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EAN : 9782072796982
480 pages
Éditeur : Gallimard (20/08/2020)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 197 notes)
Résumé :
Fasciné par les arcanes du réel, Dimitri, jeune reporter de vingt-sept ans, mène sa vie comme ses missions : en permanence à la recherche de rencontres et d’instants qu’il voudrait décisifs.
Un jour, il se lance dans une enquête sur la naissance d’Internet, intrigué qu’un ingénieur français, inventeur du système de transmission de données qui est à la base de la révolution numérique, ait été brusquement interrompu dans ses recherches par les pouvoirs publics... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  01 octobre 2020

°°° Rentrée littéraire 2020 # 27 °°°
Ce roman protéiforme est incroyablement vivant ! J'ai aimé les deux comédies françaises racontées dans ce roman ... à moins qu'il y en ai plus que cela !
Le premier roman dresse le portrait d'un jeune journaliste, Dimitri dont on apprend dès la première page sous forme de faire-part qu'il a trouvé la mort à 27 ans dans un accident de voiture. Eric Reinhardt prend le temps de nous présenter ce personnage aussi attachant, intéressant qu'agaçant. Il déroule le fil de la vie de Dimitri, brillant, mobile et insaisissable à travers une carte du tendre très mouvementée, Dimitri tombant souvent amoureux et courant après une femme qu'il rencontre en plusieurs lieux. C'est assez irrésistible, on a l'impression d'être dans un Truffaut à suivre un personnage qui fusionnerait le Jean-Pierre Léaud de Baisers volés et le Charles Denner de L'Homme qui aimait les femmes, irrésolu, idéaliste et ayant du mal à s'extraire de ses rêves pour vivre dans la réalité.
Le deuxième roman est une enquête, celle que poursuit Dimitri, en fait le récit d'un fiasco français qui a conduit la France à passer à côté de la possibilité de devancer les Etats-Unis dans la création d'Internet. La thèse d'Eric Reinhardt est ultra convaincante et documentée, construite autour du témoignage de l'ingénieur informatique Louis Pouzin : il a conçu le système de transmission de données électroniques, le datagramme. Même si je ne suis pas du tout fan ni experte en geekerie, l'auteur nous ferre en construisant son enquête quasi comme un thriller. Les pages sont mordantes et fort sarcastiques, tirant à boulet rouge sur la vieille France, sur les privilèges d'une classe politique sclérosée par le lobbying, sur le corporatisme stupide des corporatismes et l'impunité des puissants qui ont aveuglé et manipulé le pouvoir en place ( en l'occurence Valéry Giscard d'Estaing qui se targuait pourtant de modernité et a choisi le Minitel plutôt qu'Internet ). C'est acerbe et hautement réjouissant !
Pour autant, est-ce que j'ai aimé que ces deux romans n'en forment qu'un seul ? J'avoue que je n'ai pas toujours vu le lien entre le récit intime centré Dimitri et l'enquête à charge. C'est vrai que dans les deux cas, Eric Reinhardt pointe du doigt ces moments où le destin bifurque, ces événements qui devient le cours des choses et font basculer dans un après. Mais il m'a manqué un autre fil conducteur que le simple fait que Dimitri mène l'enquête lui-même. Bref, je me pose encore la question.
Ce qui est sûr, c'est que ce roman est d'une vivacité remarquable. Que l'acuité sur l'époque dont fait montre Eric Reinhardt crève les pages. Que le style de l'auteur est incontestablement brillant, son écriture, totalement maitrisée, emplie de nombreux degrés, m'a régalée, notamment dans les dialogues. Et quel humour, qualité plutôt rare pour un roman qui se veut aussi sociologique et politique. C'est souvent très très drôle : les lettres qu'écrit Dimitri à un Giscard nonagénaire pour lui demander des comptes à la frontière du harcèlement sont hilarantes.
A noter une passionnante digression ( ou roman dans le roman, un de plus ) sur la façon dont le peintre Max Ernst apprend à Jackson Pollock la méthode du dripping qui donnera naissance à l'art abstrait américain et permettra à New-York de supplanter Paris comme capitale de l'Art.
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Fandol
  10 décembre 2020
Éric Reinhardt que je lis pour la première fois m'a emmené dans un roman un peu fou, très long, un peu trop à mon goût. Pourtant, je reconnais que la plume de l'auteur est alerte, incisive, efficace, et qu'il sait accrocher l'intérêt de son lecteur tout en révélant des informations très instructives.
