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Bruno Vercier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070385317
320 pages
Gallimard (22/04/1992)
3.69/5   71 notes
Résumé :

En 1881, Loti a trente et un ans, et signe pour la première fois de son pseudonyme ce qui est son premier roman véritable. L'intrigue rendra l'auteur célèbre : un Français, transplanté dans une contrée lointaine, ici le Sénégal y connaît un grand amour.

Il meurt ; sa maîtresse se tue, après avoir tué son enfant. On trouve dans ce récit l'Afrique, ses plaines, ses forêts, à l'époque peu connues, et décrites par la sensibilité d'un poète. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
aouatef79
  14 juillet 2019
"Le roman d 'un spahi" est un roman de Pierre Loti qui signe là pour la première fois avec son pseudonyme .Son véritable nom est Louis Viaudi .L 'auteur est avant tout un officier de marine .Ce roman est inspiré de son voyage au Sénégal .
Ce roman est le récit d 'un jeune français âgé d 'une vingtaine d 'années enrôlé dans le régiment des spahis qui
quitte sa région natale , les Cévennes , pour être débarqué
dans une contrée lointaine , le Sénégal . Là , il connaîtra le dépaysement , la solitude . Il découvre aussi une nature riche et variée , des forêts ,des plaines et le tout est décrit avec la sensibilité d 'un poète romantique .Il connaîtra , aussi , la guerre et l 'amour .La fin du récit est dramatique car le héros décédera au cours d 'un combat .Son amante africaine Fatou-gaye se suicidera mais avant de commettre cet acte , elle tuera de ses propres mains l 'enfant qu 'elle avait eu de son amant .
Roman écrit avec une belle écriture , limpide et poétique .
Commenter  J’apprécie          378
Herve-Lionel
  10 avril 2021
N°221
Avril 2000



LE ROMAN D'UN SPAHIPierre LOTI.

Je ne sais ce qui ne fit choisir dans ma bibliothèque un roman pourtant déjà lu de Pierre Loti. le hasard peut-être à moins que ce ne soit l'intérêt que je porte depuis de nombreuses années à l'écrivain rochefortais qui enchanta ma jeunesse et mon adolescence. Ses romans reflètent son attraits pour les voyages et pour un certain art de vivre, à l'image de cette « maison enchantée » blottie au milieu de cette petite ville charentaise qu'il serait bon de redécouvrir.

C'est vrai qu'actuellement Rochefort /mer reprend de l'attrait notamment à cause de la construction de « l'Hermione », bateau qui amena Lafayette aux Amériques. La télévision nous rend compte régulièrement de l'avancement de ces travaux. Loti su se battre pour sa ville natale et usa de son autorité pour qu'elle ne sombre pas dans l'oubli, qu'elle conserve son port militaire, son arsenal, son importance. Bien sûr il y avait la source thermale, les bégonias et plus tard le Film de Jacques Demy, « Les demoiselles de Rochefort », la résurrection de la « Corderie Royale »…

Comme son oeuvre, cette maison est le miroir de son itinéraire, de ses passions, de ses amours. C'est à la fois un bateau immobile au ventre plein de rêves et un haut lieu du souvenir jalousement gardé. C'est la synthèse de sa vie personnelle, amoureuse, littéraire, aventureuse... On y retrouve les différentes facettes de la personnalité de l'homme public et l'intimité de l'être tourmenté. Là plus qu'ailleurs le visiteur est incité au rêve, à la complicité avec son hôte invisible mais bien présent .Chaque pièce est un jalon de la vie de ce personnage d'exception, grand marin et écrivain de talent. Il fut à son époque un personnage contesté, moqué même, honni peut-être, mais c'est oublier un peu vite le patriote, l'officier de marine, l'académicien, l'amoureux, l'humaniste, l'homme libre, tour à tour fantasque, déconcertant mais toujours d'une culture et d'un raffinement étonnants…

Mais revenons à ce livre.

