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EAN : 9782266246927
224 pages
Pocket Jeunesse (01/01/2014)
4.43/5   189 notes
Résumé :
Alors que tout semble perdu pour Leon Leyson, déporté à l'âge de douze ans dans un camp de concentration, un homme - un nazi - lui redonne espoir. En l'employant comme ouvrier dans son usine, Oskar Schindler fait du petit Leon le plus jeune inscrit sur sa liste. Une liste qui sera synonyme de vie pour lui mais aussi pour des centaines d'autres juifs pris dans les filets.
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
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sur 189 notes
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C'est dans la petite ville de Narewka, au nord-est de la Pologne, que Leib Lejzon passe son enfance, entouré de ses parents, de sa soeur et de ses trois frères, tous plus âgés que lui. D'honnêtes gens, ses parents travaillent dur pour subvenir aux besoins de tous. Aussi, lorsque l'usine de son père développe son affaire et décide de se délocaliser à Cracovie, celui-ci accepte de partir, espérant réunir assez d'argent rapidement pour faire venir sa famille. Mais ce n'est que 5 ans plus tard, en 1938, alors que Leib a tout juste 8 ans, que la famille s'installe dans un quartier ouvrier. En octobre, des nouvelles peu rassurantes sur l'Allemagne leur parviennent, notamment lorsque Hitler, arrivé au pouvoir en 1933, veut écarter les Juifs. 17000 d'entre eux sont chassés d'Allemagne, trouvant refuge dans des camps insalubres avant de pouvoir rejoindre la Pologne. Malgré l'assurance de ses parents, lui intimant que les choses finiraient par se calmer, Leib sent monter en lui la peur du conflit. Au cours de l'été 1939, Cracovie se prépare alors à vivre des jours difficiles, bien au delà de ce qu'elle aurait pu imaginer...

Leib Lejzon, qui prendra plus tard le nom de Leon Leyson, fait partie des presque 1200 Juifs sauvés par Oskar Schindler. Il en est d'ailleurs le plus jeune. S'il n'a que très peu évoqué cette période très sombre, ce n'est qu'à la sortie du film de Steven Spielberg, comprenant l'intérêt suscité par cette histoire, qu'il décide d'en parler. Au fil des interviews, des conférences, ce n'est que des années plus tard qu'il décide d'écrire ce témoignage, dont il remettra le manuscrit à son éditeur la veille de sa mort. Il raconte, avec des mots justes et son regard d'enfant, son enfance à Nerewka puis Cracovie, l'arrivée des Allemands, le traitement fait aux Juifs, le ghetto, le camp de Plaszów, la séparation d'avec ses parents, la faim, la peur, la libération, l'exil vers les États-Unis et surtout comment Oskar Schindler, cet opportuniste nazi, manipulateur et non conformiste, l'a sauvé en l'embauchant, lui, son père et son frère, dans son usine. Sans jamais être larmoyant, Leon Leyson témoigne, avec beaucoup de sincérité, d'humanité et d'émotions, aussi bien de l'horreur de la guerre que de la bonté et de l'héroïsme qu'elle peut engendrer.
Un témoignage poignant...
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J'entendais beaucoup de bien de l'Enfant de Schindler depuis un bon moment, mais je n'avais pas encore eu l'occasion de succomber. Je l'ai finalement emprunté pour mes vacances et je l'ai vite commencé.

Grâce à court témoignage d'environ 200 pages, nous découvrons Lejb Lejzon – qui deviendra Léon Leyson par la suite, petit garçon d'une dizaine d'années lorsque commence la montée de l'antisémitisme. Léon a grandi en Pologne, dans une petite ville, avant de partir pour la ville, Cracovie. S'il pense commencer une nouvelle vie, il n'a pas idée à quel point tout sera bouleversé. L'antisémitisme est de plus en plus présent et le petit garçon en prend conscience.

