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Jean-Pierre Carasso (Traducteur)
EAN : 9782070421619
212 pages
Éditeur : Gallimard (17/06/2003)
2.9/5   46 notes
Résumé :
Fâcheries, querelles, ennui... Mary et Colin se connaissent trop. Leur amour n'en finit pas de mourir dans cette ville de canaux bordés de palais et d'églises. Tout bascule le jour où ils rencontrent Robert et son épouse, la mystérieuse Caroline. Sous l'influence de ce couple étrange, Colin et Mary se retrouvent dans un brusque regain de sensualité. Mais s'ils se serrent l'un contre l'autre, c'est que le jeu leur échappe et que commence une descente aux enfers rigou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  22 janvier 2018
De longues promenades où ils s'égarent dans une cité lacustre chargée d'histoire (Venise ?) en soirées paresseuses Mary et Colin, en villégiature, s'ennuient un peu. Bien que jeunes encore, ils découvrent l'alourdissement de leur corps désormais adultes, et s'interrogent sur leur relation. Mais un homme rencontré par hasard fait basculer leur routine amoureuse, donnant une renaissance inattendue à leur passion — prélude à une descente aux enfers insoupçonnée.
Dans un monde flottant où quelque chose échappe à la compréhension, nonobstant une description des lieux des faits et gestes précise, comme les héros aux contours mouvants on avance égaré, perdu. Jouant avec nos nerfs, énigmatique et inquiétant, Ian McEwan ménage ses effets jusqu'au final proche d'une effarante symphonie macabre.
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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aaahhh
  05 août 2012
Ouh la la... Troublante rencontre que celle de ce roman et de M. McEwan, que je ne connaissais pas avant! Ce fut déroutant, c'est le moins qu'on puisse dire, car sur fond de langueur estivale et de monotonie douce, l'auteur nous mène sans qu'on le voie venir vers les eaux plus troubles de la sensualité et de la passion. de l'amitié au désir et de l'amour à la folie, il n'y a qu'un pas, et McEwan semble décidé à nous le faire franchir. Avec un style efficace et un suspense grandissant, "Un bonheur de rencontre" est un livre qu'on ne lâche pas avant d'en avoir découvert les dernières pages! Attention cependant, car il risque de ne pas vous lâcher non plus... Ce fut mon cas et la puissance et la perversité du roman m'ont laissé un gout bizarre pendant plusieurs semaines après ma lecture, et aujourd'hui encore, quand j'y repense, je tremble un peu...
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le-mange-livres
  21 décembre 2011
Colin et Mary sont en vacances à Venise et s'y ennuient gentiment. Ils traînent dans les rues le matin en se perdant entre deux attractions touristiques, traînent l'après-midi dans leur chambre, avant de se pomponner pour l'apéritif et le dîner.
Un soir qu'ils ont quitté l'hôtel trop tard pour trouver encore un restaurant ouvert, ils s'égarent et sont abordés par un inconnu providentiel, Robert, qui les entraîne dans un bar. Bientôt il leur présente son épouse Caroline, fille d'un ambassadeur canadien, souffrante et fragile, isolée dans son palais vénitien. le lendemain et les jours suivants, tout excités d'avoir rencontré un Vénitien, Colin et Mary connaissent un retour de flamme. Ils ne tardent pas à retrouver l'étrange couple dont ils ont récemment fait la connaissance.
"Nous savions que vous reviendriez. Nous vous attendions, nous faisions des préparatifs".
Difficile d'en dire plus, au risque de déflorer ce qui fait précisément l'intérêt du bouquin. Difficile aussi de la chroniquer dans ces conditions. Autant j'avais adoré Expiation, autant je m'étais ennuyée avec Samedi, autant je reste perplexe devant Un bonheur de rencontre. On est là face à un roman curieux, inclassable, face auquel on ne sait pas bien sur quel pied danser. Puis-je dire que j'ai aimé ? Difficile à déterminer.
