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ISBN : 2266220284
Éditeur : Pocket (20/02/2014)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 173 notes)
Résumé :

C’est l’histoire de Mara, de Robert, de Sept Lieues, d'Henrique, de Bruce, de Clotilde, de cet homme qu'on appelle Le Breton, de Flora et d'Árpád. Un retraité, un joueur de guitare, un cow-boy, un exégète de Claude Simon, une brunette maigrichonne, un taiseux, une grande bourgeoise fatiguée, un gars que la vie un jour a pris pour un punching-ball.

L'histoire de gens qui n'avaient aucune chance de se croiser, mais qui tous, un jour, enfilent d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  14 février 2015
Si Manon Moreau avait la notoriété de Jean-Christophe Rufin, nul doute que "Le vestibule des causes perdues" aurait déjà dépassé les 600 000 ventes.
Si vous cherchez un livre qui a toutes les chances d'être un gros coup de coeur et dont les pages se tournent toutes seules,
si vous cherchez une écriture simple, belle, vraie ; un témoignage émouvant sans être mièvre,
si vous cherchez des personnages qui vous ressemblent et vous parlent,
si vous donnez un sens à l'existence, si vous aimez rêver et vous réjouir,
si vous aimez aimer, tout simplement, ce roman est pour vous.
Alors, voilà ce que vous allez faire, vous allez finir de lire cet avis et vous allez vous précipiter chez votre libraire pour acheter ou commander ce livre, car...
ce livre est un concentré de vie et de renaissance, d'espoir et de vérité,
ce livre est un chant enthousiaste qui vous portera à croire que chaque rencontre est précieuse, que chaque être qui croise votre route est un cadeau à déballer soigneusement, les yeux brillants d'excitation, et dont il faut savoir profiter,
ce livre vous donnera envie de sourire, de rire, d'aimer et de vivre,
ce livre vous racontera le Chemin, celui de Compostelle mais aussi et avant tout celui de nos vies, humbles, inconnues, discrètes et parfois bancales ; il vous racontera tous ces chemins différents qui ont pourtant la même valeur ; une valeur à découvrir, une valeur dont il faut chercher le sens, une valeur à enrichir pour mieux la partager.
Bon, ça y est, vous avez terminé de lire cet avis alors comment se fait-il que vous soyez encore devant votre écran quand cette pépite vous attend à la librairie ? Si vous êtes du genre à réclamer de chaque journée un petit bonheur, je vous sers celui-ci sur un plateau.

Challenge de lecture 2015 - Un livre basé sur une histoire vraie
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LePamplemousse
  28 février 2015
Vous n'êtes pas croyant et vous n'avez jamais effectué de randonnées de votre vie ? Et bien, ce livre est pour vous !
Malgré le sujet, à savoir l'histoire d'un pélerinage à Compostelle, l'histoire n'aborde qu'assez peu l'aspect religieux de cette marche.
Ici, nous avons donc des personnes qui sont toutes un peu cassées, fêlées, voire carrément au fond du trou, et qui vont peu à peu se réparer, retrouver une envie, une personne ou une raison de s'en sortir et d'aller mieux.
Dit comme ça, ça paraît un peu bateau, déjà lu, je le reconnais bien volontiers...mais j'ai dévoré cette histoire car les personnages y sont vraiment attachants, j'ai eu la sensation de les accompagner tout au long des kilomètres, j'ai senti le poids du sac à dos, j'ai ressenti la douleur constante des ampoules aux pieds, j'ai eu froid dans les cols montagneux, j'ai frissonné pendant les journées de pluie, j'ai ressenti la chaleur du soleil dans ma nuque, j'ai vu le soleil se lever, j'ai soufflé de bonheur le soir quand j'ai enfin pu m'asseoir...
Un roman qui vous fait partager ça, ça n'a pas de prix !
L'auteur écrit finement, les phrases ne sont jamais tartes, les propos sont loin d'être mièvres, les personnages ne sont ni agaçants, ni portés à la sensiblerie.
Bref, c'est un énorme coup de coeur.
Allez, je vous laisse, mes chaussures de randonnées sont toutes seules à la cave et je crois bien que je vais les emmener faire un tour en forêt !
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TheWind
  06 juillet 2015
Chez moi, il y a un calendrier perpétuel intitulé « Sagesses du Monde » avec des photographies accompagnées de maximes, de proverbes, de citations d'auteurs. Alors qu'elle ne savait pas encore lire, ma plus jeune fille s'amusait à imaginer la phrase du jour. C'était rigolo.
On se souvient surtout de celle-ci. La photographie représentait un marcheur avec un sac à dos suivi de trois ânes bien chargés. Ma fille a fait semblant de lire et a dit : « Marcher, c'est la vérité. »
J'ai beaucoup pensé à cette phrase en lisant « Le vestibule des causes perdues ». N'est-ce pas la vérité que chaque pèlerin cherche en cheminant jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle ? Sa vérité ?
La phrase qui accompagnait réellement cette photo correspond tout aussi bien à certains personnages de ce roman. Il s'agit d'une citation de Maurice Magre : « Quand on porte un chagrin, il faut le porter loin pour le laisser un peu s'égrener sur la route. »