De déménagements en déménagements, toujours vers le pire, nous suivons la famille Lejzon, qui reste plus épargnée que d'autres grâce à l'employeur du père de famille : le célèbre Oskar Schindler. Petit à petit nous allons découvrir cet étrange personnage, qui aidera tous les membres de la famille ou presque. Au cours des années, Léon montre de plus en plus d'admiration envers cet homme et nous apprenons à lire à travers les lignes pour mieux le connaître. Désormais bien connu, surtout avec le film La Liste de Schindler, nous trouvons de nouveaux éléments sur le nazi qui aidait les juifs.

Si le style de Léon Leyson n'est pas d'une qualité extraordinaire, on peut dire que pour le témoignage, cela ne gêne pas le moins du monde. Tout est décrit simplement, sans fioriture, avec pudeur. Il nous raconte ses souvenirs, ce qui l'a marqué et surtout il explique pourquoi il n'en a pas parlé plus tôt. Il nous transmet ses émotions, les larmes montent aux yeux au long du récit et nous sommes touchés par son histoire.

A mesure que les nazis resserraient leurs griffes sur Cracovie, les juifs se voyaient stigmatisés par toutes sortes de caricatures insultantes. Des affiches avilissantes en allemand et en polonais couvrirent bientôt les murs, nous décrivant comme des créatures grotesques et répugnantes, à l'énorme nez crochu. Ces images n'avaient aucun sens pour moi. Dans ma famille, nous n'avions pas beaucoup de vêtements, mais maman travaillait dur pour qu'ils soient toujours propres. Nous n'étions jamais sales. J'observais nos nez. Ils n'avaient rien d'exceptionnellement gros. Je ne comprenais pas pourquoi les Allemands voulaient nous faire passer pour ce que nous n'étions pas.
Voici donc un livre à découvrir sans plus attendre, à faire passer de mains en mains. le témoignage sur plusieurs années d'un enfant, devenu ado, sur ces années noires de l'Histoire. J'en suis ressortie avec l'envie de revoir La Liste de Schindler que j'ai vu il y a si longtemps et qui a été un déclencheur pour l'écriture de ce livre. Mais aussi avec l'envie de lire davantage sur Oskar Schindler pour mieux connaître cet homme étonnant. le livre s'achève par des photos, nous rendant la famille Leyson plus proche, nous permettant de visualiser davantage les hommes que nous avons suivis. Nous pouvons aussi voir l'après Seconde Guerre mondiale, suivre un peu de leur vie qui est évoquée. Enfin l'épilogue est très émouvant dans un autre genre, il m'a (encore) ému aux larmes … Décidément, en lisant ce document, n'oubliez pas de préparer quelques mouchoirs à proximité. Un témoignage authentique, marquant, bouleversant.
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Ce n'est plus un scoop, la seconde guerre mondiale (et en particulier la période de l'Occupation et la déportation) est une période historique à laquelle je m'intéresse beaucoup. J'aime lire des tas de choses à ce sujet, je suis avide d'informations. Grâce au film de Spielberg, j'ai fait la connaissance d'Oskar Schindler il y a quelques années, cet homme a tout mon respect et du coup, dès que je tombe sur quelque chose qui le concerne je me jette dessus.

Léon Leyson vit une enfance heureuse au sein d'une famille modeste à Cracovie, jusqu'au début des persécutions envers les Juifs. Lorsque des soldats nazis frappent son père sous ses yeux, il comprend que plus rien ne sera comme avant.
Alors que la famille s'installe dans le ghetto juif de la ville, Oskar Schindler, patron allemand d'une usine de céramique, décide d'engager des hommes juifs, parmi lesquels le père de Léon et son frère. À l'âge de treize ans, le petit garçon parvient à convaincre un officier allemand de le laisser les rejoindre, bien qu'il doive monter sur une caisse en bois pour pouvoir atteindre les machines.
Schindler, qui le surnomme "le petit Leyson", s'attache à lui et lui octroie des rations de nourriture supplémentaires, avant de le sauver d'Auschwitz avec toute sa famille.

