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Bruno Vercier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070385317
320 pages
Gallimard (22/04/1992)
3.68/5   82 notes
Résumé :

En 1881, Loti a trente et un ans, et signe pour la première fois de son pseudonyme ce qui est son premier roman véritable. L'intrigue rendra l'auteur célèbre : un Français, transplanté dans une contrée lointaine, ici le Sénégal y connaît un grand amour.

Il meurt ; sa maîtresse se tue, après avoir tué son enfant. On trouve dans ce récit l'Afrique, ses plaines, ses forêts, à l'époque peu connues, et décrites par la sensibilité d'un poète. ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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"Le roman d 'un spahi" est un roman de Pierre Loti qui signe là pour la première fois avec son pseudonyme .Son véritable nom est Louis Viaudi .L 'auteur est avant tout un officier de marine .Ce roman est inspiré de son voyage au Sénégal .

Ce roman est le récit d 'un jeune français âgé d 'une vingtaine d 'années enrôlé dans le régiment des spahis qui

quitte sa région natale , les Cévennes , pour être débarqué

dans une contrée lointaine , le Sénégal . Là , il connaîtra le dépaysement , la solitude . Il découvre aussi une nature riche et variée , des forêts ,des plaines et le tout est décrit avec la sensibilité d 'un poète romantique .Il connaîtra , aussi , la guerre et l 'amour .La fin du récit est dramatique car le héros décédera au cours d 'un combat .Son amante africaine Fatou-gaye se suicidera mais avant de commettre cet acte , elle tuera de ses propres mains l 'enfant qu 'elle avait eu de son amant .

Roman écrit avec une belle écriture , limpide et poétique .

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Il y a des éblouissements de poésie dans ce roman, et des horreurs datées liées au contexte d'écriture.

Les horreurs datées, c'est le contexte colonial qui fait décrire par l'auteur les pratiques culturelles des peuples africains rencontrés comme barbares et sauvages : de la musique présentée comme sans rythme, des griots qui ne seraient que des parasites sans talent, des constructions qui ne sont que des amas de poussière... Et surtout, les femmes, mêmes les plus belles, sont rapprochées des singes. Fatou est ainsi à chaque fois décrite avec insistance par sa couleur et son "masque" simiesque au lieu d'un visage. le contexte qui fait frémir, c'est aussi les rapports de force entre les sexes, la domination totale des hommes sur les femmes, et sur les filles, qui se double de la domination coloniale : Jean accepte la prostitution, il ne recule que devant la pédophilie - contrairement à la plupart des autres soldats. Mais ensuite, il commence sa relation avec Fatou alors qu'elle est à peine nubile, le texte le dit clairement. Et quand leur relation devient compliquée, quand ils se disputent, il la bat violemment.

Le roman présente cependant peu les rapports de force coloniaux, les relations entre Blancs et Noirs, entre colonisateurs et colonisés : l'aspect économique n'est pas du tout mentionné ; quant aux saphis, ils semblent surtout passer leur temps à attendre, pas à faire une guerre de conquête, ni à dominer.

Mais il y a les beautés poétiques de ce roman, ses descriptions. Jean n'est pas amoureux de Fatou, ou alors pas tout le temps. En tout cas, il aime d'abord cette terre africaine. C'est lorsqu'il croit quitter son affectation qu'il s'en rend compte, il regrette plus le désert, le climat, les odeurs, les sons, le kous-kous même, que Fatou. C'est un amour charnel, physique, pour cette terre, qui mobilise tous ses sens. Il y a une véritable union - communion même au sens spirituel - entre lui et l'Afrique. Et ce sont ces belles descriptions, avec une opposition continuelle entre le désert et les montagnes boisées des Cévennes, qui donnent au texte son intérêt, malgré ses horreurs comme je l'ai mentionné, malgré son manque de véritable intrigue également, Jean agissant peu, réfléchissant peu, se contentant de contempler, comme le récit et donc le lecteur finalement.

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N°221

Avril 2000

LE ROMAN D'UN SPAHIPierre LOTI.

Je ne sais ce qui ne fit choisir dans ma bibliothèque un roman pourtant déjà lu de Pierre Loti. le hasard peut-être à moins que ce ne soit l'intérêt que je porte depuis de nombreuses années à l'écrivain rochefortais qui enchanta ma jeunesse et mon adolescence. Ses romans reflètent son attraits pour les voyages et pour un certain art de vivre, à l'image de cette « maison enchantée » blottie au milieu de cette petite ville charentaise qu'il serait bon de redécouvrir.

