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François Truchaud (Traducteur)
ISBN : 2265078662
Éditeur : Fleuve Editions (08/07/2004)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 115 notes)
Résumé :
Chargé de restaurer une vieille demeure victorienne, David Williams y est confronté à d'étranges phénomènes: bruits mystérieux, lueurs inexplicables et surtout la présence de Brown Jenkin, un rat d'une taille monstrueuse qui rôde dans le grenier.

Il apprend bientôt que la maison était au siècle dernier un orphelinat, et que tous les enfants y sont morts en l'espace de deux semaines. Epidémie ? Ou bien les petits pensionnaires ont-ils été enlevés et tu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
ange77
  30 janvier 2017
« La porte s'ouvrit en coup de vent - il entra en courant - le grand homme-ciseaux aux longues jambes rouges ! »
Apparition [titre original : Prey] est, jusqu'à présent, mon troisième ouvrage de Graham Masterton.
Bien qu'il ne m'aie pas autant emballée que "Sang Impur" ou "Le diable en gris", et malgré des débuts laborieux (dûs en partie à la faiblesse d'interêt des premiers chapitres) mes retouvailles avec l'auteur furent, dans l'ensemble, assez plaisantes - encore que, le terme ne soit peut-être pas tout à fait celui qui convienne...

J'ai fini par ressentir un réel engouement pour ce livre, mais seulement après plusieurs chapitres, qui avaient jusque là une nette tendance à m'engluer dans l'abattement, voire l'accablement le plus total. Car en effet, je n'avais lu que deux livres du célèbre écossais (et je les avais adoré d'ailleurs), mais là... j'étais en passe de me poser pas mal de questions quant à son succés - j'exagère bien entendu, inutile de sonner l'hallali ^^
Maintenant, je savais aussi pertinnement que ce titre-ci était sujet à diverses avis mitigés et qu'il avait même déçu quelques afficionados.
Si le talent de Masterton n'est tout de même plus à prouver depuis longtemps, je ne suis pourtant pas la seule à lui avoir trouvé, avec "Apparition", une certaine lenteur, pour ne pas dire langueur (avec a, j'insiste), à installer son récit.
Pour dire vrai, je me suis carrément ennuyée dans les premiers temps de ma lecture, c'en était même frustrant...
Ce début m'a effecivement contrariée à tel point que j'ai failli abandonner en cours, mais encore une fois, je me suis accrochée et je ne le regrette absolument pas !

« Une fois que nous sommes ici, nous sommes ici pour toujours. C'était une pensée étrange, un peu triste, mais réconfortante également.»

Petite patenthèse personnelle :
Beaucoup ont fustigé le protagoniste principal, et moi la première, pour son évidente nonchalance et sa bêtise même, face aux évènements surnaturels ("- mais pourquoi donc s'obsiner à rester dans une maison hantée ? Franchement ?").
Certes, le héro fait souvent preuve d'un comportement, sinon idiot, qui retourne à minima d'une pulsion suicidaire quand-même, au vu de ce qu'on apprend sur Fortyfoot House... Lui-même s'étonnant parfois de sa propre témérité. J'ai été intimement convaincue que notre homme n'avait pas (ou plus) toute sa tête ; non content de s'éterniser dans cette vielle demeure plus qu'inhospitalière et malgré les funestes évènements paranormaux qui y surviennent, il finira par se jeter littéralement dans la gueule du loup - ou du rat... - , et pas qu'une fois en plus !...
- Un peu à l'image de ces fameux films de série B (dont certains sont néanmoins devenus cultes aujourd'hui), où l'on ne peut s'empêcher de traîter les personnages pour leur folie, leur entêtement, et de se répandre en invectives bien inutiles au final -.
Parce que soyons honnêtes, et un minimum objectifs : on ne demande que ça ! Car si David avait fuit avec tout son barda aux premiers phénomènes bizarres ou bruits un tant soit peu suspects... ben, y aurait tout simplement pas d'histoire !! Point. CQFD
(fin de la parenthèse)

« Une force sombre et hargneuse.»

