AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782020631198
208 pages
Seuil (07/05/2004)
  Existe en édition audio
3.77/5   140 notes
Résumé :
Voici une longue nouvelle comme aurait pu en rêver Hemingway, où les circonstances comptent moins que le désarroi moral, les tâtonnements, les dialogues de ces quatre soldats en perdition issus de l'Armée Rouge, qui sortent d'une forêt où ils viennent de passer un hiver terrible. Il y a la beauté des scènes muettes : razzias dans les villages, baignades dans un étang, bataille. Il y a ce gamin, enrôlé volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes car il est... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 140 notes
5
5 avis
4
11 avis
3
5 avis
2
3 avis
1
0 avis

tynn
  17 avril 2014
Dans cette année de commémoration de la Grande Guerre, j'ai exhumé des oubliettes de ma PAL, ce petit livre de Hubert Mingarelli (Prix Medicis 2003) qui prend pour cadre le conflit soviéto-polonais de 1919/1921, concernant les nouvelles frontières définies par le Traité de Versailles.
Avec une précision d'horloger, doublée d'une grande économie de mots et de faits, l'auteur nous offre un véritable carnet de soldat, le journal de bord d'une bande de trouffions dépenaillés, entre corvées de réquisition alimentaire, combat contre le froid, contre la crasse, contre le manque de cigarettes et de thé et la hantise des opérations militaires.
Des hommes simples de l'Armée Rouge, aux phrases laconiques, qui se chahutent, se bousculent, s'entraident, jouent aux dés, profitent de la tranquillité d'un lac dans les périodes de repos, bizutent un jeune bleu qui les fascine par son savoir.
C'est une chronique monotone mais magnifique sur la solidarité et la fraternité. Un style très particulier que l'on retrouve dans Un repas en hiver paru en 2012, une plume personnelle qui dit tout avec une belle simplicité stylistique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
carre
  04 juin 2012
1919. La vie au quotidien de quatre soldats de l'armée russe. D'ailleurs, lls pourraient appartenir à n'importe quel bataillon, l'intérêt du livre n'est pas là. Mingarelli se fait l'observateur d'hommes qui sont là par obligations, ils sont avares de paroles, de sentiments, ils passent leur temps à passer le temps. On sent la peur tapie dans un coin de leur crâne, mais que faire d'autre. Et puis, arrive un jeune soldat qui apporte un plus au groupe, le jeune Evdokim sait lire et écrit des notes dans un carnet. Il va devenir le passeur de mots de ces camarades.
Il ne se passe quasiment rien dans le roman de Mingarelli, et c'est là toute sa force aussi paradoxalement que cela puisse paraitre. Car cette immersion dans un groupe d'hommes oubliés par l'histoire est la représentation de millions de soldats que la mort fauche dans des combats absurdes et qui disparaissent à jamais comme si leur destinée était de servir de chair à canon. Mingarelli dans une grande économie de mots, montre ce quotidien ou la menace est sous-jacente prête à exploser à tout moment. L'écriture est nette, précise, épurée, les non-dits en disent aussi long que le langage rustre de ces hommes plongés dans l'absurde. L'amitié est là, Pas besoin de longs discours pour la voir, la sentir. Mingarelli réussit son roman car il ne s'écarte jamais de la ligne qu'il s'est défini. Rendre hommage aux anonymes, aux sans-grades avec ce qu'il faut de retenue et de respect. Prix Médicis mérité à mon avis ( ce qui n'est pas toujours le cas des prix).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
blandine5674
  04 février 2021
Que j'aime la prose des premiers livres de Hubert Mingarelli qui nous a quitté, il y a un an ! Quatre soldats, comme son titre l'indique, plus un enfant, tentent de survivre à l'ennui, à la faim et à l'isolement de soi en 1919, en Russie. Des choses insignifiantes comme un étang, des cigarettes, des dés, de l'attention et qui, dans ce contexte, sera une nécessité vitale.
Commenter  J’apprécie          370
pdemweb1
  12 novembre 2014
Hubert Mingarelli a décrit l'art d'être soldat :
Le soldat attend, s'il peut le mieux possible , il vaut mieux qu'il soit sociable pour pouvoir vivre en collectivité, avec des compagnons qu'il n'a pas choisi.
Le soldat ne sait pas pour quelle Grande Histoire il s'est enrôlé.
Le soldat ne connait pas la stratégie du quartier général.
Enfin le soldat passe de l'état d'attente à celle de mort.ou de nouveau d'attente...
Il n'y a pas dans le livre de haine explicite de l'armée , ni de la guerre, Hubert Mingarelli laisse le choix au lecteur ce qui permet d'ouvrir un débat.
Commenter  J’apprécie          352
blanchenoir
  19 février 2015
Une écriture lapidaire pour décrire, de quatre soldats, la vie ordinaire...
L'ordinaire, qui sans arrêt se rapproche d'un futur toujours plus incertain, de la guerre et de la possibilité de la mort. La mort attend. Silencieuse.
Bénia, le narrateur, nous conduit au coeur d'une existence morne et angoissée. En proie à l'amitié.
Kyabine, Pavel, Sifra, puis le gosse Evdokin, apportent à Bénia amusement, chaleur, réconfort et beaucoup de questionnements... Entre eux ? L'amitié, la rigolade et aussi, un collier contenant la photo d'une femme avec lequel ils dorment, chacun leur tour et dans le même ordre, apaisés.
Le gosse Evdokin qui, étant le seul à savoir écrire, consignera dans son carnet des moments que les quatre soldats veulent immortaliser... Ne pas oublier et transmettre.
Une économie de mots pour être au plus près d'un temps qui ne passe pas. Un lieu où il ne se passe rien. Rien d'autre en tout cas qu'une attente, palpable et en filigrane vers la mort...
Commenter  J’apprécie          292

Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   04 juin 2012
Brusquement, Pavel s'est redressé et il a demandé :
- Qui a la montre ?
Alors je me suis souvenu que c'était moi. Je l'ai passée à Pavel parce que c'était à son tour de dormir avec. Pas pour la montre dont le mécanisme était cassé, mais pour la photographie d'une femme qui était à l'intérieur. C'était agréable de dormir avec cette photographie. Nous nous imaginions que cela nous portait chance. Nous ne savions pas pourquoi. Je crois même que nous n'y croyions pas, dans le fond, qu'elle nous portait chance. Mais nous aimions à le penser.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
pdemweb1pdemweb1   06 novembre 2014
Cette fois ça a été un peu plus vie, on n'a pas fait d'histoire. Tous les quatre on a été d'accord pour infuser dans peu d'eau. Ainsi il était bien fort, comme nous le préférions. Nous l'avons gardé dans la bouche jusqu'au moment où il est devenu tiède. Alors seulement nous l'avons avalé on aurait tous bien aimé revenir une minute en arrière.
A peine bu , c'était un thé plein de nostalgie.
Mais c'est quand même mieux que pas de thé du tout.
page 60
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
carrecarre   19 septembre 2012
Je tente aujourd'hui de me faire comprendre et j'ai tant de mal, alors je baisse la tête parce que je suis fatigué et qu'il n'y a nulle part ou se cacher.
Commenter  J’apprécie          242
michelekastnermichelekastner   16 novembre 2012
Mais nous avions un problème. Il se posait chaque fois que nous réussissions à avoir du thé. Avec ce que nous avit donné le cuisinier, il y avait comme d'habitude de quoi faire la moitié d'une vraie tasse de thé. Nous étions quatre.
Alors, si nous mettions beaucoup d'eau, le thé n'avait pas pas beaucoup de goût. Si nous en mettions peu, il avit un vrai goût de thé, seulement nous ne pouvions en boire qu'une ou deux gorgées chacun. Nous discutions parfois très longtemps avant d'infuser(...).
A peine bu, c'était déjà un thé plein de nostalgie. Mais c'était quand même mieux que pas de thé du tout.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
blanchenoirblanchenoir   27 janvier 2015
Je me suis redressé et lui ai donné de quoi se faire une cigarette. Il n'en revenait pas. Il regardait le tabac avec extase. Je me suis rallongé et j'ai fermé les yeux.
Commenter  J’apprécie          80

Videos de Hubert Mingarelli (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Mingarelli
[Rentrée littéraire 2022]
Dans une grande ville d'un pays en guerre, un spécialiste de l'interrogatoire accomplit chaque jour son implacable office. La nuit, le colonel ne dort pas. Une armée de fantômes, ses victimes, a pris possession de ses songes. Dehors, il pleut sans cesse. La Ville et les hommes se confondent dans un paysage brouillé, un peu comme un rêve – ou un cauchemar. Des ombres se tutoient, trois hommes en perdition se répondent. le colonel, tortionnaire torturé. L'ordonnance, en silence et en retrait. Et, dans un grand palais vide, un général qui devient fou.
"Le colonel ne dort pas" est un livre d'une grande force. Un roman étrange et beau sur la guerre et ce qu'elle fait aux hommes. On pense au "Désert des Tartares" de Dino Buzzati dans cette guerre qui est là mais ne vient pas, ou ne vient plus – à l'ennemi invisible et la vacuité des ordres. Mais aussi aux "Quatre soldats" de Hubert Mingarelli.
+ Lire la suite
autres livres classés : armée rougeVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2756 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre