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ISBN : 1673223486
Éditeur : Auto édition (14/12/2019)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Dans un petit village, quelque part en France, Marie-Louise, une vieille dame presque centenaire, disparaît en léguant à celui qui s’occupe de son jardin, Mathieu Lambert, un appartement qu’elle possédait à Paris et qui est demeuré inoccupé depuis 1943.

Mathieu ne sait pas pourquoi il a hérité ce bien et va découvrir petit à petit les composantes du passé de sa bienfaitrice et, par voie de conséquence, de son propre passé.

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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
coquinnette1974
  30 décembre 2019
Je remercie énormément Frédérick Maurès pour l'envoi, en service presse, de son roman : Une agate rouge sang.
Dans un petit village.. quelque part en France... Marie-Louise, une vieille dame presque centenaire, disparaît en léguant à celui qui s'occupe de son jardin, Mathieu Lambert, un appartement qu'elle possédait à Paris et qui est demeuré inoccupé depuis 1943.
Mathieu ne sait pas pourquoi il a hérité ce bien et va découvrir petit à petit les composantes du passé de sa bienfaitrice et, par voie de conséquence, de son propre passé...
Une agate rouge sang est un roman qui se déroule en partie de nos jours, avec des retours dans le passé.
Je dois vous avouer qu'au début, ses allers retours m'ont un peu dérangé. Heureusement, cela a duré uniquement le temps que je comprenne qui est qui et se qui se passait dans chaque époque. Très rapidement, ses changements d'époque ne m'ont plus dérangés et c'est avec plaisir que j'ai plongé dans ce roman... que j'ai d'ailleurs dévoré.
J'ai apprécié de pouvoir le lire d'une traite car j'aurais été chagriné de devoir quitter Mathieu ou Marie-Louise, à qui je me suis attaché assez rapidement. Mathieu découvre le passé de sa bienfaitrice peu à peu, et avec lui il va surtout découvrir la vérité sur sa propre histoire.
Le fait que ça se déroule en partie pendant la seconde guerre mondiale, période qui ne cesse de me passionner, a fait que ce roman m'a énormément plu. J'ai aimé découvrir l'histoire de cette femme, son passé, ses engagements.. Je ne peux pas en dire plus car il serait vraiment dommage de trop en dévoiler.
Mathieu est un homme qui a l'air banal, et pourtant son passé ne l'ai pas, ni ces racines... comme il va le découvrir au fur et à mesure que les secrets explosent.
La plume de Frédérick Maurès est agréable à lire, il n'y a pas de longueurs. Tout ce tient de la première à la dernière page. C'est rythmé, bien écrit et parfaitement bien ficelé. Ce roman est conçu comme un puzzle dont les pièces se mettent en place peu à peu, c'est captivant :)
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire Une agate rouge sang. Je ne vais pas en dire plus, de peur de ne plus arriver à tenir ma langue ;)
Une seule chose à rajouter : si vous aimez les histoires se déroulant en partie dans les années 1940 foncez, c'est un très bon livre à qui je mets quatre étoiles et demie.
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Marie-Nel
  20 janvier 2020
Je découvre Frédérick Maurès avec ce roman et je peux déjà dire que c'est une très belle découverte. C'est le résumé qui m'a attirée dès le départ, j'aime les histoires qui promettent des retours dans le passé et surtout celles où le passé a une incidence sur le présent.
Ce sera le cas ici avec Mathieu. Il a soixante-dix sept ans et vit dans un petit village de France, Saint-Grappin. Tout commence au moment de la mort de sa voisine, Marie-Louise, presque centenaire. Il la connait depuis sa tendre enfance et est très attaché à elle, il vit donc des moments très douloureux avec ce décès. Il est marié à Sarah, a des enfants et petits-enfants. Il reçoit un appel d'un notaire à Paris où il se rend. Marie-Louise lui a légué son appartement qu'elle possédait à Paris. La surprise est de taille pour Mathieu, et le sera encore plus quand il découvrira ce logement complètement abandonné. Il n'a pas été occupé depuis 1943. Mathieu ne comprend pas pourquoi il a hérité de cet appartement, pourquoi il a été abandonné par sa voisine. Il va trouver un coffret qu'il arrivera à ouvrir et découvrira dedans des lettres reçues par Marie-Louise. Il va ainsi repartir dans le passé de cette femme qu'il pensait bien connaître. Et va remonter ainsi jusqu'aux moments les plus sombres de la seconde guerre mondiale. Il va aussi avoir des informations par le petit café-restaurant qui se trouve à proximité de l'appartement de Marie-Louise, il est tenu de père en fils, et le fils va lui aussi trouver des informations importantes pour Mathieu. Il est alors loin de s'imaginer que remonter dans le passé de la vieille dame va avoir un impact sur son présent et sur sa propre histoire.