J'aime beaucoup lire des témoignages sur la Shoah, je trouve qu'il est très important de garder la mémoire de cette horreur. Cette fois, nous avons le témoignage de Léon Leyson qui a fait partie des "Juifs de Schindler". Il a approché de très près cet grand homme. J'ai aimé découvrir sa vie alors qu'il était un enfant insouciant en Pologne. J'ai frissonné avec lui et sa famille lorsque l'indicible arrive, lorsqu'ils sont contraints de rejoindre le ghetto et lorsqu'ils prennent le chemin malheureux du camp de Plaswoz, commandé par l'horrible Amon Goethe.

C'est bien écrit, sans fausse pudeur. C'est agréable à lire, on tourne les pages à une vitesse folle d'autant plus que le livre n'est pas très épais. Ceci dit, c'est suffisant, le message de Léon passe parfaitement. J'ai beaucoup aimé découvrir les photos en fin d'ouvrage car elles permettent de mettre un visage sur chacune des personnes que nous avons croisé dans le récit. Ce qui m'a plu aussi, c'est de pouvoir faire coller le film que j'ai vu tant de fois avec l'histoire que Léon Leyson nous raconte.

Un témoignage essentiel ... "Qui sauve une vie, sauve le monde entier" ...
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" Celui qui sauve une vie sauve le monde entier " (Citation du Talmud).

" L'enfant de Schindler " est le témoignage de Leon Leyson, publié en 2014, aux Editions Pocket Jeunesse.
De sa jeunesse à Narewka en Pologne, Leib Lejzon, alias Leon Leyson, n'a que des souvenirs heureux. C'est l'époque de l'insouciance. La Grande Guerre a cependant laissé des traces dans les esprits...
p. 21 : " Mais ma personne s'effaçait derrière mon identité juive. Et aux yeux de ceux qui semblaient nous haïr, les juifs étaient tous responsables de la mort de Jésus. "
C'est ainsi qu'à l'âge de dix ans Leon est déscolarisé sur le simple fait d'être juif.
Entouré de parents exigeants mais bienveillants, il est le cadet d'une fratrie de trois frères et une soeur. Ils sont Tsalig, Hershel, David et Pesza. Afin de subvenir de manière plus conséquente aux besoins de la famille, Moshé, le père, va rejoindre Cracovie pour y occuper un poste de technicien dans une usine.
Aux premières loges de l'évolution des conflits à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, Moshé va faire venir sa famille à Cracovie. S'imaginant à l'abri dans cette ville moderne et conséquente, rien ne les préparera à l'enfer dans lequel ils vont plonger.
p. 42 : " Au cours de l'été 1939, la population de Cracovie commença à se préparer véritablement à la guerre. "
Les événements vont accélérer l'entrée des troupes allemandes sur le sol polonais.
p. 46 : " C'étaient les Allemands. Nous étions le 6 septembre 1939. Moins d'une semaine après avoir passé la frontière polonaise, ils étaient à Cracovie. Nous ne le savions pas encore, mais nos années en enfer venaient de commencer. "
Les restrictions envers les juifs s'intensifient mais, par instinct de survie, chacun s'organise, incapable de se projeter dans une guerre qui s'éterniserait.
p. 51 : " Comme beaucoup d'autres, papa se trompait : ils faisaient face à un tout nouvel ennemi, dont ils ne mesuraient pas - comment auraient-ils pu ? - l'inhumanité et la cruauté. "
Leon, plutôt débrouillard et téméraire pour son âge assiste à des séances d'une violence inouïe de passage à tabac. le champ des libertés se restreint comme peau de chagrin. Mais le père de Leon va alors croiser la route d'un homme qui va influencer leur destin... il est Oskar Schindler, nazi et responsable d'une usine de fabrication de matériels de guerre.
p. 125 : " Moi, j'étais habitué au fait que, pour les nazis, j'étais juste un autre juif. Mon nom n'avait ps d'importance. Mais Schindler était différent. Il tenait à savoir qui nous étions. Il se comportait comme quelqu'un qui s'intéressait à nous en tant qu'individus. "
En mars 1943, ils sont envoyés à Plaszow, un camp de concentration.
p. 99 : " Mais en entrant dans le chaos de Plaszow, j'ai découvert un monde bien pire que tout ce que je pouvais imaginer. J'ai passé la porte et plongé dans le pire des enfers. "
Leon, affamait et meurtri sous les coups des soldats allemands, reprend espoir lorsque son nom et celui des membres de sa famille apparaissent sur une liste que Schindler a établi pour intégrer son usine et ses baraquements. Leur sérieux et leurs compétences au travail on été remarqués. La famille est de nouveau réunie. Seuls Tsalig et Hershel manquent à l'appel...espoirs déchus ?
Jusqu'à la libération le 8 mai 1945 par les troupes russes, Oskar Schindler aura contribué à la survie de la famille Leyson, en mettant sa propre vie en péril.
p. 150 : " En dépit des circonstances terribles, nous avions survécu. Miraculeusement, Oskar Schindler, ce personnage complexe et plein de contradictions - opportuniste nazi, manipulateur, homme de courage - non-conformiste, bienfaiteur, héros - avait réussi à sauver près de 1200 juifs d'une mort quasi certaine. "
Mais la libération n'a pas la saveur espérée. La réhabilitation des juifs et leur retour dans la société ne se fait pas sans heurts. Les esprits sont marqués. La peur omniprésente. Personæ non gratæ, les juifs survivants sont à nouveau exclus de tout retour à la "normalité", comme si les humiliations  et les horreurs  subites durant la guerre n'avaient pas été suffisantes.
p. 167 : " Enfin, en mai 1949, après trois années passées dans les camps de réfugiés, notre demande d'immigration a été approuvée. Nous allions réellement aller aux Etats-Unis d'Amérique ! "
L'écriture de ce roman, plutôt simple, appuie le témoignage de Leon, enfant, dans son rapport aux événements.
Ce roman est un témoignage capital de l'Histoire, une référence qui devrait figurer dans les programmes scolaires !
L'actualité nous démontre chaque semaine que l'Homme n'apprend pas de ses erreurs et a cette capacité à les réitérer. Alors étendons l'accessibilité à ces témoignages, ils sont indubitablement sources de paix et de tolérance.

" Un héros est un être humain ordinaire qui effectue les meilleures choses dans les pires moments. " Joseph Campbell
Lien : https://missbook85.wordpress..
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Quel livre merveilleux. C'est un livre qui m'a vraiment prise au ventre. C'est un livre qui est extrêmement touchant.

Ce livre a été écrit par Leon Leyson, le plus jeune juif sauvé par Oskar Schindler durant la deuxième guerre mondiale. Il nous raconte son histoire du début à la fin. J'ai trouvé que ce livre semblait si vrai, si réel. C'est ce qui le rend si touchant, si intense. Nous rencontrons, à travers ce livre, un héro peu connu de cette deuxième guerre mondiale qu'est Oskar Schindler. Il nous fait découvrir cet homme nazi qui a sauvé plus de 1000 juifs d'une mort certaine. Il a mis sa vie en péril pour sauver tous ces gens en leur servant plus de nourriture que ce qu'ils devaient avoir, en les faisant sourire malgré l'énorme souffrance et en les faisant travailler dans des conditions un peu meilleures que dans les camps de concentration.

Ce roman témoigne d'une force de caractère énorme pour tous les juifs (que l'on voit surtout à travers sa famille). Ce qui est également intéressant dans ce témoignage, c'est que l'auteur nous offre une grande partie de son histoire à la suite de sa sortie de la guerre. Il nous raconte ce qu'il est devenu et ce que sa famille est devenue par la suite. Nous voyons clairement tous les efforts apportés pour survivre et continuer de vivre du mieux possible sans la possibilité d'oublier l'énorme épreuve qu'ils onts vécus.

