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ISBN : 2070321029
Éditeur : Gallimard (11/05/2006)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 476 notes)
Résumé :
J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne. Les événements que j'évoquerai jusqu'à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qui consiste à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d'autres ont ressentie ava... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (75) Voir plus Ajouter une critique
CorinneCo
  27 décembre 2013
A l'épaisseur du roman on sait d'avance que l'on aura pas droit à une autobiographie de l''enfance et l'adolescence dans ses moindres détails, avec les anecdotes adéquates. Modiano s'est comme absenté de son enfance et de son adolescence ; Cette bienveillante distance qu'il met entre lui et ses souvenirs comme nous avons l'impression qu'il l'a mise entre lui et sa vie d'alors ressemble à une bouée de sauvetage. Il le dit lui-même à la fin, il n'a pris le large qu'à sa majorité et s'est senti sauvé. Avant il flotte dans des eaux troubles et parfois très troubles. Il se tient en retrait, il se fait spectateur de cette forme de marasme dans lequel il évolue d'où jaillissent parfois des visages amis, des aides furtives, des camaraderies d'internat. La distance est présente même dans ces rencontres providentielles car elle sont provisoires elles aussi. Des parents qui ne peuvent rien pour lui, absents, présents, pesants, les trois à la fois. Personnages solitaires aux contours mal définis, aux motivations mystérieuses, parents chaotiques qui semblent perdus eux-mêmes. Une seule figure émerge c'est la figure du frère. Modiano n'en parle quasiment pas. C'est le joyau sauvé de toute cette forme d'iniquité et que l'on préserve intact et secret au fond de soi. Il suffit parfois de quelques phrases, de quelques mots pour signifier tout un abîme d'enfance, même si cet abîme on le contemple d'un oeil en apparence détaché et sans relief, par habitude et quand même par survie.
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Mimeko
  29 mars 2018
Dans Un pedigree, Patrick Modiano évoque son enfance jusqu'à sa majorité - à l'époque vingt et un an - et surtout ses parents, deux êtres perdus ou plutôt englués dans leurs vies...Il relate une enfance décousue, avec une mère artiste démissionnaire de son rôle de mère et un père juif ayant vécu l'occupation, ayant pratiqué et amassé des fortunes dans le marché noir, des parents confiant leurs deux fils à des amis tantôt responsables tantôt peu recommandables, leurs fréquentations louches dans le milieu interlope, des relations avec des personnes peu louables - anciens collabos ou amis de la bande de l'avenue Lauriston, d'anciens détenus mêlés à l'affaire Ben Barka. La mort de son frère quand il est encore enfant, semble être la faille qui va le faire décrocher d'une réelle possibilité d'attachement, le laisser en suspens dans sa propre vie. Balloté entre collèges, pensionnats et fugues, il arrive à happer de temps en temps la force et la confiance auprès de quelques rares personnes et a l'intelligence de construire avec ces quelques bribes de normalité, sa personnalité mais c'est une jeunesse déroutante dans l'irresponsabilité de ses parents que je retiens avec cet incroyable talent de mémoires des noms des lieux et des évènements et cette déambulation mémorielle effrayante contée de manière très distanciée permet de comprendre peut-être la sensibilité et la quête de Patrick Modiano sur le passé.
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cicou45
  06 août 2012
Le narrateur (l'auteur ?), Patrick est né le 30 juillet 1945 à Boulogne-Billancourt, 11allée Marguerite d'un père juif et d'une mère Flamande. C'est sur ces quelques lignes que débute cet ouvrage. Comme le dit l'auteur lui-même, il ne s'agit pas ici de faire une belle histoire où tout se passe dans le meilleur des mondes mais tout simplement de retranscrire la dure réalité de la vie pour cet homme qui n'a jamais été aimé par ses parents, où du moins qui ne se sont jamais préoccupés de lui, l'envoyant dans différents internats, le plus loin possible de Paris si possible, c'est-à-dire de leur monde à eux. D'abord envoyé au collège de Jouy-en-Josas avec son frère Rudy, qui décèdera jeune, puis à Thônes en Haute-Savoie et enfin au lycée Henri IV à Paris, qui, bien qu'il soit situé à quelques centaines de mètres de leur appartement, Patrick sera tout de même interne.
C'est à partir de là que ce dernier décide de prendre sa vie en main en fuguant du lycée, puis en luttant pour se faire accepter d'abord chez son père (ses parents s'étant séparés entre temps) puis chez sa mère, une actrice de théâtre, qui, bien qu'elle eut côtoyé d'illustres personnages, se retrouvait tout le temps sans-le-sou.
Durant toutes ces longues années d'errance, Patrick avait plus l'impression de rêver sa vie que de la vivre. Comme il le dit lui-même, il la «vivait par transparence», plus ou moins ignoré par sa mère, contraint par son père à mener une vie dont il ne voulait pas jusqu'au jour où il rencontrera la délivrance.
Vous n'avez pas une petite idée de ce que cela peut bien être ? Dans ce cas-là, je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage qui est très vite lu, très bien écrit et, même si le lecteur s'y perd de temps en temps avec tous les noms dont nous inonde l'auteur, noms de connaissances de ses parents, mais cela n'importe peu car le trame littéraire, elle, n'en est en rien bouleversée. A découvrir !