Tout commence avec la quête d'une fille croisée dans Madrid, fille que Dimitri, le narrateur, veut absolument retrouver, croit reconnaître mais disparaît avant qu'il ait pu l'aborder. Seulement, avant que cette quête commence, l'auteur avait inséré l'avis de décès de Dimitri Marguerite et les circonstances de l'accident de voiture qui a causé sa mort, le 16 juillet 2016, sur une route de Bretagne. Sa compagne, Pauline, qui conduisait, étant indemne.
Madrid, Paris, c'est en 2015 puis l'auteur permet de faire connaissance avec son héros qui m'a entraîné dans le monde du lobbying puis dans l'enquête journalistique. Spontané et curieux, Dimitri n'a pu poursuivre son travail trouble de consultant et se retrouve journaliste à l'AFP.
C'est à partir de là que sa rencontre avec Louis Pouzin enclenche ce qui est le coeur du livre : l'histoire de l'inventeur du datagramme qui avait mis au point, bien avant les Américains, ce qui deviendra Internet. Oui, vous lisez bien, Internet aurait dû être français si Valéry Giscard d'Estaing, cédant aux pressions du plus grand patron de l'époque, Ambroise Roux (CGE), n'avait sacrifié tout ce que préparait Louis Pouzin et son équipe à l'IRIA (Institut de recherche en informatique et en automatique) de Rocquencourt. Tout cela pour que la France soit la première à mettre au point le… Minitel.
L'histoire, la quête plutôt, de Dimitri est infiniment détaillée. L'auteur répète plusieurs fois certains épisodes, avance, revient en arrière puis m'emmène subitement sur les traces de Max Ernst depuis sa maison de Saint-Martin d'Ardèche jusqu'à New York avec les surréalistes, André Breton, Jackson Pollock, Lee Krasner, sans oublier leur égérie et mécène : Peggy Guggenheim. C'est complet, documenté, agrémenté d'anecdotes savoureuses, étonnantes dont le texte foisonne mais j'ai trouvé cela beaucoup trop long.
Finalement, me revoilà au coeur du sujet : Ambroise Roux (1921 – 1999). Éric Reinhardt, en utilisant la fiction, réussit à rappeler l'histoire de cet homme qui influença tellement les décisions politiques des années 1970. C'est souvent critique, voire caustique et les aventures sentimentales de Dimitri offrent quelques respirations salutaires.
Je ne peux passer sous silence la désopilante analyse de la biographie du grand homme rédigée par une journaliste à particule, reine de la brosse à reluire.
Comédies françaises est un livre à lire, assurément, car ce que nous vivons aujourd'hui avec la toute puissance des Américains grâce à Internet, aurait pu être évité comme le démontre brillamment Éric Reinhardt.

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Cancie
  03 décembre 2020
Dimitri est un jeune homme né en 1989 dont on apprend dès les premières pages qu'il est décédé dans un accident de la route à l'âge de 27 ans, qu'il était passager d'une BMW dont la conductrice aurait perdu le contrôle, sans explication. La majorité des personnages présents dans le roman sont inscrits sur la page du faire-part, cependant pas tous. Est notée également sur celle-ci : " Que sa curiosité insatiable, son humour, sa colère et son idéalisme nous servent d'exemple à jamais."
C'est donc la vie de Dimitri Marguerite qu'Éric Reinhardt va nous raconter dans Comédies Françaises. Nous rencontrons ce jeune homme rêveur, railleur aussi, une première fois en juin 2015, à Madrid en Espagne. Alors qu'il flâne, en soirée, une jeune femme attire son attention. le hasard fera qu'il sera amené à croiser à nouveau cette belle, mystérieuse et insaisissable inconnue plusieurs fois, à Paris puis à Bordeaux. Cette quête amoureuse est présente tout au long du roman.
Mais faisons connaissance avec ce jeune homme passionné par le domaine du spectacle vivant et le théâtre. Il est un élève brillantissime mais arrête tout en 2008 alors qu'il est en 2ème année de classe préparatoire scientifique, pour le théâtre. Recalé au concours du Conservatoire national de Paris, il s'inscrit à Sciences Po Paris où il peut enfin s'épanouir un peu, allant au spectacle quasiment tous les soirs. Mais c'est un poste dans un cabinet de lobbying qui va se présenter à lui et qu'il va accepter notamment pour le salaire très attractif. Mais sa culture politique d'extrême-gauche le contraindra à démissionner. Ne sachant pas vers quel métier il va pouvoir se tourner, une amie lui parle alors du concours organisé chaque année par l'AFP pour recruter de jeunes reporters. Il se présente et est admis.