Je conseille se livre à toutes les personnes qui veulent connaître ce héro et à tous les gens qui ont une certaine sensibilité face aux évènements passés. C'est vraiment un excellent livre.
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critiques presse (3)
Lexpress
30 mai 2014
Leon Leyson était le plus jeune des juifs sauvés par Oskar Schindler. Un témoignage posthume bouleversant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaPresse
28 mars 2014
Leon Leyson, auteur de L'enfant de Schindler, est mort en janvier 2013, à 83 ans, juste après avoir remis le manuscrit à son éditeur américain.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir
28 mars 2014
Paris – Le plus jeune garçon juif sauvé des chambres à gaz nazies par Oskar Schindler raconte pour la première fois son incroyable histoire dans un livre aussi poignant que le Journal d’Anne Frank
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Dans le film "La liste de Schindler", il y a une scène où l'on voit Oskar Schindler se précipiter vers la gare pour sauver son comptable Itzhak Stern, qui vient d'être pris dans une rafle. Schindler arrive au dépôt juste à temps pour crier le nom de Stern et le sortir du train, pile au moment où celui-ci démarre. Le film ne montre pas une autre scène que Schindler a racontée à papa juste après. Alors qu'il parcourt désespérément les wagons à bestiaux remplis de gens, à la recherche de Stern, Schindler repère Tsalig et se souvient que c'est le fils de son employé Moshé. Il l'appelle et lui dit qu'il va le sortir de là, mais Tsalig est avec sa petite amie Miriam. Et comme personne dans la famille de Miriam ne travaille pour Schindler, il ne peut rien faire pour la sauver. Tsalig dit à Schindler qu'il ne veut pas quitter Miriam. Voilà le genre d'homme qu'il était. Il n'aurait abandonné la fille qu'il aimait pour rien au monde, même sa propre vie. Les jours suivants, nous apprîmes que le train était parti au camp de Belzec, où, d'après la rumeur, les gens étaient envoyés à la chambre à gaz. Je me rappelle encore m'être demandé : "Combien de temps Tsalig pourra-t-il retenir sa respiration dans la chambre à gaz ? Assez longtemps pour survivre ?" Je ne pouvais que prier pour que, d'une manière ou d'une autre, mon frère adoré soit épargné ou trouve un moyen de s'échapper. (pp. 87-88)
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Les nazis nous avaient forcés à vivre dans des conditions de surpopulation intolérables dans l'intention perverse de faire ressortir le pire qui soit chez l'être humain. Malgré tout, nous étions déterminés à nous témoigner le même respect que dans notre ancienne vie. Nous conservions notre humanité et entretenions notre héritage culturel, cela nous permettait d'opposer à la dépravation des nazis de subtiles formes de résistance : les rabbins pratiquaient l'office les jours de fêtes juives ; les médecins et les infirmières sauvaient des malades et mettaient au monde de nouvelles vies ; les acteurs et les musiciens organisaient des pièces, des parodies et des concerts dans des théâtres de fortune, à l'abri des regards - ils démontraient que la beauté et la culture pouvaient exister, même dans ces conditions de vie-là.
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A mesure que les nazis resserraient leurs griffes sur Cracovie, les juifs se voyaient stigmatisés par toutes sortes de caricatures insultantes. Des affiches avilissantes en allemand et en polonais couvrirent bientôt les murs, nous décrivant comme des créatures grotesques et répugnantes, à l'énorme nez crochu. Ces images n'avaient aucun sens pour moi. Dans ma famille, nous n'avions pas beaucoup de vêtements, mais maman travaillait dur pour qu'ils soient toujours propres. Nous n'étions jamais sales. J'observais nos nez. Ils n'avaient rien d'exceptionnellement gros. Je ne comprenais pas pourquoi les Allemands voulaient nous faire passer pour ce que nous n'étions pas. (48,49 p.)
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— p 165 : Il nous considérait, nous les Schindlerjuden, les juifs de Schindler, comme les enfants qu’il n’avait jamais eus. Il a demandé à être enterré à Jérusalem. « – Mes enfants sont là, a-t-il dit un jour ».
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Je ne suis pas philosophe, mais je crois qu'Oskar Schindler correspond à la définition même de l'héroïsme. Il a prouvé qu'une personne seule peut se dresser contre l'enfer et faire la différence.
J'en suis la preuve vivante.
Je me souviens d'avoir vu l'intellectuel et écrivain Joseph Campbell interviewé à la télévision. Je n'ai jamais oublié sa définition du héros. Campbell affirmait qu'un héros est un être humain ordinaire qui effectue « les meilleures choses au pire moment ». Eh bien, Oscar Schindler est l'incarnation de ce héros.
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