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EAN : 9782020490665
124 pages
Éditeur : Seuil (03/03/2001)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Un père aime son fils qui aime son père. Tout cela se vit sans éclat, dans une modeste maison, raconté à mots feutrés par le fils. Une rivière verte et silencieuse est un texte intemporel, dans une ville indéfinie, avec son usine de compresseurs au milieu d'une vaste étendue d'herbes hautes. Dans ces étendues grasses, le narrateur a creusé un tunnel à ciel ouvert, véritable refuge dans lequel il marche... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
berni_29
  31 août 2018
Une rivière verte et silencieuse est un roman très court de Hubert Mingarelli que j'ai découvert presque par hasard. Je dis "presque"car je ne crois pas tout à fait au hasard en matière de rencontre avec les livres. Ici je me souviens d'une très vieille dame dans une librairie. Nous ne nous connaissions pas et nous étions devant le même étalage de livres de poche. Je venais de saisir ce roman, je l'avais dans les mains, le retournais intrigué par la couverture, la concision du texte... Elle me dit alors, avec des yeux emplis de bonheur et de malices, que c'était un livre merveilleux. L'auteur aussi... Je lui avouai que je ne le connaissais pas. Elle m'entraîna alors vers un autre livre du même auteur, à peine plus épais, La dernière neige, qu'elle avait également aimé. Me voyant hésiter dans mon choix, elle me conseilla de prendre les deux, me dit que je ne regretterais pas... J'ignore encore par quel miracle elle savait déjà par avance que j'aimerais ces deux livres, alors que nous ne nous connaissions pas...
J'ai longtemps attendu avant de le lire. Quelquefois ce sont les livres épais qui font peur, ici c'était presque l'inverse...
Ainsi, d'une vieille dame lectrice rencontrée dans une librairie, je suis passé à l'enfance, celle de Primo, le narrateur.
C'est une histoire tout en pudeur entre un père et son fils, on y entre sans faire de bruit, comme des pas dans la neige silencieuse.
La mère n'est pas présente, c'est au lecteur d'imaginer où elle est, ce qu'elle est devenue... Dans le dénuement des phrases, il y a autant de place aux mots qu'aux silences. Et les silences ne sont rien d'autres que des courbes où le vide appelle l'imaginaire pour venir s'y lover.
C'est comme le lieu, on ne sait rien du lieu. C'est comme le temps, on ne sait rien du moment où cela se passe. Était-ce il y a très longtemps ? Avant une guerre, après une guerre ? Aujourd'hui sans la guerre ici... Mais peut-être n'est-ce pas ici... Peut-être est-ce au contraire ici et ils ont connu auparavant une guerre pour nous lointaine... Qu'importe. On peut tout imaginer dans ce récit intemporel. C'est là aussi l'une des forces de ce récit émouvant qui m'a pris aux tripes.
C'est une relation forte et bouleversante entre un père et un fils, dans une maison sans électricité, sans le confort. On imagine la précarité, comme si le dépouillement d'un lieu écrit avec peu de mots avait autant de force qu'une peinture sociale décrite avec moultes détails.
Le père est au chômage. Plus loin il y a l'usine où il travaillait naguère.
Mais il faut survivre, rêver, imaginer... Le père et le fils pensent déjà aux lendemains qui chantent. Comment survivre, sortir de cette précarité, dessiner l'horizon...?
Une complicité se construit peu à peu.
Il y a ce rêve fou de cultiver des rosiers, puis de les vendre. Tiens, on pourrait les vendre aux ouvriers de l'usine ?!...
En attendant, les pas de l'enfant sont des chemins qui l'amènent derrière la maison. C'est là que le rêve de Primo se dessine, sous les hautes herbes sauvages qui ressemblent à un tunnel. Il aime à s'y engouffrer et nous aussi avec lui...
Là-bas plus loin en écartant les herbes folles, j'aperçois à mon tour cette rivière verte et silencieuse... J'entends alors venir un rire joyeux comme la cascade d'un ruisseau en plein soleil. Je ne saurais dire si c'est le rire d'un enfant, celui d'un homme qui entrevoit l'espoir ou bien celui d'une vieille dame malicieuse se promenant dans les allées d'une librairie...
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le_Bison
  06 février 2012
Ce livre est un petit bijou d'émotion. Au-delà de la naïveté de l'histoire, il y a cette relation père-fils bouleversante. le père qui se trouve au chômage tente de subvenir à ses besoins en essayant de cultiver des rosiers qu'il espère pouvoir vendre aux ouvriers de son ancienne usine. Pendant ce temps-là, Primo marche dans les herbes hautes de derrière la maison, se « construit » un tunnel, observe et rêve. Il imagine ce qu'il va pouvoir s'acheter avec la vente de ces plants de rosiers, à commencer par une rivière verte et silencieuse où il pourrait observer les poissons, avec les souvenirs éphémères de son père les pêchant à mains nues...
Beau, Simple et Émouvant ! Un fils et un père, seuls dans cette maison sans électricité et rien d'autre. de l'espoir, de la tristesse mais jamais de larme...
Il y a certains livres qui tombent par hasard dans vos mains, un prêt, une occasion, un achat anodin. Sans arrière-pensée de ce que l'histoire pourra donner, sans connaître rien de l'auteur, sans même avoir réfléchi à l'histoire qui se réfléchit à vos yeux... Pour ma part, une boutique d'occasion, le livre à 1 € (à ce prix-là, je ne prend guère de risques).
