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ISBN : 9782812602481
Éditeur : Editions du Rouergue (01/08/2011)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 176 notes)
Résumé :
A Guernica, en avril 1937, le jeune Basilio peint des hérons cendrés dans les marais, alors que la population fuit dans la crainte de l’arrivée des nationalistes. A Paris, il découvre le Guernica de Picasso qui décrit la tragédie de la ville en feu alors que le peintre célèbre n’en a pas été le témoin.
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Critiques, Analyses & Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
caro64
27 mars 2012
Basilio n'est encore qu'un très jeune homme en avril 1937. Un peu à l'écart de la ville, il aime passer du temps à observer et peindre les hérons dans les marais. Avec ce don des peintres de la nature, il sait attraper les couleurs comme personne. Mais lorsque les bombes allemandes tombent sur la ville de Guernica, ce 26 avril, il veut mettre son art au service de la représentation de la guerre dont il est, comme tant d'autres, le témoin, mais avec ce regard unique. Quelques semaines à peine après cette journée tragique, débute l'Exposition Internationale de Paris. Dans le pavillon espagnol, le monde s'apprête à découvrir Guernica, le chef-d'oeuvre de Picasso. Peindre l'horreur de la guerre, représenter avec autant de force cette bataille sans l'avoir vue de ses propres yeux, c'est ce qui interpelle Basilio au moment même où il vient à la rencontre du maître pour lui montrer ses propres peintures.
De cette rencontre fictive, Antoine Choplin fait naître une boucle qui interroge sur la représentation du réel et la part de ressenti dans l'art. Tout en sensibilité, par touches fines entre fiction et réalité historique, il parvient à élever le personnage de Basilio au rang d'artiste, le faisant s'interroger aux côtés d'un des plus grands artistes du XXe siècle sur la nécessité de voir dans l'art le moyen de dire le réel en le dépassant. C'est une jolie rencontre d'une grande richesse à laquelle nous fait assister Antoine Choplin, et elle aurait sans nul doute plu à Picasso lui-même.
Un roman porté par une écriture très poétique qui vous touche droit au coeur, tout en finesse, délicatesse, tel le pinceau de notre peintre espagnol pris dans l'horreur du massacre de Guernica. Bouleversant !
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mgeffroy
03 février 2012
Comment insuffler la vie à un personnage de tableau, comment peindre un héron sur une toile et éviter l'impression d'animal empaillé ? C'est l'obsession de Basilio, jeune homme de Guernica, qui peint des hérons mais n'accepte pas d'être considéré comme un peintre. Guernica est une petite ville tranquille, les gens semblent tous se connaître. L'auteur prend le temps de nous amener au café, au bal, au marché... Il nous fait suivre Basilio dans les marais pour ses rencontres avec les hérons ; sa timidité lorsqu'il veut vendre son cochon au marché et son amour, timide également pour Celestina. Nous sommes pris par cette sérénité, cette douceur ambiante, à peine troublée par l'arrivée d'un semblant de troupe républicaine qui vient camper aux abords de la ville et qui nous rappelle que l'Espagne est en guerre.
Alors bien sur, on connaît l'histoire de Guernica, ne serait-ce que par le tableau de Picasso mais quand les Messerschmitt lâchent leurs bombes incendiaires sur la ville, on ne peut s'empêcher d'être surpris par la violence de l'assaut. La "dolce vita" de la première partie du roman nous avait fait oublié que cette deuxième partie était inéluctable, qu'elle arriverait à un moment ou à un autre.
La force du roman réside dans la capacité d'Antoine Choplin à nous montrer le calme de cette ville avant le déluge de feu, mieux nous faire voir l'atrocité, le cheval calciné, la course des hommes et des femmes affolés, les taurillons meuglant en proie aux flammes... et ce héron à l'aile brisée, la plus réussie des peintures de Basilio.
Après la lecture de ce roman, j'ai cherché une reproduction du Guernica de Picasso et, comme Basilio, je l'ai regardé, les yeux fermés.