Malgré une première moitié un peu lente à mon goût, on est obligé de reconnaître le talent de McEwan pour la subtilité de ses descriptions, et la manière habile dont il distille les jalons essentiels de sa trame narrative ; on est bien sûr décontenancé par la tournure que prend le roman dans son dernier tiers, au travers d'une accélération savamment menée et assez brutale. le cadre vénitien est maîtrisé, et apparaît finalement indispensable à l'histoire telle qu'elle nous est comptée, avec une mise en écho troublante.
"C'était l'absence complète de circulation automobile dans la ville qui conférait aux visiteurs la liberté de se perdre si facilement. Ils traversaient les rues sans regarder et, sur un coup de tête, s'engageaient dans des ruelles qui les avaient attirés parce qu'elles s'incurvaient pour se perdre dans une obscurité prometteuse ou dégageaient une appétissante odeur de poisson grillé. Il n'y avait pas de panneaux indicateurs. Sans but précis, les visiteurs choisissaient un itinéraire comme ils auraient choisi une couleur, et la précision même de la manière dont ils se perdaient exprimait la somme de leurs choix successifs et dépendait de leur volonté" (C'est si vrai !)
Un roman sensuel, à la croisée de la psychologie d'un Monsieur Ripley et du mystère de Place de Sienne, côté ombre. Donc, avis mitigé. McEwan à ré-ré-réessayer.
"Ce qu'il y a avec les vacances, quand elles sont réussies, c'est qu'elles donnent envie de rentrer chez soi".
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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NathalieUC
  28 janvier 2018
Qu'est-ce que je suis venue faire dans cette galère ? C'est la question que je me suis posée depuis le début de ma lecture. Quel ennui !
Mary et Colin sont en vacances à Venise, la ville n'étant jamais citée. Ils ne se parlent que pour s'agacer et s'ennuient. Pas autant que moi à la lecture de leur histoire, je les rassure… Ils se connaissent depuis 7 ans sans vivre ensemble et il n'y a plus de passion entre eux. Ils restent beaucoup dans leur chambre d'hôtel et quand ils sortent, ils se perdent très souvent. Un soir tard, en cherchant désespérément un restaurant encore ouvert, ils rencontrent Robert qui les emmène dans un bar manger quelque chose. Au retour, ils se perdent encore et dorment dans la rue. Attablés à une terrasse avant de retourner à leur hôtel, ils ont encore la chance (quel heureux hasard !) de croiser Robert qui les emmène dormir chez lui. A leur réveil, ils font la connaissance de Caroline sa femme. S'ensuivent des événements très étranges.
J'ai attendu que l'histoire décolle ... presque jusqu'à la fin. Je me suis dit qu'à un moment donné, il allait bien se passer quelque chose. Les descriptions très longues des endroits qu'ils parcourent à travers la ville ou des monuments donnent l'impression de meubler pour nous faire oublier qu'il ne se passe rien. Dans d'autres circonstances, j'aurais pu trouver ces descriptions bien écrites, mais là, rien ne peut me faire oublier qu'il ne se passe rien. Et quand enfin, il se passe quelque chose, je ne comprends pas. Pourquoi l'auteur est-il allé chercher cette fin tragique ?
Pourquoi Mary et Colin ont-ils continué de voir Robert et Caroline ? Qui ne trouverait pas bizarre qu'une femme qu'on ne connaît pas, vienne chercher nos vêtements dans la chambre pendant qu'on dort pour les laver et les repasser ? Et qu'en plus, elle en profite pour nous regarder dormir nus et qu'elle nous l'avoue à notre réveil. Et Robert qui frappe Colin alors qu'il les a invités à diner ?
Ils ont sans doute voulu comprendre le comportement du couple Robert-Caroline, mais ils avaient déjà compris ce qu'ils cherchaient, non ? Alors pourquoi sont-ils retournés chez eux puisqu'une relation particulière ne les intéressait visiblement pas ? Pourquoi ne pas visiter Venise à la place ?