Il s'inscrit, bien sûr dans l'histoire immédiate de la France coloniale avec tout ce qu'elle avait d'exotique, de dépaysant, de guerrier aussi. Comme toujours les descriptions y sont évocatrices, chatoyantes et l'émotion y est toujours présente.

Comme avec « Pêcheurs d'Islande » ou « Ramuncho », Loti a toujours su me passionner, me faire pleurer aussi. Ici, il choisit de peindre de nouveau une facette de la condition humaine, celle de Jean, fils d'un paysan pauvre des Cévennes, arraché à sa terre natale pour un service militaire de cinq années. le hasard et peut-être aussi l'amour du cheval lui fit choisir les spahis et l'Afrique accueillit cette tranche de vie qu'il allait passer entre ses amours locales et le souvenir d'une « promise » qui au pays l'attendait. Chez Loti, rares sont les « happy ends » rassurants. Il choisit de nous dire les choses telles qu'elles sont, dans leur simplicité, dans leur cruauté aussi. La séparation, la mort font partie de la vie d'un homme et il est vrai que le bonheur n'est pas toujours aux rendez-vous de nos quêtes, que nous ne sommes ici que de passage…. Loti l'a rappelé naturellement, peut-être mieux que les autres . Il est cet écrivain de l'humanité comme d'autres le sont de la négritude ou de la condition ouvrière…

Il a délivré son message avec talent et avec coeur, avec aussi cette plaie invisible qu'il portait en lui et que, comme tout créateur authentique il passa sa vie à exorciser. Elle transparaissait sans doute dans son visage mélancolique et dans la tristesse qu'il portait au bord de ses yeux. Il y puisait sûrement une partie de son inspiration et sa quête du bonheur lui fit dire simplement « Mon mal, j'enchante ».


© H.G.
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Commenter  J’apprécie          40
Laureneb
  04 septembre 2021
Il y a des éblouissements de poésie dans ce roman, et des horreurs datées liées au contexte d'écriture.
Les horreurs datées, c'est le contexte colonial qui fait décrire par l'auteur les pratiques culturelles des peuples africains rencontrés comme barbares et sauvages : de la musique présentée comme sans rythme, des griots qui ne seraient que des parasites sans talent, des constructions qui ne sont que des amas de poussière... Et surtout, les femmes, mêmes les plus belles, sont rapprochées des singes. Fatou est ainsi à chaque fois décrite avec insistance par sa couleur et son "masque" simiesque au lieu d'un visage. le contexte qui fait frémir, c'est aussi les rapports de force entre les sexes, la domination totale des hommes sur les femmes, et sur les filles, qui se double de la domination coloniale : Jean accepte la prostitution, il ne recule que devant la pédophilie - contrairement à la plupart des autres soldats. Mais ensuite, il commence sa relation avec Fatou alors qu'elle est à peine nubile, le texte le dit clairement. Et quand leur relation devient compliquée, quand ils se disputent, il la bat violemment.
Le roman présente cependant peu les rapports de force coloniaux, les relations entre Blancs et Noirs, entre colonisateurs et colonisés : l'aspect économique n'est pas du tout mentionné ; quant aux saphis, ils semblent surtout passer leur temps à attendre, pas à faire une guerre de conquête, ni à dominer.
Mais il y a les beautés poétiques de ce roman, ses descriptions. Jean n'est pas amoureux de Fatou, ou alors pas tout le temps. En tout cas, il aime d'abord cette terre africaine. C'est lorsqu'il croit quitter son affectation qu'il s'en rend compte, il regrette plus le désert, le climat, les odeurs, les sons, le kous-kous même, que Fatou. C'est un amour charnel, physique, pour cette terre, qui mobilise tous ses sens. Il y a une véritable union - communion même au sens spirituel - entre lui et l'Afrique. Et ce sont ces belles descriptions, avec une opposition continuelle entre le désert et les montagnes boisées des Cévennes, qui donnent au texte son intérêt, malgré ses horreurs comme je l'ai mentionné, malgré son manque de véritable intrigue également, Jean agissant peu, réfléchissant peu, se contentant de contempler, comme le récit et donc le lecteur finalement.
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Commenter  J’apprécie          81
Herve-Lionel
  05 mars 2014
N°221
Avril 2000