Au fur et à mesure des chapitres, on en découvre plus sur la vie de Marie-Louise, et sur celle de Mathieu. Et ce grâce à l'alternance entre un chapitre au présent et un au passé. Ces derniers concernent soit des souvenirs de Mathieu de sa vie de jeune adulte, d'adolescent ou d'enfant, quand il a rencontré sa femme ou son ami d'enfance, David, soit des souvenirs de la vie de Marie-Louise, lorsqu'elle était encore à Paris, pendant la guerre. le passé se dévoile au fur et à mesure. En tant que lectrice, j'ai vécu ces révélations en même temps que le personnage principal, et j'ai eu bien souvent la même réaction de surprise que lui. J'ai eu quelques doutes lors de la révélation de certains faits, mais je ne m'imaginais tout de même pas tout. J'ai été très touchée par l'histoire de Marie-Louise, une femme courageuse qui ne faiblit pas devant les décisions qu'elle prend.
Je me suis très vite attachée à Mathieu ou à Marie-Louise. le choix narratif y a fait beaucoup également puisque les chapitres concernant le personnage principal sont racontés à la première personne du singulier. Ce « je » permet de se mettre encore plus à la place du protagoniste et de ressentir au plus près toutes les émotions qui le traversent. Je me suis donc sentie dans la peau de Mathieu tout le long de son histoire et j'ai vécu avec lui, au plus près, toutes les révélations qu'il va avoir. Les retours dans le passé se font à la troisième personne puisqu'il s'agit le plus souvent de Marie-Louise, mais cela ne m'a pas empêchée de ressentir les émotions qui la traversent. L'auteur arrive très bien à retranscrire tous ces sentiments, sans lourdeur et avec beaucoup de sensibilité. J'ai d'ailleurs fortement apprécié sa plume et son style d'écriture. Jamais il ne fait dans le voyeurisme avec ses personnages, il sait rester discret, ses mots sont bien choisis et transposent à la perfection les événements de l'histoire. J'ai également beaucoup apprécié la poésie de ses mots justement, qui fait que l'on vit cette histoire tout en douceur. Pourtant, ce qu'il va se passer n'est pas rose ni drôle, il faut bien se douter que les faits de la guerre sont loin d'être faciles, l'auteur arrive à nous faire ressentir beaucoup d'empathie envers ses héros. Il m'a amenée vers une fin à laquelle je ne m'attendais pas du tout, j'étais vraiment loin de m'imaginer ça, et pourtant, c'est quelque part une suite logique à tout.
Au travers de ses personnages, et surtout de Mathieu et Marie-Louise, Frédérick Maurès fait passer de beaux messages sur la vie, de belles valeurs sur les relations humaines, avec comme toile de fond l'amour sous toutes ces formes. Les relations mère-enfant sont mises à l'honneur d'une belle façon, une mère est capable de tout pour défendre et prendre soin de son enfant, c'est tellement beau et tellement émouvant. Voici un adjectif qui résume d'ailleurs très bien mon ressenti à la fin de cette lecture, j'ai été très émue par les vies de cette femme et de cet homme. J'ai été bouleversée de voir comment ils ont pu se reconstruire et comment une mère est capable de s'effacer afin de rendre son enfant encore plus heureux. Je ne veux rien vous dévoiler, ce serait vraiment trop dommage, mais cette lecture ne peut pas laisser indifférent. Je pense qu'il est très difficile de ne pas ressentir d'émotions vis-à-vis d'elle.
J'ai beaucoup aimé cette lecture, qui s'est faite rapidement, car une fois commencée, il m'a été difficile de la quitter. Les chapitres s'imbriquent les uns dans les autres, comme une sorte de puzzle avec une image finale qui se dévoile au fur et à mesure pour donner un tableau. Plus j'avançais, et plus j'avais envie de savoir. L'alternance des chapitres donnent du rythme et comme ils ne se suivent pas en date, (un pouvait être en 1943, l'autre en 1938), cela met une certaine addiction pour savoir ce qui allait se passer après et retrouver les personnages au moment où on les avait quittés. La signification du titre, l'agate rouge-sang, amène un brin de nostalgie supplémentaire qui ne peut que toucher.
Ce roman est une véritable belle découverte, c'est bien écrit, l'histoire est touchante et belle, le vocabulaire est bien employé, l'orthographe est très bonne, je n'ai vraiment rien à dire de négatif dessus. Je découvre aussi son auteur, Frédérick Maurès, et je suis très satisfaite, j'ai vu dans sa bibliographie qu'il avait écrit d'autres romans, je ne manquerai pas de le lire à nouveau. Et en tout cas, je vais suivre ses prochaines parutions.
