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EAN : 9782330014131
240 pages
Éditeur : Actes Sud (11/01/2013)
Résumé :
Martin a des préférences sexuelles pour le moins inhabituelles : il est éperdument attiré par les femmes aux membres amputés ou manquants. Et quand il rencontre enfin Paula, c’est le coup de foudre.

Abandonnée à la naissance, Paula a toujours refusé de subir son handicap. Linguiste à l’université, elle prépare un doctorat. Elle n’a jamais eu d’aventure amoureuse et comprend mal l’enthousiasme de Martin à son égard.

Lorsque Leo, la meill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  27 décembre 2019
« L'idée du moignon, du vide, ne quitta plus ses fantasmes. »
« — Si tu veux, je peux repeindre ta vaisselle blanche et la décorer de lapins. Ou te fabriquer des coquetiers vernis avec le carton des rouleaux de papier toilette. Tu veux ?
Elle a failli dire : “lapins amputés”. Quelle poisse qu'il ait rencontré cette Paula. Interdit de faire des blagues sur son affreux fétichisme, désormais. »
Un livre qui rappelle tout de suite « Crash ! » de Ballard par son propos à la limite. Un livre qui nous parle des moeurs toujours en évolution constante, un bouquin qui a du piquant tout en étant croustillant.
« C'est plus qu'un fétiche, songe-t-il. C'est la conviction que la femme de ma vie sera unique et que cela sera inscrit dans son corps. »
La magie de ce livre, c'est que c'est avant tout une formidable histoire d'amour improbable mais réaliste. Cela transcende bien des amourettes en peccadilles de lettres.
« Elle ne dit pas tout ce qui lui passe par la tête, par exemple : “Les toboggans sont les grands oubliés de l'architecture, il n'y a que les constructeurs d'avion qui en ont compris l'utilité.“ »
Il faut savoir que Paula n'a pas perdu ses jambes, elle ne les a pas eues dés la naissance.
« En général, mon sujet n'intéresse que les initiés. Je fais des recherches sur les locutions verbales. Ce sont des groupes de mots qui comportent un verbe et un ou plusieurs autres mots, des noms, des adjectifs, des prépositions ou des adverbes, qui donnent au verbe un sens particulier qu'il n'a pas quand il est isolé. »
L'auteur n'arrête pas de questionner la langue et sa structuration dans le livre et, par là même, elle continue son étude de l'articulation entre les êtres. Au début, j'ai trouvé l'écriture un peu hachée, pas simplement à cause des passages rapides entre protagonistes mais dans sa manière même. Mais on s'y habitue, elle devient une sorte de périphérique urbain aux embranchements subtils et rempli d'éclairages en idées étincelles.
« Ici, toutes les filles sont belles-soeurs, d'une manière ou d'une autre, mais bizarrement, au lieu de les diviser, cela les rapproche. Ici, Leo maîtrise les codes et le jargon.  »
«  “Les potes avant les putes”, lancine dans sa tête une voix de rappeur, (…) »
« Il sort du bureau à reculons et laisse la porte en­­trouverte. Il ne ferme jamais complètement les portes, le professeur Svedgården. »
Le bouquin est écrit par un lesbienne non seulement assumée mais aussi militante (non acharnée) et cela se ressent. En fait, on sent qu'elle a mis pas mal d'elle dans ce bouquin, c'est presque un bouquin personnel. En particulier, les milieux des profs en secondaire et des universitaires sont aussi bien décrits
« Il a besoin qu'une voix extérieure lui rappelle de respirer, l'encourage, lui dise qu'on peut déplier sa vie même si elle est froissée comme une boulette de papier.  »
Franchement, on fait tout un foin avec une saga comme " Vernon Subutex " (je n'ai lu que le premier) mais voilà un livre méconnu qui, selon moi, la vaut autant dans sa peinture de société avec réalisme, diversité, humour et sans complaisance.
En bref, ce roman n'a pas volé le prix du Swedish Book Championship.
Tout ce roman est finalement un livre très moderne sur l'interconnexion entre les humains. Son plus grand mérite étant de soulever des questions essentielles dans le divertissement et sans faire aucune morale. N'attendez pas pour le lire si vous vous sentez appelés… c'est une claque terriblement efficace ;o)
« La vie n'est rien de plus que ce qu'on en fait. »
« Ma mère disait toujours qu'on ne pouvait pas juger les gens tant qu'on n'avait pas été dans le même bateau qu'eux, et je lui répondais qu'on ne pouvait pas les juger tant qu'on restait vissé dans son propre bateau. »
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boubili
  27 mars 2020
Martin, un beau jeune homme sportif, a des goûts particuliers… Il est fétichiste des femmes amputées. Depuis son adolescence, il aime l'absence de symétrie, le vide laissé par l'absence d'un membre. Les bipèdes comme il les appelle, ne lui plaisent pas, rien n'y fait.
Lorsqu'il rencontre Paula via un forum, c'est le coup de foudre immédiat : elle est née sans jambe, il la trouve magnifique. Paula est doctorante et n'arrive pas à accepter qu'un homme s'intéresse à elle.
