lui permettre de mieux apprivoiser cet espace de 60000m2, de se familiariser avec les défilés de mode, les expos d'art contemporain, le théâtre, le cirque et les soirées festives.
La chronique qui suit va retracer en détail les journées de Jeanne, ses rencontres, ses sorties, sa vie entre le Paris du quartier latin où elle trouvé une colocation et son immense vaisseau culturel installé à quelques pas d'un campement de migrants.
Celia Levi a choisi de nous dévoiler la prise de conscience politique et sociale à partir des témoignages rassemblés, de l'expérience acquise au fil des jours, des discussions qui vont devenir de plus en plus intéressantes: «Jeanne sentait que des bases théoriques lui manquaient, qu'elle n'était pas rompue à l'art du discours. Elle réussissait désormais à intervenir, apporter des précisions, des miettes recueillies ici ou là, mais dès qu'il s'agissait de convaincre ou de réfuter, elle était démunie, tout s'effondrait, n'était plus sûre de rien, pas même de ce qu'elle défendait.»
Elle va vivre sa première manifestation un peu comme une sorte de happening, elle va chercher auprès de Julien et de ses amis les lectures et les arguments pour décrypter cette curieuse société qui n'a guère de mal à poser un diagnostic sur les maux qui la ronge, mais hésite à vraiment les combattre.
Le livre, construit comme un long – trop long? – journal intime, revisite le roman d'apprentissage en plaçant une jeune fille un peu timide et maladroite, mais pleine de bonne volonté, au centre du récit. On la voit chercher les clefs d'un monde dont elle se sent exclue et dont elle aimerait tant pouvoir faire partie. En entendant le récit des aventures amoureuses de ses amies, elle va d'abord s'inventer une relation avant d'espérer pouvoir intéresser quelqu'un. Une éducation sentimentale du XXIe siècle qui se lit avant tout comme le difficile constat de la précarité à tous les étages. Jeanne va longtemps espérer un contrat à durée indéterminée, gage de davantage de stabilité. Une quête dont Celia Levi va faire le symbole de cette génération sacrifiée. Ajoutons que les temps difficiles que nous vivons du fait de la pandémie ne vont sans doute pas arranger les choses…

Lien : https://collectiondelivres.w..
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celestineh
  04 octobre 2020
Pfiouuuuu….J'ai bien cru que je n'arriverais jamais au bout de cette tannerie, pourtant chaudement recommandée par les critiques et surtout par une de mes libraires préférées. Mon dieu que j'ai peiné pendant cette lecture.
Les personnages évoluent dans un milieu parisien très contemporain et branché. La tannerie est un ancien site industriel de Pantin reconverti en milieu culturel, un lieu imaginaire mais qui ressemble à bien des endroits existants.
Jeanne jeune provinciale arrivée fraîchement de sa Bretagne, a réussi à décrocher un CDD dans ce lieu à la mode. Elle est accueillante (en bref elle indique les toilettes). Emploi précaire et mal payé comme la plupart de ceux qui travaillent dans ce haut lieu culturel. Jeanne est fascinée par ce milieu branché et parisien et rêve de s'intégrer. Elle est amoureuse de son supérieur, beau parleur imbu de sa personne.
Les responsables sont animés de belles intentions (la culture pour tous, l'aide aux migrants installés à proximité, le soutien de Nuit debout etc) mais en réalité ils maltraitent leurs salariés et font bien peu de cas des problèmes du monde extérieur. Tout ce petit monde parle beaucoup mais n'agit pas et se contente de brandir de belles idées jamais mises en pratique.
Le sujet est donc plutôt bien traité et l'auteure a un regard ironique bien vu.
Mais que de répétitions : l'action ne progresse pas et les deux années de Jeanne qui sont décrites dans le roman m'ont semblé interminables !
