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Marie-Claude Peugeot (Traducteur)
ISBN : 2264029501
Éditeur : 10-18 (20/12/1999)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 420 notes)
Résumé :
« Ce roman parle de New York, d'amour, de mariages mixtes, de terrassiers qui creusent des tunnels, de bâtisseurs de gratte-ciel qui dansent sur des poutrelles à des centaines de mètres au-dessus de la ville. C'est peut-être le premier vrai roman consacré aux sans-abri, à ceux qui vivent au-dessous et à l'écart de la cité prospère. On sent que Colum McCann a fréquenté ces lieux-là : dans une langue qui procure un plaisir presque physique, il évoque avec une rare pui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  12 février 2013
Là, chef d'oeuvre. La puissance du récit impressionne. Colum McCann emmène le lecteur dans les entrailles de New York, dans l'humidité, la crasse et la peur pour y suivre un personnage étrange qui vit comme un rat et, dans une deuxième ligne narrative plus ancienne, dans la rude vie d'un noir embauché pour percer des tunnels de métro sous cette même ville.
Tout cela pourrait décourager le claustrophobe caché en moi. Mais non! Car heureusement, on construit aussi des gratte-ciels là-bas. Et en compagnie d'un des deux protagonistes à 300m, sournoisement, le vertige me prend ...
Pour préparer ce roman, l'auteur s'est introduit auprès de SDF. Ce réalisme si bien rendu contraste avec quelques moments d'évasion et une sorte de grâce qui s'installe peu à peu.
Conquis par ce roman il y a quelques années; depuis, je n'ai pas retrouvé un édifice aussi bien construit chez cet auteur.
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joedi
  04 janvier 2016
Dans le premier chapitre, 2 pages, en 1991, je rencontre Treefrog au bord de l'Hudson gelé avant qu'il ne regagne son nid dans les profondeurs d'un tunnel du métro. Dans le chapitre deux, en 1916, je fais la connaissance de Walker et de ses compagnons qui tous creusent le tunnel sous l'East River qui reliera Brooklyn à Manhattan. Et les chapitres se suivent, en alternance je partage la vie de Treefrog, SDF, et celle de Walker et de sa famille. La vie des ouvriers qui creusent où, sous les tunnels, la couleur de la peau n'a pas d'importance, ils sont tous frères dans leur pénible travail mais, une fois remonté en surface, Walker doit subir les inégalités et les quolibets, Walker est noir, un nègre comme disent les blancs. Toute la vie de Walker m'est racontée : jeune ouvrier il creuse le tunnel, il se marie, a des enfants, devient grand-père, meurt. Entretemps, je suis aussi la vie de Treefrog, sa vie de SDF dans le tunnel sous le métro ... Au deux tiers du roman, je découvre pourquoi Colum McCann me raconte ces deux vies en parallèle, enfin je comprends ! Je tiens à préciser que cette ignorance n'a en rien affecté ma lecture, tout simplement je découvre qu'il n'y a pas de hasard.
Colum McCann rejoint ma liste des grands écrivains, il a écrit ce roman sur des événements historiques et s'est sacrément documenté sur les vies des ouvriers et des SDF. À lire !
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gouelan
  17 mars 2015
Un roman qui nous fait plonger dans les tunnels du métro New- Yorkais.
Deux histoires en parallèle, l'une plus ancienne que l'autre.
Leur lien est ce tunnel.
On suit la vie d'un ouvrier noir; Walker. Vie de labeur, où les bonheurs et les malheurs se succèdent, comme les méandres d'un tunnel. Une vie pleine d'émotions, de souvenirs, de simplicité. Un grand gaillard robuste qui aime la vie et qui chante le blues : "Seigneur, j'suis tellement au fond du trou, quand je lève les yeux, je vois que le fond."
Puis c'est l'histoire d'un personnage nommé Treefrog qui s'entrecroise avec celle de Walker. Son lieu de vie est le tunnel, les ténèbres où se rencontrent des hommes et des femmes qui vivent comme des rats parmi les déchets. le tunnel est leur abri, ils vivent en retrait, sous le monde, comme s'ils étaient déjà morts, remontant rarement à la surface.
Quand Treefrog était heureux , il chantait aussi une chanson :
" Seigneur, maintenant que j'suis en haut du ciel, quand je baisse les yeux, il me semble que j'vois que du ciel."
Deux mondes ouvriers se rencontrent , celui des terrassiers, grattant sous terre, et celui des bâtisseurs de gratte-ciel, grattant le ciel.
Un roman sombre qui nous parle de racisme, qui nous dit qu'il ne suffit pas toujours d'aimer pour être heureux, que la vie avec ses bonheurs furtifs a aussi quelques fois des rouages qui coincent, que l'on peut vite se retrouver au fond du tunnel.
L'écriture simple et réaliste nous permet de nous immerger facilement dans la vie des deux personnages et de s'y attacher.
Une note d'espoir à la fin? le bout du tunnel?
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zabeth55
  13 décembre 2012
J'avais déjà apprécié « Danseur », du même auteur. J'ai été complètement séduite par « Les saisons de la nuit ».
New York, deux histoires en parallèle.
En 1916, des terrassiers creusent un tunnel sous le fleuve, pour les chemins de fer. On suit quatre d'entre eux, et en particulier Nathan Walker, un jeune noir.
Les conditions sont très dures
En 1991, sous le même tunnel, une communauté de sans-abris vit là. En particulier Treefrog.
Les conditions sont très dures.
On retrouve Nathan Walker, tout au long de sa vie.
Les histoires parallèles, petit à petit, se mêlent dans de mêmes chapitres, puis se rejoignent.
Quelle belle écriture, quelle maîtrise, c'est magistralement construit et ces hommes sont si attachants !
C'est un véritable roman, d'un véritable conteur. de la grande et belle littérature.
Une magnifique histoire qui s'installe dans la tête et dans le coeur.
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bouquine
  17 mars 2013

