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Alain Buisine (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253009153
219 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1973)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.98/5 (sur 706 notes)
Résumé :
Pêcheur d'Islande a sans doute souffert de son succès, considérable, et l'on ne relit plus beaucoup cette histoire d'amour qui fit tant pleurer nos grands-mères. Le chef-d'oeuvre de Loti n'en recèle pas moins de nombreuses qualités. Avec une construction savante, soigneusement équilibrée, un style sobre, à la limite de l'épure ("La mer, la mer grise"), des phrases ciselées, polies comme des galets, Loti accomplit un véritable travail d'artiste et de peintre pour évo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (119) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  19 novembre 2017
Un classique que j'avais envie de lire depuis longtemps. J'en ressors avec un petit pincement au coeur.
Un récit qui nous immerge au cœur du 19ème siècle, dans une immuable ronde des saisons, celle de marins bretons partant chaque printemps pêcher la morue au large des côtes islandaises, ne revenant qu'à l'automne retrouver leur foyer.
Le fil conducteur : une histoire d'amour, celle qui se tisse lentement entre Gaud et Yann, d'un romantisme suranné mais irrésistible...
Des hommes qui partent, des femmes qui attendent. Une puissante intimité des sentiments : promiscuité, pudeur, fierté, courage, dignité, solidarité, générosité, partage, simplicité... Face à cette mer-nourricière, cette mer-tombeau parfois, belle, envahissante, hypnotisante, égoïste, fière, impitoyable.
Une plume à la fois extrêmement figurative, sensuelle, réaliste, intimiste et universelle.
Un roman envoûtant !
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tiptop92
  14 novembre 2020
Pierre Loti - Pêcheur d'Islande - 1886 : «Pécheur d'Island» renforce cette litanie du désespoir que fut la littérature du 19ème siècle. En effet combien de vies déchirées, d'amour déçus, de catastrophes sociales furent mis en page à cette époque donnant l'impression d'une société dénouée de joie de vivre et de bonheur. Les hommes ici sont graves et réservés comme ce grand escogriffe de Yan qui ne semble communiquer qu'avec la mer dans laquelle chaque saison il lance sa ligne pour pêcher la morue. Car Yan est ce qu'on appelle un islandais, dès février il remonte avec la flotte bretonne dans les mers du nord pour arracher à son habitat naturel ce poisson qui salé garnit les gardes manger des familles désargentés. Mais ce n'est pas tout de risquer sa vie dans les flots froids et démontés de Terre-Neuve, il faut aussi pour tous ces pécheurs donner plusieurs années de leur vie au service militaire employés par la marine nationale sous les horizons lointains des pays colonisés. Sylvestre le meilleur ami de Yan, son petit frère de coeur, laisse sa vie dans des combats au Tonkin abandonnant une grand-mère ratatinée comme une pomme trop blette par le chagrin et la triste existence solitaire à venir. Et puis dans ce livre il y a Gaud (le diminutif de Marguerite), le seul rayon de soleil de l'histoire. Une beauté pleine de Vierge à l'enfant même si aucun marmot n'est encore né de son ventre. Une fille droite, instruite, qui se meurt d'amour pour la beauté sauvage de Yan, pour sa carrure, ses épaules rassurantes et pour la douceur qu'elle ressent derrière sa mâchoire volontaire. Mais lui qui semble dans sa vie n'épouser que la poupe des bateaux l'ignore, la tance de son regard sombre, la rejette même pendant des semaines et des mois par orgueil, par timidité. Et puis un jour ils finissent par s'unir et par confirmer ce grand amour qui les brule tous les deux de l'intérieur depuis si longtemps. Mais le sort est facétieux, la malédiction frappe souvent les gens heureux et quelques jours après cette union, c'est dans l'écume bouillonnante de l'eau glacée que Yan sera emporté à jamais. Pauvre Gaud que tout le monde pourra voir pendant des années attendre en haut de la falaise le retour impossible de celui qui devait l'aimer pour toujours. Les flots lui ont pris l'être aimé tout comme les rizières indochinoises ont pris Sylvestre dans la fleur de l'âge. La terre et l'eau unis comme deux éléments d'un champ de bataille qui engloutit implacablement les jeunes hommes génération après génération... magnifique
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jamiK
  08 novembre 2017
Le vent, la mer, les vagues, les embruns, la brume, la tempête, les landes, le granit, et toutes les odeurs, les sons, c'est toute cette société de pêcheurs bretons, de Ploubazlanec et Paimpol (22), avec la religion, la famille, l'économie, la dureté de la vie, de la mort qui est superbement décrite dans ce roman, avec beaucoup de passions, de drames et de joies, une société fragile, avec des personnages simples et touchant, pudiques et passionnés.
L'écriture est riche, méticuleuse et lyrique dans son âpreté, comme un hommage respectueux à cet univers. Pierre Loti, en véritable marin, nous raconte avec poésie et précision mêlées, la Bretagne, les Bretons et la mer tels qu'il étaient à l'époque, les années 1880. Une histoire de fatalité.