Et les personnages principaux sont globalement à claquer soit parce qu'ils sont d'une naïveté et passivité incroyables comme Jeanne, soit parce qu'ils sont d'une prétention insupportable. Je ne me suis attachée à aucun…
Voilà un roman intéressant sur le « papier » mais qui au final m'aura fait périr d'ennui
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musemania
  06 septembre 2020
Avis des 100 pages
Ce livre doté d'un style d'écriture plaisant, une fois les premières pages lues, on est assez vite plongé dans le decorum mis en place par l'auteure, Celia Levi. La Tannerie, d'où le roman tire son nom, est un grand complexe culturel qui a pris place sur une ancienne friche industrielle à Paris. On peut l'apprécier comme un microcosme de notre société : les différentes classes sociales, les idéaux propres à chacun, …
Le personnage principal de « Jeanne » représente assez fort le stéréotype de la petite ingénue provinciale qui débarque à Paris en n'y connaissant rien. Au fil des jours, elle tente d'en déchiffrer les codes. Je l'ai parfois trouvée un peu godiche et agaçante par son manque de jugeote et cet esprit candide dont elle fait preuve. Peut-être que le reste de l'histoire me la rendra plus sympathique au delà de ces 100 premières pages. Je n'arrive pas à m'y attacher.
Malgré cette animosité à l'égard du personnage principale, j'aime assez bien ce roman. Il n'y a pas de grandes surprises jusqu'à maintenant mais je m'y sens bien et vais donc poursuivre avec intérêt cette lecture.
Ma chronique finale
Ce livre doté d'un style d'écriture plaisant, une fois les premières pages lues, on est assez vite plongé dans le decorum mis en place par l'auteure, Celia Levi. La Tannerie, d'où le roman tire son nom, est un grand complexe culturel qui a pris place sur une ancienne friche industrielle à Paris. On peut l'apprécier comme un microcosme de notre société : les différentes classes sociales, les idéaux propres à chacun, etc. le personnage principal de « Jeanne » représente assez fort le stéréotype de la petite ingénue provinciale qui débarque à Paris en n'y connaissant rien. Au fil des jours, elle tente d'en déchiffrer les codes. Je l'ai parfois trouvée un peu godiche et agaçante par son manque de jugeote.
Mon ressenti premier s'est finalement poursuivi tout du long de ma lecture. Cette façon stéréotypée d'appréhender la jeune adulte qui quitte tout pour débarquer à Paris, eldorado pour cette petite provinciale, a déjà été vu et revu. Ou bien faut-il l'appréhender comme une satire de cette idée de la métropole et de ses lumières ?
Celia Levi appréhende le lieu culturel qu'est la Tannerie, comme une entreprise, ce microcosme où les tensions contre les fonctions dirigeantes s'exacerbent lorsque les desiderata ne sont pas accordés, où les contrats précaires se multiplient en vue d'éviter les charges et les frais par la direction. Cela est abordé de façon totalement réaliste et le parallèle est évident.
Une fois les 100 premières pages passées, le monde merveilleux de la Tannerie s'effondre petit à petit : les berges sont occupées par des migrants de plus en plus nombreux, le mouvement Nuit Debout se met en place avec de multiples rassemblements et manifestations,… C'est ainsi que l'auteure intègre à sa fiction des événements et faits réels.
J'ai trouvé des longueurs rébarbatives à ce texte. Avec parfois l'impression de lire des pages remplies de descriptions inutiles et futiles de lieux ou de sentiments dans le seul et unique but inavoué de remplir des pages. Autant certains passages étaient intéressants et donnaient du sens à l'histoire, autant certaines pages comportaient des phrases très longues n'offrant aucune plus-value au récit à part provoquer une certaine lassitude auprès du lectorat.
Même si l'idée principale de ce livre était originale, la manière d'en extrapoler des pages inutiles en fait perdre la saveur. Je dois avouer avoir lu certains passages en diagonale, me rendant compte que je n'en perdais aucune information primordiale. Alors que ce livre comporte 377 pages, il aurait pu être épuré et en garder toutes ses qualités et originalités. Ce choix éditorial est bien dommage et risque de freiner certains lecteurs dans leur façon d'apprécier ou non ce livre. Pour un premier roman, j'aurai pu l' « excuser » mais vu qu'il s'agit quand même du cinquième de l'auteur, je me devais d'en tenir rigueur quant à l'appréciation de ce bouquin.
Bien entendu, toutes ces constatations ne sont que mon humble avis personnel. Je ne souhaite pas l'imposer aux autres lecteurs et c'est la raison pour laquelle je vous conseille de vous faire votre propre avis par la lecture de ce livre.
