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Alain Buisine (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253009153
219 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1973)
  Existe en édition audio
4.02/5   786 notes
Résumé :
Pêcheur d'Islande a sans doute souffert de son succès, considérable, et l'on ne relit plus beaucoup cette histoire d'amour qui fit tant pleurer nos grands-mères. Le chef-d'oeuvre de Loti n'en recèle pas moins de nombreuses qualités. Avec une construction savante, soigneusement équilibrée, un style sobre, à la limite de l'épure ("La mer, la mer grise"), des phrases ciselées, polies comme des galets, Loti accomplit un véritable travail d'artiste et de peintre pour évo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (138) Voir plus Ajouter une critique
4,02

sur 786 notes

tiptop92
  14 novembre 2020
Pierre Loti - Pêcheur d'Islande - 1886 : «Pécheur d'Island» renforce cette litanie du désespoir que fut la littérature du 19ème siècle. En effet combien de vies déchirées, d'amour déçus, de catastrophes sociales furent mis en page à cette époque donnant l'impression d'une société dénouée de joie de vivre et de bonheur. Les hommes ici sont graves et réservés comme ce grand escogriffe de Yan qui ne semble communiquer qu'avec la mer dans laquelle chaque saison il lance sa ligne pour pêcher la morue. Car Yan est ce qu'on appelle un islandais, dès février il remonte avec la flotte bretonne dans les mers du nord pour arracher à son habitat naturel ce poisson qui salé garnit les gardes manger des familles désargentés. Mais ce n'est pas tout de risquer sa vie dans les flots froids et démontés de Terre-Neuve, il faut aussi pour tous ces pécheurs donner plusieurs années de leur vie au service militaire employés par la marine nationale sous les horizons lointains des pays colonisés. Sylvestre le meilleur ami de Yan, son petit frère de coeur, laisse sa vie dans des combats au Tonkin abandonnant une grand-mère ratatinée comme une pomme trop blette par le chagrin et la triste existence solitaire à venir. Et puis dans ce livre il y a Gaud (le diminutif de Marguerite), le seul rayon de soleil de l'histoire. Une beauté pleine de Vierge à l'enfant même si aucun marmot n'est encore né de son ventre. Une fille droite, instruite, qui se meurt d'amour pour la beauté sauvage de Yan, pour sa carrure, ses épaules rassurantes et pour la douceur qu'elle ressent derrière sa mâchoire volontaire. Mais lui qui semble dans sa vie n'épouser que la poupe des bateaux l'ignore, la tance de son regard sombre, la rejette même pendant des semaines et des mois par orgueil, par timidité. Et puis un jour ils finissent par s'unir et par confirmer ce grand amour qui les brule tous les deux de l'intérieur depuis si longtemps. Mais le sort est facétieux, la malédiction frappe souvent les gens heureux et quelques jours après cette union, c'est dans l'écume bouillonnante de l'eau glacée que Yan sera emporté à jamais. Pauvre Gaud que tout le monde pourra voir pendant des années attendre en haut de la falaise le retour impossible de celui qui devait l'aimer pour toujours. Les flots lui ont pris l'être aimé tout comme les rizières indochinoises ont pris Sylvestre dans la fleur de l'âge. La terre et l'eau unis comme deux éléments d'un champ de bataille qui engloutit implacablement les jeunes hommes génération après génération... magnifique
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rabanne
  19 novembre 2017
Un classique que j'avais envie de lire depuis longtemps. J'en ressors avec un petit pincement au coeur.
Un récit qui nous immerge au cœur du 19ème siècle, dans une immuable ronde des saisons, celle de marins bretons partant chaque printemps pêcher la morue au large des côtes islandaises, ne revenant qu'à l'automne retrouver leur foyer.
Le fil conducteur : une histoire d'amour, celle qui se tisse lentement entre Gaud et Yann, d'un romantisme suranné mais irrésistible...
Des hommes qui partent, des femmes qui attendent. Une puissante intimité des sentiments : promiscuité, pudeur, fierté, courage, dignité, solidarité, générosité, partage, simplicité... Face à cette mer-nourricière, cette mer-tombeau parfois, belle, envahissante, hypnotisante, égoïste, fière, impitoyable.
Une plume à la fois extrêmement figurative, sensuelle, réaliste, intimiste et universelle.
Un roman envoûtant !