Martin lui présente son amie la plus proche, Leo, une jeune institutrice lesbienne. Leo est extravertie et ne mâche pas ses mots. La rencontre entre Paula et Leo est explosive, le courant ne passe pas.
L'autrice part de cette histoire et construit des ramifications plus complexes où les histoires des différents personnages s'entremêlent à un moment donné.
Je m'attendais vraiment à une histoire, peut-être glauque, sur le fétichisme de Martin, or il n'en est rien. Mais, l'autrice part de ce désir et construit une histoire, ou plutôt des histoires d'amour, simples, douces et délicates. Aucun jugement, aucune perversité, le désir est là où il est et Martin n'est pas un pervers dégénéré. Ça fait un peu bateau à écrire mais ce livre représente en quelque sorte une ode à la différence et à l'acceptation de celles-ci.
Il y a quelques facilités dans les arcs narratifs, mais j'ai passé un bon moment de lecture, je n'ai d'ailleurs pas réussi à fermer le livre avant de l'avoir fini.
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Emmanuelle1984
  07 février 2013
Martin est un jeune homme tout ce qu'il y a de plus normal: beau, intelligent, sexy, intéressant, responsable d'un Systembolag (suédois pour Monopole d'Etat de vente d'alcool), mais il est pourtant bien différent des autres hommes. Les femmes bipèdes, ou symétriques, comme il les décrit, ne l'intéresse pas du tout et ne lui font aucun effet. Lui son truc, ce sont les femmes "différentes", disproportionnées, amputées d'un membre et cela depuis son plus jeune âge. Il fait tout pour entrer en contact avec elles et les rencontrer. Jusqu'au jour où il fait la connaissance de la femme parfaite à ses yeux, Paula, une jambe qui s'arrête au genou et l'autre en dessous de la hanche... il tombe éperdument amoureux d'elle. Pour lui c'est le coup de foudre immédiat, la femme la plus belle, la femme de sa vie. Mais la jeune femme abandonnée à la naissance, est sur la défensive et ne comprend pas l'engouement et l'attirance de Martin pour sa personne. Elle n'a jamais connu l'amour et le jeune homme va devoir s'armer de patience, afin de la séduire et de lui faire prendre confiance en elle.
Différente, la meilleure amie de Martin, Leo, l'est aussi. Mise à la porte par ses parents à l'âge de 18 ans, en raison de son homosexualité, c'est une jeune fille déjantée, rebelle, qui collectionne les conquêtes féminines. Avec Paula, ce sera directement le clash, et toute amitié semblera impossible, tant les deux jeunes femmes sont différentes. Leo s'exprime sans retenue et sans tact, malgré qu'elle soit jeune professeur, alors que Paula linguiste à l'université, prépare un doctorat sur les différences fondamentales dans l'emploi des locutions verbales, et ne rit pas des blagues de cette dernière, qu'elle trouve réellement vulgaire. Martin quant à lui, vit assez mal le conflit entre les deux personnes qu'il affectionne le plus au monde et de qui il a le plus besoin. Il voudrait tant qu'elles puissent s'apprécier...
Avec "Différente", Sara Lövestam signe son premier roman en version française. Ce qu'on pourrait au premier abord prendre pour un roman pervers et de voyeurisme malsain, envers ces femmes "différentes", n'en est rien. Certes, on assiste à quelques scènes de sexe lesbien et à la description de certains fantasmes particuliers de Martin, mais c'est en réalité un véritable hommage aux différences, qu'elles soient sexuelles ou physiques. Cette histoire est drôle, originale, prenante, mais surtout émouvante.Attendez-vous également à être surpris par la tournure que prend le roman.
Comment ce trio va-t'il s'accepter, apprendre à gérer l'amour et l'amitié, ainsi que ses différences bien particulières? Vous le saurez en découvrant ce premier roman de S. Lövestam. Son second roman en français sortira en 2014 chez Actes Sud également.
Lien : http://meslectures-emmanuell..
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Lesbotheque
  25 juin 2020
Tout le long de ce livre, je me suis demandée : où doit-on ranger le fétichisme en matière de pratique sexuelle ? Est-on dans une forme de perversion ou dans un "chacun fait ce qu'il veut, on s'en fou". Parce qu'au fond, un fétichiste ça ne fait de mal à personne et en même temps est-ce que j'aimerais vraiment que quelqu'un me dise : "ce qui m'attire chez toi c'est que tu n'as pas de jambe... ". Je crois que j'aimerais qu'on m'aime pour autre chose qu'un bout manquant de mon anatomie. Autant vous dire que le livre ne répond pas vraiment à la question. le premier tour de force de Sarah Lövestam étant d'arriver à parler de ce sujet sans porter de jugement ni dans un sens ni dans l'autre. Martin se débat avec ses goûts pour le moins atypique épaulé de manière fort moqueuse par sa copine Léo, lesbienne sans gêne qui baise tout ce qui bouge et qui ne perd pas une occasion de prononcer le mot amputé de préférence pour mettre mal à l'aise ce brave Martin.