Je ne peux que vous encourager de lire cette belle histoire, vous verrez qu'on en sort tout chamboulé. Il me conforte en tout cas dans l'idée qu'il y a de belles pépites chez les auto-édités et petits éditeurs et que ce serait dommage de passer à côté.
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Kazcook
  08 janvier 2020
En 2017, au coeur d'un petit village français absolument charmant, Mathieu, soixante-dix-sept ans, est profondément touché par le décès de sa maman de coeur, Marie-Louise qui était presque centenaire. C'est l'occasion pour lui de nous présenter son village et tous ses habitants puis... de revenir sur les moments importants de sa vie passée aux côtés de celle qui a tant compté pour lui... de souvenirs d'enfance colorés, teintés des joies insouciantes aux premières fois émouvantes et marquantes, on fait connaissance avec un homme bon, fort et malin qui suscite notre empathie au premier regard. L'auteur s'arme d'une plume absolument magnifique avec laquelle il manie le vocabulaire à merveille et nous offre un texte d'une beauté profonde, empli de finesse et d'images sublimes. Quand on maîtrise aussi bien la langue et qu'on parvient avec les mots à faire passer autant d'émotions on aurait tort de s'en priver, non ? J'ai alors navigué parmi les envolées lyriques, la prose poétique, des dialogues d'une justesse exquise et un récit captivant dont il est impossible de sortir sans une petite larme à l'oeil...
L'auteur choisit judicieusement d'alterner l'intrigue au présent, dans laquelle Mathieu se voit léguer un appartement mystérieux à Paris grâce auquel il va pouvoir faire la lumière sur les zones d'ombre du passé secret de la vieille dame, et des retours dans le passé successifs qui rythment le récit et nous livrent à chaque fois une belle leçon de vie tout en ressentis. Tous ces instantanés de leur existence sont une vraie merveille à découvrir, les descriptions sont toujours magnifiques et immersives. Chaque mot est choisi avec soin pour nous transporter. Il gère d'une main de maître les quelques changements de narrateur et le choix d'utiliser le présent et la première personne du singulier ne peut qu'ajouter une vraie proximité et renforcer l'immersion bouleversante dans les différentes époques. Je n'ai pas vu le temps passer entre les lignes et je me suis vraiment régalée du jeu de piste à remonter avec notre protagoniste. Je me suis laissé embarquer par les péripéties et cette forte tension dramatique.
C'est émouvant à souhait, poignant et d'une intelligence pure. Revenir sur ces moments troublés de la Seconde Guerre et y aborder alors le thème du nazisme, de la Résistance, des combats et des souffrances vécues m'a toute chamboulée...
On y découvre des mystères, des secrets, des sentiments enfouis et bien cachés... C'est incontestablement un superbe roman, bien écrit et plein de bons sentiments qu'on a envie de partager. C'est bourré d'amour, et qu'est-ce que ça fait du bien... Merci beaucoup à Frédérick de m'avoir permis de voyager avec lui et ses personnages si attachants, j'en ressors conquise et tout émue.
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MilleetunepagesLM
  15 janvier 2020
Le commentaire de Martine :
Je viens de terminer un récit passionnant et très intéressant qui nous relate une histoire super-captivante, qui se déroule dans un village au sud de la France, un village charmant et agréable à y vivre. Mathieu, qui a soixante-dix-sept ans, est très touché par le décès de sa mère de coeur, Marie-Louise, qui était à l'aube de devenir centenaire.
Mathieu hérite de la demeure de Marie-Louise sans savoir pourquoi son amie lui a légué son bien. Ce récit se passe aujourd'hui, mais nous allons voyager dans le passé. Dans le temps où le nazisme et la résistance, qui ne veulent pas faire de lien ensemble. C'est dans l'esprit de sauver, de survivre et de combattre que Marie-Louise a fait des choix pour protéger et sauver sa famille.
La plume de Frédérick Maurès est facile à lire, fluide, avec une belle finitude qui permet de bien saisir tous les enjeux de chaque situation ou événement. On sent que l'auteur maîtrise bien le sujet de la Seconde Guerre mondiale, il possède bien son intrigue tout au long de ce périple de chapitre en chapitre. Ses personnages sont très attachants que ce soit Marie-Louise, cette vieille femme, qui porte en elle toute l'histoire de sa famille avec ses mystères et secrets et Mathieu qui lui, ne semble rien saisir tout en cherchant à se trouver et à savoir qui il est exactement et pourquoi cette bienfaitrice lui a offert un leg si cher. C'est un bon roman qui regorge de rebondissements, de surprises, de mystères, et l'ambiance offre une place primordiale à la fratrie et les relations entre les sentiments et les actes.