Voici un roman très fort et très sombre.

Début et fin de siècle, deux personnages se succèdent, deux récits s'alternent, s'entrecroisent tout au long du livre avant de se rejoindre. On comprend très vite qu'un lien unit les deux personnages principaux pourtant distants de plusieurs décennies.
Ces deux histoires se présentent un peu comme un graphique, comme l'abscisse et l'ordonnée de la grande ville ; le premier personnage perce les tunnels du futur métro New-yorkais, le second construit les gratte-ciel, en équilibre sur des poutrelles, dans le ciel de la même ville. Ces deux vies, jalonnées de petits plaisirs, sont vite écrasées par de grands malheurs.
Même si la lecture des premières pages a été, pour moi, déconcertante, je n'ai pas regretté d'avoir persisté. J'ai eu du mal avec la topographie des lieux décrits, à visualiser l'accès à la tanière du personnage nommé Treefrog, un sdf, solitaire et bourré de TOC, vivant dans les tréfonds du métro. Comment a-t-il échoué là ? Que lui est-il arrivé ? Quel faux pas l'a entraîné dans une dégringolade vers cet enfer ?
On ne l'apprendra que dans la dernière partie du roman.
Je réalise que cette critique est bien confuse. A trop vouloir susciter l'envie de lire ce très bon roman sans en dévoiler l'intrigue, j'espère ne pas provoquer l'effet inverse !
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres   22 octobre 2014
1991

Le soir qui précéda la première chute de neige, il vit un grand oiseau gelé dans les eaux de l'Hudson. Il savait bien que ce devait être une oie sauvage ou un héron, mais il décida que c'était une grue. Le cou était replié sous l'aile et la tête plongeait dans le fleuve. Il scruta la surface de l'eau, et se représenta la forme antique et décorative du bec. L'oiseau avait les pattes écartées et une aile déployée comme s'il avait essayé de prendre son vol à travers la glace.
Treefrog trouva des briques au bord du chemin qui longeait le fleuve ; il les brandit bien haut et les lança autour de l'oiseau. La première rebondit, puis glissa sur la glace, mais la deuxième en rompit la surface et la grue s'anima un instant. Les ailes tressaillirent à peine. Le cou décrivit avec raideur un arc de cercle majestueux, et la tête, grise et boursouflée, émergea de l'eau. Treefrog fit pleuvoir les briques sur la glace avec une détermination féroce jusqu'à ce que l'oiseau soit entraîné plus loin, à un endroit où le fleuve coulait.
Relevant ses lunettes de soleil sur son front, il le regarda s'éloigner au fil de l'eau. Il savait bien que l'oiseau allait sombrer dans les profondeurs de l'Hudson ou rester de nouveau bloqué dans les glaces, mais il tourna le dos et s'en fut à travers le parc désert. Il donna des coups de pied dans des détritus, toucha l'écorce glacée d’un pommier sauvage, arriva à l'entrée du tunnel et ôta ses deux pardessus. Puis il se glissa par une brèche dans la grille de fer et se faufila à l'intérieur.
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bouquinebouquine   16 mars 2013
"On avait un canoë, tu sais. Et dans le marais, il y avait de grands cyprès comme t'en verras jamais à New-York. Ils bouchaient presque toute la lumière. J'allais chercher de la mousse espagnole...