Bravo à Ian McEwan pour une chose : l'ennui est très bien rendu. Malheureusement, il est contagieux. Heureusement, le livre est court. Sinon, je crois que j'aurais abandonné.
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pasiondelalectura
  05 mai 2021
Un bonheur de rencontre (The Comfort of Strangers, 1981) est un livre adapté pour le cinéma en 1990 par Paul Schrader; le titre en français du film est Étrange séduction et le scénario est écrit par Harold Pinter. En terminant cette lecture j'étais si horrifiée que je n'avais aucune envie de voir le film; mais en lisant des critiques, plusieurs fois, j'ai lu que le film était meilleur que le livre, ce qui est rare, raison pour laquelle je crois que je me dois de le voir, ne serait-ce que pour Helen Mirren dans le rôle de Caroline.
C'est un livre qui baigne dans l'ambigu le plus total et qui termine dans l'horreur la plus complète. Il rentre tout à fait dans le cadre inquiétant de la teneur des livres de McEwan. J'avais repéré ce livre il y a pas mal de temps, suite à une critique extrêmement favorable , ce qui m'avait induit a le noter sur ma PAL.
Mais ce livre est une oeuvre violente et cruelle qui met en miroir deux couples. le premier couple est formé par Colin et Mary, ensemble depuis 7 ans et dont la passion s'étiole. Ils sont en vacances dans une ville cernée par des canaux où il est d'usage de se perdre; et ils vont se perdre comme se perd leur amour (Venise n'est jamais nommée mais clairement reconnaissable). Un soir, à la recherche d'un restaurant ils vont tomber sur un étrange personnage, Robert, qui les guide vers un troquet où ils pourront se restaurer. Robert en est le propriétaire, et au cours de cette soirée il va leur raconter par le détail sa vie, une vie marquée par l'image forte du père. Puis, Robert insistera pour les emmener chez lui, afin qu'ils rencontrent son épouse, Caroline. Voici le deuxième couple : Robert et Caroline.
Colin et Mary vont céder et arriver dans un vaste et assez luxueux appartement où non seulement ils feront la connaissance d'une étrange Caroline, mais ils vont y rester pour la nuit. Caroline se déplace si mal qu'elle ne peut plus sortir de l'appartement qui comporte des escaliers.
Caroline va raconter son étrange vie et la raison de son handicap à Mary. On sent une atmosphère oppressante et les rapports d'influences, voire de fascination et de manipulation entre les couples. Colin et Mary vont avoir du mal à partir, la situation est réellement venimeuse.
A la suite de cette expérience, ce couple à l'agonie va retrouver de l'ardeur et ils vont s'aimer avec excès plusieurs jours. Lors d'une excursion sur la plage du Lido, sur le retour, ils voudront rendre visite à Caroline et Robert afin de les remercier pour leur accueil. Et ce sera le dénouement de cette aberrante histoire, racontée de main de maitre et qui devrait ravir les amateurs d'histoires scabreuses, malsaines, perverses.
La première partie du roman est assez léthargique, mais c'est pour nous préparer à un réveil en fanfare. Franchement, je trouve que le titre en français est, pour le moins, férocement ironique. L'écriture d'Ian McEwan est brillante et subtile.
Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   23 janvier 2018
... ils se connaissaient l’un l’autre aussi bien qu’eux-mêmes, et cette intimité, comme un trop grand nombre de valises, les embarrassaient perpétuellement ; ensemble leurs déplacements étaient lents, maladroits, parsemés de compromis lugubres, attentifs au moindre changement d’humeur, au colmatage des brèches. Individuellement, ils n’étaient pas susceptibles ; mais ensemble, ils s’arrangeaient pour s’agacer de mille manières inattendues ; puis le coupable — cela s’était déjà produit deux fois depuis leur arrivée — en venait à s’irriter de l’écœurante hypersensibilité de l’autre et ils poursuivaient l'exploration des ruelles tortueuses coupées de places soudaines en silence, et à chacun de leur pas la ville se dérobait tandis qu’ils s’enfermaient de plus en plus dans la présence l’un de l’autre.