De toute façon, ça, c'était juste au début...
Survient ce moment où, sans vous en rendre compte, vous vous retrouvez soudainement piègés, inextricablement ; entièrement sous l'emprise Mastertonienne.
Tel un Brown Jenkins de l'écriture, l'auteur vous glace le sang et accapare entièrement votre esprit dans ses griffes éffilées. Et là... ne vous reste plus qu'à prier pour le salut de votre âme.
Une fois au coeur de l'abomination, je défie quiconque de refermer le livre. En ce qui me concerne, j'aurai été bien en peine de réaliser cet exploit !
J'étais engluée, non plus dans l'abattement, mais bel et bien dans la quintessence du Mal... Je n'ai pas employé le mot "emprise" pour rien : et encore, c'est bien pire que ça en réalité...

« Cela ne ressemble pas au Diable, cela ne ressemble pas à Dieu. C'est autre chose. Quelque chose de complètement différent.»

Toujours capable de surprendre son lectorat, l'écrivain n'a donc pas failli à sa réputation.
Ce dernier avait-il dévoré de l'Angus trop saignant ? On ne le saura jamais...
Mais une chose est certaine ; quand on arrive enfin dans les méandres de l'histoire à proprement parler, il est juste impossible d'en sortir... encore moins d'en sortir indemne.
C'est sans scrupules - et heureusement! - que Masterton, qui ne souffre d'aucune inhibition, nous plonge dans les profondeurs abyssales de son imagination débridée.
Se mettront alors en place les pièces d'un bien machiavèlique puzzle, de purulentes mises en scène jusqu'aux tétanisantes migraines que provoqueront les paradoxes des voyages temporels...
« La tâche de sang avait exactement la même forme que la dernière fois que je l'avais vue... il y a une demie-heure environ, 106 ans plus tard.»
Et à partir de là, il n'aura de cesse de nous torturer l'âme jusque la dernière ligne.
« Le monde tel qu'il était, le monde tel qu'il est, le monde tel qu'il sera. »

Un bémol peut-être ?
On pourra sans doute reprocher - une fois n'est pas coutume... ah ah - les scènes pornographiques si chères à l'auteur. Si durant une bonne partie de l'histoire, je ne m'explique pas franchement l'origine de ce blâme, je dois tout même avouer que j'ai nettement mieux compris la réprimande par la suite...
Par contre, je dois être moins "prude" j'imagine, parce que, même si je veux bien avouer que notre ami s'en donne à coeur joie (hum!... c'est peu de le dire), j'ai estimé - et cet avis n'engage évidemment que moi ^^ - que ces passages n'entravaient en rien la compréhension ou la continualité du récit. Au contraire, je les ai même trouvé intrinséquement liés à l'atmosphère prégnante, sulfureuse dans tous les sens du terme, et déjà outrageuse du texte en général.
Mais j'admets volontiers que l'impudeur de quelques-uns de ces dit passages puisse parfois choquer.

Influence(s)...
Nombre d'auteurs de littérature fantastique (ou autre) se sont déjà frottés au mythe Lovecraft, lui rendant hommage avec plus ou moins de réussite.
Ici Graham Masterton reprend le personnage principal d'une nouvelle de HPL : Brown Jenkins, répugnante créature mi-rat mi-homme, apparu pour la première fois donc dans "La maison de la sorcière" (cycle Chtulhu). De nature plus animale dans la nouvelle d'origine de l'américain, le Brown Jenkins mis en scène par l'écrivain écossais est un peu plus "humain", d'un point de vue morphologique du moins...
Outre un aspect peu ragoûtant et une hygiène qui laisse à désirer, notre familier - enfin, celui de Kezia Mason en l'occurence (on notera que l'auteur ne change ici qu'une seule lettre dans le nom de la sorcière, Lovecraft écrivant Keziah) - possède toutes les caractèristiques du véritable monstre, celui de nos pires cauchemars, venu tout droit des enfers, de l'ether putride et fuligineux où errent les entités les plus démoniaques qu'aient porté le monde.
Afin de parfaire l'ensemble, notre écrivain terrible ira jusqu'à emprunter au cultissime auteur la légende des Grands Anciens (Great Old Ones ou Old Ones)
(Je tiens à préciser au passage qu'il ne faut nullement être fan assidu de H.P. Lovecraft, ni connaître son oeuvre, pour apprécier "Apparition". Au mieux, Masterton aiguisera votre curiosité envers ces "inratables"!)
On observera également d'autres réfèrences à Poe ou aux non moins célèbres frères Grimm.
« Il n'y aura plus d'enfants, conclut-il d'un ton dramatique.»