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HordeduContrevent
  04 novembre 2021
Le tour de force de Pierre Loti est de nous offrir d'innombrables tableaux marins. C'est un livre pictural. Je n'ai pas eu l'impression de tourner des pages mais de me balader de tableaux en tableaux. Ses thèmes de prédilection : le soleil, la mer, les ciels et ses nuages, le vent…un peu à la Emile Nolde…
« Les nuages achevaient de se déplier en l'air, venant toujours de l'ouest, se superposant, empressés, rapides, obscurcissant tout. Quelques déchirures jaunes restaient seules, par lesquels le soleil envoyait d'en bas ses derniers rayons en gerbes. Et l'eau, verdâtre maintenant, était de plus en plus zébrée de baves blanches ».
Quelques paysages exotiques s'invitent dans cette exposition, voici en quelques traits brossés, l'Inde :
« A travers l'épaisseur des feuillages, il recevait l'ondée tiède, et regardait autour de lui les choses étranges. Tout était magnifiquement vert; les feuilles des arbres étaient faites comme des plumes gigantesques, et les gens qui se promenaient avaient de grands yeux veloutés qui semblaient se fermer sous le poids de leurs cils. le vent qui poussait cette pluie sentait le musc et les fleurs ».
Et des personnages pour faire une histoire, quand même, des hommes et des femmes en errance dans ce décor qui reste le personnage principal de l'oeuvre même si ceux-ci n'en sont pas moins campés superbement. Hommes et femmes de tous âges, des marins un peu sauvages, un peu rustres, mais graves, tout en retenue, entourés des grands silences de la mer ; des femmes en attente, soeurs, amantes, épouses, mères, grands-mères. Des femmes endeuillées, des femmes désespérées. Et une femme très amoureuse !
Voilà comment Pierre Loti nous immerge totalement dans cette Bretagne du 19ème siècle, une Bretagne où le goémon traine sur les sentiers répandant son odeur saline, une Bretagne d'ajoncs verts sur la lande rase, une terre ponctués de grands calvaires aux carrefours des chemins, cette Bretagne aux maisons aux toits de chaume pointus comme des huttes celtiques, cette Bretagne si dépendante de la mer, la grande nourrice et la grande dévorante, aimée et crainte. Voilà comment il nous fait côtoyer une communauté de pêcheurs de Paimpol qu'il dépeint avec humanité. Puis, dans ce décor d'un réalisme troublant, il réussit à nous toucher par une histoire d'amour certes surannée mais vibrante et tragique. Son pinceau, c'est sa plume. Quelle magnifique écriture, étonnamment picturale donc…dans ma lecture murmurée, les teintes pastel des bords de mer s'éclairaient, le ballet des nuages modifiait sous mes yeux, au fil des mots, la couleur de la mer, les corps musclés des marins sur leur réduit minuscule bravaient les tempêtes. Quand il m'arrivait de regarder les eaux de pêche, même les poissons frétillaient devant mes yeux ébahis.
« Quelquefois, avec un coup de queue brusque, toutes les morues se retournaient en même temps, montrant le brillant de leur ventre argenté; et puis le même coup de queue, le même retournement, se propageait dans le banc tout entier par ondulations lentes, comme si des milliers de lames de métal eussent jeté, entre deux eaux, chacune un petit éclair ».
Les islandais sont ces pêcheurs bretons surnommés ainsi car ils partaient sur les côtes d'Islande pendant plusieurs mois, dès février jusqu'aux étés sans nuits, pour cette fameuse pêche à la morue. Des gens de vent et de tempête. le livre débute avec une telle pêche dans les eaux islandaises, en pleine nuit, alors que le jour y est éternel mais d'une lumière pâle, « qui traine sur les choses comme des reflets de soleil mort » et ôtant aux contours de toute chose leurs nuances.
