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ISBN : 2815900734
Éditeur : L'Aube (15/06/2010)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 35 notes)
Résumé :

Lorsqu'il fait le voyage d'Angkor en 1901, Pierre Loti exauce enfin l'un de ses rêves d'enfant. En révélant au célèbre voyageur le sens de son existence, ce périple devient à la fois un pèlerinage et une véritable leçon de sagesse. Puissamment évocateur, le magnifique récit de Pierre Loti nous plonge dans les splendeurs de la cité mythique des rois khmers, mais il peut se lire aussi comme la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  28 septembre 2015
« J'ai tout essayé, tout éprouvé… Au fond des forêts du Siam, j'ai vu l'étoile du soir se lever sur les ruines de la mystérieuse Angkor… »
Voir Angkor ! Un rêve de gosse pour Pierre Loti. Une manière aussi de saluer le grand frère mort à Saigon, si loin des siens.
Angkor sera l'ultime périple de Pierre Loti, insatiable bourlingueur de ce début du vingtième siècle, avant de retourner à Rochefort, sa ville natale, pour y finir ses vieux jours.
Nous sommes en 1901, et Pierre Loti nous invite à visiter les ruines colossales à travers tous ses sens. Nous verrons le village de Siem-Reap avec ses huttes sur pilotis, puis Angkor-Vat, Angkor-Thôm, et pour finir le temple du Bayon… Nous allons pénétrer dans l'inextricable forêt vierge à dos d'éléphant. La chaleur moite y est accablante. Nous sommes assaillis autant par des odeurs capiteuses et étourdissantes que par des nuées d'énormes insectes. Les arbres sont immenses. Les tours fabuleuses apparaissent enfin. Elles ont beau être gigantesques, elles n'en sont pas moins recouvertes par la forêt. Nous marchons à travers ses ruines, gravissons des escaliers abrupts gardés par des démons au rictus de pierre. Les bouddhas sont étrangement placides, leurs sourires énigmatiques. Nous sommes captivés par la grâce aérienne des Apsaras. C'est à la lueur des torches et sur la pointe des pieds pour ne pas troubler le sommeil de ces milliers de chauves-souris accrochées au plafond que nous suivons cette grande fresque qui révèle « une mêlée inextricable de guerriers qui gesticulent avec furie » : c'est toute l'histoire du Ramayana qui est retranscrite sur ces murs noirs. Mais la nuit tombe sans crier gare. Dans ce pays, le crépuscule est si bref qu'on le remarque à peine ; il faut rentrer à la hâte au campement car l'heure du tigre approche.
Un bien beau récit, empreint d'une grande nostalgie. Je ne peux pas m'empêcher de penser que Pierre Loti, arrivé au crépuscule de sa vie au moment où il écrit ces lignes, fait un parallèle entre ses ruines majestueuses et ses illusions perdues.
Il tient des propos d'un grand respect vis-à-vis de l'immémoriale Asie, et lucide au regard de ces grandes civilisations, arrogantes au point de se croire immortelles et qui s'effondrent d'un coup, leurs vestiges ne laissant qu'une « mince cicatrice sur la surface de la Terre ».
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gromit33
  27 janvier 2012
J'ai décidé de lire ce livre de retour d'ANgkor. Et quelle surprise car j'ai trouvé que ce livre n'avait pris aucune ride !! Pierre Loti est allé à Angkor, dèjà âgé, selon lui. Il attendait avec imatience cette visite car il avait enfant découvert dans les affaires de son frère disparu une belle illustration de ce lieu mythique. le voilà donc parti en bâteau et à dos de charrettes à la découverte de ce lieu et de ses habitants. Ce livre sous forme de carnet de voyage est écrit avec une belle écriture. Les propos de l'auteur sur le colonialisme sont très pémonitoires. Ils datent de 1901. Citation : "Par petits groups, des soldats en vêtements de toile blanche, font dans ce chemin leur monotone promenade des soir, et en les croisant, je distingue des voix qui ont l'accent de Gascogne... pauvres garçons que des maman anxieuses attendent au foyer trop lointain, et qui vont consumer ici une ou deux des plus belles années de leur vie ! Peut être y laisseront ils de ces métis, qui peu à peu infiltrent le sang français à cette inassimilable race jaune : ensuite ils rentreront chez eux anémiés pour longtemps par ce climat ; ou bien n'y rentreront pas, mais s'en iront dormir avec des milliers d'autres dans la terre rouge de ces cimetières - qui sont inquiétants d'être si vastes et si envahis d'herbes folles." pierre Loti nous narre alors son voyage, dé façon histoirique et documentée mais aussi à son niveau très personnel. Un auteur à redécouvrir à travers ses voyages.