Finalement :
Contrairement à ce que j'ai pu penser au départ, "Apparition" s'est révelé bien plus qu'un simple roman d'horreur ; hallucinant, terrifiant, juste époustouflant, surtout vers la fin où notre homme se lâche et nous abandonne dans des torrents de sombres turpitudes toutes... lovecraftiennes.
« Yog-Sothoth. Comment Lovecraft avait-il eu connaissance de ce nom, je préférais ne pas y penser. Mais le règne de Yog-Sothoth était imminent. Yog-Sothoth, qui écume tel le limon originel dans le cahos nucléaire pour toujours au-delà des avant-postes les plus inférieurs de l'espace et du temps ! »
Ce fut donc une très bonne surprise, et une lecture particulièrement angoissante comme je les aime.
De celles qui donnent sueurs froides, nausées et frayeurs pour encore plusieurs nuits à venir...
Pour tout ça, merci Monsieur !

Ma note : 4,5/5
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Shan_Ze
  28 décembre 2016
J'avais déjà lu quelques Graham Masterton il y a une bonne dizaine d'années. J'en garde de bons souvenirs (enfin de ceux qui font frissonner). Tengu, Hel, Démences, Sang impur… j'ai lu tout ce qui me tombait sous la main à l'époque. le club de lecture de novembre (hum !) m'a permis de me remettre dans l'univers de Masterton.
Le thème est intéressant, les maisons hantées avec son lot d'horreurs ! David Williams est censé restaurer une maison ancienne mais d'étranges phénomènes s'y passent…Le début est un peu long à se mettre en route, plusieurs éléments flippants mais pas de grand bouleversement ou de grandes frayeurs… jusqu'à la moitié et là, on retrouve Masterton. Des morts horribles, des personnages plus qu'abominables… Quelques points m'ont agacée : la façon de raisonner de David Williams (pourquoi RESTER ?), il laisse souvent son garçon seul (dans ou à côté d'une maison où des gens sont morts), son côté girouette. L'aspect Voyage dans le temps est bien exploité, entre présent, passé et futur, peut-être trop même sur la fin que j'ai trouvé trop facile, même s'il continue de planer un danger sur cette maison (voir plus… ?). Contente d'avoir retrouvé Graham Masterton, j'ai été un peu déçue par certains aspects (la traduction est parfois un peu moyenne) mais je retrouve le « maître » de l'horreur. Je ne sais pas si on peut s'attendre à une suite mais je relirai cet auteur qui sait procurer frémissements et frissons.
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Woland
  31 mai 2008
Parmi les adeptes de littérature fantastique, très rares sont ceux qui ne rendent pas un culte à Howard Philip Lovecraft. Mais, parmi les écrivains qui font dans le fantastique, encore plus rares sont ceux qui ont su rendre hommage au « Solitaire de Providence » tout en restant fidèle à son univers. L'Ecossais Graham Masterton est de ceux-là, ce qui confère à son roman « Apparition » une saveur et une logique lovecraftiennes tout à fait exceptionnelles.
Tout commence dans une vieille demeure victorienne de l'île de Wight que le héros, David Williams, a accepté de restaurer pour le compte d'un couple de millionnaires, les Tennant. Dès le départ, nous nous trouvons face à un homme perclus de problèmes : son épouse l'a quitté pour fuir avec un autre mais elle lui a laissé leur fils, Danny. Déboussolé et ayant abandonné sa petite entreprise de décoration d'intérieur, David espère que cet été consacré à relever une maison et son parc leur donnera à tous deux le temps de « souffler » un peu et de voir venir.
Mais le lendemain-même du jour de leur emménagement, il est réveillé à l'aube par une espèce de grattement frénétique :fk: provenant du grenier. Bien entendu, notre héros n'hésite pas à se lever et à s'en aller aux renseignements. Cependant, à part une sensation de peur glaciale qu'il ne parvient pas à s'expliquer et qui s'empare de lui lors de son exploration du grenier, il ne décèle là-haut rien de particulier.
Après leur petit-déjeuner, les Williams père et fils sortent découvrir leur nouveau domaine. Mais comme ils se retournent machinalement pour avoir une vue d'ensemble de Fortyfoot House, quelle n'est pas leur surprise de constater que la façade de la maison leur apparaît en excellent état ! Certes, il y a dans cette vision quelque chose de mal ajusté, une espèce de flou qui leur rappelle une photo du lieu prise dans les années 1880 et qu'ils ont eu tout loisir d'observer dans le hall. Mais l'illusion reste impressionnante. Les jardins eux-mêmes semblent retaillés à la française alors que, en cette fin des années 1990 où se situe le début du roman, la Nature les a largement récupérés ... :fhelp:
