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Bruno Vercier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080705709
285 pages
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Est-ce que tu as lu Madame Chrysanthème ? Cela m'a bien donné à penser que les vrais Japonais n'ont rien sur les murs.
La description du cloître ou de la pagode où il n'y a rien (les dessins et curiosités sont cachés dans des tiroirs). Ah ! C'est donc comme ça qu'il faut regarder une japonaiserie, dans une pièce bien claire, toute nue, ouverte sur le paysage. Vincent Van Gogh à son Frère Théo.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Clio1989
  14 novembre 2016
Il est aisé de qualifier Pierre Loti d'orientaliste, de trouver dans les critiques parfois dures que le marin français a pour les coutumes japonaises un mépris, une condescendance. Ce serait pourtant mal le connaître que de le réduire à un amour de l'exotisme qui confinerait au racisme.
Le marin (car le récit est quasi-autobiographique) arrive en terre nippone avec beaucoup de préjugés, certes, mais des préjugés favorables, forgés déjà en occident, puis en Chine ; et surtout, il arrive avec une certaine ouverture d'esprit, ou du moins, une volonté de se laisser captiver, séduire non par son Japon rêvé, mais par le vrai Japon.
Quand le pays lui déplaît réellement, c'est d'abord parce qu'il ne s'appartient plus - du moins du point de vue d'un voyageur, étranger au pays dans toutes les acceptions du terme. La Nagasaki industrieuse, concessionnaire, moderne et ouverte au monde n'est certes pas une expression parfaite de ce qu'est l'esprit de la nation japonaise, et se retrouve bien mieux dans une compréhension fade et nivelante de la modernité.
L'histoire de la rencontre de Pierre Loti avec le Japon et avec Nagasaki est aussi l'histoire de sa rencontre avec Madame Chrysanthème, cette Japonaise d'abord fantasmée, puis crainte, puis rêvée femme. C'est en marin qu'il aborde Nagasaki, et on pourrait arguer que c'est en marin qu'il aborde Madame Chrysanthème. On ne sait trop si la déception qui pointe ça et là est due à ses fantasmes premiers, dont il attend pourtant qu'ils s'effacent bientôt devant la réalité, ou bien au contraire s'il s'interdit de voir en elle sinon son épouse, du moins sa femme. Un marin devrait-il être comblé par un pays, par un mariage arrangé, alors que l'un comme l'autre ne sont jamais pour lui qu'une étape ?
Mais au-delà de la romance que beaucoup attendent - c'est aussi que le titre est trompeur, et des nombreux préjugés ironiquement désavoués qu'a le lecteur en prenant en main ce grand classique, ce n'est ni une oeuvre légère, ni un Lafcadio Hearn qu'il faut s'attendre à lire. Il faut, avec l'ouverture d'esprit que l'on reproche au Français de ne pas avoir assez, se laisser conquérir par Pierre Loti, comme lui voudrait se laisser conquérir par son étape.
"A ce moment, j'ai une impression de Japon assez charmante"
C'est avec cet état d'esprit seulement que l'on peut apprécier sa valeur, ni en orientaliste, ni en Japonais, - ni surtout en romantique ! -, mais en tant que grand écrivain du Japon.
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frandj
  05 février 2014
L'histoire, largement autobiographique, est bien connue: en 1885, lors d'une escale à Nagasaki, un jeune officier de la marine française épouse une jeune Japonaise, Madame Chrysanthème. Cette pratique du mariage temporaire - arrangé par des entremetteurs - était alors courante. Pour P. Loti, l'écriture de ce roman est l'occasion de donner ses impressions sur ce pays qui venait juste de s'ouvrir aux étrangers, après des siècles de fermeture. Avec une apparence de spontanéité, il évoque tout ce qu'il a vu: les paysages, les gens, les habitudes de vie, les coutumes, etc... Mais, quand son navire doit repartir, le marin quitte le Japon avec l'esprit léger, son mariage éphémère devenant aussitôt caduc.
J'ai lu deux fois ce livre. Lors de ma première lecture, la description par un témoin oculaire du pays et de sa culture au XIXème siècle (donc avant que l'influence occidentale ne commence à y jouer un rôle) m'avait captivé. Pour un Français arrivant sans préjugés dans le lointain Japon, tout était alors nouveau, surprenant, exotique au plus haut point. Le roman nous fait assister à ce choc des cultures. L'écrivain nous fait part de la beauté des paysages, de l'étonnant mode de vie des habitants, de la dureté de la vie quotidienne, qu'il a observés à Nagasaki, Même si le héros se présente comme un dandy insouciant et non comme un reporter sérieux, son témoignage m'avait paru inestimable.