LE ROMAN D'UN SPAHIPierre LOTI.
Je ne sais ce qui ne fit choisir dans ma bibliothèque un roman pourtant déjà lu de Pierre Loti. le hasard peut-être à moins que ce ne soit l'intérêt que je porte depuis de nombreuses années à l'écrivain rochefortais qui enchanta ma jeunesse  et mon adolescence. Ses romans reflètent son attrait pour les voyages et pour un certain art de vivre, à l'image de cette « maison enchantée » blottie au milieu de cette petite ville charentaise qu'il serait bon de redécouvrir.
C'est vrai qu'actuellement Rochefort /mer reprend de l'attrait notamment à cause de la construction de « l'Hermione », bateau qui amena Lafayette aux Amériques. La télévision nous rend compte régulièrement de l'avancement de ces travaux. Loti su se battre pour sa ville natale et usa de son autorité pour qu'elle ne sombre pas dans l'oubli, qu'elle conserve son port militaire, son arsenal, son importance. Bien sûr il y avait la source thermale, les bégonias et plus tard le Film de Jacques Demy, « Les demoiselles de Rochefort », la résurrection de la « Corderie Royale »…
Comme son oeuvre, cette maison est le miroir de son itinéraire, de ses passions, de ses amours. C'est à la fois un bateau immobile au ventre plein de rêves et un haut lieu du souvenir jalousement gardé. C'est la synthèse de sa vie personnelle, amoureuse, littéraire, aventureuse... On y retrouve les différentes facettes de la personnalité de l'homme public et l'intimité de l'être tourmenté. Là plus qu'ailleurs le visiteur est incité au rêve, à la complicité avec son hôte invisible mais bien présent .Chaque pièce est un jalon de la vie de ce personnage d'exception, grand marin et écrivain de talent. Il fut à son époque un personnage contesté, moqué même, honni peut-être, mais c'est oublier un peu vite le patriote, l'officier de marine, l'académicien, l'amoureux, l'humaniste, l'homme libre, tour à tour fantasque, déconcertant mais toujours d'une culture et d'un raffinement étonnants…
Mais revenons à ce livre.
Il s'inscrit, bien sûr dans l'histoire immédiate de la France coloniale avec tout ce qu'elle avait d'exotique, de dépaysant, de guerrier aussi. Comme toujours les descriptions y sont évocatrices, chatoyantes et l'émotion y est toujours présente.
Comme avec « Pêcheurs d'Islande » ou « Ramuncho », Loti a toujours su me passionner, me faire pleurer aussi. Ici, il choisit de peindre de nouveau une facette de la condition humaine, celle de Jean, fils d'un paysan pauvre des Cévennes, arraché à sa terre natale pour un service militaire de cinq années. le hasard et peut-être aussi l'amour du cheval lui fit choisir les spahis et l'Afrique accueillit cette tranche de vie qu'il allait passer entre ses amours locales et le souvenir d'une « promise » qui au pays l'attendait. Chez Loti, rares sont les « happy ends » rassurants. Il choisit de nous dire les choses telles qu'elles sont, dans leur simplicité, dans leur cruauté aussi. La séparation, la mort font partie de la vie d'un homme et il est vrai que le bonheur n'est pas toujours aux rendez-vous de nos quêtes, que nous ne sommes ici que de passage…. Loti l'a rappelé naturellement, peut-être mieux que les autres . Il est cet écrivain de l'humanité comme d'autres le sont de la négritude ou de la condition ouvrière…
Il a délivré son message avec talent et avec coeur, avec aussi cette plaie invisible qu'il portait en lui et que, comme tout créateur authentique il passa sa vie à exorciser. Elle transparaissait sans doute dans son visage mélancolique et dans la tristesse qu'il portait au bord de ses yeux. Il y puisait sûrement une partie de son inspiration et sa quête du bonheur lui fit dire simplement «  Mon mal, j'enchante ».