Et voici que, sortant de cette maison « rajeunie », un homme de haute taille et vêtu de façon carrément anachronique, s'éloigne à grandes enjambées vers le bois voisin sans se soucier des appels que lui adresse David ...
A peine l'étrange personnage a-t-il disparu que, poursuivant leur tour du propriétaire, ils tombent sur une espèce de chapelle aux murs envahis par la végétation. Entre deux rameaux de lierre, émerge çà et là un détail : un pied, le bas d'une jupe, puis un visage de femme, beau mais peu sympathique. Poussés par une curiosité compréhensible – le thème de cette fresque déconcerte dans un lieu en théorie consacré - ils dégagent la silhouette peinte et constatent qu'elle porte sur son épaule une espèce de gros rat ...
Enfin, en quittant la chapelle, le père et le fils débouchent parmi les stèles et les croix d'un petit cimetière où n'ont été enterrés que des enfants, tous décédés très jeunes et, chose pour le moins curieuse, à la même date … :jdange:
Bien sûr, tout cela est couru d'avance et l'on peut trouver pareille situation dans n'importe quel film d'épouvante. Mais ce que l'on n'y trouvera pas - peut-être parce qu'il n'y a, si mes souvenirs sont bons, qu'un seul cinéaste qui ait jamais osé s'attaquer à Lovecraft - c'est la récupération que fait ici Masterton de Brown Jenkins, personnage apparu dans « Les Rêves dans la Maison de la Sorcière », l'une des nouvelles les plus fameuses de l'écrivain de Providence. Pas plus qu'on n'y trouvera la diabolique habileté avec laquelle Masterton rentre de plein pied dans le mythe fabuleux inventé par l'auteur américain, celui des Grands Anciens - la tentative cinématographique dont je parle plus haut se solda par un échec : filmer Lovecraft est impossible, même quand on s'appelle Roger Corman.
Car, hanté comme il l'était par l'idée de dimensions parallèles et de distorsions du Temps qui, à la faveur de quelques passages protégés – des angles bizarres, en règle générale – permettent ainsi à l'initié de voyager sans problème au travers des siècles et de l'espace, Lovecraft aurait sans nul doute apprécié la façon dont s'y prend Masterton pour faire cohabiter à la fois plusieurs mondes et plusieurs époques dans l'espace en apparence limité et bien concret de Fortyfoot House.
En revanche, Masterton rompt avec la tradition lovecraftienne des fins malheureuses et particulièrement épouvantables. Après près de 360 pages qui maintiennent le lecteur en haleine, « Apparition » se termine de façon heureuse et même logique. Attention ! Ce que je vous en dis là n'est pas une raison pour utiliser ce roman comme un calmant de vos insomnies ! :insom:
Enfin, et c'est là, je pense, le plus grand compliment qu'on puisse faire à Masterton, ce livre ne peut qu'inciter ceux qui ne connaissent pas encore l'oeuvre de Lovecraft à s'y plonger sans coup férir. ;o)
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Bibliozonard
  31 mai 2012
Apparition (1990)
D'abord, c'est mon premier livre lu de l'auteur. Je ne ferais donc pas de comparaison, avec Howard Phillips Lovecraft. Je n'ai rien lu de cet auteur. Pas encore du moins. J'ai bien compris que l'un avait une influence sur l'autre. G Masterton l'a souvent cité dans ce livre pour que je le remarque. Ça s'arrête là.
Action
David Williams gérant de son affaire de décoration d'intérieur est fraîchement séparé de Janie. Il lâche tout et il met les voiles, avec son fils Danny, sur l'île de Wight au sud du Royaume-Uni. Il y est convié pour la restauration d'une ancienne bâtisse de millionnaire. Fortyfoot House chez les Tenants qui veulent revendre le manoir. C'était un home pour orphelin créé par les Billings, père et fils, au 19e siècle. Un coin isolé, malsain, lugubre. Une maison fantôme avec ses bruits étranges dans le grenier. du genre, le cliquetis des griffes d'un gros rat qui court. Un cimetière d'enfants, une chapelle et l'apparition d'un homme stressé et habillé en époque du 19e dans le jardin. le plus étonnant est l'apparence de la demeure, entre autres, qui varie selon le point de vue auquel se trouve « l'invité d'honneur » David. Est-ce qu'il a des hallucinations ? Et son fils, que voit-il ? Que vient faire cette histoire de Brown Jenkin ? La créature que la population de Bonchurch connait depuis des générations. « Il viendra te chercher si tu n'es pas sage… » Un conseil se répète depuis la plus tendre enfance. Évitez Fortyfoot House avec ses lumières et ses bruits.