Les “Islandais” sont en fait les bretons qui partent pour toute une saison dans les mers d'Islande pour la pêche à la morue, on parle plus souvent à l'heure actuelle des “Terre-neuvas”. Un monde que je retrouve, dont j'ai souvent entendu parler, pas si loin de ce qu'ont connu mes grands parents, les éléments naturels sont toujours là eux, ce climat humide et venteux, si rude. Ce roman c'est la Bretagne, l'Armor, pays de la mer, il m'a totalement envouté, ému, c'est un véritable joyau dans un écrin d'eau salée et de granit.
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spleen
  13 février 2016
Après ma visite fort instructive du musée maritime du Old Harbour de Reykjavik , cette lecture m'a parue évidente dans la continuité de l'émotion de la découverte ( ou redécouverte ) de ces pêcheurs de morue, hommes courageux à la vie si dure .
Dans l'ouvrage de Pierre Loti, les Islandais , comme ils étaient surnommés , sont les pêcheurs bretons qui partaient sur les côtes d'Islande pendant plusieurs mois pour cette fameuse pêche à la morue .
Et parce que leurs pères avant eux prenaient la mer, Yann et Sylvestre, presque beaux-frères par les liens qui unissent Sylvestre à la soeur de Yann sont deux de ces marins qui quittent les côtes bretonnes pour affronter la Mer du Nord .
Roman sur la mer, parce que c'est elle qui décide de la vie et de la mort, elle donne et elle reprend , elle est amante, elle est cercueil .
Roman sur l'amour, pudique toujours, impossible parfois, parce que les conventions sociales sont tenaces dans la Bretagne de la fin du XIX ème siècle mais Gaud aime Yann même s'il ne le montre pas mais qu'il l'attend aussi .
Roman sur les femmes, les mères , les épouses et les fiancées, celles qui attendent le retour des bateaux , fières et courageuses bretonnes .
Roman sur l'amitié comme celle qui unit Yann et Sylvestre, pas besoin de beaucoup de mots ni d'effusions, ce sont des taiseux mais les sentiments sont forts et beaux.
J' ai trouvé autre chose dans ce roman que ce que j'y étais venue chercher mais peu importe , l'écriture de Pierre Loti est admirable .
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Asterios
  26 août 2018
A Paimpol au XIXème siècle la pêche dans les mers Islandaises est une institution. On appelle ces marins "les Islandais". Embarquant au début du printemps, ils ne sont de retour qu'à la fin de l'été. le pays vit donc au rythme des allées et venues des navires. Laissant leurs familles à terre dans l'interminable et angoissante attente du retour, les marins vivent les plus grands dangers dans les eaux tourmentées du Nord, là où le soleil ne se couche jamais.
Yann est de ceux-ci, Force de la nature, honnête gaillard peu loquace il a voué sa vie à la mer lui ayant promis son coeur excluant toute autre prétendante. C'était sans compter sur sa rencontre avec Gaud, fière et élégante jeune femme.
Passant au delà des conventions, la passion qui l'anime l'amène à forcer des rencontres avec Yann pour lui dire son amour. Mais malgré ses efforts, soit elles ne se produiront jamais soit elles le laisseront en apparence indifférent. Il faudra plusieurs saisons de pêche avant qu'un évènement les rapproche...
C'est un peu une oeuvre picturale, chatoyante et ondoyante que nous livre Pierre Loti. La mer dans tous ses états y est somptueusement décrite et souvent semble nous submerger. Son style parfois désuet est pourtant entrainant et suscite l'émotion ainsi qu'une tension permanente. Une belle fresque sur la vie des marins Bretons, de la société de cette époque et une touchante histoire passionnelle.
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Citations et extraits (93) Voir plus Ajouter une citation
andreas50andreas50   25 octobre 2018
« Vous m'avez cherchée quand je ne vous demandais rien ; à présent, je suis à vous de toute mon âme si vous me voulez ; voyez, je ne redoute pas de devenir la femme d'un pêcheur, et cependant, parmi les garçons de Paimpol, je n'aurais qu'à choisir si j'en désirais un pour mari ; mais je vous aime, vous, parce que, malgré tout, je vous crois meilleur que les autres jeunes hommes ; je suis un peu riche, je sais que je suis jolie ; bien que j'aie habité dans les villes, je vous jure que je suis une fille sage, n'ayanr rien fait de mal ; alors, puisque je vous aime tant, pourquoi ne me prendriez-vous pas ? »
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CielvariableCielvariable   11 mai 2013
Ils étaient cinq, aux carrures terribles, accoudés à boire, dans une sorte de logis sombre qui sentait la saumure et la mer. Le gîte, trop bas pour leurs tailles, s’effilait par un bout, comme l’intérieur d’une grande mouette vidée ; il oscillait faiblement, en rendant une plainte monotone, avec une lenteur de sommeil. Dehors, ce devait être la mer et la nuit, mais on n’en savait trop rien : une seule ouverture coupée dans le plafond était fermée par un couvercle en bois, et c’était une vieille lampe suspendue qui les éclairait en vacillant.