Le soir, en rentrant, je traînais toute la mousse dans des sacs. Et ta grand-mère, elle la faisait sécher au soleil pendant des semaines, elle l'accrochait en haut de la véranda. Après ça, elle prenait de vieilles chemises, elle taillait des taies d'oreillers dedans et elle les bourrait avec la mousse.

La nuit, quand je dormais pas, je mettais le nez contre l'oreiller et je respirais le marais, et l'odeur me suivait dans mes rêves, Seigneur Dieu.
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AproposdelivresAproposdelivres   22 octobre 2014
Le tunnel était haut et large, sombre et familier. Il n'y avait pas un bruit. Treefrog longea la voie de chemin de fer jusqu'à un gros pilier de béton. Il le tâta des deux mains et attendit un instant que ses yeux s’habituent à l'obscurité ; puis il s'accrocha à une prise et se hissa avec une force spectaculaire. Il avança sur la poutrelle dans un équilibre parfait, atteignit une autre passerelle et se propulsa plus haut encore une fois.
Dans l'obscurité de son nid, tout en haut du tunnel, il alluma une petite flambée avec des brindilles et du papier journal. La soirée était avancée. Un train gronda au loin.
Quelques crottes de rat s'étaient amassées sur la table de chevet, et il les fit tomber avant d'ouvrir le tiroir. Des profondeurs du tiroir, il sortit un petit sac à bijoux violet et en dénoua le cordon jaune. Il réchauffa un instant l'harmonica au-dessus de la flamme dans son poing ganté. Il le porta à sa bouche, vérifia qu'il avait tiédi, et aspira une bouffée d'air du tunnel. Le Hohner glissa le long de ses lèvres. Sa langue pointa furtivement contre les tuyaux, et les tendons de son cou resplendirent. Il sentait la musique l’habiter, s'imposer à travers lui. Une vision de sa fille surgit soudain - elle était là, elle écoutait, elle faisait partie de sa musique, assise les genoux repliés sur la poitrine, se balançant d'avant en arrière en une extase enfantine - et il repensa à la grue gelée dans le fleuve.
Assis là, dans son nid, dans l'obscurité pleine de miasmes, Treefrog se mit à jouer, recomposant l'atmosphère, rendant aux tunnels leur musique originelle.
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Corboland78Corboland78   29 avril 2013
Parfois, des couples s’injurient en se penchant aux fenêtres. Tout un paysage d’amour et de haine. Une brutalité sensible dans l’atmosphère. De la tendresse aussi, pourtant. Il y a là quelque chose de si vivant que le cœur de la ville semble près d’éclater de toute la douleur qui y est accumulée. Comme s’il allait soudain exploser sous le poids de la vie. Comme si la ville elle-même avait engendré toutes les complexités du cœur humain. Des veines et des artères – semblables aux tunnels de son grand-père – bouillonnantes de sang. Des millions d’hommes et de femmes irriguant de ce sang les rues de la cité.
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AgatheDAgatheD   27 décembre 2016
Tu sais quoi ? J'ai toujours eu envie de voir la mer. Quand on était dans l'Iowa, on avait une voiture, une Plymouth Volare, un tas de merde tout cabossé, tu vois, et avec mes sœurs on était assises à l'arrière ,et on disait: Ma mère voit la mer et la mer voit ma mère. Et mon père nous disait" On va à la mer". Mais on tombait toujours en panne d'essence, alors il donnait des coups de pied dans ce tas de merde cabossé et il nous disait d'attendre une minute. Il s'en allait chercher de l'essence - il avait un bidon vide dans le coffre -, mais il s'arrêtait dans un bar et c'est comme ça que ça se terminait.
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