Il propose à Louis Pouzin, l'inventeur du datagramme, c'est-à-dire d'Internet de le rencontrer en vue d'écrire un livre d'entretiens. Intrigué et curieux de comprendre pourquoi les recherches de cet ingénieur français ont été brusquement interrompues par les pouvoirs publics en 1974, il mène son enquête. En parallèle, ayant été profondément marqué, à 18 ans par un documentaire sur Max Ernst, il projette d'écrire comment ce dernier a transmis le flambeau de l'avant-garde artistique à Pollock. Il a donc toujours sur lui pour noter, deux carnets : un carnet Clairefontaine bleu à motifs écossais, à spirales et à petits carreaux consacré à ce projet de roman et un carnet rose clair, où s'accumulent ses notes sur le datagramme, Louis Pouzin et la création d'Internet.
C'est un roman d'une richesse inouïe dans lequel le domaine artistique, avec ces magnifiques pages dans lesquelles Dimitri - l'auteur ? - révèle sa passion pour les arts de la scène, avec le surréalisme et comment la peinture abstraite américaine a été autant mise en avant et a connu une telle notoriété, contrebalance le domaine politique avec sa noirceur et ses dessous de table.
Chacun de nous a entendu parler du lobbying et en connaît la définition. Mais la description qu'en fait Éric Reinhardt est absolument remarquable et convaincante. Je n'imaginais pas que ce pouvoir des lobbies était déjà aussi présent dans ces années 1970 et surtout aussi puissant. Que cet industriel Ambroise Roux ait pu être assez influent pour avoir sabordé l'Internet français et la manière dont cet omnipotent patron de la CGE (Compagnie Générale d'Electricité) a mené à bien sa besogne est vraiment époustouflant !
L'auteur aurait pu écrire un vrai documentaire sur ce fait et sur cet homme. Son talent a été d'écrire un roman passionnant en faisant mener l'enquête par son héros. de plus, l'humour vient souvent agrémenter ses propos, notamment lorsque Dimitri lit des passages du fameux roman Un prince des affaires de Anne de Caumont : jubilatoire.
Ahurissant et écoeurant, le pouvoir que peuvent avoir ces lobbyistes sur les hommes politiques et leurs décisions ! Il suffit de regarder ce qui se passe en ce moment, en ces temps de confinement avec les chasseurs pour s'en convaincre.
Comédies françaises est un savant mélange de roman social, de roman historico-politique où la rêverie amoureuse, le sentiment de perte du réel sont aussi présents.

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palamede
  03 septembre 2020
Eric Reinhardt raconte qu'à la suite de la lecture d'un article de Libération sur Louis Pouzin, un Français décoré par la reine d'Angleterre pour sa contribution à la naissance d'Internet, lui est venu l'idée de Comédies françaises.
Passionné par l'Expressionnisme abstrait et deux de ses plus grands représentants, Max Ernst et Jackson Pollock, toujours en quête de rencontres décisives avec des femmes dont l'inaccessibilité le pousse à des dérives sexuelles, Dimitri a fait de brillantes études mais, à l'instar de plus en plus de ses coreligionnaires, il n'est pas tenté par une carrière de haut fonctionnaire ni de cadre supérieur. Alors après un poste dans une société de lobbying — qui soit dit en passant est à l'opposé de ses idées de gauche — le jeune homme décide de devenir reporter et finit par se lancer dans une enquête sur la naissance d'internet. Il découvre ainsi qu'Internet aurait pu se développer en France et non aux USA si un grand patron, Ambroise Roux, le PDG de la CGE (Compagnie générale d'électricité), n'avait pas tout fait pour saborder le projet, uniquement pour le profit de sa société et son intérêt personnel...