Pour Babel, une hospitalera, le chemin de Saint-Jacques c'est « le vestibules des causes perdues ». Elle explique à Mara :
« Bah oui. Je n'ai pas trouvé mieux. Comme au vestibule, on y vient régler les problèmes. Sauf que ce ne sont pas des problèmes qu'on trimballe. Ce sont des causes perdues. »
Elle avait raison, Babel, se disait Mara. Et elle pensait à Clotilde, cette dame bourgeoise bien fatiguée, à Arpad le hongrois qui garde accrochée à son sac à dos une délicate chaussure de bébé, à Sept Lieues qui n'a pas l'air de savoir ce qu'il fait sur ce chemin mais qui trace à une allure incroyable malgré des godasses en fin de vie, au Breton taciturne qui s'isole chaque soir dans la lecture de son cahier bleu, à Robert le retraité, à Henrique le joueur de guitare brésilien, à Bruce professeur d'université qui a soudainement plaqué sa vie parisienne pour devenir peregrino.
Elle pensait aussi à elle, Mara. Petite brunette à l'aspect fragile, un peu paumée, un peu naufragée et qui ne demande qu'à trouver un port d'attache.

Chacun d'entre eux porte en effet son chagrin mais au fil de leur pérégrination, au fil de rencontres plus ou moins improbables, et de leur amitié naissante, leur fardeau deviendra moins lourd à porter.
« Le vestibule des causes perdues » n'a rien à voir avec un roman de spiritualité. C'est un roman qui redonne sa place à la sensibilité et à la générosité, qui redonne sa place aux relations humaines, qui redonne sa place à l' « Essentiel », avec simplicité, candeur et bonne humeur.

J'ai parfois trouvé ce roman un peu long et répétitif. Mais n'est-ce pas aussi ce qui attend tout randonneur ? Un long chemin qui use les pieds, les jambes, parfois semé d'embûches mais qui amène, sans nul doute, quiétude et émerveillement.
Pour finir, je terminerai avec ce proverbe tibétain (qui fait partie de mon calendrier, oui, oui, c'est ça, je vois que vous suivez bien) qui résume bien la fin de ce roman et que je vous laisse méditer.