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Mangouste86
  08 janvier 2014
C'est par ce premier ouvrage que je mets mes pas dans ceux de Loti. J'ai découvert un auteur étonnamment moderne pour son époque. Sans doute est-ce à cause de son esprit aventureux voire rebelle. On sent dans sa plume la condamnation de son siècle non par envie de choquer, comme on peut le voir trop souvent de nos jours, mais simplement du fait d'une lecture différente du monde.
Ce pèlerin d'Angkor c'est le combat qui se livre en chacun de nous entre l'enfant qui persiste à rêver et l'adulte qui analyse, classe et finit par oublier. Mettant ses pas dans les rêves de celui qu'il était, on sent Loti habité d'une tendre et naïve mélancolie. L'auteur apparaît tiraillé, hésitant : a-t-il finalement accompli son rêve où l'a-t-il profané ?
Toujours est-il que la lecture de ce livre est un bon remède à la froidure hivernale. On entend ici vrombir les insectes dans la chaleur humide. On se surprend à guetter les milles bruits de la jungle khmère. On contemple, saisi, la gestuelle intemporelle des danseuses royales, bercé par ces douces mélopées de la lointaine et mystérieuse Asie.
Pour qui le veut bien, c'est assurément un beau voyage auquel nous sommes conviés et auquel on cède avec ravissement.
J'ai lu cet e-book sur Kobo en version gratuite.
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ericbo
  19 avril 2017
Cette fois, Loti nous emmène à Angkor. Il fait une très bonne description du site, comme toujours. Mais, l'intérêt de ce récit est également dans la préparation de ce voyage et le traget de Saigon jusqu'à Angkor. Un long trajet de plusieurs semaines, parfois en remontant le Mekong, avec toujours des descriptions de son environnement. On regrettera, comme souvent chez Loti malheureusement, quelques traits de racisme, mais il faut savoir passer outre pour apprecier ce récit.
Un grand moment d'aventure.
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MonCharivariLitteraire
  11 février 2018
Superbe récit de voyage de Pierre Loti. Ecrit plus de 10 ans après les évènements, l'auteur nous révèle ses sensations, ses craintes, ses surprises lors du voyage qui l'amena à découvrir les temples d'Angkor qui le fascinaient depuis son enfance. Mystique, cynique, déçu, émerveillé nous nous délectons des mots de l'écrivain tandis que nous le suivons dans son périples.
Les adjectifs ne manquent pas et Pierre Loti sait assurément les utiliser dans un texte vibrant de vécu et de souvenirs entre scènes irréelles et transcendantes. Ce classique de la littérature française est à lire absolument. Un récit de voyage comme ou souhaiterait plus en lire de nos contemporains.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   19 septembre 2015
Aujourd'hui, au premier soleil de six heures et demie du matin, errant seul, je franchis la porte d'une cour de ce palais, une cour qui est très grande et pavée de blanc ; au milieu, isolée dans ce vide si clair, une svelte pagode blanche et or, dont le toit se hérisse de pointes d'or ; et, isolés aussi sur les côtés de cette petite solitude, deux haut clochetons d'or étonnamment aigus, que supportent des rocailles garnies d'orchidées et de mille plantes rares. Je n'aperçois personne nulle part. Mais le silence ici prend une forme spéciale ; un bruissement s'y mêle, en sourdine, sans le troubler, une vague musique aérienne que l'on ne définit pas tout de suite, et c'est le concert des petites sonnettes argentines suspendues à chaque pointe des clochetons et des toits ; le moindre souffle les fait tinter doucement.