Beaucoup de bonnes choses dans ce dernier livre d'Eric Reinhardt, comme une analyse plutôt judicieuse de l'élite bourgeoise économique et politique française. Quelques fondamentaux aussi sur le déterminisme social qui n'ont rien d'original mais qu'il est toujours utile de répéter. J'ai également beaucoup aimé l'incursion éclairée dans la peinture avant gardiste américaine. Pour ce qui est de l'enquête sur l'Internet français et son fossoyeur présumé, Ambroise Roux, elle montre bien le fonctionnement du lobbying pratiqué par les grands patrons français. Un état des lieux connu depuis longtemps qui aurait peut-être mérité un développement plus court et moins d'assertions semble-t-il hasardeuses. Toujours est-il que Comédies françaises est un roman ambitieux, où fiction et réalité se marient avec bonheur pour notre plaisir, merci à Babelio et aux Éditions Gallimard.
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nadiouchka
  16 août 2020
# Rentrée littéraire 2020
Le livre « Comédies françaises » (aux Éditions Gallimard), de Eric Reinhardt, débute un peu mal : un acte de décès (à 27 ans), d'un certain Dimitri Marguerite, en 2016, suite à un accident de la route dans lequel la conductrice était sortie indemne. Dimitri était à « la place du mort. »
On peut lire en quatrième de couverture : « Fasciné par les arcanes du réel, Dimitri, jeune reporter de vingt-sept ans, mène sa vie comme ses missions : en permanence à la recherche de rencontres et d'instants qu'il voudrait décisifs. Un jour, il se lance dans une enquête sur la naissance d'Internet, intrigué qu'un ingénieur français, inventeur du système de transmission de données qui est à la base de la révolution numérique, ait été brusquement interrompu dans ses recherches par les pouvoirs publics en 1974. Les investigations de Dimitri l'orientent rapidement vers un puissant industriel dont le brillant et sarcastique portrait qu'il en fait met au jour une «certaine France» et le pouvoir des lobbies. »
*****
A la lecture, on voit ce qu'a été la jeune vie, trop courte, de ce Dimitri, reporter, qui voyageait pour son travail. le hasard fait qu'il se retrouve entraîné dans une enquête sur la naissance d'Internet.
Ceci l'amène à nous parler longuement de Ambroise Roux et de Louis Pouzin, le créateur d'Internet. Par la suite, viendront Facebook, Twitter, Instagram…. Pour Dimitri : un fléau, car même s'il tente de ne pas y attacher trop d'attention, c'est plus fort que lui, une addiction. Ah ces réseaux sociaux !
Il va tout de même aussi connaître l'amour, mais hélas, aussi, des réseaux sociaux de rencontres et là…. On va lire des scènes très crues, descriptions à l'appui.
Mais je ne vais pas insister lourdement sur ce sujet.
Quant à son arrivée dans le domaine du lobbying, c'est par l'intermédiaire d'un certain Jean-Michel Tallineau qui, avec son associé, Damien Carpentier, l'embauche au poste de consultant junior en affaires publiques, en octobre 2012 : « Il ne s'est jamais dit : du lobbying, Dimitri ! Réalise mon vieux ! Tu vas faire du lobbying ! C'est pas possible ça ! Tu peux pas faire du lobbying ! » (…)
« Il ne s'en était donc ouvert qu'à Alexandra, laquelle était suffisamment rigolote, libre, spontanée, rapide, risquée, curieuse, espiègle et expérimentale pour ne rien trouver à redire à la perspective d'être miraculeusement embauché, à vingt-trois ans, à 4 200 euros net par mois plus les primes, avant même d'avoir seulement commencé à chercher du travail, dans une activité aussi romanesque, aussi mystérieuse, aussi opaque et sulfureuse que le lobbying, dans l'un des cabinets parisiens les plus réputés.
Tout était absurde dans cette histoire, mais c'est tout de même devenu sa vie pendant un an et demi. » (p.94/95)
On trouve dans ce roman, grand nombre d'indications, de réflexions qu'elles soient politiques ou financières – il y a de l'humour (parfois grinçant) – des descriptions sur le domaine du théâtre qu'affectionne Dimitri – sur des films – sur des livres et leurs auteurs – l'amour que Dimitri pense trouver – ses amitiés (particulières ou pas) – son travail – ses soucis familiaux avec sa mère et son père – autant dire un panaché tellement dense dans ce livre de presque 477 pages – avec une grande quantité de détails (passés au peigne fin par Eric Reinhardt : c'est incroyable la somme d'informations récoltées)…
Je dis un grand Bravo à l'auteur qui m'a étonnée par le sujet si bien traité. C'est certainement cela qui fait qu'un auteur a du talent.
Livre lu grâce à une Masse Critique Privilégiée Babelio que je remercie et grâce aux Éditions Gallimard qui ont participé à l'envoi.