Plus tard, quand j'ai lu ce livre une seconde fois, mon opinion a été beaucoup moins favorable. D'abord, P. Loti reste à la surface des choses vues, il ne cherche pas à approfondir et à s'interroger, il n'hésite pas à donner successivement des avis contradictoires sur des sujets importants - comme si tout ça n'avait pas vraiment d'importance. Ensuite, l'ouverture d'esprit du jeune héros et sa curiosité me semblent très limitées; sa critique de la société japonaise, virulente sous des apparences de légèreté, semble être le reflet de son abusif "complexe de supériorité" d'Occidental. Son mépris pour Mme Chrysanthème, poupée qu'on utilise puis qu'on renvoie sans regrets, n'est pas plaisant.
Je suis resté donc sur ma faim, frustré par le manque de sérieux (assumé volontairement) et par l'irresponsabilité de P. Loti face à un "sujet en or".
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LaMoun
  12 janvier 2019
J'avais hâte de lire "Madame Chrysanthème" car certaines sources le prétendent à l'origine de l'opéra de Puccini "Madame Butterfly".
C'est plus le carnet de bord d'un marin qu'un roman, Carnet de bord relativement bien écrit et détaillé pour un carnet de bord ! ;-)
La lecture est fluide et aisée et permet de découvrir bien des coutumes ignorées par moi petite occidentale du fin fonds de la Meuse :-))
Lecture agréable sans romantisme et sans passion mais bien instructive .
Je crois que je vais tenter un autre Pierre Loti.
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raton-liseur
  01 mars 2020
Pierre Loti n'est pas seulement l'auteur qui a construit la légende romantique des Pêcheurs d'Islande, c'est aussi un officier de la Marine Nationale qui a voyagé de par le monde et qui représente à lui seul beaucoup de la fièvre orientaliste qui a touché la France au XIXème siècle. Grand amoureux de la Turquie, il a pourtant poussé ses voyages bien plus loin, et notamment au Japon. Comme à son habitude, il a ramené de cette affectation lointaine un récit de voyage, poétiquement intitulé Madame Chrysanthème, que l'on dit à l'origine de l'intrigue du célèbre et triste opéra Madame Butterfly.
Attirée par ces prémisses, je me suis plongée dans une lecture dont j'attendais tristesse et poésie, et ce livre s'est révélé bien loin de mes attentes. D'abord, ce n'est pas un roman, et il n'y est question ni de romantisme ni d'amour tragique comme chez Puccini. Et surtout, Pierre Loti décrit une coutume que je ne connaissais pas, celle des marins de passage épousant pour le temps de leur longue escale une jeune japonaise, et à laquelle il se conforme avec les meilleures grâces du monde puisqu'il a déjà en poche avant de débarquer le nom d'un intermédiaire qui lui trouvera une femme à sa convenance en moins de deux jours.
C'est une étrange relation qui commence alors, entre ces deux personnes qui ne parlent pas la même langue mais vivent sous le même toit. C'est aussi la découverte d'un pays dont ni l'esthétisme ni le maniérisme ne charment Pierre Loti qui, mi-agacé mi-condescendant, décrit les Japonais comme de grands enfants aux gestes étriqués.
Il est difficile de porter un jugement sur un livre et un auteur-voyageur quand il décrit une escale et une culture qu'il n'a pas appréciée. Toutes les cultures ne peuvent pas plaire à tout le monde, mais peut-être n'est-il pas besoin dans ce cas d'écrire le journal de bord de ces petits désappointements. Pierre Loti est finalement ici un assez bon représentant de ce qu'est l'orientalisme et l'attrait de l'exotisme. Lorsqu'il voit les choses de loin ou les Japonaises de dos, il trouve tout ravissant, mais dès qu'il s'approche, la trivialité prend le dessus et il ne voit plus que les défauts, comme certains touristes aujourd'hui, qui aiment un continent ou un autre, mais n'en supportent pas la chaleur ou la poussière.
La plume de Pierre Loti est cependant agréable, et je pense que je lirai à nouveau cet écrivain, en prenant garde de choisir de voyager avec lui vers une destination qu'il a aimée, afin de, cette fois, partager son enthousiasme.
