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ISBN : 2020631199
Éditeur : Seuil (07/05/2004)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.74/5 (sur 106 notes)
Résumé :
Voici une longue nouvelle comme aurait pu en rêver Hemingway, où les circonstances comptent moins que le désarroi moral, les tâtonnements, les dialogues de ces quatre soldats en perdition issus de l'Armée Rouge, qui sortent d'une forêt où ils viennent de passer un hiver terrible. Il y a la beauté des scènes muettes : razzias dans les villages, baignades dans un étang, bataille. Il y a ce gamin, enrôlé volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes car il est... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  17 avril 2014
Dans cette année de commémoration de la Grande Guerre, j'ai exhumé des oubliettes de ma PAL, ce petit livre de Hubert Mingarelli (Prix Medicis 2003) qui prend pour cadre le conflit soviéto-polonais de 1919/1921, concernant les nouvelles frontières définies par le Traité de Versailles.
Avec une précision d'horloger, doublée d'une grande économie de mots et de faits, l'auteur nous offre un véritable carnet de soldat, le journal de bord d'une bande de trouffions dépenaillés, entre corvées de réquisition alimentaire, combat contre le froid, contre la crasse, contre le manque de cigarettes et de thé et la hantise des opérations militaires.
Des hommes simples de l'Armée Rouge, aux phrases laconiques, qui se chahutent, se bousculent, s'entraident, jouent aux dés, profitent de la tranquillité d'un lac dans les périodes de repos, bizutent un jeune bleu qui les fascine par son savoir.
C'est une chronique monotone mais magnifique sur la solidarité et la fraternité. Un style très particulier que l'on retrouve dans Un repas en hiver paru en 2012, une plume personnelle qui dit tout avec une belle simplicité stylistique.
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carre
  04 juin 2012
1919. La vie au quotidien de quatre soldats de l'armée russe. D'ailleurs, lls pourraient appartenir à n'importe quel bataillon, l'intérêt du livre n'est pas là. Mingarelli se fait l'observateur d'hommes qui sont là par obligations, ils sont avares de paroles, de sentiments, ils passent leur temps à passer le temps. On sent la peur tapie dans un coin de leur crâne, mais que faire d'autre. Et puis, arrive un jeune soldat qui apporte un plus au groupe, le jeune Evdokim sait lire et écrit des notes dans un carnet. Il va devenir le passeur de mots de ces camarades.
Il ne se passe quasiment rien dans le roman de Mingarelli, et c'est là toute sa force aussi paradoxalement que cela puisse paraitre. Car cette immersion dans un groupe d'hommes oubliés par l'histoire est la représentation de millions de soldats que la mort fauche dans des combats absurdes et qui disparaissent à jamais comme si leur destinée était de servir de chair à canon. Mingarelli dans une grande économie de mots, montre ce quotidien ou la menace est sous-jacente prête à exploser à tout moment. L'écriture est nette, précise, épurée, les non-dits en disent aussi long que le langage rustre de ces hommes plongés dans l'absurde. L'amitié est là, Pas besoin de longs discours pour la voir, la sentir. Mingarelli réussit son roman car il ne s'écarte jamais de la ligne qu'il s'est défini. Rendre hommage aux anonymes, aux sans-grades avec ce qu'il faut de retenue et de respect. Prix Médicis mérité à mon avis ( ce qui n'est pas toujours le cas des prix).
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pdemweb1
  12 novembre 2014
Hubert Mingarelli a décrit l'art d'être soldat :
Le soldat attend, s'il peut le mieux possible , il vaut mieux qu'il soit sociable pour pouvoir vivre en collectivité, avec des compagnons qu'il n'a pas choisi.
Le soldat ne sait pas pour quelle Grande Histoire il s'est enrôlé.
Le soldat ne connait pas la stratégie du quartier général.
Enfin le soldat passe de l'état d'attente à celle de mort.ou de nouveau d'attente...
Il n'y a pas dans le livre de haine explicite de l'armée , ni de la guerre, Hubert Mingarelli laisse le choix au lecteur ce qui permet d'ouvrir un débat.
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blanchenoir
  19 février 2015
Une écriture lapidaire pour décrire, de quatre soldats, la vie ordinaire...
L'ordinaire, qui sans arrêt se rapproche d'un futur toujours plus incertain, de la guerre et de la possibilité de la mort. La mort attend. Silencieuse.
Bénia, le narrateur, nous conduit au coeur d'une existence morne et angoissée. En proie à l'amitié.
Kyabine, Pavel, Sifra, puis le gosse Evdokin, apportent à Bénia amusement, chaleur, réconfort et beaucoup de questionnements... Entre eux ? L'amitié, la rigolade et aussi, un collier contenant la photo d'une femme avec lequel ils dorment, chacun leur tour et dans le même ordre, apaisés.
Le gosse Evdokin qui, étant le seul à savoir écrire, consignera dans son carnet des moments que les quatre soldats veulent immortaliser... Ne pas oublier et transmettre.
Une économie de mots pour être au plus près d'un temps qui ne passe pas. Un lieu où il ne se passe rien. Rien d'autre en tout cas qu'une attente, palpable et en filigrane vers la mort...
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Ziliz
  21 janvier 2013
Quatre soldats de l'Armée rouge en 1919. C'est l'hiver, il faut survivre dans le froid, au milieu de la forêt, avec les moyens du bord. Rassemblés par hasard, ces hommes partagent leur quotidien, un abri de fortune, mettent en commun leurs savoirs-faire, échappent un peu à la solitude et à la peur.