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Epictete
  04 octobre 2016
Je connais finalement assez mal l'oeuvre de Patrick Modiano. J'ai donc décidé de lire cette autobiographie d'à peine cent trente pages. Et c'est en effet étonnant.
L'auteur fait un constat à distance apparemment sans émotions, bien qu'il se pose parfois en une sorte de victime.
C'est d'ailleurs le sujet choisi en quatrième de couverture : « J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne. »
Et l'auteur va nous tracer en ces quelques pages son enfance et son adolescence jusqu'à 21 ans.
Il s'agit d'un enfant doté de parents indignes, voire puants... Une mère, vague artiste qui se pense de très bon niveau mais peine à décrocher un rôle, et bien sûr à vivre de son « talent », qui ne s'intéressera jamais à son fils si ce n'est afin de l'utiliser pour récupérer un peu d'argent pour vivre. Elle sera cependant suffisamment charmante ou charmeuse pour attirer dans son entourage tout un tas de personnalités connues. Un père à l'activité douteuse, pendant ou après la guerre, aux fréquentations pour le moins étonnantes.
Et c'est l'occasion pour Patrick Modiano d'égrener une liste de noms, de rencontres qui dénotent une jeunesse tout de même peu ordinaire. Il le dit lui-même : « Qu'on me pardonne tous ces noms et d'autres qui suivront. Je suis un chien qui fait semblant d'avoir un pedigree. »
Cette phrase résume assez bien, à mon avis ce petit ouvrage et la démarche, la quête de l'auteur derrière cette exposition.
Le style est sobre, agréable. A chaque étape l'auteur nous cite ses découvertes littéraires, qui certainement préfigurent l'auteur qu'est devenu Modiano.
Cela se lit vite, c'est de la bonne littérature et bien que j'aie été surpris, je suis content d'avoir découvert cette facette de l'auteur.
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carre
  12 février 2012
Modiano fait parti des écrivains qui me trouble à chaque lecture. Trouble entre admiration et irritation. Un pedigree est l'exemple parfait de mon ressenti. Modiano fait un constat sur sa jeunesse, il déroule le fil de sa vie tout en restant à l'écart, sans états d'âme. Et c'est ce parti pris qui peut géner par moment, ce côté sec, sans émotion. Mais Modiano malgré tout, nous touche par son style élégant, sobre, tout en pudeur et il reste un formidable écrivain de l'intime, de la mélancolie et du passé.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
PetitebijouPetitebijou   11 août 2011
Les veilleuses du dortoir. Les retours au dortoir après les vacances. La première nuit est pénible. On se réveille et on ne sait plus où on est. Les veilleuses vous le rappellent brutalement. Extinction des feux à 21 heures. Le lit trop petit. Les draps qu'on ne change pas pendans des mois et qui puent. Les vêtements aussi. Lever à 6 h 15. Toilette sommaire, à l'eau froide, devant les lavabos de dix mètres de long, abreuvoirs surmontés d'une rangée de robinets. Etude. Petit déjeuner. Café sans sucre dans un bol en métal. Pas de beurre. A la récréation du matin, sous le préau, nous pouvons lire, par groupes, un exemplaire du journal L'Echo Liberté. Distribution d'une tranche de pain sec et d'un carré de chocolat noir à 16 heures. Polenta pour le dîner. Je crève de faim. J'ai des vertiges.
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PetitebijouPetitebijou   11 août 2011
A l'école du Montcel se trouvaient des enfants mal-aimés, des bâtards, des enfants perdus. Je me souviens d'un Brésilien qui fut pendant longtemps mon voisin de dortoir, sans nouvelles de ses parents depuis deux ans, comme s'ils l'avaient mis à la consigne d'une gare oubliée. D'autres faisaient des trafics de blue-jeans et forçaient déjà des barrages de police. Deux frères, parmi les élèves, ont même comparu, une vingtaine d'années plus tard, en cour d'assises. Jeunesse souvent dorée, mais d'un or suspect, de mauvais alliage. La plupart de ces braves garçons n'auraient pas d'avenir.
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ladesiderienneladesiderienne   31 octobre 2014
Je serais d'ailleurs incapable, à ma grande honte, de dire ce qui se passait dans le monde en avril 1966. Nous sortions d'un tunnel, mais de quel tunnel, je l'ignore. Et cette bouffée de fraîcheur, nous ne l'avions pas connue, les saisons précédentes. Était-ce l'illusion de ceux qui ont vingt ans et qui croient chaque fois que le monde commence avec eux ? L'air m'a paru plus léger ce printemps là.
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MimekoMimeko   30 mars 2018
(En parlant de sa mère)
Jamais je n'ai pu me confier à elle ni lui demander une aide quelconque. Parfois, comme un chien sans pedigree et qui a été un peu trop livré à lui-même, j'éprouve la tentation puérile d'écrire noir sur blanc et en détail ce qu'elle m'a fait subir, à cause de sa dureté et son inconséquence.
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ladesiderienneladesiderienne   31 octobre 2014
Il traînait encore dans les bibliothèques des infirmeries de collège quelques vieux romans qui avaient survécu aux deux dernières guerres et qui se tenaient là, très discrets, de peur qu'on ne les descende à la cave.
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