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Moan
30 mars 2015
Nous sommes en 1937, Basilio travaille dans une usine de confiserie, c'est aussi un jeune peintre autodidacte. Son sujet de prédilection est le héron, depuis qu'il a visité un parc animalier.
"C'est pas si facile de peindre les hérons". Alors au bord de la rivière, il s'y essaye sans relâche.
Aujourd'hui, il va le faire du mieux qu'il peut, il a promis d'offrir sa peinture à Célestina.
Il est là ce beau héron "au cou d'un blanc lumineux, à l'élégance prononcée par de longues et fines plumes à l'arrière de la tête", il lui laisse le temps de s'habituer à lui. Basilio commence à peindre son héron sur les rives de la Mundaca, la rivière près de Guernica. Mais ce jour-là, Basilio va être perturbé par la présence de soldats et le bruit des avions...
le héron de Guernica est un très beau livre qui raconte le calme tout à côté de l'horreur.
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horline
05 octobre 2011
La naïveté recèle parfois la faculté insoupçonnée de résister à l'adversité, suscitant une tendresse et un attachement particuliers qu'Antoine Choplin a su retranscrire dans le héron de Guernica.
Avril 1937. Sous une apparente sérénité qui ignore la barbarie à venir, on marche dans les pas de Basilio jeune homme que l'on devine simple d'esprit, à travers les marais et les roseaux qui entourent Guernica. Avec ses pinceaux, il s'évertue à donner vie à un héron cendré qui l'obsède avant d'être appelé à témoigner de la mort qui va frapper son village martyr.
S'il manifeste de l'agacement à ne pouvoir restituer la grâce de la beauté dans sa peinture, l'oeil de l'artiste est saisissant pour capter le chaos et toute la laideur du monde. Une roue de bicyclette qui tourne dans le vide, une course folle de taurillons en proie aux flammes… l'auteur dessine une tragédie à l'encre indélébile, une de celles qui frappent le lecteur de plein fouet même si elle est connue. Il y a une violence inouïe mais il y a aussi un récit habilement revêtu d'une réflexion sur la perception de la réalité en matière artistique qui exige paradoxalement un exercice d'interprétation. Evoquer plutôt que simplement observer le réel pour frapper l'esprit et mieux appréhender le vrai. le tableau de Picasso permet d'en prendre pleinement conscience.

Antoine Choplin a le talent pour capturer une beauté évidente, épurée, sublimée par une écriture pleine de non-dits, réduite à sa quintessence et faisant certainement écho au parler vrai des villageois basques. Avec cette retenue de mots, de sentiments, on est enclin à prêter une certaine poésie au silence, une véritable sensibilité à l'auteur pour peindre une douceur harmonieuse dans le chaos.
Au-delà de ce style minimaliste, A. Choplin parvient à attirer l'attention du lecteur sur le pouvoir de suggestion de l'art et le regard singulier que porte l'artiste sur le monde qui nous entoure. Un esprit décalé, parfois à rebrousse-poil des évènements mais qui laisse éclore une sensibilité pleine de sagacité.
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isabelleisapure
28 juin 2014
C'est au travers du regard de Basilio que l'auteur choisit d'aborder la tragédie de Guernica. Alors que les voisins s'occupent plutôt d'évacuation à Bilbao, Basilio exécute de petits travaux dans la ferme voisine, rend visite à son oncle à l'hospice, et rêve de danser avec Célestine au bal...
Jeune peintre passionné, il passe son temps dans les marais à observer et peindre les hérons cendrés. Son obsession ? Rendre sur la toile pas seulement la beauté, mais le frémissement de vie condensé dans l'immobilité de cet oiseau majestueux.
Son héron, il a prévu d'en faire cadeau à Célestina... mais l'arrivée des bombardiers allemands bouleverse tout !