Le second tour de force de ce livre c'est qu'en réalité, le fétichisme, le handicap bah c'est pas le sujet mesdames, messieurs. le sujet, le vrai, Oscar Wilde, le résume très bien c'est : « la beauté est dans les yeux de celui qui regarde ». Et c'est à ça que sert vraiment [le personnage de Léo]. C'est écrit juste, bien amené avec une grande subtilité. J'ai beaucoup apprécié.
Là où le bât blesse, et ce n'est pas la première fois avec c'est autrice. C'est qu'il faut toujours à un moment du récit qu'elle invente des coïncidences rocambolesques, elles totalement incroyables pour boucler son histoire. Je ne vous révélerais pas la raison pour laquelle Martin « kiffe » les femmes sans jambes, il faudra lire le livre pour le savoir, mais franchement la théorie de l'autrice relève de la psychologie de comptoir. Dommage.
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helhiv
  15 septembre 2018
Deuxième lecture de Sara Lövestam et deuxième coup de coeur après En toute vers toi. L'histoire est contemporaine cette fois-ci. Martin est attiré par les femmes à qui il manque des membres, Paula n'a pas de jambes et est très méfiante, Leo(nora) est proche de Martin et énerve Paula. Martin tombe amoureux de Paula et ça a l'air d'être réciproque. Et Leo dans tout ça ? A-t-on affaire à un triangle amoureux ? Il se trouve, qui plus est, que les familles, connues ou inconnues de nos héros et héroïnes, ont à voir les unes avec les autres à des degrés divers. le récit qui mêle les histoires de coeur et les histoires de famille est mené grand train par Sara Lövestam dans un style où l'excès de pudeur et de sensiblerie ne vient pas tout gâcher.
J'avoue n'avoir pas réussi à ne pas m'identifier au personnage de Leo (c'est beau les double négations, non ?), qui met top souvent les pieds dans le plat. Comme je ne veux pas dévoiler toute l'histoire, je dis juste qu'elle a bien raison de le faire !
Sara Lövestam s'affirme vraiment comme une de mes autrices préférées et j'ai encore quatre livres d'elle devant moi. Tant mieux !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   14 juin 2019
- Je ne te poserai pas de questions. De toute façon, dès qu'on fait preuve de la moindre ouverture d'esprit, c'est le scandale. Alors surtout, restons sur nos gardes. Ne soyons pas curieux du monde. Et ne prenons pas trop goût à la vie, pendant qu'on y est. Ceci dit, je me demande si tu as enfin pu donner libre cours à tes pulsions hormonales... Ou si ça coince encore.
Il aspire bruyamment une gorgée de son chocolat chaud. Il meurt d'envie de lui raconter les dernières nouvelles mais ça ne plairait pas à Paula et, désormais, il lui appartient corps et âme. N'obtenant pas de réponse, Léo continue tout haut ses méditations.
- Où est-ce que ça coince, d'ailleurs ? Une femme normale serrerait les jambes, mais elle ? Elle te donne des coups de moignon ? D'ailleurs, ce n'est pas forcément un signe d'hostilité... Il arrive que les nanas soient tellement choquées quand elles sont sur le point d'avoir un orgasme, qu'elles se braquent. Elles ont peur que quelque chose leur échappe. Quelque chose d'agréable, par exemple. Enfin, je le dis parce que ça coince avec la tienne. N'est-ce pas ? Cligne deux fois de l'oeil si vous l'avez fait.
Elle lui décoche un sourire malicieux. Amusé, il la regarde prendre une lampée de café latte. Puis, presque imperceptiblement, il lui fait deux clins d’œil rapides comme l'éclair.
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Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   27 décembre 2019
— Estime-toi heureuse d’avoir reçu une invitation, dit-elle.
— Parce que je suis comme je suis ? C’est ça que tu veux dire ?
Le cœur de Paula s’emballe. “Estime-toi heureuse que quelqu’un veuille bien s’occuper de toi… Estime-toi heureuse d’être née dans un pays où on ne laisse pas les gens comme toi mourir, où on ne les abandonne pas dans la forêt… Estime-toi heureuse, heureuse, heureuse. Et sois reconnaissante.” Leo fronce les sourcils.
— Ce n’est pas ce que je voulais dire. Putain ! Tu es un véritable bâton de dynamite ambulant ! Je veux dire sur deux roues. 
 — Quatre.
— Dis-le à mon prof de maths, c’est sa faute si je suis nulle en calcul.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   14 juin 2019
Pour te dire que le sexe, ça commence avec un sentiment de vertige quelque part dans le corps. Ensuite, ça se répand comme une traînée de poudre et ça exige qu'on s'y abandonne. On devient insatiable, on en veut toujours plus. C'est pénible et merveilleux. On ne fait plus qu'un avec son sang.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   14 juin 2019
Ça devrait être interdit d'exposer un enfant à la norme.
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