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Alain Buisine (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253009156
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1973)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.98/5 (sur 539 notes)
Résumé :
Pêcheur d'Islande a sans doute souffert de son succès, considérable, et l'on ne relit plus beaucoup cette histoire d'amour qui fit tant pleurer nos grands-mères. Le chef-d'oeuvre de Loti n'en recèle pas moins de nombreuses qualités. Avec une construction savante, soigneusement équilibrée, un style sobre, à la limite de l'épure ("La mer, la mer grise"), des phrases ciselées, polies comme des galets, Loti accomplit un véritable travail d'artiste et de peintre pour évo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  19 novembre 2017
Un classique que j'avais envie de lire depuis longtemps. J'en ressors avec un petit pincement au coeur. :-)
Un récit qui nous immerge au cœur du 19ème siècle, dans une immuable ronde des saisons, celle de marins bretons partant chaque printemps pêcher la morue au large des côtes islandaises, et ne reviennent qu'à l'automne retrouver leur foyer. Le fil conducteur : une histoire d'amour, celle qui se tisse lentement entre Gaud et Yann, d'un romantisme suranné mais irrésistible...
Des hommes qui partent, des femmes qui attendent. Une puissante intimité des sentiments : promiscuité, pudeur, fierté, courage, dignité, solidarité, générosité, partage, simplicité... Face à cette mer-nourricière, cette mer-tombeau parfois, belle, envahissante, hypnotisante, égoïste, fière, impitoyable.
Une plume à la fois extrêmement figurative, sensuelle, réaliste, intimiste et universelle. Un roman envoûtant !
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jamiK
  08 novembre 2017
Le vent, la mer, les vagues, les embruns, la brume, la tempête, les landes, le granit, et toutes les odeurs, les sons, c'est toute cette société de pêcheurs bretons, de Ploubazlanec et Paimpol (22), avec la religion, la famille, l'économie, la dureté de la vie, de la mort qui est superbement décrite dans ce roman, avec beaucoup de passions, de drames et de joies, une société fragile, avec des personnages simples et touchant, pudiques et passionnés.
L'écriture est riche, méticuleuse et lyrique dans son âpreté, comme un hommage respectueux à cet univers. Pierre Loti, en véritable marin, nous raconte avec poésie et précision mêlées, la Bretagne, les Bretons et la mer tels qu'il étaient à l'époque, les années 1880. Une histoire de fatalité.
Les “Islandais” sont en fait les bretons qui partent pour toute une saison dans les mers d'Islande pour la pêche à la morue, on parle plus souvent à l'heure actuelle des “Terre-neuvas”. Un monde que je retrouve, dont j'ai souvent entendu parler, pas si loin de ce qu'ont connu mes grands parents, les éléments naturels sont toujours là eux, ce climat humide et venteux, si rude. Ce roman c'est la Bretagne, l'Armor, pays de la mer, il m'a totalement envouté, ému, c'est un véritable joyau dans un écrin d'eau salée et de granit.
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spleen
  13 février 2016
Après ma visite fort instructive du musée maritime du Old Harbour de Reykjavik , cette lecture m'a parue évidente dans la continuité de l'émotion de la découverte ( ou redécouverte ) de ces pêcheurs de morue, hommes courageux à la vie si dure .
Dans l'ouvrage de Pierre Loti, les Islandais , comme ils étaient surnommés , sont les pêcheurs bretons qui partaient sur les côtes d'Islande pendant plusieurs mois pour cette fameuse pêche à la morue .
Et parce que leurs pères avant eux prenaient la mer, Yann et Sylvestre, presque beaux-frères par les liens qui unissent Sylvestre à la soeur de Yann sont deux de ces marins qui quittent les côtes bretonnes pour affronter la Mer du Nord .
Roman sur la mer, parce que c'est elle qui décide de la vie et de la mort, elle donne et elle reprend , elle est amante, elle est cercueil .
Roman sur l'amour, pudique toujours, impossible parfois, parce que les conventions sociales sont tenaces dans la Bretagne de la fin du XIX ème siècle mais Gaud aime Yann même s'il ne le montre pas mais qu'il l'attend aussi .