C'est vrai qu'actuellement Rochefort /mer reprend de l'attrait notamment à cause de la construction de « l'Hermione », bateau qui amena Lafayette aux Amériques. La télévision nous rend compte régulièrement de l'avancement de ces travaux. Loti su se battre pour sa ville natale et usa de son autorité pour qu'elle ne sombre pas dans l'oubli, qu'elle conserve son port militaire, son arsenal, son importance. Bien sûr il y avait la source thermale, les bégonias et plus tard le Film de Jacques Demy, « Les demoiselles de Rochefort », la résurrection de la « Corderie Royale »…

Comme son oeuvre, cette maison est le miroir de son itinéraire, de ses passions, de ses amours. C'est à la fois un bateau immobile au ventre plein de rêves et un haut lieu du souvenir jalousement gardé. C'est la synthèse de sa vie personnelle, amoureuse, littéraire, aventureuse... On y retrouve les différentes facettes de la personnalité de l'homme public et l'intimité de l'être tourmenté. Là plus qu'ailleurs le visiteur est incité au rêve, à la complicité avec son hôte invisible mais bien présent .Chaque pièce est un jalon de la vie de ce personnage d'exception, grand marin et écrivain de talent. Il fut à son époque un personnage contesté, moqué même, honni peut-être, mais c'est oublier un peu vite le patriote, l'officier de marine, l'académicien, l'amoureux, l'humaniste, l'homme libre, tour à tour fantasque, déconcertant mais toujours d'une culture et d'un raffinement étonnants…

Mais revenons à ce livre.

Il s'inscrit, bien sûr dans l'histoire immédiate de la France coloniale avec tout ce qu'elle avait d'exotique, de dépaysant, de guerrier aussi. Comme toujours les descriptions y sont évocatrices, chatoyantes et l'émotion y est toujours présente.

Comme avec « Pêcheurs d'Islande » ou « Ramuncho », Loti a toujours su me passionner, me faire pleurer aussi. Ici, il choisit de peindre de nouveau une facette de la condition humaine, celle de Jean, fils d'un paysan pauvre des Cévennes, arraché à sa terre natale pour un service militaire de cinq années. le hasard et peut-être aussi l'amour du cheval lui fit choisir les spahis et l'Afrique accueillit cette tranche de vie qu'il allait passer entre ses amours locales et le souvenir d'une « promise » qui au pays l'attendait. Chez Loti, rares sont les « happy ends » rassurants. Il choisit de nous dire les choses telles qu'elles sont, dans leur simplicité, dans leur cruauté aussi. La séparation, la mort font partie de la vie d'un homme et il est vrai que le bonheur n'est pas toujours aux rendez-vous de nos quêtes, que nous ne sommes ici que de passage…. Loti l'a rappelé naturellement, peut-être mieux que les autres . Il est cet écrivain de l'humanité comme d'autres le sont de la négritude ou de la condition ouvrière…

Il a délivré son message avec talent et avec coeur, avec aussi cette plaie invisible qu'il portait en lui et que, comme tout créateur authentique il passa sa vie à exorciser. Elle transparaissait sans doute dans son visage mélancolique et dans la tristesse qu'il portait au bord de ses yeux. Il y puisait sûrement une partie de son inspiration et sa quête du bonheur lui fit dire simplement « Mon mal, j'enchante ».

© H.G.

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N°221

Avril 2000

LE ROMAN D'UN SPAHIPierre LOTI.

Je ne sais ce qui ne fit choisir dans ma bibliothèque un roman pourtant déjà lu de Pierre Loti. le hasard peut-être à moins que ce ne soit l'intérêt que je porte depuis de nombreuses années à l'écrivain rochefortais qui enchanta ma jeunesse  et mon adolescence. Ses romans reflètent son attrait pour les voyages et pour un certain art de vivre, à l'image de cette « maison enchantée » blottie au milieu de cette petite ville charentaise qu'il serait bon de redécouvrir.