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palamedepalamede   21 janvier 2018
À plusieurs reprises, ils abordèrent le sujet du vieillissement ... de l’alourdissement de leur corps qui avait cessé d’être une machine autorégulatrice qu’on pouvait ignorer pour devenir au contraire un objet de surveillance et de soins constants qu’il fallait faire fonctionner consciemment et consciencieusement.
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palamedepalamede   19 janvier 2018
Tout voyage est une agression. Il vous contraint à faire confiance à des inconnus et à perdre de vue le confort familier du foyer et des amis. On est en perpétuel déséquilibre. On ne possède rien en dehors de l’essentiel — l’air, le sommeil, les rêves, la mer, le ciel —, toutes choses qui tendent à l’éternité ou du moins à ce que nous en imaginons.

Cesare Pavese
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palamedepalamede   19 janvier 2018
... c’était en prenant le contrepied de l’opinion exprimée par l’autre que l’on avait le plus de chances de faire le tour d’un sujet donné, même si cela ne faisait pas tout à fait justice à sa propre opinion ; la contradiction elle-même avait plus d’importance que le fait de présenter une opinion réfléchie.
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le-mange-livresle-mange-livres   21 décembre 2011
C'était l'absence complète de circulation automobile dans la ville qui conférait aux visiteurs la liberté de se perdre si facilement. Ils traversaient les rues sans regarder et, sur un coup de tête, s'engageaient dans des ruelles qui les avaient attirés parce qu'elles s'incurvaient pour se perdre dans une obscurité prometteuse ou dégageaient une appétissante odeur de poisson grillé. Il n'y avait pas de panneaux indicateurs. Sans but précis, les visiteurs choisissaient un itinéraire comme ils auraient choisi une couleur, et la précision même de la manière dont ils se perdaient exprimait la somme de leurs choix successifs et dépendait de leur volonté.
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Vidéo de Ian McEwan
Ian Mc Ewan commence à publier des nouvelles à la fin des années 1970, avant de s'aventurer avec le Jardin de ciment (1978) dans le territoire du roman. Il s'attache depuis à arpenter le genre romanesque dans ses moindres recoins, change d'univers et de registre à chaque nouvelle publication, et passe avec virtuosité de la fresque historique (Expiation, 2001) au roman d'espionnage (Opération Sweet Tooth, 2012), du drame familial (L'Enfant volé, 1987) à la comédie satirique (Solaire, 2010). Au fil des métamorphoses de son oeuvre, l'inscription de la fiction dans le réel demeure un point d'ancrage : la guerre en Irak, le réchauffement climatique, le Brexit ou encore l'évolution des nouvelles technologies – thème de son dernier livre, Une machine comme moi – font irruption dans la trajectoire de ses personnages pour bousculer ou faire basculer leurs vies.
Héritier du grand roman du XIXe siècle, De Balzac à Jane Austen, McEwan a pour ambition de réconcilier cet héritage avec les leçons du modernisme et du post-modernisme. Pour cela, il s'appuie à la fois sur la force et le charisme de ses personnages, sur des structures narratives complexes et sur une écriture visuelle qui explique sans doute le grand nombre d'adaptations cinématographiques que ses romans ont connu.
Animés par des producteurs et productrices de France Culture, les entretiens du cycle « En lisant, en écrivant » sont réalisés en public à la BnF, puis diffusés dans la grille d'été de France Culture et disponibles en podcast. Genèse des oeuvres, sources d'inspiration, aléas de la vie quotidienne d'un auteur ou d'une auteure, édition et réception des textes – autant de sujets que ces rencontres permettent d'aborder, au plus près de la création littéraire.
En savoir plus : https://www.bnf.fr/fr/masterclasses-litteraires
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