Lu dans le cadre des Explorateurs de la Rentrée littéraire 2020 du site lecteurs.com
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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critiques presse (5)
Actualitte   24 décembre 2020
La Tannerie est donc aussi un livre sur cette distance qui sépare de plus en plus les discours des actes, dans le monde culturel, et plus largement.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeSoir   30 novembre 2020
Celia Levi frappe fort dans son dernier roman, «La Tannerie», lieu culturel et microcosme de notre société où sévit l'imposture.

Lire la critique sur le site : LeSoir
LaPresse   02 novembre 2020
Pour son quatrième roman, Celia Levi nous propose une histoire on ne peut plus actuelle : celle de Jeanne, jeune femme native de la Bretagne qui « monte » sur Paris pour faire sa place dans le merveilleux monde de la culture.

Lire la critique sur le site : LaPresse
Liberation   24 août 2020
L'auteure conte les illusions perdues d’une jeune provinciale montée à Paris, employée à l’accueil d’une ex-friche réhabilitée.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   21 août 2020
Avec « la Tannerie », la romancière des « Insoumises » réécrit « l?Education sentimentale », au féminin et au XXIème siècle. Un tour de force.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   20 décembre 2020
INCIPIT
«Mets-toi là» lui avait-elle dit. «Là», Jeanne ne savait pas où cela se trouvait avec toute cette cohue, les radeaux, les bateaux et les danseurs épars. Elle se posta près du canal cherchant des yeux les tenues orange des accueillants dispersés. La foule se pressait, Jeanne se sentit entraînée. Elle dépassa une accueillante qui répondait à un couple et montrait du doigt un point au loin à droite. Elle aurait voulu lui parler, derrière on la poussait. Elle était sur la péniche. « Larguez les amarres. » Une sirène hurla. La fanfare commença à jouer, sur l’embarcation des personnes agitaient leur main comme si elles partaient pour un long voyage. Sur le quai, les gens s’amusaient, des jeunes buvaient dans des chopes, allonges sur des chaises longues. Il y avait aussi des tables rondes sous les marronniers, une petite buvette où une queue s’était formée. Les péniches accostées en face vacillaient légèrement car un vent frais s’était levé. Jeanne frissonna. Les rayons du soleil déclinant illuminaient l’horizon de teintes dorées. Elle aperçut l’imposant édifice en briques rouges, les deux cheminées, et devant, tout le long de l’ancien chemin de halage, les cabanons en tôle ondulée et en verre. Les accueillants s’affairaient, ils dépliaient des chaises; certains, en faction, se tenaient à côté des barrières. Des enfants faisaient des courses de tricycle, c’étaient des tricycles bleus avec des poignées en bouchons de plastique conçues par un artiste belge spécialement pour l’occasion, il fallait y faire attention. Elle s’appuyait au bastingage et regardait les habits et les visages des passagers tout en se demandant si un responsable ou un collègue ne pourrait pas lui donner des instructions. Les jeunes femmes portaient des robes légères aux couleurs vives, les hommes des pantalons retroussés sur les chevilles. Ces toilettes lui donnaient une impression de gaieté, d'ivresse. On entendait, alors que la péniche s’éloignait, les applaudissements et la fanfare qui reprenait. Sur le quai, le public attroupé battait la mesure, un cornet de frites à la main, un vrai cornet en papier journal. Les légers remous lui donnaient mal au cœur, elle s’accrochait au parapet plus fermement. Elle se pencha, derrière elle entrevoyait la façade des Magasins généraux, la structure métallique du pont, et devant, sur l’eau, l’ombre noire des arbres qui suivaient la ligne droite du canal. Des radeaux partaient dans leur direction, et des éclats de rire étaient recouverts par la musique, elle n’avait pas vu qu’il y avait également des pédalos, des petits points plus bas éparpillés. Elle se dirigea vers la marquise, tentant de se frayer un chemin à travers la foule compacte sur le pont. Elle réussit à voir un homme avec le gilet orange qui distribuait des prospectus. Elle s’approcha de lui pour savoir ce qu’elle devait faire. Il était occupé, tout le monde lui posait des questions, il avait l’air survolté, son talkie émettait des sons brouillés. Qui était-elle ?... une nouvelle.. Paula ne lui avait-elle rien dit ?... ils allaient bientôt rentrer de toute façon, elle n’avait qu’à se mettre à la sortie, ah il y avait déjà quelqu'un, qu’elle se poste donc près du boulard.… dire qu’ils seraient à quai dans dix minutes, ah oui qu’elle parle aussi du programme. Il lui remit une petite pile de dépliants. Elle ne savait pas ce qu'était un boulard, et ne se souvenait que vaguement du programme, elle regarda le prospectus. Elle n’eut pas le temps de l’interroger car il avait déjà disparu. Elle resta les bras ballants, écoutant des bribes de conversations.