C'est vrai qu'actuellement Rochefort /mer reprend de l'attrait notamment à cause de la construction de « l'Hermione », bateau qui amena Lafayette aux Amériques. La télévision nous rend compte régulièrement de l'avancement de ces travaux. Loti su se battre pour sa ville natale et usa de son autorité pour qu'elle ne sombre pas dans l'oubli, qu'elle conserve son port militaire, son arsenal, son importance. Bien sûr il y avait la source thermale, les bégonias et plus tard le Film de Jacques Demy, « Les demoiselles de Rochefort », la résurrection de la « Corderie Royale »…

Comme son oeuvre, cette maison est le miroir de son itinéraire, de ses passions, de ses amours. C'est à la fois un bateau immobile au ventre plein de rêves et un haut lieu du souvenir jalousement gardé. C'est la synthèse de sa vie personnelle, amoureuse, littéraire, aventureuse... On y retrouve les différentes facettes de la personnalité de l'homme public et l'intimité de l'être tourmenté. Là plus qu'ailleurs le visiteur est incité au rêve, à la complicité avec son hôte invisible mais bien présent .Chaque pièce est un jalon de la vie de ce personnage d'exception, grand marin et écrivain de talent. Il fut à son époque un personnage contesté, moqué même, honni peut-être, mais c'est oublier un peu vite le patriote, l'officier de marine, l'académicien, l'amoureux, l'humaniste, l'homme libre, tour à tour fantasque, déconcertant mais toujours d'une culture et d'un raffinement étonnants…

Mais revenons à ce livre.

Il s'inscrit, bien sûr dans l'histoire immédiate de la France coloniale avec tout ce qu'elle avait d'exotique, de dépaysant, de guerrier aussi. Comme toujours les descriptions y sont évocatrices, chatoyantes et l'émotion y est toujours présente.

Comme avec « Pêcheurs d'Islande » ou « Ramuncho », Loti a toujours su me passionner, me faire pleurer aussi. Ici, il choisit de peindre de nouveau une facette de la condition humaine, celle de Jean, fils d'un paysan pauvre des Cévennes, arraché à sa terre natale pour un service militaire de cinq années. le hasard et peut-être aussi l'amour du cheval lui fit choisir les spahis et l'Afrique accueillit cette tranche de vie qu'il allait passer entre ses amours locales et le souvenir d'une « promise » qui au pays l'attendait. Chez Loti, rares sont les « happy ends » rassurants. Il choisit de nous dire les choses telles qu'elles sont, dans leur simplicité, dans leur cruauté aussi. La séparation, la mort font partie de la vie d'un homme et il est vrai que le bonheur n'est pas toujours aux rendez-vous de nos quêtes, que nous ne sommes ici que de passage…. Loti l'a rappelé naturellement, peut-être mieux que les autres . Il est cet écrivain de l'humanité comme d'autres le sont de la négritude ou de la condition ouvrière…

Il a délivré son message avec talent et avec coeur, avec aussi cette plaie invisible qu'il portait en lui et que, comme tout créateur authentique il passa sa vie à exorciser. Elle transparaissait sans doute dans son visage mélancolique et dans la tristesse qu'il portait au bord de ses yeux. Il y puisait sûrement une partie de son inspiration et sa quête du bonheur lui fit dire simplement «  Mon mal, j'enchante ».

© H.G.


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Jean Peyral, jeune villageois des Cévennes, s'engage comme spahi à Saint-Louis au Sénégal. Quand il reviendra d'Afrique il épousera sa cousine Jeanne. Il s'est engagé pour cinq ans. et il compte les jours.

Par ce roman, Pierre Loti nous raconte , nous fait revivre, nous fait sentir le Sénégal, sa chaleur, son climat, ses habitants, sa végétations, ses odeurs...

Un joli dépaysement, l'Afrique, ses torpeurs ,le charme de ses filles pieds nus à peine pubères et pourtant déjà femmes...

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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation

Fatou-gaye savait quelles caresses de chatte faire à son amant ; elle savait comment l 'enlacer de ses bras noirs cerclés d 'argent , beaux comme des bras de statue ; comment appuyer sa gorge nue sur le drap rouge de sa veste

pour exciter bientôt les désirs fiévreux qui amèneront le

pardon de sa faute...

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Les premières images gravées dans sa tête d 'enfant avaient été saines et simples : son père et sa mère ,deux figures chéries ;-et puis le foyer ,une petite maison à la mode de de l 'ancien temps , sous les châtaigniers .