Le lecteur entre d'abord tout doucement dans ces vies, il les entrevoit par quelques zooms sur des instants, des petits rituels. le thé, les dés, les cigarettes, les gentilles boutades, la montre avec laquelle chacun dort à tour de rôle. Très peu d'événements, surtout des moments répétés, routiniers, ceux qui donnent des repères à ces soldats, les rassurent et leur apportent un peu de confort dans le chaos. Autant d'instantanés qui ne font qu'esquisser les protagonistes, et évoquent au lecteur des images, des sensations (le froid, la peur), une atmosphère. Ceci jusqu'à l'arrivée de l'écriture dans l'univers de ces hommes illettrés, qui va donner de l'importance à des petits riens - et qui m'a réveillée.

Impressions post-lecture très difficiles à définir. L'ennui a dominé sur une longue première partie, laissant place trop tardivement à l'émotion. de jolis sentiments - solidarité, respect - entre ces hommes rudes et réservés que rien ne prédisposait à vivre ensemble. de beaux moments émouvants avec le réconfort que procurent la montre (présence maternelle/féminine) et la magie de l'écriture.

Les phrases et les chapitres sont très brefs. La plume est "aérienne" mais paradoxalement pesante (redondante, longtemps insaisissable)… C'est sensible et subtil. Mais on peut garder une impression de superficialité si l'on bute sur le style, ce qui fut mon cas sur les deux premiers tiers.

Je n'ai guère envie de relire cet auteur, j'avais pourtant noté 'Un repas en hiver' au vu des avis positifs sur la blogo et Babelio.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   04 juin 2012
Brusquement, Pavel s'est redressé et il a demandé :
- Qui a la montre ?
Alors je me suis souvenu que c'était moi. Je l'ai passée à Pavel parce que c'était à son tour de dormir avec. Pas pour la montre dont le mécanisme était cassé, mais pour la photographie d'une femme qui était à l'intérieur. C'était agréable de dormir avec cette photographie. Nous nous imaginions que cela nous portait chance. Nous ne savions pas pourquoi. Je crois même que nous n'y croyions pas, dans le fond, qu'elle nous portait chance. Mais nous aimions à le penser.
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pdemweb1pdemweb1   06 novembre 2014
Cette fois ça a été un peu plus vie, on n'a pas fait d'histoire. Tous les quatre on a été d'accord pour infuser dans peu d'eau. Ainsi il était bien fort, comme nous le préférions. Nous l'avons gardé dans la bouche jusqu'au moment où il est devenu tiède. Alors seulement nous l'avons avalé on aurait tous bien aimé revenir une minute en arrière.
A peine bu , c'était un thé plein de nostalgie.
Mais c'est quand même mieux que pas de thé du tout.
page 60
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carrecarre   19 septembre 2012
Je tente aujourd'hui de me faire comprendre et j'ai tant de mal, alors je baisse la tête parce que je suis fatigué et qu'il n'y a nulle part ou se cacher.
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blanchenoirblanchenoir   27 janvier 2015
Je me suis redressé et lui ai donné de quoi se faire une cigarette. Il n'en revenait pas. Il regardait le tabac avec extase. Je me suis rallongé et j'ai fermé les yeux.
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michelekastnermichelekastner   16 novembre 2012
Mais nous avions un problème. Il se posait chaque fois que nous réussissions à avoir du thé. Avec ce que nous avit donné le cuisinier, il y avait comme d'habitude de quoi faire la moitié d'une vraie tasse de thé. Nous étions quatre.
Alors, si nous mettions beaucoup d'eau, le thé n'avait pas pas beaucoup de goût. Si nous en mettions peu, il avit un vrai goût de thé, seulement nous ne pouvions en boire qu'une ou deux gorgées chacun. Nous discutions parfois très longtemps avant d'infuser(...).
A peine bu, c'était déjà un thé plein de nostalgie. Mais c'était quand même mieux que pas de thé du tout.
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Videos de Hubert Mingarelli (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Mingarelli
Hubert Mingarelli nous présente son nouveau roman "La Terre invisible" édité à l'occasion de la rentrée littéraire !
1945. Dans l?Allemagne occupée, un photographe de guerre ne parvient pas à s?en aller et à rentrer chez lui en Angleterre. Il est hanté par la libération d?un camp de concentration à laquelle il a assisté. Il décide de partir au hasard des routes. Il photographiera les gens de ce pays devant leur maison dans l?espoir de comprendre qui ils sont pour avoir pu laisser faire ce qu?il a vu. Un jeune soldat anglais, qui vient juste d?arriver et qui n?a rien vécu de la guerre, l?escortera et conduira la voiture réquisitionnée à travers l?Allemagne sans deviner les motivations qui poussent le photographe. Mais lui aussi porte un secret plus intime qui le hante et dont il ne parle pas. La Terre invisible raconte leur voyage.
Hubert Mingarelli est l?auteur d?une ?uvre très remarquée et largement traduite. Il a publié une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, dont "Quatre soldats" (prix Médicis).
La fiche du livre : http://www.buchetchastel.fr/la-terre-invisible-hubert-mingarelli-9782283032244
© Libella, Éditions Buchet/Chastel 2019 Production exécutive : Resonance Films
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