Un roman que je recommande à tous les lecteurs qui aiment des récits de vie, des histoires de famille bien ficelées et surprenantes.
Lien : http://lesmilleetunlivreslm...
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VeroniqueHallier
  06 janvier 2020
Particulier mais aussi très riche, ce récit nous conte l'histoire de Mathieu, qui connaît Marie-Louise depuis sa plus tendre enfance, et la considère comme un véritable membre de sa famille. Une vieille dame fort sympathique et aux abords avenants qui, selon lui, s'occupait parfois mieux de lui que sa propre mère.
Nous allons, par un stratagème de l'auteur, suivre Mathieu et sa famille sur plusieurs générations. d'abord lui, enfant, sa mère, son fils puis, de façon discrète, ses petits enfants.
Nous suivons donc sa vie, ses souvenirs, ses intentions et ses aspirations de près.
L'intrigue est très intéressante. M'ennuyant un peu au début, j'ai tout de suite en revanche accroché à l'écriture. Fluide, presque poétique, elle est pleine de bon sens et les mots tombent juste. Des phrases courtes dont les intentions ne trompent pas. Les descriptions sont présentes sans être écrasantes… Tout y est 😉
PUIS, les pages s'avalent, car on entre dans le jeu et l'univers de Mathieu qui, au premier chapitre, assiste aux funérailles de Marie-Louise. Non non, on ne perd pas de temps, on passe directement à l'important, à cette vieille dame de 97 ans qui est décédée et qui a légué à Mathieu un appartement sur Paris.
Que faisait-elle sur Paris alors que, depuis tout petit, il la connaît et a grandi dans un village du sud ouest ? Pourquoi ne lui a-t-elle jamais, tout au long de ces dernières années, parlé de sa vie à la capitale ? C'est donc au travers de ce legs que Mathieu va découvrir l'histoire de Marie-Louise. Un passé laissé trouble, celui duquel il va devoir retracer pas à pas la fresque pour retrouver les origines de cette dame.
À travers sa quête, Mathieu nous invite au voyage dans le temps. Voyage pendant lequel on ne se perd, malgré tout, pas une seule seconde. L'auteur prend bien soin de nous dater les événements auxquels on assiste au long du récit.
On découvrira, tout comme Mathieu que tout est lié. Qu'il y a des événements auxquels on ne peut échapper, des situations dramatiques qui nous construisent et que certains, dans leur vie, ont des choix difficiles à faire. Que tout le monde ne se vante pas de son histoire, que la masse populaire juge facilement les personnes qui l'entourent, pas forcément dans le vrai…
En bref, ce livre, c'est une étude, une démonstration prouvant que connaître son prochain ne se résume pas à le croiser tous les matins. Que chaque être est complexe. Frédérick nous le montre à travers ses personnages qui sont bien étudiés, fouillés et nous donnant, à chaque page, plusieurs facettes des protagonistes.
Alors voilà, une intrigue bien ficelée, des personnages attachants, une plume très agréable et précise, que demander de mieux ?
Un livre qui laisse un goût agréable en bouche et vous accompagnera un après midi gris sans aucun problème. Une note d'espoir, d'amour, de respect en sort, et c'est pour notre plus grand bien 😉
Je remercie Frédérick Maurès de m'avoir permis de connaître son univers.
Bonnes lectures à tous !
Lien : https://jetdemot.wordpress.c..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
FeartheworldFeartheworld   11 janvier 2020
Ces ombres d’un passé plus ou moins lointain, morts d’entre les morts ou morts encore vivants dans le souvenir des vivants.
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FeartheworldFeartheworld   11 janvier 2020
A quoi bon troubler cet instant avec des mots?
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FeartheworldFeartheworld   11 janvier 2020
C’est fou comme la vie influence le goût.
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fmauresfmaures   18 décembre 2019
Je demeure en arrêt au pied de l’immeuble. Ce n’est pas parce que l’appartement de Marie-Louise en fait partie, mais je trouve cet immeuble haussmannien très beau. La pierre de taille gris clair récemment ravalée l’embellit tout en conservant le caractère historique unique de ce style. J’hésite à entrer, tiraillé entre le désir de découvrir ce lieu secret qui appartenait à celle qui comptait tant pour moi et la crainte de déranger un ordonnancement dans lequel je me sens malgré moi un peu étranger.