Il y a certains livres qui font 1500 pages et qui vous plongent dans un univers particulier et que vous vous plairez à cheminer dans les étroits sentiers de cette littérature pendant plusieurs mois. D'autres, par contre, d'une centaine de pages ne vous prendront que deux petites heures... Peu importe, vous serez aussi transporté dans l'esprit de l'auteur. Une rivière verte et silencieuse fait partie de cette catégorie : une lecture de 2 heures à peine, mais un souvenir qui restera gravé en vous à tout jamais.
Qu'est-ce qui fait qu'un livre vous embarque dans un autre monde ?
Et vous remue les tripes ?
Pourquoi est-ce que je lis ?
Certainement pour découvrir ce genre de romans qui bascule votre quotidien dans un autre espace temps - espace lieu, qui pénètre à l'intérieur de votre corps et âme et vous fait prendre conscience de ce que vous êtes ou pouvez être... pour avoir de l'espoir et de l'amour... tout simplement pour lire, sans but recherché et tomber sur cette perle rare sans avoir compris comment elle s'est retrouvé un jour dans vos mains... et réapprendre à rêver...
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patrick75
  13 décembre 2013
J'avoue que je reste sceptique devant cette histoire,si l'on peut parler d'histoire. Une relation père-fils réduite à sa plus simple expression. Des dialogues extrêmement pauvres. On entendrait presque les mouches volées. En bref, je me suis ennuyé. Peut être y avait-il un sens caché à tout cela...seul l'auteur pourrait répondre. Personnellement je le cherche encore.
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cathe
  12 septembre 2015
Comme toujours dans les romans de Mingarelli, ce n'est pas tant l'intrigue qui importe que l'atmosphère intimiste et poétique qui s'en dégage.
L'histoire est minimaliste. Un père et son fils, restés seuls, affrontent la pauvreté et la solitude en rêvant sur des graines semées dans des pots et qui doivent devenir des rosiers, être vendus et rapporter un peu d'argent. Ces plants de rosiers sont le point de départ de tout l'imaginaire du garçon qui pense à ce qu'il pourra acheter avec cet argent, pas des babioles, non, plutôt un bout de tunnel dans un champ de céréales ou un morceau de rivière "verte et silencieuse".
le style épuré de Mingarelli permet de mettre en valeur les rêveries du garçon ainsi que les sentiments profonds mais cachés avec pudeur du père et du fils l'un pour l'autre.
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charlottelit
  17 février 2012
je ne saurais mieux dire que le Bison : une perle l'histoire du père qui tente de survivre et de l'enfant innocent et poète ...
donne envie de lire tout l'oeuvre de Mingarelli.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   06 février 2012
Cette nuit, je rêvai à une rivière parce que, dans la dernière ville où nous avions habité, il en coulait une qui semblait verte à cause des algues qui poussaient sur le fond. Elle était silencieuse. Des poissons argentés nageaient sur place, face au courant. Ils ondulaient comme les algues.
Je ne me souvenais pas beaucoup de cette ville, mais je me souvenais très bien de la rivière.
Je regrettais beaucoup cette ville à cause de la rivière qui y coulait.
Le lendemain, tandis que nous nous lavions, je m’apprêtais à demander à mon père si la rivière était bien verte et silencieuse comme dans mon souvenir. Mais à cet instant deux hommes apparurent à la porte...
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le_Bisonle_Bison   11 avril 2014
Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu’il avait attrapé des truites bleues à la main.
Je fermai les yeux.
Une rivière verte et des truites bleues.
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coco4649coco4649   20 mai 2016
Pas de bruit dans la nuit, sauf les fils de soie et mes pas sur l'herbe morte. Le ciel étoilé était silencieux. Et soudain une étoile filante. Non, ce n'est pas vrai. J'ai dit ça parce que j'aurais aimé en voir une, ce soir-là.
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mandarine43mandarine43   19 juillet 2016
Je fermai les yeux et je dis :
- Il y a autre chose encore.
- Je t'écoute toujours.
- J'aimerais me souvenir qu'on y a pêché tous les deux. Je sais bien qu'on ne l'a jamais fait, mais c'est quelque chose dont j'aimerais me souvenir.
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ZalvecZalvec   08 juillet 2015
Cette herbe poussait si vite que personne ne jugeait utile de couper une herbe qui aurait repoussé le lendemain.
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Videos de Hubert Mingarelli (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Mingarelli
Hubert Mingarelli nous présente son nouveau roman "La Terre invisible" édité à l'occasion de la rentrée littéraire !
1945. Dans l?Allemagne occupée, un photographe de guerre ne parvient pas à s?en aller et à rentrer chez lui en Angleterre. Il est hanté par la libération d?un camp de concentration à laquelle il a assisté. Il décide de partir au hasard des routes. Il photographiera les gens de ce pays devant leur maison dans l?espoir de comprendre qui ils sont pour avoir pu laisser faire ce qu?il a vu. Un jeune soldat anglais, qui vient juste d?arriver et qui n?a rien vécu de la guerre, l?escortera et conduira la voiture réquisitionnée à travers l?Allemagne sans deviner les motivations qui poussent le photographe. Mais lui aussi porte un secret plus intime qui le hante et dont il ne parle pas. La Terre invisible raconte leur voyage.
Hubert Mingarelli est l?auteur d?une ?uvre très remarquée et largement traduite. Il a publié une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, dont "Quatre soldats" (prix Médicis).
La fiche du livre : http://www.buchetchastel.fr/la-terre-invisible-hubert-mingarelli-9782283032244
© Libella, Éditions Buchet/Chastel 2019 Production exécutive : Resonance Films
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