Réaction
La première scène n'augure rien de bon. Sur un plan purement personnel, vous confierai-je. J'entends par là. Avant de me glisser sous la couette pour la nuit, après quelques pages entamées, déjà ! Je me relève et j'agis en conséquence. Double vérification du verrouillage des serrures avant et arrières de la maison. Je décrète que cette nuit, ma femme sera la gardienne du temple. Promotion directe et sans émoi. Au moindre bruit soupçonné, je laisse le général et ses troupes se charger de la sécurité du citoyen. Pour ma part, je contribuerai au combat en surveillant mon oreiller. Je dis bien un seul bruit. Quelle que soit sa fréquence audible, on sait à quel point l'ouïe est fine dans ces moments de solitude. Je m'envoie le coussin sur la tête. Décision non convertible. Point barre.
« La tache de sang avait exactement la même forme que la dernière fois que je l'avais vue… il y avait une demi-heure environ, 106 ans plus tard » (P257)
L'imagination va loin dans cet opus. En plus d'un manoir hanté, le lecteur plongera dans des mondes parallèles. Voyage dans le temps grâce aux ziggourats de Babylone (tour à étages capables de modifier leur forme physique). L'existence de créature pré humaine qui, n'étant pas de ce monde doivent s'adapter progressivement à la Terre. C'est étonnant. L'écriture est claire, sans débordement, ni de longue platitude. La capacité de jouer avec les sens est talentueuse. le décor est de mise, classique aujourd'hui, mais pas en 1992. Un lieu prisé des auteurs, la même île de Wight que celle de G Cooper et son livre des morts.
Il y a trois points que je voudrais souligner. Les scènes de sexes, un passage d'horreur et un argument d'un personnage.
La précision des actes sexuels est inutile. Même si les actes en eux-mêmes ont leur intérêt dans l'histoire, le côté pornographique de la chose aurait pu être tourné autrement. Ce n'est pas tant le « très porno » qui ne passe pas, c'est plutôt la manière dont c'est tourné. On dirait un cours de biologie. Nommé chaque partie du moindre morceau d'organe génital. On s'en fou à un certain niveau de précision. On ne cherche pas à être gynéco.
Et puis il y a une scène d'horreur. Je pense à celle de l'exécution du révérend Pickering. C'est sanglant, c'est le principal dans un tel massacre. Mais trop, tendance ennuyeuse. Ça ne devient plus horrible et casse la tension. C'est trop long si le carnage dure. Les yeux puis les trips et encore le bras, la jambe, encore et encore… Je n'étais plus dans la peur, et loin du dégoût à ce moment précis.
Billings dit en page 349 : « La psychologie… cela a toujours été mon point fort. Je voulais que vous soyez là et vous êtes ici ! » Quand on découvre le personnage, ça ne lui correspond pas vraiment puisque c'est un gars plutôt névrosé un peu dépassé par les évènements. S'il a une certaine intelligence, ce qu'il dit ici est plat. Il aurait pu nous présenter son analyse de la situation et si la psycho était son point fort, son attitude aurait été plus sereine. Il pleure à genoux au final. C'est un peu brouillon pour moi.