La péniche s’immobilisa. Elle retournait vers la berge.
Jeanne se sentait perdue. La fanfare avait cessé de jouer. Des musiciens se préparaient pour le bal, les techniciens installaient des micros, branchaient des amplificateurs. Les VIP buvaient dans les cabanes qui ressemblaient à de petits salons avec des tables basses, des poufs, des coussins.
Le maire allait arriver, avec la ministre de la Culture. Il fallait se tenir prêt, des accueillants couraient, donnant des ordres dans leur talkie, il restait des transats à replier, il fallait remonter au bureau imprimer des programmes, disposer les chaises, un lutrin s’était cassé, vite, vite. Un homme grand et maigre, chauve, avec un veston violet, des bretelles au pantalon, parlait à Paula, elle hochait la tête. Il vérifiait, tournait sur lui-même, puis serrait des mains. Que dirait-on si on la surprenait comme ça, immobile, à ne rien faire. Escortés par la sécurité, la ministre et le maire se dirigeaient vers une estrade face au canal. Un homme de la sécurité la poussa vivement. Elle se plaça derrière la foule qui entourait l’estrade. Le micro fonctionnait mal, Paula courut en chercher un autre accompagnée d’un technicien au tee-shirt noir.
La ministre prit la parole, Jeanne ne parvenait à voir que des têtes et des dos. «Quelle belle énergie, quelle vie, une ambition pareille, moi je le confesse je n’y croyais pas à ce projet…» Elle n’écoutait pas, son esprit vagabondait… «la culture pour tous…» Combien pouvait-il y avoir d’accueillants? Elle n’aurait pas reconnu le jeune homme avec qui elle avait échangé deux mots sur la péniche. Et Paula était-elle la chef des accueillants? Elle lui avait été présentée comme sa «référente». Elle regarda du côté de la péniche, il y avait une femme et un homme qui s’adressaient à deux accueillants, la femme faisait de grands gestes, était agitée, l’accueillant parlait au talkie, Jeanne réussit à s’extraire de la masse, ils avaient peut-être besoin d’elle. L’accueillant au talkie s’était éclipsé. Jeanne, qui s’était rapprochée, n’osait pas interrompre la fille au gilet orange qui parlait à l’homme. Elle comprit que le couple ne retrouvait plus son enfant. Elle demanda si elle pouvait aider. L’accueillante, une petite blonde frisée, la prit à part: «Ouais s’il te plaît, j'ai autre chose à foutre, gère la mère elle est hystérique, tu nous dis.» Elle s’éloigna. Jeanne resta avec les parents. La mère criait: tout le monde s’en fichait, pourquoi ne cherchait-on pas? Jeanne tentait de la rassurer, ils étaient justement partis pour régler la situation. Elle demanda aux parents de décrire l’enfant, quel âge avait-il? quel était son nom? Gaston, un joli prénom, elle se repentit, ce n’était pas le moment, ça lui était venu comme ça. Où l’avaient-ils perdu? Dix minutes… près de la péniche. Où avaient-ils cherché? au stand de tricycles? les enfants adoraient les tricycles. Près de l’orchestre? Le père s’impatienta, ils avaient déjà tout dit à ses collègues. Jeanne leur demanda de rester où ils étaient, elle chercherait parmi le public. «Merci» lui dit la mère d’un air méfiant. Avait-elle compris que c’était son premier jour?