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flolunaire
  22 août 2013
Mme Chrysanthème ou l'histoire d'un rendez-vous raté...Pierre Loti arrive au Japon alors qu'il est tout ébloui par la grandeur chinoise!
De là un déluge de déceptions face à une civilisation qui vient de s'ouvrir à l'Occident et qui cultive la subtilité. Tout tourne au comique et la jeune femme que se paie le marin français ne touchera pas son coeur comme l'ont fait les Turques ou Tahitiennes...
Le Japon n'est pas un pays pour Pierre et il le lui rend bien. Reste des esquisses d'un Japon de l'ère Meiji qui sort de ses traditions et qui se perd dans les coutumes occidentales.
Une nouvelle aventure du marin mélancolique qui ne trouve pas le rêve dans cette Cipango moderne.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
leluezleluez   16 janvier 2013
Le temps est redevenu calme, sans un nuage ; il a cette limpidité particulière aux ciels que les typhons ont balayés, transparence excessive, permettant de distinguer dans les lointains d’infimes détails qu’on n’avait encore jamais vus, comme si le grand souffle terrible avait emporté jusqu’aux plus légères brumes errantes, ne laissant partout qu’un vide profond et clair. Et, après ces pluies, les couleurs vertes des bois, des montagnes, sont devenues d’une splendeur printanière, se sont rafraîchies – comme s’avivent d’un éclat mouillé les tons d’une peinture fraîchement lavée.
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Clio1989Clio1989   08 décembre 2016
Toute la construction est du même bois couleur beurre frais, menuisé avec une extrême précision, sans le moindre ornement, sans la moindre sculpture ; tout semble neuf et vierge, comme n'ayant jamais subi aucun contact de main humaine. De loin en loin, dans cette nudité voulue, un petit escabeau précieux, incrusté merveilleusement, supporte un vieux magot de bronze ou un vase de fleurs ; aux murs pendent quelques esquisses de maîtres jetées vaguement à l'encre de Chine, sur des bandes de papier gris très correctement coupées, mais qu'aucune baguette n'encadre ; rien de plus ; pas de sièges, pas de coussins, pas de meubles. C'est le comble de la simplicité cherchée, de l'élégance faite avec du néant, de la propreté immaculée et invraisemblable.
Et tandis qu'on est là, cheminant à la suite de ces bonzes, dans ces enfilades de salles désertes, on se dit qu'il y a beaucoup trop de bibelots chez nous en France ; on prend en grippe soudaine la profusion, l'encombrement.
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Clio1989Clio1989   15 novembre 2016
Toujours ce bruit de cigales, strident, immense, éternel, qui sort nuit et jour de ces campagnes japonaises. Il est partout et sans cesse, à n'importe quelle heure brûlante de la journée, à n'importe quelle heure fraîche de la nuit. Au milieu de la rade, dès notre arrivée, nous l'avions entendu qui nous venait à la fois des deux rives, des deux murailles de vertes montagnes. Il est obsédant, il est infatigable ; il est comme la manifestation, le bruit même de la vie spéciale de cette région de la terre. Il est la voix de l'été dans ces îles ; il est un chant de fête inconscient, toujours égal à lui-même, et ayant constamment l'air d'enfler, de s'élever, dans une grande exaltation du bonheur de vivre.
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Clio1989Clio1989   14 novembre 2016
Il viendra un temps où la terre sera bien ennuyeuse à habiter, quand on l'aura rendue pareille d'un bout à l'autre, et qu'on ne pourra même plus essayer de voyager pour se distraire un peu...
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Clio1989Clio1989   15 novembre 2016
A défaut d'intrigue et de choses tragiques, je voudrais au moins savoir y mettre un peu de la bonne odeur des jardins qui m'entourent, un peu de la chaleur douce de ce soleil, un peu de l'ombre de ces jolis arbres. A défaut d'amour, y mettre quelque chose de la tranquillité de ce faubourg lointain.
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Vidéo de Pierre Loti
Pour elle, la campagne a été une chance. La dessinatrice Catherine Meurisse livre, avec sa bande dessinée « Les grands espaces », aux éditions Dargaud, le récit de son enfance passée au plus près de la nature : découverte des plantes, des arbres, mais aussi des ravages de l?agriculture intensive et du remembrement. le tout sous l?égide des écrivains, comme Pierre Loti et Marcel Proust, et des peintres, qu?elle découvre et qui feront d?elle la dessinatrice que nous connaissons aujourd?hui.
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Le vrai nom de Pierre Loti était :

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