Au final, j'ai quand même aimé l'ouvrage. Un début très tendu, énigmatique. Un dénouement apocalyptique avec un peu de lumière pour la fin. L'auteur va très loin dans la fiction avec un air de cauchemar. Un mélange d'idées affolant. Un très bon divertissement.
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Pavlik
  26 février 2020
David Williams, un homme pas remis de son divorce, avec son enfant à charge et sans le sou, est chargé de retaper une vieille bicoque sur l'île de Whight, afin que les proprios puissent la vendre...Où quand le "home staging" vire au sanglant...
Le problème que j'ai avec Masterton c'est que beaucoup de ses livres (assez distrayants par ailleurs) ont l'air d'être conçu selon le même schéma.
Ici encore (comme dans le "Miroir de Satan" et dans "Démences") je le retrouve : un personnage principal long à la détente (ça en devient un peu agaçant à la longue), qui a par ailleurs pas mal de soucis perso (ceci expliquant peut-être cela), se retrouve confronté à des phénomènes surnaturels (car dans les Masterton que j'ai lu jusque là, l'horreur a toujours une origine surnaturelle), qui engendrent leur lot de scènes bien gores, avec éventuellement, en guise de pause syndicale, quelques petits à côté sexuels bienvenu pour se requinquer.
Bon, c'est assez distrayant (sans être génial à mon sens) mais du coup, je suis en quête du Masterton qui fera le pas de côté (c'est vrai que les "Guerriers de la Nuit" différait des autres que j'ai pu lire mais, pas de bol, je n'ai pas adhérer).
En ce qui concerne "apparitions" j'ai quand même bien aimé l'hommage à Lovecraft (même si pour moi Lovecraft relève plus de la suggestion que de la boucherie charcuterie) et la morale écolo à la fin (ça j'avoue je m'y attendais pas).
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
SiabelleSiabelle   02 mai 2017
Ce qui me troublait, cependant, ce n'était pas tellement le réalisme de la peinture, mais ce qui était enroulé autour du cou de la femme. La peinture était tellement écaillée et décolorée à cet endroit que je crus tout d'abord que c'était une étole de vision forcée. Mais lorsque je regardai plus attentivement, je m'aperçus qu'il s'agissait d'un énorme rat, ou d'un animal qui ressemblait beaucoup à un rat. Il avait un visage blanc couvert de vermine, et des yeux bridés, mais son expression était infiniment plus humaine qu'animale. Une expression moqueuse, calculatrice et sournoise.
- Ce n'était pas Jésus, trancha Danny.
- Non, pas du tout, même !
- Qui est-ce, alors ?
- Sais pas. Je n'en ai pas la moindre idée.
- Quelle est cette horrible chose sur les épaules de la femme ?
- Un rat, je pense.
- C'est dégoûtant.
- Tu as raison. Je vais cacher ça.
Je tirai sur la lierre pour recouvrir la peinture de nouveau mais je l'avais arraché du mur, et il refusait maintenant de reprendre sa place. Finalement, je fus contraint de laisser la peinture murale exposée aux regards - la jeune femme d'une beauté naissante et le rat à l'expression fourbe.
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SiabelleSiabelle   16 mai 2017