Nota personnel : J'avais déjà rencontré l'auteur, pour d'autres ouvrages et il s'était montré très sympathique, discret mais avec un certain humour.
Il a terminé « Comédies françaises » en décembre dernier, livre qu'il pensait paraître lors de la prochaine rentrée littéraire, et qui le sera.
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critiques presse (6)
FocusLeVif   13 novembre 2020
Des actes manqués, des moments de bascule, Comédies françaises, le nouveau roman d'Eric Reinhardt en est plein. Le romancier y traite autant de l'invention ratée par la France d'Internet que le destin d'un jeune contemporain. Ironique et élégant à la fois.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
LeFigaro   29 octobre 2020
Pourquoi la France a-t-elle échoué dans la course à l'invention d'internet ? Une reconstitution d'un ratage historique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   24 août 2020
Par quel aveuglement Valéry Giscard d’Estaing a-t-il ignoré internet au milieu des années 1970 pour mieux favoriser le Minitel ? C’est la question que se pose le héros de « Comédies françaises ». Étourdissant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaLibreBelgique   24 août 2020
Dans « Comédies françaises » Eric Reinhardt raconte l'histoire vraie d'un magistral ratage. Derrière ce fiasco, il met en lumière le vrai personnage de roman que fut Ambroise Roux, patron mythique. Un livre qui est aussi un grand roman autour de Dimitri et ses états d'âme.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   20 août 2020
Avec acuité et sens du jeu, l'écrivain se coule dans le personnage de Dimitri, brillant vingtenaire confronté aux rigueurs de l'époque, héros d'un virtuose roman à tiroirs.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesInrocks   19 août 2020
Avec Comédies françaises, Eric Reinhardt signe son roman le plus politique et le plus acerbe sur le pays, la droite, le lobbying.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   28 avril 2021
La CGE d’Ambroise Roux, c’était l’empire de la commutation téléphonique : la CGE fournissait à l’État la majorité des équipements téléphoniques dont les PTT avaient besoin, et en particulier la partie la plus juteuse, à savoir ces fameux commutateurs téléphoniques dans lesquels on reliait les lignes. La commutation téléphonique était un marché entièrement géré par l’État, les prix étaient élevés et les industriels qui le partageaient n’avaient pas envie de le voir rétrécir, de quelque manière que ce fût. C’était sur ce fromage que vivait la CGE : une manne considérable. (page 322)
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FandolFandol   28 avril 2021
Ce qui intéressait la CGE, ce n’était pas l’informatique, ce n’était pas de vendre des ordinateurs. C’était de vendre des centraux téléphoniques à l’État. C’était de tondre l’État en lui vendant au prix fort les commutateurs téléphoniques qu’elle fabriquait. (page 314)
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FandolFandol   27 avril 2021
Le datagramme permet lui aussi d’effectuer la commutation de paquets, mais de façon beaucoup plus astucieuse, grâce à un réseau maillé d’ordinateurs – et non plus en se fondant sur le sacro-saint principe du point à point. (page 292)
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FandolFandol   26 avril 2021
Si les télécoms, grandes spécialistes des réseaux commutés, récusaient avec autant de virulence le projet développé par la Délégation générale à l’informatique, c’est que ce projet, conçu par des savants extravagants déconnectés des réalités du terrain (pensez donc, des informaticiens), était selon eux bien trop risqué et hasardeux, flou, irréaliste – en particulier sur le plan industriel, opérationnel et commercial – et n’aboutirait jamais à rien d’autre qu’à des élucubrations de doux rêveurs. (pages 282-283)
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FandolFandol   25 avril 2021
Aucun être humain n’est plus prompt à humilier un autre être humain qu’un patron français agacé par un subalterne. (page 258)
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Vidéo de Eric Reinhardt
Rencontre avec Eric Reinhardt, “Comédie française” (Gallimard) Rencontre présentée par : Hubert Artus, journaliste littéraire
Fasciné par les arcanes du réel, Dimitri, jeune reporter, mène sa vie comme ses missions : en permanence à la recherche de rencontres et d'instants qu'il voudrait décisifs. Un jour, il se lance dans une enquête sur la naissance d'Internet, intrigué qu'un ingénieur français, inventeur du système de transmission de données à la base de la révolution numérique, ait été brusquement interrompu dans ses recherches par les pouvoirs publics en 1974. Éric Reinhardt signe ici un roman politique et acerbe sur le lobbying.
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