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Prenez les matelots, les spahis, _ tous ces donnés, tous ces jeunes hommes qui dépensent leur vie au loin sur la grande mer ou dans les pays d'exil, au milieu des conditions d'existence les plus rudes et les plus anormales; _ prenez les plus mauvaises têtes; - choisissez les plus insouciants, les plus débraillés, les plus tapageurs; - cherchez dans leur cœur, dans le recoin le plus sacré et le plus profond : souvent dans ce sanctuaire vous trouverez une vieille mère assise, — une vieille paysanne de n'importe où, – une Basque en capulet de laine, - ou une brave bonne femme de Bretonne en coiffe blanche.

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Ces plages de désert ont cinq cents lieues de long , sans un point de repère pour le navire qui passe , sans une plante , sans un vestige de vie .

Les solitudes défilent , avec une monotonie triste , les dunes mouvantes , les horizons indéfinis -et la chaleur augmente d 'intensité chaque jour .

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Oh! Vous qui vivez de la vie régulière de la famille, assis paisiblement chaque jour au foyer, ne jugez jamais les marins, les spahis , ceux que leur destinée a jetés ,avec des natures ardentes, dans des conditions d’existence anormales, sur la grande mer ou dans les pays lointains du soleil, au milieu de privations inouïes, de convoitises, d’influences que vous ignorez.Ne jugez pas ces exilés ou ces errants, dont les souffrances, les joies,, les impressions tourmentées vous sont inconnues.

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Vidéo de Pierre Loti
[…] les auteurs d'aphorismes, surtout lorsqu'ils sont cyniques, irritent ; on leur reproche leur légèreté, leur désinvolture, leur laconisme ; on les accuse de sacrifier la vérité à l'élégance du style, de cultiver le paradoxe, de ne reculer devant aucune contradiction, de chercher à surprendre plutôt qu'à convaincre, à désillusionner plutôt qu'à édifier. Bref, on tient rigueur à ces moralistes d'être si peu moraux. […] le moraliste est le plus souvent un homme d'action ; il méprise le professeur, ce docte, ce roturier. Mondain, il analyse l'homme tel qu'il l'a connu. […] le concept « homme » l'intéresse moins que les hommes réels avec leurs qualités, leurs vices, leurs arrière-mondes. […] le moraliste joue avec son lecteur ; il le provoque ; il l'incite à rentrer en lui-même, à poursuivre sa réflexion. […]
On peut toutefois se demander […] s'il n'y a pas au fond du cynisme un relent de nostalgie humaniste. Si le cynique n'est pas un idéaliste déçu qui n'en finit pas de tordre le cou à ses illusions. […] (Roland Jaccard.)
0:00 - Joseph Joubert 0:09 - Mark Twain 0:29 - Jonathan Swift 0:43 - Giovanni Papini 0:57 - François George 1:20 - Honoré de Balzac 1:33 - Marcel Proust 1:46 - Paul Valéry 1:59 - Nicolas de Chamfort 2:09 - Sigmund Freud 2:23 - Oscar Wilde 2:38 - Pierre Loti 2:54 - Jerry Lewis 3:06 - Milan Kundera 3:40 - Pie XII 3:53 - Remy de Gourmont 4:07 - Jacques Bainville 4:19 - François Bott 4:36 - Johann Nestroy 4:46 - Générique
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Référence bibliographique : Roland Jaccard, Dictionnaire du parfait cynique, Paris, Hachette, 1982.
Images d'illustration : Joseph Joubert : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Joubert_(moraliste)#/media/Fichier:Joseph_Joubert.jpg Mark Twain : https://theysaidso.com/quotes/author/mark-twain/ Jonathan Swift : https://www.sciencephoto.com/media/228587/view/jonathan-swift-english-author Giovanni Papini : https://catalogo.beniculturali.it/detail/HistoricOrArtisticProperty/0900118123#lg=1&slide=0 François George : https://www.cultura.com/p-alceste-vous-salue-bien-3179668.html Honoré de Balzac : https://www.librairielaliberte.com/balzac-le-journalisme-comme-sciences-des-moyens Marcel Proust : https://www.humanite.fr/culture-et-savoirs/litterature/il-avait-tout-pour-finir-dans-l-oubli-et-marcel-proust-devint-un-ecrivain-national-7
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