Le pasteur Pickering m'adressa un sourire ironique.
- Qui aurait cru qu'un jour l'Église vienne en troisième position en matière d'aide spirituelle après un chasseur de rats et une entreprise de désinsectisation.
- Excusez-moi. Il m'a fallu un certain temps pour croire qu'il s'agissait vraiment de revenants ou d'esprits ou ''d'irrégularités spirituelles'' comme vous les appelez.
Il nous raccompagna dans le vestibule lambrissé qui sentait les repas à la cantine.
- Dans la soirée, après l'office du soir ? proposa-t-il. Disons huit heures et demie ?
- Ce serait parfait. Vous êtes d'accord pour aller dans le grenier alors ? Je vais acheter une torche électrique digne de ce nom.
- Vous pourriez essayer une petite prière, vous savez. Non seulement pour les âmes de ceux qui continuent de hanter Fortyfoot House.
- Ce n'est pas une mauvaise idée.
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ange77ange77   11 janvier 2017
Chaque fois que le révérend Claringbull apercevait la jeune fille, il se sentait glacé de façon tout à fait incompréhensible. S'il se trouvait dans la même pièce qu'elle, il avait presque immédiatement une éruption de boutons, comme un eczéma sec ; et lorsqu'il fut invité au dîner donné en l'honneur de l'inauguration de Fortyfoot House, et fut placé à côté d'elle, il dut s'excuser après le velouté de tomates et passa la plus grande partie de la soirée dans le jardin, à vomir.
" - J'ai vomi des choses que je savais ne pas avoir mangées ", c'est ce qu'il a écrit. J'ai vomi des choses qui bougeaient de leur propre gré, des choses qui frissonnaient et se tortillaient dans l'herbe, puis elles se sont traînées péniblement pour se cacher dans les buissons.
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ange77ange77   05 décembre 2016
(...) Néanmoins il ne me venait pas à l'esprit qu'il y ait quelque chose de surnaturel dans tout ça. Je trouvais cela suffisamment terrifiant, sans, en plus, me dire que cela échappait peut-être à toute explication naturelle ou rationnelle.
- Tu devrais peut-être aller jeter un coup d'oeil, murmura Lise
- Je devrais peut-être aller jeter un coup d'oeil?
- C'est toi l'homme.
- Ah bravo! fis-je, parcouru de frissons. Tu es comme toutes les femmes qu'il m'a été donné de rencontrer. Vous êtes d'accord pour être l'égale de l'homme seulement lorsque cela vous arrange.
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ange77ange77   29 novembre 2016
Il était toujours dans la maison, quelque part. Je l'entendais, je percevais sa présence. Il courait derrière les plinthes, se faufilait dans des trous et des galeries. J'eus le terrible pressentiment qu'il considérait que cette maison lui appartenait, et que Danny et moi n'étions rien de plus que des intrus irritants. J'eus également le terrible pressentiment qu'il ne s'agissait pas du tout d'un rat. C'était quelque chose de beaucoup, beaucoup plus terrifiant.
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Extrait du Grand entretien avec Graham Masterton aux Imaginales 2019.
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