« A ce moment, l'éternel soleil, qui avait un peu trempé son bord dans les eaux, recommença à monter lentement. Et ce fut le matin... »
Nous assistons au changement de quart, Yann et Sylvestre prennent le relais d'autres marins sur le pont. Deux presque frères, deux amis. Yann est un jeune homme au coeur bon, mais dont la nature est restée un peu sauvage, au regard superbe et un peu farouche; « aux prunelles brunes légèrement fauves, courant très vite sur l'opale bleuâtre de ses yeux », comme si en lui bonheur et douleur étaient réunis en une osmose complexe. Sylvestre, jeune homme doux, aimé et attendu par sa grand-mère de 76 ans est angoissé par son départ imminent aux combats sur les lointaines terres d'Asie. Yann, lui, est attendu avec espoir et amour par Gaud, la belle Gaud. Une fille honnête, droite, instruite qui se meurt d'amour pour lui. Yann l'ignore, la rejette durement dans un premier temps. Ils finiront par se trouver et s'unir, mais il n'y aura pas de fin heureuse…
Une histoire sombre et tragique dans laquelle la vie est fragile, la Mer, mais aussi la Terre, engloutissant ces pauvres hères. Les rituels religieux, immuables, offrent un semblant d'espoir à ces fins tragiques, tel que celui du saint-sacrement, procession lente de femmes, et du prêtre venant bénir les navires en partance. Mais qu'on se s'y méprenne pas, seuls les éléments, la Nature, les paysages subsistent et sont les témoins indifférents aux drames humains.
Dans la liste des thèmes évoqués au tout début de ce billet vous remarquerez que j'ai mis le soleil avant la mer. le soleil est en effet omniprésent, presque davantage que la mer, peint sans cesse en des teintes diverses, il est même à un certain moment, alors que Yann est en Islande, Sylvestre de retour sur les mers de Chine, un point de ralliement entre ces trois terres : le même soleil, couchant et flamboyant en Asie, un peu voilé au petit matin en Islande, haut et clair à midi sur Paimpol…C'est l'élément qui relie les personnages d'une même contrée. Ce passage est d'une grande virtuosité. le couchant, sanglant, fait écho à l'agonie de Sylvestre, tandis que le soleil de l'aube, pâle, timide et caché, entre en résonance avec le désarroi et la timidité de Yann. Alors qu'il est haut et flamboyant à Paimpol, pour les vivants en attente, pour ceux qui espèrent en vaquant à leurs occupations. le même soleil sans être tout à fait le même, le même soleil, témoin de tranches de vie entre des personnes reliées mais si éloignées, le même soleil écho des sentiments vécus…
« au couchant, on eût dit l'incendie de tout un monde, avec du sang plein les nuages; par le trou de ce sabord ouvert entrait une large bande de feu rouge, qui venait finir sur le lit de Sylvestre, faire un nimbe autour de lui. ... A ce moment, ce soleil se voyait aussi, là-bas, en Bretagne, où midi allait sonner. Il était bien le même soleil, et au même instant précis de sa durée sans fin; là, pourtant, il avait une couleur très différente; se tenant plus haut dans un ciel bleuâtre; il éclairait d'une douce lumière blanche la grand'-mère Yvonne, qui travaillait à coudre, assise sur sa porte. En Islande, où c'était le matin, il paraissait aussi, à cette même minute de mort ».
Ce livre est Magnifique…

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Wyoming
  22 juillet 2021
Je viens de lire, après des années d'attente, ce beau roman de mer et d'amour, dans l'édition de 1923, malheureusement préfacée en 1988, chez Folio, par Jacques Dupont sur près de 50 pages ennuyeuses et qui donnent l'issue de l'histoire ce qui est dommage. Cette préface serait mieux placée en guise de postface.
Sinon, dès les premières pages, embarquement réussi à bord du bateau, avec des personnages puissants ou faibles, campés dans un décor d'aventure humaine, en pleine mer. Avec un début pareil, on attend une montée en puissance encore plus forte, exigence de lecteur gâté sans doute, mais l'histoire de mer va se noyer dans un roman d'amour très désuet, avec, me semble-t-il, trop de longueurs, d'atermoiements, de crochets vers des histoires parallèles quelque peu essoufflantes.
C'est néanmoins un beau classique à lire, avec des descriptions de mer, de nuages, de vent, de tempête, mais aussi de printemps, de fleurs, de landes verdoyantes qui sont très élaborées, ciselées dans ce granit breton comme les calvaires qui émaillent le paysage.
La pêche est trop peu évoquée, les beaux sentiments sont là, il manque quand même la plume d'un Mauriac pour leur donner une ampleur qu'ils ne parviennent pas à atteindre.
Quelques pages de voyages intéressantes en direction du Tonkin pour y voir périr quelques jeunes français oubliés de tous aujourd'hui.