Elle tapotait l’épaule des gens, les faisant sursauter, pour demander s’ils n’avaient pas vu un enfant seul, roux, de quatre ans. Ils ne prêtaient pas attention à ce qu’elle disait, secouaient la tête, irrités. Le discours continuait: «Un voyage d’une rive l’autre, d’un monde à un autre, de l’urbain à l’art, du faber à la fabrique.» Elle aurait dû rester à écouter le discours tranquillement. Elle ne connaissait pas le lieu. Ne savait déjà plus où étaient les tricycles. Elle dévoilait toute son incompétence, ses employeurs diraient qu’elle avait fait n’importe quoi, que se passerait-il si l’enfant n’était pas retrouvé? Plus de trace de gilets-orange. Jeanne eut l’idée de fouiller la péniche. Un agent de sécurité lui barrait le passage. Elle lui expliqua la situation, il ne savait pas, n’avait pas vu d’enfant, n’avait pas de talkie, ne pouvait pas bouger de sa place, il la laissa néanmoins passer. La péniche vide semblait immense. Elle chercha sous les banquettes, sur le pont. L'enfant n’y était pas.
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fanfanouche24fanfanouche24   09 octobre 2020
Jeanne se mit à réfléchir au sentiment de solitude. Quelque fois cela lui plaisait d'être seule, de se soustraire au regard d'autrui. Elle avait été seule au cours de son existence, peut-être que c'était parce qu'elle était enfant unique, on disait que généralement les enfants uniques étaient des solitaires. Mais depuis qu'elle habitait à Paris, cela lui pesait. Elle s'était mise à rechercher la compagnie des autres, à éprouver un désir fou de les entendre, de savoir comment ils vivaient, ce qu'ils pensaient, elle était prise d'une curiosité insatiable pour eux, elle devait les connaître à tout prix. (p. 107)
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fanfanouche24fanfanouche24   09 octobre 2020
Elle se souvint que c'était Xavier qui avait parlé de la solitude de l'homo technologicus. les gens ne se voyaient que rarement et lorsqu'ils se voyaient ils étaient arrimés à leur tablette, à leur téléphone portable. Il y avait une impossibilité de la communication dans la société de l'hypertechnologie. L'assistance s'était moquée de lui, c'était une constatation un peu banale. Julien l'avait contredit, c'était une question constante de l'humanité, déjà développée dans -Le Banquet -avec la quête de l'autre moitié pour combler un manque primordial, et la question avait été approfondie par Heidegger, l'idée de l'homme jeté là, sans parler avant lui Pascal terrorisé par l'immensité du cosmos, bref c'était la condition humaine. (p. 107)
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fanfanouche24fanfanouche24   15 octobre 2020
Julien hésitait: "Enfin non mais, je veux dire, enfin les gens se parlent. On vit dans une société où les gens ne communiquent plus vraiment, ils ont besoin de se raconter, de retrouver la fonction qu'avait une place publique, le forum romain, avant les réseaux sociaux. Toute occasion de contact humain est bonne à prendre. Contrairement à toi, je suis un vrai démocrate, je ne crois pas que certains êtres soient supérieurs à d'autres. Oui, je l'avoue, ça me touche de voir ces personnes qui débordent d'une envie irrépressible de parler, comme s'ils s'étaient retenus toute leur vie. (...) La solitude est la maladie de l'époque. (p. 271)
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fanfanouche24fanfanouche24   14 octobre 2020
Et puis, peu à peu, j'ai compris que c'était beau de voir des personnes qui crevaient de solitude prendre la parole, la France qu'on n'entend pas. Et ils bénéficient de l'écoute qu'ils n'ont jamais. Pourquoi les clochards ne pourraient-ils pas parler ? Y'a des choses dingues comme le projet d'une nouvelle constitution. C'est très hétérogène, toutes les luttes de ces dernières années y sont concentrées, les migrants, les ZAD, l'antispécisme, les féministes. Bon, il y a aussi des radicaux, des casseurs, mais dans l'ensemble c'est pacifiste. On en revient à la base, à analyser ce qu'est la politique, vivre les uns avec les autres (...) A Maubert, il y avait quatre cents personnes réunies pour soutenir dix gars, ça dépasse la loi Travail, c'est la possibilité d'un monde meilleur qui s'ouvre, plus solidaire aussi. (p. 248)
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Celia Levi vous présente son ouvrage "La Tannerie" aux éditions Tristram. Rentrée littéraire automne 2020.
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Note de musique : YouTube Audio Library
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