Pourtant, ce n'est pas lui qui rendra compte de la tragédie de Guernica, mais un certain Picasso, qu'il tentera de rencontrer à l'exposition universelle de Paris.
Ce court roman à l'écriture ciselée rend compte de la vie quotidienne de la petite ville espagnole avant le drame, et nous interroge sur la nécessité de l'art.
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Les critiques presse (1)
Lexpress21 septembre 2011
L'auteur de Radeau, L'Impasse ou encore Cour nord prouve, avec ce septième roman, son talent. Et si Antoine Choplin affirme ici la nécessité de l'art pour dire la fureur de la guerre et pour y survivre […], on n'en retrouve pas moins la grande sobriété de son écriture
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
miladomilado29 décembre 2012
Avant de lui poser dans les mains, il faudra lui répéter combien le héron peint est différent du héron que l'on voit et encore plus du héron tout court, tel qu'en lui-même.
il lui dira aussi qu'il regrette un peu cette idée de lui donner une peinture de héron . Que bien sûr il est heureux de pouvoir lui offrir quelque chose; et en même temps, que le moindre caillou ramassé par terre aurait sûrement plus de valeur.
Bien entendu, elle protestera. Mais il voudra qu'elle comprenne. Lui offrir un caillou, ce serait l'inviter à porter un regard sur un objet véritable. Sur une chose d'origine, et non pas une esquisse de représentation, forcément imparfaite.
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miladomilado28 décembre 2012
C'est drôle quand même. Moi je parle de gars qui se font tuer pendant que toi, tu t'emmerdes à peindre le plumage d'un héron.
Je m'emmerde pas.
Un temps.
Quand même; il doit falloir une sacrée patience, dit le soldat.
Faut surtout avoir très envie de regarder, dit Basilio. De bien regarder les choses. Le héron, ce qu'on peut en voir, et ce qu'on ne peut pas. Aussi, tout ce qui l'entoure. Tout ce qu'il y a dans l'air qu'on respire, le héron, toi et moi. C'est surtout cette envie-là qu'il faut.
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GuylaineGuylaine22 décembre 2012
Il y a cette nuit qui se profile, comme la veille. Et ce monde qui continue à valser, et la lune imperturbable.
Et son corps fatigué et transpercé d'images, et l'infinie procession des choses. Et son corps fatigué, transpercé d'images mais indivisible, venu à bout, vaille que vaille, des heures de cette journée.
Basilio, toujours lui, seulement entaillé d'une journée de plus.
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rolandm1rolandm122 octobre 2015
Basilio fait quelques pas jusqu'à la souche. Elle est encore humide à cette heure matinale. Il s'y assoit quand même, délasse ses souliers détrempés, vide l'eau qui s'y est accumulée. Ses orteils nus reposent sur le sol moussu.
Il commence à sortir son matériel. Il scrute les alentours. Vers le ciel aussi, les yeux plissés. Il entend le cri d'une mouette avant de la voir virevolter au-dessus du marais.
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NorlaneNorlane28 octobre 2011
Rien que ça, une bicyclette qui repose à terre, au milieu d'une place déserte. Je crois que c'est pas mal pour donner une à deviner tout ce qu'on voit pas sur l'image. Toutes ces choses qui flottent dans l'air et qui fabriquent notre peur de maintenant. Qu'on peut pas graver sur du papier mais qui nous empêchent presque de respirer, par moments. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui.
Alors je trouve que cette image de bicyclette, elle fait la place à tout ça et c'est dans ce sens qu'elle vaut bien une photographie de bombardier.
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Videos de Antoine Choplin (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Choplin
http://www.librairiedialogues.fr/ Julien de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur de la rentrée littéraire 2015 : Une forêt d'arbres creux d'Antoine Choplin (La fosse aux ours), Il était une ville de Thomas B. Reverdy (Flammarion), Tout ce qui est solide se dissout dans l'air de Darragh Mc Keon (Belfond) et La mer, le matin de Margaret Mazzantini (10-18). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Marion le Goascoz.
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