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Eric76Eric76   26 septembre 2015
De nos jours, il est vrai, d'autres aventuriers, venus d'un pays plus à l'occident (le pays de France), troublent quelque peu la forêt éternelle, car ils ont fondé non loin d'ici un semblant de petit empire. Mais ce nouvel épisode manquera de grandeur et surtout de durée : bientôt, lorsque ces pâles conquérants auront laissé encore, dans la terre indochinoise, beaucoup des leurs - hélas ! beaucoup de pauvres jeunes soldats irresponsables de l'absurde équipée - ils devront plier bagage et fuir : alors on ne verra plus guère dans cette région errer, comme je le fais, ces hommes de race blanche qui convoitent si follement de régir l'immémoriale Asie et d'y déranger toutes choses...
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MariaIvaldiLozanoMariaIvaldiLozano   21 mai 2015
Quand je retrouve enfin l’air libre, devant les larges fossés de nénufars, à l’entrée du pont cyclopéen, le ciel déblayé a repris une limpidité de cristal, et c’est l’instant où commencent à palpiter les étoiles. Au bout de la clairière réapparue, les tours du temple d’Angkor-Vat se dressent très haut ; elles ne sont plus, comme à midi, pâlies par un excès de soleil, presque nébuleuses ; d’une netteté violente, à présent, elles découpent à l’emporte-pièce, sur fond d’or vert, leurs silhouettes de tiares à plusieurs rangs de fleurons, et une grande étoile, l’une des premières allumées, scintille au-dessus, magnifiquement… Alors revient chanter en moi la phrase enfantine de jadis : « Au fond des forêts du Siam, j’ai vu l’étoile du soir se lever sur les grandes ruines d’Angkor. »
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aimeryjoesselaimeryjoessel   19 août 2018
La lumière de l'immense décor se meurt comme celle d'une lampe sur laquelle on a soufflé, et la forêt est déjà pleine d'ombre sous un ciel cendré où des phosphorescences jaunes et vertes indiquent seules le côté du couchant. Les Bouddhas autour de moi commencent à m'inquiéter ; je crois qu'ils s'amusent à enfler d'avantage les épaules sous ces couches de fiente brune, qui les déforment comme de trop grosses pèlerines en fourrure.
Les ruines s'enveloppent d'une majesté soudaine, tellement que je me sens profanateur d'être encore là. Et puis, une épouvante inconnue sort des recoins les plus assombris où ces géants au dos voûté, ces nains bossus, prennent tout à fait l'air de fantômes ; elle sort lentement, la sournoise épouvante ; dans la galerie, elle se traîne comme une onde paresseuse vers la fenêtre où j'étais ; mais je devine qu'elle va emplir le temple et que je n'y échapperai pas.
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MariaIvaldiLozanoMariaIvaldiLozano   05 avril 2015
Rassasié des spectacles de ce monde, tout en rentrant, vieilli, dans ce même petit musée de mon enfance, je disais en moi-même : « J’ai tout éprouvé, je suis allé partout, j’ai tout vu, etc.… » – Et, parmi tant de phrases déjà tristement chantantes qui vinrent alors me bercer à cette fenêtre, l’une, je ne sais pourquoi, devait rester gravée dans mon souvenir, celleci : " Au fond des forêts du Siam, j’ai vu l’étoile du soir se lever sur les grandes ruines d’Angkor..."
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Videos de Pierre Loti (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Loti
Pour elle, la campagne a été une chance. La dessinatrice Catherine Meurisse livre, avec sa bande dessinée « Les grands espaces », aux éditions Dargaud, le récit de son enfance passée au plus près de la nature : découverte des plantes, des arbres, mais aussi des ravages de l?agriculture intensive et du remembrement. le tout sous l?égide des écrivains, comme Pierre Loti et Marcel Proust, et des peintres, qu?elle découvre et qui feront d?elle la dessinatrice que nous connaissons aujourd?hui.
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Le vrai nom de Pierre Loti était :

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