Il y avait du feu dans un fourneau ; leurs vêtements mouillés séchaient, en répandant de la vapeur qui se mêlait aux fumées de leurs pipes de terre. Leur table massive occupait toute leur demeure ; elle en prenait très exactement la forme, et il restait juste de quoi se couler autour pour s’asseoir sur des caissons étroits scellés au murailles de chène. De grosses poutres passaient aud−dessus d’eux, presque à toucher leurs têtes ; et, derrière leurs dos, des couchettes qui semblaient creusées dans l’épaisseur de la charpente s’ouvraient comme les niches d’un caveau pour mettre les morts. Toutes ces boiseries étaient grossières et frustes, imprégnées d’humidité et de sel ; usées, polies par les frottements de leurs mains. Ils avaient bu, dans leurs écuelles, du vin et du cidre, qui étaient franches et braves. Maintenant ils restaient attablés et devisaient, en breton, sur des questions de femmes et de mariages.
Contre un panneau du fond, une sainte Vierge en faïence était fixée sur une planchette, à une place d’honneur. Elle était un peu ancienne, la patronne de ces marins, et peinte avec un art encore naïf. Mais les personnages en faïence se conservent beaucoup plus longtemps que les vrais hommes ; aussi sa robe rouge et bleue faisait encotre l’effet d’une petite chose très fraîche au milieu de tous les gris sombres de cette pauvre maison de bois. Elle avait dû écouter plus d’une ardente prière, à des heures d’angoisses ; on avait cloué à ses pieds deux bouquets de fleurs artivicielles et un chapelet. Ces cinq hommes étaient vêtus pareillement, un épais tricot de laine bleue serrant le torse et s’enfonçant dans la ceinture du pantalon ; sur la tête, l’espèce de casque en toile goudronnée qu’on appelle suroît (du nom de ce vent de sud−ouest qui dans notre hémisphère amène les pluies).
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rabannerabanne   19 novembre 2017
Il adorait le je ne sais quoi invisible qui était en elle, qui était son âme, qui se manifestait à lui dans le son pur et tranquille de sa voix, dans l’expression de son sourire, dans son beau regard limpide… Et dire qu’elle était en même temps une femme de chair, plus belle et plus désirable qu’aucune autre ; qu’elle lui appartiendrait bientôt d’une manière aussi complète que ses maîtresses d’avant, sans cesser pour cela d’être elle-même !... Cette idée le faisait frissonner jusqu’aux moelles profondes ; il ne concevait pas bien d’avance ce que serait une pareille ivresse, mais il n’y arrêtait pas sa pensée, par respect, se demandant presque s’il oserait commettre ce délicieux sacrilège…
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AsteriosAsterios   23 août 2018
Elle se savait jolie de figure, mais elle était bien inconsciente de la beauté de son corps. Du reste, dans cette région de la Bretagne, chez les filles des pêcheurs islandais, c'est presque de race, cette beauté là; on ne la remarque plus guère, et même les moins sages d'entre elles, au lieu d'en faire parade, auraient une pudeur à la laisser voir. Non, ce sont les raffinés des villes qui attachent tant d'importance à ces choses pour les mouler ou les peindre...
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ladesiderienneladesiderienne   15 septembre 2014
A côté des cabarets, l'église au perron semé de feuillages, tout ouverte en grande baie sombre, avec son odeur d'encens, avec ses cierges dans son obscurité, et ses ex-voto de marins partout accrochés à la sainte voûte. A côté des filles amoureuses, les fiancées de matelots disparus, les veuves de naufragés, sortant des chapelles des morts, avec leurs longs châles de deuil et leurs petites coiffes lisses ; les yeux à terre, silencieuses, passant au milieu de ce bruit de vie, comme un avertissement noir. Et là tout près, la mer toujours, la grande nourrice et la grande dévorante de ces générations vigoureuses, s'agitant elle aussi, faisant son bruit, prenant part à la fête...
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Videos de Pierre Loti (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Loti
Spectacle interprété en clôture du séminaire international « Itinéraires dans les mémoires et les savoirs du Moyen-Orient », organisé par la Bibliothèque nationale de France le 22 mars 2019.
Mis en scène et interprété par Emilien Diard-Detoeuf, avec Sophie Guibard et Simon Veyre.
« … Dans un décor de bibliothèque, deux interprètes et un musicien refont le chemin de Paris à Jérusalem, au gré des documents qui peuplent les bibliothèques d'Orient. La première traduction des Mille et une Nuits, les récits de Pierre Loti, De Nerval et de Flaubert, mais aussi les déclarations de Napoléon... constituent la matière première de notre spectacle. Pour retrouver la spontanéité et l'exaltation d'une recherche documentaire, nous ferons l'anatomie d'une bibliothèque. Qu'avons-nous vu de l'Orient depuis que nous le regardons ? »
Parcourez le site Bibliothèques d'Orient : http://heritage.bnf.fr/bibliothequesorient
Bibliothèques d'Orient a été réalisée grâce au soutien de la Fondation Total et du groupe Plastic Omnium.
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