Mon atermoiement a dû paraître suspect : le gardien s’avance vers moi et ouvre la grande porte de fer forgé qui protège l’accès.

— Je peux vous aider, Monsieur ?

Le gardien est un petit bonhomme chauve au regard noir mêlé de bienveillance et de méfiance. On le sent en permanence sur ses gardes. Il me conduit au troisième étage par un étroit escalier en colimaçon, tout en bois brut. L’immeuble est bien entretenu, les murs sont propres, le sol impeccablement lessivé du jour.

— Voilà, vous y êtes ! L’appartement de Madame Thibodo… Inoccupé depuis la dernière guerre ! Vous avez les clés ?

Je n’en crois pas mes oreilles. Inoccupé depuis la dernière guerre.

— Comment pouvez-vous être certain que personne ne l’a habité depuis tout ce temps ?

Le gardien fronce les sourcils, visiblement piqué que l’on puisse remettre en doute sa mémoire d’historien de l’immeuble.

— Figurez-vous, cher Monsieur, que j’ai le privilège et l’honneur de veiller sur cet immeuble et sur ses occupants depuis bientôt quarante ans. Et mes parents avant moi. Et que ni eux ni moi n’avons jamais plus revu Marie-Louise Thibodo depuis fin quarante-trois !

Je le fixe, incrédule.

— Mais, les factures, le courrier…

Au ton suave faussement didactique qu’il emploie, le gardien du temple me prend sans doute pour un débile léger.

— Mais Monsieur, une fois par quinzaine je faisais tout suivre à Saint-Grappin, il n’y a rien de plus simple… Et les charges ont toujours été honorées depuis plus de soixante-dix ans ! Et vous, quel est votre lien de parenté avec l’ancienne propriétaire ?

La question m’avait déjà décontenancé chez le notaire. Je l’esquive.

— Je vous remercie, Monsieur… Monsieur ?

— Calvert, Jacques Calvert, pour vous servir.

— Merci encore Monsieur Calvert. Je vais découvrir les lieux tout seul.

Jacques Calvert est visiblement déçu. La contrariété point à travers le rictus qu’il me sert en guise de sourire forcé. Il aurait bien aimé m’accompagner dans mon exploration : curiosité légitime inhérente au métier. Mais je me dispenserai bien volontiers de ses observations et autres commentaires. Je m’assure qu’il est bien redescendu jusqu’au rez-de-chaussée. Je tourne alors lentement la clé dans le barillet. La porte en bois verni grince sur ses gonds. Je cherche l’interrupteur à tâtons. C’est un vieil interrupteur métallique rond pourvu d’un cliquet central. Le va-et-vient demeure sans effet. Madame Marie-Louise, en bonne gestionnaire, a fait couper l’électricité. Mon téléphone portable me servira donc de torche. Le plancher craque. L’air que l’on respire est saturé de poussière. L’atmosphère est sépulcrale. Des toiles d’araignées se déchirent dans mes cheveux, sur mes joues, mes bras… Le spectacle révélé par le faisceau lumineux de mon téléphone me laisse sans voix. Ici, le temps semble s’être immobilisé. Comme si tout était resté en l’état depuis 1943.