© H.G.
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luis1952
  17 février 2019
Jean Peyral, jeune villageois des Cévennes, s'engage comme spahi à Saint-Louis au Sénégal. Quand il reviendra d'Afrique il épousera sa cousine Jeanne. Il s'est engagé pour cinq ans. et il compte les jours.
Par ce roman, Pierre Loti nous raconte , nous fait revivre, nous fait sentir le Sénégal, sa chaleur, son climat, ses habitants, sa végétations, ses odeurs...
Un joli dépaysement, l'Afrique, ses torpeurs ,le charme de ses filles pieds nus à peine pubères et pourtant déjà femmes...
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
aouatef79aouatef79   08 juillet 2019
Fatou-gaye savait quelles caresses de chatte faire à son amant ; elle savait comment l 'enlacer de ses bras noirs cerclés d 'argent , beaux comme des bras de statue ; comment appuyer sa gorge nue sur le drap rouge de sa veste
pour exciter bientôt les désirs fiévreux qui amèneront le
pardon de sa faute...
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aouatef79aouatef79   09 juillet 2019
Les premières images gravées dans sa tête d 'enfant avaient été saines et simples : son père et sa mère ,deux figures chéries ;-et puis le foyer ,une petite maison à la mode de de l 'ancien temps , sous les châtaigniers .
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aouatef79aouatef79   08 juillet 2019
Ces plages de désert ont cinq cents lieues de long , sans un point de repère pour le navire qui passe , sans une plante , sans un vestige de vie .
Les solitudes défilent , avec une monotonie triste , les dunes mouvantes , les horizons indéfinis -et la chaleur augmente d 'intensité chaque jour .
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aouatef79aouatef79   14 juillet 2019
Et puis , après quelques jours d 'une vie troublée , un navire l 'avait emporté, loin , bien loin sur la mer calme et bleue ,-pour le déposer , étourdi et dépaysé , sur la côte du Sénégal
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LaurenebLaureneb   03 septembre 2021
Jean était rêveur, par nature de montagnard. La rêverie est inconnue à la populace abêtie et gangrenée des grandes villes. Mais, parmi les hommes élevés aux champs, parmi les marins, parmi les fils de pêcheurs
qui ont grandi dans la barque paternelle au milieu des dangers de la mer, on rencontre des hommes qui rêvent, vrais poètes muets, qui peuvent tout comprendre. Seulement ils ne savent pas donner de forme à leurs impressions et restent incapables de les traduire.
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[RENTRÉE LITTÉRAIRE 2021]
La Polynésie se décline en un poudroiement d'îles, atolls et archipels, sur des milliers de kilomètres, mais en fin de compte un ensemble de terres émergées assez réduit : toutes réunies, elles ne feraient pas même la surface de la Corse. Et ce territoire, c'est le Fenua.
Comme toujours chez Deville, le roman foisonne d'histoires, de rencontres et de voyages. On déambule, on rêve. On découvre les conflits impérialistes et coloniaux qui opposèrent la France et l'Angleterre, on croise Bougainville, Stevenson, Melville, puis Pierre Loti sur les traces de son frère Gustave, ou Victor Segalen. Mais la figure centrale c'est Gauguin, le peintre qui a fixé notre imaginaire de cette partie du monde, entre douceur lascive et sauvagerie. Des îles merveilleuses qui deviendront, vers le milieu du xxe siècle, le terrain privilégié d'essais nucléaires dont le plus sûr effet aura peut-être été de susciter un désir d'indépendance…
Grand voyageur et esprit cosmopolite, Patrick Deville est né en 1957. Il a publié une douzaine de romans, traduits dans de nombreuses langues. En 2012, il est récompensé par le prix Femina pour sa formidable évocation de Yersin et Pasteur, Peste & Choléra.
Lire les premières pages de "Fenua" de Patrick Deville : https://bit.ly/3fqgHmk
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