Roman sur les femmes, les mères , les épouses et les fiancées, celles qui attendent le retour des bateaux , fières et courageuses bretonnes .
Roman sur l'amitié comme celle qui unit Yann et Sylvestre, pas besoin de beaucoup de mots ni d'effusions, ce sont des taiseux mais les sentiments sont forts et beaux.
J' ai trouvé autre chose dans ce roman que ce que j'y étais venue chercher mais peu importe , l'écriture de Pierre Loti est admirable .
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Asterios
  26 août 2018
A Paimpol au XIXème siècle la pêche dans les mers Islandaises est une institution. On appelle ces marins "les Islandais". Embarquant au début du printemps, ils ne sont de retour qu'à la fin de l'été. le pays vit donc au rythme des allées et venues des navires. Laissant leurs familles à terre dans l'interminable et angoissante attente du retour, les marins vivent les plus grands dangers dans les eaux tourmentées du Nord, là où le soleil ne se couche jamais.
Yann est de ceux-ci, Force de la nature, honnête gaillard peu loquace il a voué sa vie à la mer lui ayant promis son coeur excluant toute autre prétendante. C'était sans compter sur sa rencontre avec Gaud, fière et élégante jeune femme.
Passant au delà des conventions, la passion qui l'anime l'amène à forcer des rencontres avec Yann pour lui dire son amour. Mais malgré ses efforts, soit elles ne se produiront jamais soit elles le laisseront en apparence indifférent. Il faudra plusieurs saisons de pêche avant qu'un évènement les rapproche...
C'est un peu une oeuvre picturale, chatoyante et ondoyante que nous livre Pierre Loti. La mer dans tous ses états y est somptueusement décrite et souvent semble nous submerger. Son style parfois désuet est pourtant entrainant et suscite l'émotion ainsi qu'une tension permanente. Une belle fresque sur la vie des marins Bretons, de la société de cette époque et une touchante histoire passionnelle.
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domisylzen
  08 juin 2017
Gaud et Yann c'est une évidence, tellement ces deux-là sont bien accordés. Mais le Yann à force de se faire bourrer le mou par tous les quidams et les quimessieurs du coin, il en a un petit marre. Faut dire qu'en bon Breton on ne lui dicte pas ce qu'il doit faire. Et puis lui ce qu'il aime c'est partir en campagne d'été, pêcher la morue au large de L'Islande. Et en rentrant aller faire la fête dans les ports là où il y a des filles qui ... enfin bon. Je me tais de peur que Gaud m'entende, pourtant je crois qu'elle s'en doute un petit peu. Ouais sous ses allures de grand gaillard, l'est un brin timide le Yann : lorsqu'il croise Gaud dans un chemin resserré le rouge lui monte facilement aux joues
La vie, la mort, les souffrances d'un peuple qui a tout donné à la mer, qui en a pris certains, emportant leurs rêves de liberté au fond des abysses. Les hommes qui partent plusieurs mois, les femmes qui se morfondent sur la jetée.
Un roman très fort de Pierre Loti pour nous immerger dans la vie des gens simples de cette fin de XIXe siècle. Vu de notre époque cela parait incroyable cette vie. La façon que l'auteur nous raconte cette histoire est empreinte d'amour et de poésie, comme un tableau impressionniste. J'ai toujours eu la sensation d'avoir une toile de Monet devant les yeux : soleil levant.
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Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   11 mai 2013
Ils étaient cinq, aux carrures terribles, accoudés à boire, dans une sorte de logis sombre qui sentait la saumure et la mer. Le gîte, trop bas pour leurs tailles, s’effilait par un bout, comme l’intérieur d’une grande mouette vidée ; il oscillait faiblement, en rendant une plainte monotone, avec une lenteur de sommeil. Dehors, ce devait être la mer et la nuit, mais on n’en savait trop rien : une seule ouverture coupée dans le plafond était fermée par un couvercle en bois, et c’était une vieille lampe suspendue qui les éclairait en vacillant.
