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Corine Derblum (Traducteur)
EAN : 9782253933519
446 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (26/09/2001)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 7 notes)
Résumé :
" Il m'aurait paru impertinent de faire paraître un tel livre alors que j'étais en pleine activité littéraire ; j'aurais eu l'air de m'attribuer une importance offensante pour mes confrères ; mais je suis un vieillard, désormais, et ne puis être un rival pour personne car je me suis retiré du tumulte et de la confusion pour m'installer dans une retraite confortable.

" Lorsqu'il publie ses Carnets, en 1949, Somerset Maugham (1874-1965) est au faîte de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
moravia
  23 février 2015
Bien que ce livre soit annoncé comme un journal, j'aimerais mieux le présenter comme un album de "cartes postales" sur lesquelles l'auteur nous ferait découvrir ses différents voyages, ses humeurs du moment, sa vision du monde.
Ce sont aussi des notes, des "esquisses" qui serviront plus tard à la construction de son œuvre d'écrivain.
Le lecteur découvre William Somerset Maugham peaufinant son art au fil des ans pour aboutir à cette narration qui semble si naturelle, qui coule de source, alors qu'elle est le fruit d'une longue macération.
Quel que soit le genre, voilà un auteur qui ne me déçoit jamais. Une valeur sûre assurément sur laquelle vous devriez un jour miser.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   09 février 2015
Le roman noir.
Ses auteurs jouissent de peu de renommée parmi leurs congénères, et pourtant ce sont les bienfaiteurs de leur espèce. Ils ont conscience du peu d'estime où le monde les tient et évoquent leur œuvre d'un air réprobateur, avec un haussement d'épaules et un sourire. Ils s'empressent de désarmer votre mépris en affirmant qu'ils ne sont pas dupes. Ils se montrent timides sous la louange. Ils n'osent croire que l'on puisse être sérieux. Et pourtant ils sont dignes d'éloges.
Il y a des moments où l'esprit n'est pas réceptif à la bonne littérature; il y a des moments où le cerveau s'épuise à chercher le repos; des moments où les auteurs classiques sont assommants, où l'on est harassé ou malheureux; il y a les voyages en chemin de fer; il y a la maladie : quoi de plus réconfortant alors qu'un bon roman noir à un shilling ? On plonge dans un univers de meurtres, de vols, de trahisons et de chantage, de prison et d'évasions miraculeuses, de fumeries d'opium, de repaires de brigands, de studios d'artistes et d'hôtels somptueux; on fréquente des faux monnayeurs, des escrocs, des terroristes, des détectives, des aventurières, des mouchards, des bagnards, des héroïnes persécutées et des héros injustement accusés. Les critères de qualité ne sont pas les mêmes ici que dans les autres formes d'art. L'invraisemblance ne diminue pas le plaisir du lecteur, la sobriété d'invention est un défaut, les grâces de style sont déplacées, l'humour ne pardonne pas. Il est fâcheux qu'un sourire vienne déformer vos lèvres réticentes; il faut lire avec un sérieux extrême, intense et implacable. On tourne les pages d'une main nerveuse. Les heures filent. On a vaincu le temps. Et puis on a l'ingratitude de rejeter le livre en ricanant et d'en mépriser l'auteur.
C'est un manque de goût.

(1933)
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moraviamoravia   27 janvier 2015
La plupart des hommes semblaient sérieusement touchés, et gisaient déjà dans cette position informe que j'avais vue chez les morts. Le dos calé contre le portail central de l'église, accidentellement isolé des autres, un homme était étendu, le visage blême, émacié et hagard; il ne faisait pas un bruit, pas un mouvement, mais regardait fixement devant lui d'un air buté, comme si, sachant la mort inévitable, il n'éprouvait que de la colère. Il avait une horrible blessure au ventre, on ne pouvait plus rien pour lui; il attendait la fin. J'en vis un autre, encore tout jeune, au visage rond et ingrat, auquel sa peau jaune et ses yeux étroit donnaient presque un aspect japonais. Il était mortellement blessé et le savait, lui aussi, mais cela le terrifiait. Trois soldats se tenaient à son chevet, penchés sur lui, et il s'accrochait à la main de l'un d'eux en criant : "Oh mon Dieu, je vais mourir !" Il sanglotait à pierre fendre et de grosses larmes roulaient sur son visage sale tandis qu'il répétait : "Je suis si malheureux, oh Dieu ! Je suis si malheureux." Les soldats s'efforçaient de le réconforter et celui auquel il s'agrippait lui caressait doucement le front de sa main libre.
"Mais non, mon vieux, tu guériras".
Un autre, assis contre les marches du chœur, fumait une cigarette en observant calmement la scène qui l'entourait; il avait bonne mine et ne semblait pas malade; il sourit gaiement à mon approche. Voyant son bras pansé, je lui demandai si la blessure était grave. Il eut un petit rire.
" Oh, c'est rien, s'il n'y avait que ça ! J'ai reçu une balle dans la colonne vertébrale, mes jambes sont paralysées."

(1914)
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moraviamoravia   30 janvier 2017
Saint-Laurent-du-Maroni. 1936.
Le directeur est un petit homme trapu aux grands yeux brillants, en uniforme blanc impeccable, arborant sur sa tunique la croix de la légion d'honneur. Il a des gestes exubérants et parle avec un fort accent du Midi. Il est jovial, vulgaire et ignorant, mais bon et tolérant. Il a obtenu son poste grâce à des appuis politiques. Son salaire est de six mille francs par an, auxquels s'ajoutent probablement de nombreux petits profils. Il aime ce travail qui lui permet de vivre à peu de frais et de faire des économies. Il attend impatiemment de prendre sa retraite dans dix ans, et de se faire construire une villa sur la Riviera.
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moraviamoravia   03 février 2015
Athènes. 1908.
J'étais assis dans le théâtre de Dionysos et, de ma place, je voyais l'onde bleue de la mer Égée. En pensant aux chefs d'oeuvre dramatiques qui avaient été représentés sur cette scène, je sentis des frissons me parcourir le dos. Ce fut réellement un moment d'émotion intense. J'étais ému, saisi d'une crainte révérente. De jeunes étudiants grecs arrivèrent et se mirent à bavarder avec moi dans un français approximatif. Au bout de quelques temps, l'un d'eux me demanda si j'aimerais qu'il récitât quelque chose sur la scène. Je bondis sur l'occasion. Je m'attendais à l'entendre déclamer quelque grand texte de Sophocle ou d'Euripide et, tout en sachant que je n'en comprendrais pas un mot, je me préparais à une merveilleuse expérience. Il descendit sur scène et prit la pose, puis, avec un accent consternant, ânonna : C'est nous les cadets de Gascogne.
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moraviamoravia   25 janvier 2015
La douleur est néfaste, et l'idée qu'elle ennoblit absurde.
Nietzsche, dans sa glorification de la souffrance, est semblable au renard qui, dans la fable, avait perdu sa queue. Son argument que la douleur forge le caractère se résume au désir de vengeance d'un homme qui a souffert.
Ce qu'il prend pour de la force n'est que le plaisir d'infliger à ses pareils la souffrance qu'il a subie.

(1896).
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"Servitude humaine" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.
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