La mer est-elle le personnage principal? L'auteur semble le rappeler sans cesse, alors pourquoi ne lui a-t-il pas donné une place plus grande encore, les morues ne pouvant toutefois pas concurrencer la baleine blanche, ni Yann être Achab?
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spleen
  13 février 2016
Après ma visite fort instructive du musée maritime du Old Harbour de Reykjavik , cette lecture m'a parue évidente dans la continuité de l'émotion de la découverte ( ou redécouverte ) de ces pêcheurs de morue, hommes courageux à la vie si dure .
Dans l'ouvrage de Pierre Loti, les Islandais , comme ils étaient surnommés , sont les pêcheurs bretons qui partaient sur les côtes d'Islande pendant plusieurs mois pour cette fameuse pêche à la morue .
Et parce que leurs pères avant eux prenaient la mer, Yann et Sylvestre, presque beaux-frères par les liens qui unissent Sylvestre à la soeur de Yann sont deux de ces marins qui quittent les côtes bretonnes pour affronter la Mer du Nord .
Roman sur la mer, parce que c'est elle qui décide de la vie et de la mort, elle donne et elle reprend , elle est amante, elle est cercueil .
Roman sur l'amour, pudique toujours, impossible parfois, parce que les conventions sociales sont tenaces dans la Bretagne de la fin du XIX ème siècle mais Gaud aime Yann même s'il ne le montre pas mais qu'il l'attend aussi .
Roman sur les femmes, les mères , les épouses et les fiancées, celles qui attendent le retour des bateaux , fières et courageuses bretonnes .
Roman sur l'amitié comme celle qui unit Yann et Sylvestre, pas besoin de beaucoup de mots ni d'effusions, ce sont des taiseux mais les sentiments sont forts et beaux.
J' ai trouvé autre chose dans ce roman que ce que j'y étais venue chercher mais peu importe , l'écriture de Pierre Loti est admirable .
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Citations et extraits (174) Voir plus Ajouter une citation
andreas50andreas50   25 octobre 2018
« Vous m'avez cherchée quand je ne vous demandais rien ; à présent, je suis à vous de toute mon âme si vous me voulez ; voyez, je ne redoute pas de devenir la femme d'un pêcheur, et cependant, parmi les garçons de Paimpol, je n'aurais qu'à choisir si j'en désirais un pour mari ; mais je vous aime, vous, parce que, malgré tout, je vous crois meilleur que les autres jeunes hommes ; je suis un peu riche, je sais que je suis jolie ; bien que j'aie habité dans les villes, je vous jure que je suis une fille sage, n'ayanr rien fait de mal ; alors, puisque je vous aime tant, pourquoi ne me prendriez-vous pas ? »
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CielvariableCielvariable   11 mai 2013
Ils étaient cinq, aux carrures terribles, accoudés à boire, dans une sorte de logis sombre qui sentait la saumure et la mer. Le gîte, trop bas pour leurs tailles, s’effilait par un bout, comme l’intérieur d’une grande mouette vidée ; il oscillait faiblement, en rendant une plainte monotone, avec une lenteur de sommeil. Dehors, ce devait être la mer et la nuit, mais on n’en savait trop rien : une seule ouverture coupée dans le plafond était fermée par un couvercle en bois, et c’était une vieille lampe suspendue qui les éclairait en vacillant.
Il y avait du feu dans un fourneau ; leurs vêtements mouillés séchaient, en répandant de la vapeur qui se mêlait aux fumées de leurs pipes de terre. Leur table massive occupait toute leur demeure ; elle en prenait très exactement la forme, et il restait juste de quoi se couler autour pour s’asseoir sur des caissons étroits scellés au murailles de chène. De grosses poutres passaient aud−dessus d’eux, presque à toucher leurs têtes ; et, derrière leurs dos, des couchettes qui semblaient creusées dans l’épaisseur de la charpente s’ouvraient comme les niches d’un caveau pour mettre les morts. Toutes ces boiseries étaient grossières et frustes, imprégnées d’humidité et de sel ; usées, polies par les frottements de leurs mains. Ils avaient bu, dans leurs écuelles, du vin et du cidre, qui étaient franches et braves. Maintenant ils restaient attablés et devisaient, en breton, sur des questions de femmes et de mariages.