Il y avait du feu dans un fourneau ; leurs vêtements mouillés séchaient, en répandant de la vapeur qui se mêlait aux fumées de leurs pipes de terre. Leur table massive occupait toute leur demeure ; elle en prenait très exactement la forme, et il restait juste de quoi se couler autour pour s’asseoir sur des caissons étroits scellés au murailles de chène. De grosses poutres passaient aud−dessus d’eux, presque à toucher leurs têtes ; et, derrière leurs dos, des couchettes qui semblaient creusées dans l’épaisseur de la charpente s’ouvraient comme les niches d’un caveau pour mettre les morts. Toutes ces boiseries étaient grossières et frustes, imprégnées d’humidité et de sel ; usées, polies par les frottements de leurs mains. Ils avaient bu, dans leurs écuelles, du vin et du cidre, qui étaient franches et braves. Maintenant ils restaient attablés et devisaient, en breton, sur des questions de femmes et de mariages.
Contre un panneau du fond, une sainte Vierge en faïence était fixée sur une planchette, à une place d’honneur. Elle était un peu ancienne, la patronne de ces marins, et peinte avec un art encore naïf. Mais les personnages en faïence se conservent beaucoup plus longtemps que les vrais hommes ; aussi sa robe rouge et bleue faisait encotre l’effet d’une petite chose très fraîche au milieu de tous les gris sombres de cette pauvre maison de bois. Elle avait dû écouter plus d’une ardente prière, à des heures d’angoisses ; on avait cloué à ses pieds deux bouquets de fleurs artivicielles et un chapelet. Ces cinq hommes étaient vêtus pareillement, un épais tricot de laine bleue serrant le torse et s’enfonçant dans la ceinture du pantalon ; sur la tête, l’espèce de casque en toile goudronnée qu’on appelle suroît (du nom de ce vent de sud−ouest qui dans notre hémisphère amène les pluies).
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ladesiderienneladesiderienne   15 septembre 2014
A côté des cabarets, l'église au perron semé de feuillages, tout ouverte en grande baie sombre, avec son odeur d'encens, avec ses cierges dans son obscurité, et ses ex-voto de marins partout accrochés à la sainte voûte. A côté des filles amoureuses, les fiancées de matelots disparus, les veuves de naufragés, sortant des chapelles des morts, avec leurs longs châles de deuil et leurs petites coiffes lisses ; les yeux à terre, silencieuses, passant au milieu de ce bruit de vie, comme un avertissement noir. Et là tout près, la mer toujours, la grande nourrice et la grande dévorante de ces générations vigoureuses, s'agitant elle aussi, faisant son bruit, prenant part à la fête...
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AsteriosAsterios   23 août 2018
Elle se savait jolie de figure, mais elle était bien inconsciente de la beauté de son corps. Du reste, dans cette région de la Bretagne, chez les filles des pêcheurs islandais, c'est presque de race, cette beauté là; on ne la remarque plus guère, et même les moins sages d'entre elles, au lieu d'en faire parade, auraient une pudeur à la laisser voir. Non, ce sont les raffinés des villes qui attachent tant d'importance à ces choses pour les mouler ou les peindre...
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rabannerabanne   19 novembre 2017
Il adorait le je ne sais quoi invisible qui était en elle, qui était son âme, qui se manifestait à lui dans le son pur et tranquille de sa voix, dans l’expression de son sourire, dans son beau regard limpide… Et dire qu’elle était en même temps une femme de chair, plus belle et plus désirable qu’aucune autre ; qu’elle lui appartiendrait bientôt d’une manière aussi complète que ses maîtresses d’avant, sans cesser pour cela d’être elle-même !... Cette idée le faisait frissonner jusqu’aux moelles profondes ; il ne concevait pas bien d’avance ce que serait une pareille ivresse, mais il n’y arrêtait pas sa pensée, par respect, se demandant presque s’il oserait commettre ce délicieux sacrilège…
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rabannerabanne   17 novembre 2017
Il dépassait un peu trop les proportions ordinaires des hommes, surtout par sa carrure qui était droite comme une barre ; quand il se présentait de face, les muscles de ses épaules, dessinés sous son tricot bleu, formaient comme deux boules en haut de ses bras. Il avait de grands yeux bruns très mobiles, à l’expression sauvage et superbe.
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