« Quand tu arrives en haut de la montagne, continue de grimper. »
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isabelleisapure
  07 mai 2018
Quelles peuvent être les motivations de quelqu'un qui un beau matin décide de mettre dans son sac à dos ses affaires les plus indispensables, d'enfiler ses meilleures chaussures et de se lancer sur les chemins ?
J'avoue que je me suis souvent posé cette question, sans vraiment trouver de réponse tant ce périple qu'il soit religieux ou sportif me laisse aussi admirative que dubitative.
« le vestibule des causes perdues » met en lumière quelques marcheurs venant de tous horizons et de toutes conditions sociales.
Certains cherchent à atténuer une souffrance, d'autres y cherchent une forme de rédemption ou ont envie de se surpasser.
J'ai mis mes pas dans ceux de Mara, Clotilde, Henrique, Sofia, Flora, Robert, Sept Lieues, Le Breton, Bruce, Arpad.
J'ai partagé leurs souffrances, celles de l'âme qui sont bien plus douloureuses que les ampoules aux pieds.
Au fil des pages, j'ai éprouvé la rudesse du voyage soumis à des conditions météo parfois bien rudes, il pleut, il fait froid mais il faut avancer en serrant les dents.
Ce livre est un pur bonheur, j'y ai découvert la solidarité, la camaraderie mais aussi la naissance de beaux sentiments comme l'amitié et l'amour pour les plus chanceux.
Ce chemin est fait de souffrances mais aussi de mille et un petits bonheurs partagés devant un paysage magnifique ou sur les bancs d'un refuge autour d'un plat de pâtes.
Je crois que je n'irai jamais sur ces chemin de Compostelle, même si finalement, j'aimerais bien.
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KATE92
  23 février 2015
Tout d'abord, merci à GWEN21...
J'ai adoré sa critique et l'achat de ce livre s'est donc imposé.
Belle découverte.
ETRE OU NE PAS ETRE / OU NOUVELLE VIE
Lu en 4 jours...
J'ai adoré et aimé la vie de ces personnes qui a priori étaient en plein désarroi avant de commencer le chemin et qui arrivant en bout de course (si je puis dire) sont totalement différentes et aptes à reprendre leurs vies d'une façon plus sereine.
Dommage de les quitter... J'ai voulu faire durer ma lecture mais n'y suis pas arrivée, souhaitant toujours connaître plus sur le devenir des "héros".
Effectivement, gros coup de coeur en ce "presque" début d'année.
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Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
TombetoileTombetoile   08 novembre 2018
L’idée c’est que souvent la vie fait des cadeaux, mais tout aussi souvent, ils sont si mal emballés qu’il faut du temps pour comprendre que ce qui t’est arrivé est un cadeau.
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TombetoileTombetoile   08 novembre 2018
A la sortie de la ville, sur de longues pistes blanches, des retraités vêtus de survêtements colorés papotent en marchant à toute vitesse. Ils font ainsi le tour de la ville tels des pantins désarticulés : c’est de la marche rapide. Arpad regarde tous ces gens s’agiter, cette énergie déployée juste pour faire le tour de la ville et garder la forme. Marcher pour aller nulle part lui semble absurde. Certains le bousculent, il se laisse faire, pataud, lent, déjà étranger à ce monde de performance. C’était lui, il n’y a pourtant pas si longtemps.
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TombetoileTombetoile   08 novembre 2018
Il s’installa à la terrasse d’un café, en face de l’école. Le journal local qu’il lisait tous les jours depuis trente ans lui sembla soudain dépourvu d’intérêt. Il était déjà ailleurs, c’était délicieux. Il était de passage. Il s’échappait.
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TombetoileTombetoile   08 novembre 2018
Tous les deux, ils étaient un peu sauvages, encombrés par le monde, encombrés d’eux-mêmes.
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KATE92KATE92   19 février 2015
Paris, un jour de pluie

Il pleut ce jour-là à Paris et l'homme marche.
Pas comme les autres, les passants, les badauds, les étudiants du Quartier Latin.
Lui marche vers quelque chose, vers quelqu'un, peut-être. Il va son chemin, sa vie tient dans ses pas. Tendu vers le haut de la rue, au-delà du périphérique, au-delà de la campagne sage. Par-delà les champs.
Il échappe au monde alentour, les voitures, les gouttes d'eau sales, où va-t-il, on ne sait pas. Il s'échappe et le lourd sac dont son dos est chargé n'y fait rien : désormais plus rien ne l'arrêtera. Son indifférence est une insolence, il attire les regards fascinés et envieux. D'autres le prendront pour un fou, un vagabond, avec ce bâton de bois comme un prédicateur, ce coquillage rose accroché à son sac.
Peu lui importe, il n'est déjà plus là.
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