Contre un panneau du fond, une sainte Vierge en faïence était fixée sur une planchette, à une place d’honneur. Elle était un peu ancienne, la patronne de ces marins, et peinte avec un art encore naïf. Mais les personnages en faïence se conservent beaucoup plus longtemps que les vrais hommes ; aussi sa robe rouge et bleue faisait encotre l’effet d’une petite chose très fraîche au milieu de tous les gris sombres de cette pauvre maison de bois. Elle avait dû écouter plus d’une ardente prière, à des heures d’angoisses ; on avait cloué à ses pieds deux bouquets de fleurs artivicielles et un chapelet. Ces cinq hommes étaient vêtus pareillement, un épais tricot de laine bleue serrant le torse et s’enfonçant dans la ceinture du pantalon ; sur la tête, l’espèce de casque en toile goudronnée qu’on appelle suroît (du nom de ce vent de sud−ouest qui dans notre hémisphère amène les pluies).
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AsteriosAsterios   23 août 2018
Elle se savait jolie de figure, mais elle était bien inconsciente de la beauté de son corps. Du reste, dans cette région de la Bretagne, chez les filles des pêcheurs islandais, c'est presque de race, cette beauté là; on ne la remarque plus guère, et même les moins sages d'entre elles, au lieu d'en faire parade, auraient une pudeur à la laisser voir. Non, ce sont les raffinés des villes qui attachent tant d'importance à ces choses pour les mouler ou les peindre...
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rabannerabanne   19 novembre 2017
Il adorait le je ne sais quoi invisible qui était en elle, qui était son âme, qui se manifestait à lui dans le son pur et tranquille de sa voix, dans l’expression de son sourire, dans son beau regard limpide… Et dire qu’elle était en même temps une femme de chair, plus belle et plus désirable qu’aucune autre ; qu’elle lui appartiendrait bientôt d’une manière aussi complète que ses maîtresses d’avant, sans cesser pour cela d’être elle-même !... Cette idée le faisait frissonner jusqu’aux moelles profondes ; il ne concevait pas bien d’avance ce que serait une pareille ivresse, mais il n’y arrêtait pas sa pensée, par respect, se demandant presque s’il oserait commettre ce délicieux sacrilège…
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ladesiderienneladesiderienne   15 septembre 2014
A côté des cabarets, l'église au perron semé de feuillages, tout ouverte en grande baie sombre, avec son odeur d'encens, avec ses cierges dans son obscurité, et ses ex-voto de marins partout accrochés à la sainte voûte. A côté des filles amoureuses, les fiancées de matelots disparus, les veuves de naufragés, sortant des chapelles des morts, avec leurs longs châles de deuil et leurs petites coiffes lisses ; les yeux à terre, silencieuses, passant au milieu de ce bruit de vie, comme un avertissement noir. Et là tout près, la mer toujours, la grande nourrice et la grande dévorante de ces générations vigoureuses, s'agitant elle aussi, faisant son bruit, prenant part à la fête...
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Vidéo de Pierre Loti
[RENTRÉE LITTÉRAIRE 2021]
La Polynésie se décline en un poudroiement d'îles, atolls et archipels, sur des milliers de kilomètres, mais en fin de compte un ensemble de terres émergées assez réduit : toutes réunies, elles ne feraient pas même la surface de la Corse. Et ce territoire, c'est le Fenua.
Comme toujours chez Deville, le roman foisonne d'histoires, de rencontres et de voyages. On déambule, on rêve. On découvre les conflits impérialistes et coloniaux qui opposèrent la France et l'Angleterre, on croise Bougainville, Stevenson, Melville, puis Pierre Loti sur les traces de son frère Gustave, ou Victor Segalen. Mais la figure centrale c'est Gauguin, le peintre qui a fixé notre imaginaire de cette partie du monde, entre douceur lascive et sauvagerie. Des îles merveilleuses qui deviendront, vers le milieu du xxe siècle, le terrain privilégié d'essais nucléaires dont le plus sûr effet aura peut-être été de susciter un désir d'indépendance…
Grand voyageur et esprit cosmopolite, Patrick Deville est né en 1957. Il a publié une douzaine de romans, traduits dans de nombreuses langues. En 2012, il est récompensé par le prix Femina pour sa formidable évocation de Yersin et Pasteur, Peste & Choléra.
Lire les premières pages de "Fenua" de Patrick Deville : https://bit.ly/3fqgHmk
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