Je me fraye un chemin à travers les meubles anciens recouverts d’une épaisse couche de poussière noire et grasse pour atteindre la fenêtre du salon et apporter une lumière naturelle à ce décor d’autrefois. Le papier peint décoré de roses en boutons sur fond vanille est passablement défraîchi et se décolle à certaines extrémités. La déco est chargée, comme un genre de rococo mais tout de même historiquement plus récent… façon Belle Époque, disons. Je découvre un bric-à-brac digne d’une salle des ventes ou de l’antre d’un antiquaire : ici, une gigantesque autruche naturalisée est éventrée, un bonheur-du-jour à psyché en acajou présente de larges traces de griffures sur le côté, un paravent peint à la main troué de toutes parts prétend dissimuler quelque personnage mystérieux ou quelque secret enfoui dans la nuit des temps ; là, des gravures éparpillées à même le sol, des bustes d’écrivains du dix-neuvième siècle, pour la plupart ébréchés à l’exception de celui de Victor Hugo, deux vases de Chine miraculeusement intacts, des liasses de Life et de Match, des rideaux à falbalas arrachés de leurs supports, des bergères Louis XVI, des fleurs séchées, des tapis d’Orient roulés, un miroir à trois faces brisé, une lampe de bureau au globe rectangulaire vert pomme éclaté en son centre… Et puis, sur une vieille table basse en chêne rose d’Amérique où des serviettes de table brodées de dentelle sont dépliées créant du désordre supplémentaire dans ce capharnaüm général, il y a ces deux verres à moitié remplis de ce qui avait dû être un grand cru bordelais hors d’âge. Dans la chambre, en haut de l’armoire à glace, deux valises vides en carton renforcé ont été oubliées. Le grand lit à baldaquins est défait, le broc pour la toilette exhale une odeur nauséabonde d’eau putride. Une robe en laine froissée d’un joli beige velouté est négligemment jetée sur l’épais édredon de soie bordeaux. La tapisserie fleurie de bouquets jaunes et bleus tombe en lambeaux qui pendouillent tristement. Dans la minuscule salle d’eau attenante, une brosse à dents quasi fossilisée repose dans un verre à eau rendu opaque par les traces incrustées de pâte dentaire. Les poils de la brosse sont plus durs que de la pierre. Le calcaire a capturé la blancheur originelle de l’émail du petit lavabo.

Le souvenir du parfait ordonnancement de l’intérieur de la ferme de Madame Marie-Louise à Saint-Grappin me fait douter qu’elle ait pu, à un moment de sa vie, fût-ce dans sa prime jeunesse, vivre dans cet appartement. Certes, le temps qui s’arrête, parce que nous ne l’habitons plus, continue malgré tout, sans relâche, son minutieux travail de destruction. Les couches de poussière et de terre se superposent. Le processus peut prendre des années, des décennies ou des siècles, il est inexorable et transforme nos plus belles réalisations en vestiges épars ou en débris de vie que les archéologues du futur mettront des existences entières à tenter d’extraire et de reconstituer avec plus ou moins de bonheur. Mais dans le cas de cette demeure, l’œuvre du temps n’a pas pu, à elle seule, créer pareil tsunami.

Un léger étourdissement me contraint à m’asseoir sur le rebord du lit, à la recherche d’air frais dans cet environnement qui en a manqué cruellement pendant près de trois-quarts de siècle. C’est alors que je distingue des taches rouge brun incrustées dans le tapis du salon, richement enluminé d’or et de nuances de bleus. Le même type de taches se retrouve ça et là sur la tapisserie passée. De multiples impacts, sans doute créés par des balles, poinçonnent les murs, donnant à voir des cavités plus ou moins profondes en fonction de la résistance du plâtre.

Le temps s’écoule lentement.

Mon esprit se projette à l’époque, imaginant la vie d’alors en ces lieux. Je me représente Madame Marie-Louise dans son intérieur, sous l’Occupation. Je lui construis un quotidien où elle fait face tant bien que mal aux difficultés d’approvisionnement, au défi de la survie en période de pénurie, je lui invente des actes héroïques de résistance, des amitiés choisies parmi les plus fervents défenseurs des libertés, des réunions secrètes à la lumière de la bougie, des pistes brouillées, des exils momentanés forcés. Je lui attribue un rôle d’héroïne qui force mon admiration, comme cela a toujours été le cas depuis ma plus tendre enfance.

Mes yeux se posent par hasard sur un petit coffret laqué jaune et noir fermé par un cadenas rouillé.

Je sais déjà que je vais prolonger mon séjour à Paris.
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FeartheworldFeartheworld   11 janvier 2020
Ta maman qui t'aime.
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